Boukary Kaboré dit Le Lion : « Moi, je suis un homme d’action, pas de théorie »

mercredi 14 janvier 2015 à 22h29min

Depuis le 31 octobre, Boukary Kaboré alias Le Lion avait « disparu » de la scène publique. Suscitant de nombreux commentaires sur ses absences des nombreux cadres de concertations initiés depuis lors et auxquels ont pris part partis politiques et forces-vives. Ce mardi, 13 janvier 2015, l’homme a marqué son « retour » en prenant part à la réunion inaugurale du Groupe international de suivi et d’accompagnement de la transition pour le Burkina Faso (GISAT-BF) aux côtés de la délégation des partis politiques. Toujours avec la même humeur, le même sourire et le même tonus ! Le président du PUND jette un regard sur l’actualité …

Boukary  Kaboré dit Le Lion : « Moi, je suis un homme d’action, pas de théorie »

L’homme apparaît en pleine forme en cette matinée de mardi, 13 janvier, aux côtés de ses « amis » des partis politiques. Après les civilités dans les rangs des participants burkinabè, Boukary Kaboré Le Lion s’adonne minutieusement à la lecture des termes de références des travaux, attendant la cérémonie d’ouverture de cette réunion inaugurale du GISAT-BF. « Vous, vous êtes ici. Moi, je suis en campagne », accueille-t-il tout simplement lorsqu’il s’agit d’aborder l’actualité politique nationale. Depuis le « dénouement » de l’insurrection populaire, Le Lion s’est, en effet, « retranché » dans son exploitation agricole à Makognandougou, localité située entre Bobo-Dioulasso et Houndé. Néanmoins, en homme politique, Boukary Kaboré suit de près ce qui se passe après les 30 et 31 octobre 2014, même s’il se veut plus discret.
Sur la transition, il se refuse tout commentaire car, pour lui, c’est encore très tôt pour apporter un jugement. Néanmoins, il aurait quand même souhaité voir le processus passer d’abord par une phase préalable : « l’exception ». Pour le président du Parti pour l’unité nationale et le développement (PUND), il y avait plusieurs possibilités de conduire l’après insurrection dont celle en cours. « Pour moi, une transition, ça dépend. Il y a deux cas de figure ; en tout cas, pour ce qui est des préparatifs pour aboutir… : il y a l’exception et il y a la transition. Peut-être que l’exception était mieux parce qu’il faut laver, balayer. Le problème n’est pas ailleurs, c’est celui de la justice. On parle de paix. Moi, je ne veux pas qu’on parle de paix ; je veux plutôt qu’on vive dans la paix. Tant qu’il n’y aura pas justice, il n’y aura pas de paix. Pour moi, pour qu’il y ait la paix, il faut d’abord la justice. Dès que ça, c’est régler, tout le reste ira tout seul : on n’a pas besoin de quelqu’un. Mais tant qu’il n’y aura pas ça, tout le reste, c’est … », a affirmé Le Lion.

Pour le président du PUND, « les gens ont peur de l’exception pour rien ». A l’en croire, l’exception, c’est pour régler rapidement les problèmes juridiques. « Ça, c’est mon point de vue et ça n’engage que moi. Pour moi, dès que les problèmes juridiques sont évacués, le terrain est balisé pour une paix définitive. C’est l’une des possibilités… », a-t-il poursuivi, tout en précisant qu’il ne s’agit pas pour lui de privilégier sa conception par rapport à la démarche en cours. Mais, à la question de savoir si les commissions mises en place par la transition et les états généraux de la justice pourraient combler cette attente, Boukary Kaboré est strict : « Moi, je ne suis pas qu’on parle ; je suis pour qu’on agisse. Si la justice doit prendre peut-être des années, certains ayant-droits seront déjà morts. Ça ne sert pas. Voilà pourquoi je dis que c’est l’action. Je suis un homme d’action, pas de théorie. La justice est le moteur de tout le reste ».

« Mission accomplie au soir du 31 octobre 2014 »

Boukary Kaboré Le Lion a accompli sa mission au soir du 31 octobre 2014, a-t-il indiqué. « J’étais aux moments chauds avec les jeunes et je suis resté avec eux parce qu’il fallait remplir une mission. C’était aussi une façon pour moi de faire comprendre à la jeunesse que c’est dans le combat qu’on réussit. Donc, je me suis engagé avec les jeunes pour le combat, pour le départ du Président. Il fallait descendre le Président, on l’a fait ; c’est terminer, ma mission a pris fin. La gestion du pouvoir, ça c’est une autre chose. Moi, je ne suis pas pressé … », a confié le Lion avant de souhaiter « qu’on trouve l’homme qu’il faut pour mettre là où il faut ; c’est tout. S’il y a quelqu’un qui le mérite et qui peut faire en sorte que le Burkina occupe sa place rayonnante, je suis complètement d’accord. C’est dans ça même qu’on est actuellement (la rencontre d’évaluation du GISAT-BF, ndlr). On lutte pour avoir une porte de sortie ».

Le fauteuil de Koysam … ?

A un moment où les intentions de candidat à la candidature battent leur traite, l’un des candidats à la Présidentielle de novembre 2010 a aussi ses repères et n’hésitera pas à se positionner pour la course vers Ouaga 2000 (Kosyam). Mais pour lui, il y a urgence, dans cette transition, à « émonder » d’abord la Constitution de certaines « bavures », sans pour autant les citer. Qu’à cela ne tienne, l’ancien Commandant du Bataillon d’infanterie aéroporté (BIA) de Koudougou a en ligne de mire, la Présidence du Faso. Mais, à condition d’être désigné par son parti, le PUND. « C’est le parti qui va annoncer la candidature d’un membre du parti. Si le parti me désigne, je prendrai mes responsabilités » ou encore, « si la jeunesse me réclame, je prendrai mes responsabilités », a annoncé Boukary Kaboré Le Lion.
Tout en saluant le combat du peuple burkinabè, M. Kaboré a profité de l’occasion pour formuler « à tous », son vœu de bonne année 2015 ; « une véritable année de paix pour chacun et surtout de justice ! ».

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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