Sams’k le Jah sur la radio Omega : « Je ne voulais reprendre mes émissions qu’après le départ de Blaise Compaoré »

vendredi 9 janvier 2015 à 18h14min

Sams’k le Jah, le talentueux animateur de l’émission reggae est de retour. Cette fois-ci, sur les antennes de la radio Omega. Un retour tant attendu et demandé par les auditeurs qui l’ont enfin obtenu le dimanche 4 janvier 2015. Un cadeau de nouvel an que l’animateur dit avoir offert à cœur joie. Nous l’avons rencontré jeudi 8 janvier pour en savoir davantage. Lisez-plutôt !

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Sams’k le Jah sur la radio Omega : « Je ne voulais reprendre mes émissions qu’après le départ de Blaise Compaoré »

Sams’K le Jah sur la radio Omega. Pourquoi ce retour ?

C’est un retour que j’ai voulu et que j’attendais de tout cœur. Que dire des auditeurs qui l’attendaient patiemment, eux-aussi. La radio étant pour moi, ma première vie en tant qu’activité, et avec la mésaventure de 2011, j’attendais ce jour pour pouvoir reprendre du service et partager les vibrations positives avec les auditeurs. En plus, il faut dire que ladite radio a accompagné la lutte pour la défense de la démocratie. Alors, je m’étais dit que si cette radio me demandait de revenir, je n’allais pas hésiter. Ce qui a été fait. Je suis donc arrivé et j’espère que l’aventure sera une merveille.

Avant la radio Omega, est-ce que vous aviez été approché par d’autres radios après votre de départ de Ouaga Fm en 2011 ?

Bien sûr. Il y a des radios qui m’ont approché à l’époque mais je ne voulais reprendre mes émissions qu’après le départ de Blaise Compaoré. C’est ce que je répétais tout le temps et je savais pourquoi je disais cela. J’espère alors que les nouvelles autorités qui arriveront au pouvoir auront un peu de respect pour la liberté d’expression. Sinon qu’il y a eu des radios mais j’ai préféré Omega Fm.

Dans quel contexte se situe cette nouvelle (ancienne) émission quand on sait que les précédentes ont toujours été de dénoncer la gestion de l’ancien système ?

Je ne me focalisais pas sur la personne de Blaise Compaoré. C’était plutôt le système de gouvernance. Nous sommes une jeunesse qui a des aspirations. On ne peut donc pas nous obliger à parler comme ceux qui ont fait des écoles internationales de diplomatie. Nous avons notre langage de « ghetto » et nous voulons toujours partager ce qui s’y passe. Malheureusement, des gens ne prennent pas le temps de nous écouter. Et après, c’est pour dire que le Président n’a pas de bons conseillers alors que lui-même peut nous écouter directement sur les ondes des radios. L’émission est toujours dans la même dynamique de dénoncer et de faire des propositions. C’est aussi de dire à la jeunesse qu’elle doit toujours garder l’espoir tout en restant convaincue. Et comme Thoma Sankara le dit : « Là où il n’y a pas de conscience, il n’y a pas de révolution et là où il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès ». Il faut élever le niveau de conscience et toujours lutter pour que les choses changent positivement.

Après une première émission le dimanche dernier, quel est le feed-back ?

J’avais vraiment la pression parce que cela faisait longtemps (plus de trois ans) que je n’ai pas pris le micro. Mais Dieu merci, tout s’est bien passé. Quand j’ai annoncé la reprise de l’émission, j’ai eu près de 1500 « j’aime » sur ma page Facebook. Je n’ai pas pu compter les différents commentaires sur les pages des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter. Il y a également les sms que j’ai reçus dans lesquels les auditeurs témoignaient leur joie de me retrouver enfin sur les ondes. Tout comme moi qui était content de les retrouver aussi.

L’émission garde-t-elle le même ton de liberté ?

