Groupe Bolloré Africa Logistics :Des travailleurs suspendus de la Sitarail demandent justice

lundi 19 janvier 2015 à 23h32min

C’est en compagnie de la coordination du mouvement le Balai Citoyen de Bobo Dioulasso que des travailleurs suspendus de la Société internationale de transport africain par rails (SITARAIL, de droit ivoirien) ont tenu leur conférence de presse. Dépités, ils ont sollicité l’implication du gouvernement de la transition afin de mettre fin à une injustice qui n’aura que trop duré selon eux. Suspendus suite à la crise ivoirienne de 2002 qui avait engendré l’arrêt des activités de la Sitarail, ils sont plus d’une soixantaine de burkinabè à n’avoir pas de statut clair : ni déflaté, ni travailleurs de la Sitarail.

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Groupe Bolloré Africa Logistics :Des travailleurs suspendus de la Sitarail demandent justice

Pour Mody Diallo, le secrétaire général du Syndicat libre des cheminots du Burkina (SLCB), tout serait lié à la crise ivoirienne de 2002. Survenue dans un contexte où l’iniquité était déjà décriée au sein des cheminots (pour les burkinabè, le personnel ivoirien a des privilèges), la crise ivoirienne va enfoncer d’avantage les cheminots burkinabè. Ainsi, pour gérer l’arrêt du travail consécutif aux combats entre forces rebelles et loyalistes du côté de la lagune Ebrié, les dirigeants de la Sitarail placent les ivoiriens en chômage technique en application de l’article 65 de la convention collective d’entreprise qui régit tous les cheminots (c’était le 10 octobre 2002).

Quelques semaines plus tard, soit le 08 novembre 2002, le Directeur général de cette compagnie suspend tous les contrats de travail des cheminots burkinabè sur le fondement du code de travail en vigueur au Burkina… Pour ne rien arranger, d’autres lettres de suspension vont suivre jusqu’au 09 août 2005, en violation de la loi. Entre temps, L’accalmie retrouvée du côté de la lagune Ebrié va permettre à Sitarail de reprendre ses activités. Malheureusement, un groupe de travailleurs, majoritairement de la SLCB va subir le courroux de l’Administration. Ainsi, plus d’une soixantaine de membres de ce syndicat ne vont pas être rappelés. Pour pallier leur absence, la Sitarail recrute à nouveau et fait appel à des déflatés de 1989 pour combler le manque de personnel. La descente aux enfers des membres de la SLCB va s’accentuer avec le refus de cette société de délivrer des certificats à ceux qui sont admis à faire valoir leurs droits à la retraite.

A en croire les conférenciers, ni les sentences judiciaires, ni les appels à l’aide des institutions (Présidence du Faso, Le Médiateur du Faso…) et des personnalités (Mogho Naba, Lassina Diawara…) n’ont dissuadé la société Sitarail. Le grand couac pour les suspendus serait la destination de leur salaire tout au long de la crise ivoirienne. Sans salaire depuis leur suspension, ils ont appris via le numéro 7098 du lundi 8 mars 2004 du journal français Libération que le Groupe Bolloré Africa Logistics a toujours payé sans discontinuer le salaire de tout son personnel. Y compris ceux de la Sitarail. Dès lors, les suspendus de la Sitarail se sont posé des questions. Pour eux, leur salaire aurait été détourné par X.

Les suspendus se battent également pour le personnel burkinabè de la Sitarail

Combattants pour « eux » et pour les « autres », les travailleurs suspendus ont profité de leur conférence pour évoquer les difficultés que vit le personnel de la Sitarail. Pour les conférenciers, il y a une dichotomie dans le traitement du personnel de la Sitarail. Choyés, les ivoiriens bénéficieraient de plusieurs faveurs et seraient majoritaires dans les instances dirigeantes de la compagnie. Pour les suspendus, le manque de promotion des burkinabè est un véritable problème.

Par ailleurs, le sursalaires seraient également un fourre-tout à la Sitarail. Une sorte de caverne d’Ali Baba où les patrons puiseraient sans être inquiétés tout en accordant des avantages à leurs proches au détriment des syndiqués. Le temps de la conférence de presse, les suspendus ont appelé le gouvernement de la transition à s’impliquer pour décanter la situation. Sans quoi, ils envisagent des mesures fortes, en collaboration avec le mouvement le Balai Citoyen. Ils n’excluent pas d’organiser des manifestations qui perturberont la ligne ferroviaire Abidjan-Ouaga.

Ousséni BANCE
Lefaso.net

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