Rencontre du Groupe de Travail UE-MICA : le plan d’action 2015-2017 passé au peigne fin

jeudi 29 janvier 2015 à 22h21min

La Délégation de l’Union européenne et les services du ministère de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (MICA) ont ouvert ce jeudi 29 janvier 2015 à Ouagadougou, leur premier Groupe de Travail. Au menu de ce rendez-vous, présentation en détails, des priorités du plan d’action 2015-2017 de la Politique sectorielle de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (POSICA) 2011-2020.

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Rencontre du Groupe de Travail UE-MICA : le plan d’action 2015-2017 passé au peigne fin

Pour le ministre de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, Hyppolyte Dah, cette rencontre confirme la volonté de l’Union Européenne d’accompagner le Burkina dans son élan de développement. Ces échanges permettront de présenter les actions de développement durable des secteurs de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, du secteur privé de façon générale. Depuis 2011, avec la mise en place de la SCADD (Stratégie de croissance accélérée et de développement durable), la volonté du gouvernement est de faire du secteur privé le moteur de la croissance économique. C’est pour assurer la mise en œuvre efficace et efficiente de cette politique sectorielle que le plan triennal glissant a été élaboré via une planification rationnelle et cohérente des actions à mener sur la période 2015-2017.

Dans la dynamique de la promotion du secteur privé, le Burkina a entrepris, depuis une décennie, des réformes pour améliorer le climat des affaires dont les dernières, en 2014, procèdent à la réduction de la délai de création des S.A.R.L (Société à responsabilité limitée) dont le capital minimum passe de 1 000 000 FCFA à 100 000 FCFA et le recours au notaire désormais optionnel ; la réduction du délai d’accomplissement des formalités de création d’entreprises qui est passé à 24 heures. Toujours dans ce chapitre des dernières reformes, on note la création d’un guichet unique de prestations aux entreprises à la SONABEL (Société nationale d’électricité du Burkina) ainsi que la mise en place d’un RCCM (Registre du commerce et du crédit immobilier) unique pour l’accomplissement des formalités relatives aux sûretés et d’un système permettant des recherches suivant le nom des débiteurs et/ou suivant la nature des biens mis en garantie.

Des reformes « majeures » en perspectives pour plus de dynamisme du secteur privé

« La compétition internationale créée par l’évaluation du rapport Doing Business oblige notre pays à fournir davantage d’efforts pour redevenir une référence en Afrique et dans le monde en matière d’amélioration du climat des affaires. Il s’avère donc nécessaire pour le Burkina de prendre les dispositions idoines pour se repositionner car son classement a un grand impact sur sa viabilité en termes d’attraction des investissements étrangers et de confiance des partenaires techniques et financiers », a souligné M. Dah pour qui, le Burkina doit entreprendre de façon diligente des réformes majeures dans plusieurs domaines. Il s’agit, énumère-t-il, de la mise en œuvre effective du système de liaison virtuelle pour les opérations d’importation et d’exportation (SYLVIE), la prise de dispositions pour les respect rigoureux par les guichets uniques du foncier des délais fixés pour l’établissement de l’état des droits réels et les procès-verbaux d’évaluation, du respect des délais réglementaires au niveau des guichets uniques du foncier (GUF). On y loge également, la prise de dispositions d’ordre législatif, règlementaire, administratif ou pratique pour réduire le temps de traitement des dossiers et la rédaction des jugements, la fixation du barème des honoraires des syndicats liquidateurs, la prise de mesures pour l’application effective du « silence agreement » dans le cas des licences d’affaires à délais préfixés. A ces volets, s’ajoute également la simplification de l’obtention de certaines licences notamment la déclaration préalable d’importer(DPI) et le certificat d’origine et d’exportation des biens culturels.

Pour le ministre Hyppolyte Dah, le Burkina doit relever les challenges de la diversification de l’économie par un secteur privé dynamique, compétitif, créateur d’emplois et de richesses pour une économie émergente d’ici à 2020.
Le chef de la délégation de l’Union européenne l’ambassadeur Alain Holleville a, pour sa part, relevé que cet échange est opportun en ce sens que l’année 2013- 2014 a été marquée par trois avancées historiques dans le domaine de l’intégration régionale et du commerce, notamment l’adoption du tarif extérieur commun (TEC) de la CEDEAO, l’accord de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest et l’accord international de Bali sur la facilitation des échanges.

