Frédéric Nikièma, porte-parole du gouvernement : « Voici ce que le gouvernement va faire en matière de gouvernance économique »

mardi 3 février 2015 à 19h00min

Au cours du deuxième « Face à la presse » du gouvernement organisé le 2 février 2015, le ministre de la communication, M. Frédéric Nikiéma, est revenu sur trois questions essentielles de la politique gouvernementale : la nouvelle gouvernance économique, la déclaration des biens des autorités de la Transition et les investigations dans les ministères. Nous vous proposons l’essentiel de son intervention. Document.

Frédéric Nikièma, porte-parole du gouvernement : « Voici ce que le gouvernement va faire en matière de gouvernance économique »

A l’issue de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, les autorités de la Transition ont pris l’engagement de s’attaquer aux problèmes de gouvernance économique qui minent le développement de notre pays.

A cet effet, le gouvernement a pris des mesures pour réduire le train de vie de l’Etat. Des orientations ont été données au Ministre de l’Economie et des finances pour que le budget de l’Etat gestion 2015 mette l’accent sur quatre axes principaux. Il s’agit :
-  du renforcement de la sécurité intérieure et de la défense nationale en mettant l’accent sur la sécurité des personnes et des biens ;
-  de l’amélioration de la justice à travers des actions fortes pour faire de la justice le fer de lance des réformes ;
-  de la consolidation des acquis sociaux ;
-  de l’affirmation de la gouvernance en consacrant une part importante à l’organisation des élections présidentielles, législatives et municipales.
Ce qui ne veut pas dire que les autres domaines ne sont pas importants mais, la réalité est que le Burkina n’a pas les moyens de tout réaliser en même temps. L’Etat doit vivre à la hauteur de ses moyens. Et cela passe par la rationalisation des dépenses courantes, la pratique quotidienne de la transparence en appliquant simplement les textes en vigueur. Instruction a été donnée pour que les dépenses qui ne sont pas inscrites dans le budget soient rejetées sauf cas de force majeure tels que les problèmes de santé publique (épidémies).

La réduction du nombre de ministres d’une trentaine à 26 comme c’était le cas dans les gouvernements précédents, au-delà de l’efficacité montre la volonté des rédacteurs de la charte de réduire le train de vie de l’Etat.

Parmi les autres mesures prises sur la réduction du train de vie de l’Etat, on peut citer :
-  La limitation considérable des missions à l’étranger ;
-  la diminution des cortèges officiels à leur strict minimum (Le Premier ministre se passe même souvent d’escorte motorisée et son cortège s’arrête aux feux tricolores comme tous les autres usagers de la route) ;
-  le covoiturage et le déplacement en car des ministres pour le Conseil de Ministres délocalisé de Komsilga ;
-  l’étude de faisabilité de ramener les ministres en classe prémium ;
-  la non réfection des bureaux des ministres à leur prise de fonction ;
-  les traditionnels vœux dans les institutions et ministères ont été faits sans cocktails.
-  Le MEF est en pleine réflexion sur d’autres mesures qui devraient être annoncées incessamment.

Dans la dynamique de la nouvelle gouvernance économique, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat (ASCE) a entamé des investigations dans les différents ministères afin de faire la lumière sur les irrégularités commises. Les rapports qui sortiront de ces investigations et audits, permettront au gouvernement de donner une pleine application à la loi.
Tous les responsables des départements ministériels impliqués dans des cas de malversations rendront tout simplement des comptes. Il n’est plus question que la politisation de l’administration, du système judiciaire ou le manque de volonté politique empêche la manifestation de la vérité sur d’éventuels cas de fraudes ou de corruption avérés. Son Excellence Mr le Premier Ministre a donné des instructions fermes pour que les rapports des structures de contrôle tel que l’ASCE, IGE soient désormais suivi d’effet conformément aux textes en vigueur.

En outre, les autorités se sont engagées à mettre fin aux situations de monopole qui prévalait dans notre pays jusque-là. Pendant longtemps, une minorité d’hommes politiques se sont accaparé les richesses de notre pays avec ces nombreuses conséquences désastreuses sur le plan économique, social et politique. On avait une économie en coupe réglée qui ne profitait qu’aux barons/caciques du régime.

Le gouvernement a donné des instructions en renforçant la transparence dans la passation des marchés publics. Les règles en la matière seront scrupuleusement respectées et les sanctions appliquées en cas de violation.

De même aucun opérateur économique, aucun commerçant ne pourra encore bénéficier d’un protectorat quelconque comme cela avait été le cas jusque-là. Les réseaux de sociabilité informelle, de groupuscule politique ou d’association qui avaient une main mise sur la gestion des finances publiques ne sont plus opérationnels. Nous allons travailler à ouvrir l’économie de sorte qu’elle ne soit plus entre les mains d’une minorité. Tout Burkinabè qui a une idée/volonté entrepreneuriale doit être en mesure de se battre à armes égales dans le domaine de la passation des marchés publics ou obtenir des prêts bancaires pour la mise en œuvre de ces projets. Il ne s’agit plus « de qui on connait pour réussir mais de la pertinence de son projet » pour obtenir le soutien de l’Etat. Voici la nouvelle dynamique économique que le gouvernement entend insuffler pour poser les bases d’un nouveau système.

Dans le souci de la justice sociale, le Président du Faso a donné des instructions pour le paiement des arriérés que l’Etat doit aux particuliers, notamment les opérateurs économiques, une mesure qui va inéluctablement relancer l’activité économique intérieure. Ces derniers seront désormais astreints à payer leurs impôts. Des mesures ont été prises pour que le recouvrement des impôts ; les lois douanières et d’accise soient appliquées de manière non discriminatoire. Il n’est plus question que certains groupes de citoyens soient plus susceptibles de se soustraire à ces lois que les autres.

Le gouvernement s’est engagé également à soutenir le secteur privé et à relancer l’activité industrielle qui a connu un ralentissement avec les dommages que beaucoup de sociétés ont subi pendant l’insurrection populaire. Dans ce sens le gouvernement a tenu son Conseil du mercredi 21 janvier dernier dans la commune rurale de Komsilga, à l’issue duquel il a visité les installations de l’usine BRAFASO, désormais entre les mains de l’état, afin de toucher du doigt les réalités de cette unité industrielle.
Les ressources financières seront mobilisées auprès des investisseurs pour la relance de cette usine.

Le Gouvernement s’attaque également à l’insécurité qui constitue un frein au développement de la conduite des affaires et entend également impliquer le secteur privé dans la formulation des politiques.

Concernant la déclaration des biens des autorités de la Transition, comme vous le savez sans doute, elle est une obligation contenue dans la Charte de la Transition, qui dispose en son article 10 que le président du Conseil constitutionnel reçoit la déclaration écrite des biens du Président de la Transition. Cette déclaration est publiée au Journal officiel.

Dans un délai maximum d’un mois suivant la fin de la Transition, il reçoit une seconde déclaration écrite. Celle-ci est publiée au Journal officiel, accompagnée des justificatifs éventuels en cas d’augmentation du patrimoine.

Cette disposition s’applique également à tous les membres des organes de la Transition institués par la présente Charte, à l’entrée et à la fin de leurs fonctions.

A la date d’aujourd’hui, je puis rassurer l’opinion publique que les déclarations de biens des membres du gouvernement ont été transmises au Conseil constitutionnel. Le processus suit toujours son cours pour leur publication dans le journal officiel.

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