Micro-trottoir dans la ville de Kaya sur la vie nationale

lundi 26 janvier 2015 à 23h00min

La transition politique en cours dans notre pays est suivie avec beaucoup d’attention par les Burkinabè de l’intérieur. Une transition qui doit conduire à l’élection présidentielle à laquelle la participation des Burkinabè de l’Etranger vient d’être ajournée pour entre autres raisons, « techniques et sécuritaires ».

Des habitants de Kaya, chef-lieu de la région du centre-nord, donnent leur lecture du« processus de la transition » et « le vote des Burkinabè de l’Etranger ».
En outre, ils se prononcent sur la célébration du 11 décembre 2015 à Kaya qui accueille les festivités nationales pour le compte de la région.

Micro-trottoir dans la ville de Kaya sur la vie nationale

Boureima Sawadogo, leader de la société civile
Sur la transition, le bilan est mitigé. Même si des structures sont mises en place. En réalité, la transition a donné trop d’espoir à la population et elle est en train de reculer, de mon point de vue. Déjà, les actions contre les crimes de sang et les crimes économiques qui ont été rapidement annoncées ; à l’heure actuelle, on en parle peu ou même plus. Au second point, le Conseil national de la transition qu’on a cru une législation de crise a amené ses perdiems jusqu’à un niveau impossible. A telle enseigne qu’on doute de la pertinence de cette structure ; est-elle vraiment crédible (surtout qu’elle n’a pas été élue) ? L’exécutif aussi, ce qu’on attend de lui (bitumages de voies menant vers des lieux de fréquentation de personnalités) nous fait douter ; de telle sorte que la justice piétine, le pouvoir législatif nous donne un budget exorbitant, bref ! On doute vraiment. Mais, avec les structures qui sont mises en place, on a bonne foi qu’il faut aller aux élections pour que des hommes habilités, légitimes puissent arriver à gérer le pouvoir.

Sur le vote des Burkinabè de l’Etranger, je dirais que ce n’est pas la décision de ne pas les faire participer à l’élection présidentielle qu’il faut voir ; ce sont les raisons qui fondent la décision. Si effectivement, c’est un problème matériel et logistique, si c’est un problème sécuritaire ; c’est une décision sage. Mais, si jamais c’est un calcul politique, c’est que c’est une mauvaise décision. Parce que le problème est qu’on ne peut pas empêcher la vérité de jaillir un jour ou l’autre. Si jamais, c’est un calcul politique qui empêche les Burkinabè de l’Etranger de voter, dans un ou deux ans, on saura effectivement que ce sont des calculs politiques. Et, les Burkinabè n’aimeraient plus revenir en arrière sur des calculs politiques. Le niveau de conscience de la jeunesse et des populations de façon générale, est arrivé à un stade où il est obligatoire que les hommes politiques travaillent pour améliorer leur niveau de gestion pour atteindre le niveau de conscience de ces populations. On ne pourra plus rabaisser ce niveau de conscience.

Pour le 11 décembre, je dirais que c’est une coïncidence que vous me tendiez le micro parce que, quand la fête du 11-décembre a été retirée à Kaya, j’ai été la première personne à réunir une deuxième personne, une troisième personne, pour préparer la ‘’désapprobation’’ et mettre en place l’équipe ad hoc… ; ce qui a amené le gouvernement à revenir sur sa décision. C’est pour vous dire que nous avons des attentes fortes ; parce que de nos jours, avec plusieurs années de démocratie et de politique, nous avons compris qu’il y a une seule politique qui tient ; c’est la politique du développement et non le développement de la politique. Le 11 décembre est une occasion d’investissements et elle intéresse les populations de la région du centre- nord, quel que soit leur bord politique et nous attendons beaucoup. Nous avons déjà discuté avec le gouvernement passé, le gouvernorat qui était là, des propositions sont déjà faites et nous sommes prêts. Le 11 décembre 2015 est particulier parce que nous sommes sur le qui-vive. Et nous espérons que la transition n’osera pas diminuer d’un seul investissement, le 11 décembre 2015. Nous espérons également que cette transition va veiller à ce que les investissements soient corrects. Dans tous les cas, la société civile y veille et nous sommes très sensibles à ça. Nous sommes engagés et ce que nous devons apporter comme contribution, nous sommes prêts et le ferons.

Salif Belemviré :
Sur la transition, je dirais que deux mois après, les autorités ont fait ce qu’elles peuvent. Mais, il y a eu beaucoup de failles. Si on s’en tient seulement au gouvernement seulement, vous constaterez que des ministres ont été contestés. Le Conseil national de la transition a aussi déçu, car c’est difficile de comprendre que son premier responsable qui a toujours critiqué s’adonne à ce genre de choses ; il est tombé lui- même, dans les pratiques qu’il a fustigées. Pourtant, il y a eu des morts, des blessés qui sont toujours convalescents pour que tous ces hommes se retrouvent à leur niveau de responsabilité actuel. Aujourd’hui, la préoccupation de ces hommes- là ne devrait pas être le matériel et l’argent. Il faut travailler à améliorer les conditions de vie des Burkinabè, sinon ils auraient critiqué les autres pour rien, par simple envie d’être à leur place. Il faut des actions concrètes, sinon on dira que le pouvoir a simplement changé de main.