« L’Union européenne, déterminée à travailler main dans la main avec le Burkina »

« Ces instruments historiques nous font entrer dans une période décisive pour les relations économiques et commerciales entre le Burkina, l’Union européenne et le reste du monde. Nous devons maintenant nous préparer à leur mise en œuvre effective, afin de tirer le maximum de profit, entre autres, de l’élargissement et l’ouverture des marchés, de la suppression des barrières douanières intérieures et de la tarification commune, de la simplification et de l’harmonisation des procédures douanières qui en découlent », a développé le diplomate. Convaincu que l’APE, en particulier, représente la meilleure façon de mettre le commerce au service du développement et de la création d’emplois. Non seulement, déclare-t-il, il contribuera à créer des conditions favorables à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement, mais aussi à la paix et à la stabilité en Afrique de l’Ouest. « La signification et la ratification de l’APE dans les plus brefs délais demeurent vitales, non seulement pour la consolidation de l’accès au marché européen pour les pays qui en dépendent et pour l’harmonisation des régimes commerciaux dans la région, mais aussi pour la création d’un cadre légal stable et protégé qui encourage le commerce et l’investissement et qui permet une meilleure intégration dans l’économie mondiale », a-t-il insisté, se réjouissant que les pays de l’Afrique de l’Ouest aient confirmé au plus haut niveau politique, leur engagement à signer et à mettre en œuvre l’APE. Pour le diplomate, ces instruments sont une opportunité pour les Burkinabè d’autant plus que le pays a entrepris des reformes visant à promouvoir les affaires.

Selon M. Holleville, le développement du commerce peut constituer une véritable chance pour la croissance économique. Mais, à condition que le commerce soit compétitif et qu’un ensemble de règles approuvées au plan international soient promues, y compris celles relatives à la création d’entreprises, à la protection des investisseurs, à la taxation des entreprises, à la modernisation et à la simplification des procédures du commerce extérieur, et enfin, à l’exploitation des ressources alternatives de financement et de mobilisation optimale de l’expertise nationale et internationale nécessaire au développement.

Alain Holleville a, par ailleurs, rassuré que l’Union européenne est déterminée à travailler main dans la main avec le Burkina, en collaboration avec d’autres partenaires de la région Afrique de l’Ouest afin de s’attaquer aux problèmes d’intégration économique et commerciale, de renforcer le tissu industriel, de relever le niveau de compétitivité et de libéralisation des échanges, y compris inter-pays, rendus difficiles dans certains cas par des situations post-conflictuelles ou par insuffisance d’infrastructures.

Participent à cette rencontre des directeurs généraux du MICA, des experts de l’Union européenne, des représentants de la commission de l’UEMOA, des Ambassades de l’Allemagne, de l’Autriche, de la France etde la coopération suédoise. Pour rappel, cette rencontre a pour principal but de renforcer les relations commerciales et d’investissements entre le Burkina Faso et l’Union européenne.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 30 janvier 2015 à 10:54, par Toutcourt
    En réponse à : Rencontre du Groupe de Travail UE-MICA : le plan d’action 2015-2017 passé au peigne fin

    L’essentiel c’est l’UE sache que la pression qu’elle met sur les États pour appliquer/ratifier les APE décriées sur plus de cinq points, peut réussir au niveau politique mais au niveau des populations les réactions sur les effets sont imprévisibles.
    Maintenant que la politique du brûlis pour se faire entendre par les populations est d’actualité, il commande de prendre la juste mesure des éventuels soubresauts à venir et en tenir compte et bannir de la négociation les pratiques d’intimidation vis-à-vis des pays de la CEDEAO.
    Pour cette rencontre, je croyais qu’il était question de voir dans quelle mesure l’UE compte accompagner le MICA dans ses projets de développement dans la période 2015-2017 conformément à sa politique sectorielle (POSICA).

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