Je suis un homme libre. Je parle tout en respectant mon prochain. Je n’ai pas pour habitude d’appeler un lion un gros chat. Quand il est lion, je dis qu’il est lion. Et quand il est chat, je dis qu’il chat. Je parlerai toujours ainsi.
Vous animez également ce genre d’émission sur une radio ivoirienne. Racontez-nous cette autre aventure.
Il s’agit effectivement de la radio Ivoire Fm. Il faut dire que c’est la magie de la technologie. J’ai installé un studio chez moi à la maison où j’enregistre mes émissions. Je les envoie ensuite tous les dimanches. Je vais de temps en temps à Abidjan mais je suis plus présent à Ouagadougou.

Il y a toujours des remous au niveau du Conseil national de la transition, sur entre autre la légitimé de certains membres et les émoluments. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Il faut reconnaitre qu’il y a trop d’imposteurs et des opportunistes qui sont membres de ce Conseil national de transition. Mais ce qui est intéressant, c’est que la jeunesse burkinabè saura qui est qui ? Il y a des gens qui ont le ventre plus gros que les yeux et c’est dommage de donner cette image à la jeunesse. Les gens sont descendus dans la rue parce qu’ils voulaient un changement. Malheureusement, on se rend compte que ce n’est pas ce changement dont on a voulu. Même ceux qui ont combattu Blaise Compaoré ont tendance à reconduire le même système. On leur demande de dévoiler leurs salaires, ils ne veulent pas le faire. Pourquoi ? C’est l’argent du peuple et le peuple a le droit de le savoir. S’ils touchent 500 000FCFA ou 1 000 000FCFA, ils doivent le dire, quitte à savoir si le peuple est d’accord avec ou pas. On nous fait comprendre que c’est la loi. Pourtant, si on devait partir sur cette logique de loi qui existait, Blaise n’allait pas quitter le pouvoir. Il faut que nous soyons conséquents avec nous-même. Il y a des gens que j’ai appelés pour comprendre mais malheureusement, ils nous traitent d’aigris. C’est nous qui sommes devenus des aigris parce qu’on veut savoir combien ils touchent. Ils ont vite oublié les familles qui ont perdu leurs enfants. Est-ce qu’elles ont quelque chose à la fin du mois ? Est-ce que quelque chose est prévue pour dédommager ces familles ? Est-ce que quelque chose est prévue pour accompagner ces familles ? C’est à ça qu’on doit penser.

Quelle pourra-t-elle la réaction du Balai citoyen si toutefois les salaires venaient à être dévoilés ?

Mais on le sait déjà. Nous avons mené des enquêtes qui ont révélé qu’ils ont plus d’ 1 000 000 FCFA par mois, ces députés du CNT. On nous dit que s’ils doivent leur demander de diminuer leurs salaires, il faudra aussi dire au Président, au Premier ministre, aux ministres…. C’est tout simplement déplorable. Il faut arrêter ça. Au niveau du Balai citoyen, nous sommes en train de réfléchir. Il faut que les uns et les autres comprennent qu’on n’a pas fait la lutte pour que des gens aillent s’asseoir pour se sucrer sur le dos du peuple. Le travail d’un député CNT n’est pas plus que celui d’un médecin, d’un enseignant… Nous sommes en période de transition et il est question de réduire le train de vie de l’Etat. Alors, si chacun à son niveau peut contribuer à soulager la souffrance du peuple, ça ne sera pas mauvais. Dans tous les cas, si cette transition est réussie, on aura tous réussi. Si elle échoue, on aura tous échoué également. Chacun doit donc contribuer pour sa bonne marche. Il faut faire prévaloir l’intérêt général.

Quels sont donc les futures projets de Sams’k le Jah ?

C’est la poursuite des tournées à travers les différentes localités du Burkina. Les échanges avec la jeunesse car le travail n’est pas encore fini. Il faut toujours se mobiliser davantage. La préparation de mon prochain album et la concentration pour l’aventure sur Omega Fm.

Propos recueillis par Bassératou KINDO
LeFaso.net

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