Pour le vote des Burkinabè de l’Etranger, sachons que ceux de l’Etranger sont Burkinabè au même titre que ceux de l’intérieur. Si on nous dit que financièrement c’est impossible, je peux comprendre. Mais nous dire que techniquement, c’est impossible ; je n’y crois pas. Je crois savoir que la CENI avait déjà fait le gros du travail ! Donc, je peux comprendre qu’on évoque seulement le déficit budgétaire mais pas technique. Le manque d’argent seul suffit comme raison. L’aspect technique ne tient pas. Qu’ils donnent les moyens financiers à la CENI voir si elle ne va pas les organiser. Si c’est aussi la peur de certains partis politiques qui pensent qu’ils pourront être défavorisés si les Burkinabè de l’Etranger votaient, je dirais aussi que c’est un faux calcul car, il appartient aux populations de choisir leur Président. Même ceux qui croient qu’ils ont plus de force à l’interne sauront en réalité qu’ils ne sont pas forts qu’ils le pensent.

Pour le 11-décembre 2015, nos attentes sont celles de toutes les autres localités. C’est vrai qu’au stade actuel, il n’y a rien comme informations d’abord, certainement que la situation que traverse le pays y est pour quelque chose (des préfets sont remplacés, les conseils municipaux sont dissouts, etc.). Nous attendons donc qu’on démarre effectivement les travaux et maximiser sur le temps. Il faut lancer rapidement les appels d’offres pour permettre le démarrage des travaux. On entend susurrer que le coût du pied-à-terre du Président du Faso est élevé et qu’il faut revoir à la baisse mais nous disons qu’il faut trouver le moyen de le faire comme dans les autres régions. Ce n’est pas parce que c’est à notre tour qu’on dira qu’il faut revoir la somme à la baisse.

Ali Sawadogo, plombier :
Sur la transition, je trouve qu’il y a plus de théories que de pratiques ; il n’y a rien de concret. En deux mois de gestion, nous ne sommes pas du tout satisfaits et nous leur demandons vraiment de redoubler d’effort pour répondre aux aspirations. Nous sommes d’accord que l’élection présidentielle est la principale mission mais des actions doivent être posées car, c’est cela qui a conduit au départ du régime de Blaise Compaoré.

Pour le vote des Burkinabè de l’Etranger, je pense que c’est techniquement difficile parce qu’il sera impossible d’installer des bureaux de vote dans toutes les zones de concentration des pays d’accueil de nos compatriotes. Je pense donc qu’au regard de la situation, la décision est sage. Il faut simplement se préparer pour les fois à venir. Mais, le gouvernement doit organiser des déplacements pour leur expliquer les raisons de l’ajournement pour ne pas que cela ressemble à de la discrimination.
Pour le 11 décembre 2015 à Kaya, depuis l’arrivée du flambeau, on n’a plus de nouvelles sur l’organisation. Il n’y a rien d’autre comme action, même pas de communication sur le sujet. Donc, nous apprenons, comme avec les autres Burkinabè des autres localités, que le 11ndécembre 2015 sera tiendra à Kaya ; pas plus que ça. Il faut que les autorités se‘’réveillent’’ pour communiquer sur le sujet car les attentes des populations sur cette célébration sont grandes. On constate aussi que dans ce genre d’organisations, les marchés sont exécutés par les grands entrepreneurs ; nous, « petits entrepreneurs » souhaitons être associés aux côtés des « grands » pour nous permettre d’émerger aussi.
Il y a aussi des informations qui font état de la somme réservée à la construction des pied-à-terre du Président du Faso dans les régions qui s’élèveraient à plus de 900 millions. Si ça s’avérait, j’estime que c’est trop ; il faut revoir la somme à la baisse puis prendre le reliquat pour construire des infrastructures sanitaires. 900 millions pour un pied-à-terre du Président est un gâchis, parce que non seulement, il y passe moins de temps mais encore, l’entretien coûte cher, inutilement.

Aimé Ouédraogo, couturier :
La transition ne donne pas d’abord de satisfaction. Nous n’avons pas besoin de dire ce qu’ils doivent faire parce que ceux qui sont dans les instances aujourd’hui sont arrivés grâce à une situation que tous les Burkinabè ont combattue.
Je suis jeune et je prends ce qui concerne cette catégorie ; rien n’est jusque-là fait en sa faveur. Qu’ils sachent qu’ils sont là où ils sont à cause des jeunes. En tout, nous les attendons. Il faut qu’ils prennent les initiatives qui vont booster l’économie nationale.
Sur le vote des Burkinabè de l’Etranger, je pense que la décision est sage, si cela peut aider à préserver la paix et la stabilité dans notre pays. Nous devons comprendre que c’est à l’avantage de tout le monde. Certes, ce n’est pas souhaitable mais si c’est pour l’intérêt général, on peut procéder ainsi et faire comprendre aux compatriotes de l’Etranger les raisons de la décision.
Pour le 11 décembre 2015, il faut que le gouvernement et les organisateurs communiquent beaucoup là- dessus pour impliquer toutes les populations et pour permettre aux uns et aux autres de savoir à quel niveau se trouvent les préparatifs. Dans ce mois de janvier, personne ne peut donner d’informations sur le sujet. Il ne faut pas dormir pour se réveiller à la moitié du temps pour massacrer les travaux. Il faut s’y prendre tôt. En plus des investissements, je pense que les autorités doivent profiter de ce moment pour gérer la question des lotissements afin que tout le monde ait un lopin de terre. Les parcelles sont sources de conflit et j’invite les autorités à profiter de ce temps pour décanter la situation à ce niveau parce que, au moment où certains peinent à avoir une seule parcelle et se déplacent de non-loti à non-loti, d’autres s’accumulent de nombreuses parcelles.

Recueillis par Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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