Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

mardi 6 janvier 2015 à 01h32min

L’association Jeunesses africaines unies pour la paix et l’intégration (JAUPI) a animé, le samedi 03 janvier 2015 à Ouagadougou, une conférence de presse axée entre autres, sur la gestion inquiétante de la zone de Koualou située à la frontière entre le Bénin et le Burkina Faso. L’occasion a surtout été celle d’interpellation des autorités politiques des deux Etats voisins ; et ce, au regard des récentes interventions dans le cadre de la gestion de cette « zone tampon ».

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Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

Le risque de regain de tension entre le Bénin et le Burkina Faso existe quant à la gestion de la zone de Koualou. Un risque apparu au grand jour en fin octobre 2014 avec l’adduction en eau potable et l’électrification de ladite zone par les autorités béninoises, suivie du déplacement du ministre burkinabè en charge de l’Administration territoriale sur les lieux.
Ces opérations d’électrification et d’adduction d’eau potable constituent, selon les membres de l’association JAUPI, une violation de trop d’un compromis établi par les autorités béninoises et burkinabè. En effet, à l’issue d’une rencontre tenue le 19 mai 2009, la zone litigieuse de Koualou a été déclarée, de commun accord par les autorités béninoises et burkinabè, ‘’zone neutre’’ où ces autorités renoncent à poser unilatéralement des actes de souveraineté. Dès lors, de tels actes relèvent de la compétence d’un Comité mixte de gestion concertée (COMIGEC-K), le temps que la Cour internationale de justice (CIJ) saisie sur la base d’un compromis signé en septembre 2009, tranche le différend entre les deux Etats voisins. A en croire le président de la JAUPI, Athanase Salou, avec ces récentes interventions en dehors du cadre du COMIGEC-K, les autorités béninoises ont violé pour la 44è fois l’accord établi en 2009.
Et avec l’assurance – en réaction à ces interventions - que ‘’les autorités burkinabè ne se laisseront pas faire’’, une assurance donnée par le ministre Auguste Denise Barry aux populations sur place, doublée de la promesse de doter leur centre de santé d’une ambulance, l’on se trouve face à un risque de regain de tension entre les deux Etats voisins. D’où l’interpellation des autorités politiques de part et d’autre, à veiller, dans le cadre du COMIGEC-K, à la préservation de la paix entre les peuples Béninois et burkinabè.

Un litige vieux de 36 ans

Signalons que le Bénin et le Burina Faso partagent une frontière commune longue de 285 km, et que la portion qui pose problème porte seulement sur 10 km. Un problème né à la suite d’incidents frontaliers ayant éclaté en 1979 entre la Haute-Volta d’alors et le Bénin, dans le cadre de l’aménagement par la société béninoise de l’industrie et de l’aménagement hydraulique (SONIAH) d’une aire rizicole de 1 000 hectares dans la région de Niambouli. Et dans la perspective de régler pacifiquement ce problème, une commission mixte paritaire bénino-voltaïque de délimitation de la frontière a été créée. Elle a tenu sa première session du 19 au 22 février 1980 à Cotonou. C’est à sa 6e session, ayant eu lieu du 10 au 12 janvier 1991 à Ouagadougou, que des divergences ont commencé à faire jour. Un consensus s’était pourtant dégagé sur le tracé théorique de la ligne frontière entre les positions des deux délégations, en partant du triple point Bénin-Burkina-Niger jusqu’à l’intersection de la rivière Pendjari.

Développement et épanouissement des populations à la charge du COMIGEC-K
Le moins que l’on puisse dire en dépit de ces divergences, c’est que dans le discours public, le Bénin et le Burkina Faso ont toujours affirmé leur volonté de préserver le climat de paix et de bon voisinage en vue d’assurer le développement et l’épanouissement des populations. Développement et épanouissement mis à la charge du Comité mixte de gestion concertée (COMIGEC-K). Un Comité de 14 membres, doté de sous-comités thématiques (sécurité, animation, infrastructures), et chargé de l’animation, de la sensibilisation et de l’accompagnement des populations de la zone. En effet, ce Comité encadre le vote des populations locales sur le territoire de leur choix, réalise des infrastructures communautaires au profit de ces populations, organise des patrouilles conjointes bénino-burkinabè en vue de sécuriser le corridor Ouaga-Cotonou. Et au regard des nouveaux développements dans les relations entre les deux pays quant à la gestion de la zone litigieuse, une réunion dudit Comité est annoncé pour se tenir courant janvier 2015, donc dans quelques jours.

Les autorités de la transition doivent davantage ‘’mouiller maillot’’

A l’occasion de la conférence de ce samedi 3 janvier 2015, M. Salou et ses camarades, tout en reconnaissant les efforts déjà consentis par les autorités de la transition, disent trouver que jusque-là, leurs actions ne changent en rien le quotidien des Burkinabè. Ces autorités doivent davantage, de leur entendement, ‘’mouiller maillot’’. Pour l’association, il est temps que le prix des denrées alimentaires de première nécessité et celui du carburant soient revus à la baisse pour soulager les populations. C’est aussi, selon eux, la rémunération « trop élevée » des membres du CNT (Conseil national de la transition), qui doit être réduite. L’association souhaite également que les forces vives de la nation se réunissent incessamment afin de discuter des élections présidentielle et législatives qui doivent se tenir en 2015. Pour les membres de l’association, les élections municipales peuvent être repoussées pour l’après 2015.
A l’endroit de l’Union africaine, l’association lance un appel à peser dans le sens de la limitation à deux, des mandats présidentiels dans les pays africains qui doivent en sus, rendre effectifs les textes relatifs à la libre circulation des personnes et des biens.
Il est à noter que l’association JAUPI, créée en 2011, a son siège à Ouagadougou, avec des représentations en Côte-d’Ivoire, au Niger, au Togo, au Bénin, au Mali (sans bureau pour l’instant), au Gabon, au Cameroun. Si ses membres du Burkina n’ont pas encore effectué de déplacement sur le site litigieux de Koualou, ils promettent le faire très bientôt.

Fulbert Paré
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 5 janvier 2015 à 14:27, par Jeanine Debo
    En réponse à : Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

    Ne mettons pas de l’huile sur le feu !
    Le dossier est pendant à la cour international De la Haye !!!

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  • Le 5 janvier 2015 à 15:46, par ouagadougou
    En réponse à : Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

    mes chers amis je pense qu’on a trop a faire au Burkina .une association qui s’ingère d’affaires pays en pays ? vous n’étés pas allez trop loin ?

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  • Le 5 janvier 2015 à 16:14, par LB
    En réponse à : Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

    aaba, aaba, aaba ! Burkina Faso !!!!
    Prions pour que notre pays ne devienne pas Burkina Façon.
    Que diantre va chercher une organisation de la société civile dans une affaire hautement stratégique ? En elle mélange cette question à d’autres questions d’autre politique (élections municipales) dans sa conférence de presse ?
    Pan-africanistes ou apprentis sorciers, quittez dans çà et laissez les autorités publiques faire leur travail.

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  • Le 5 janvier 2015 à 20:28, par Gagnant
    En réponse à : Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

    Cette initiative de l’Association est tres salutaire et encourageante. La mission qu’assument les Associations depuis et de facon active a partir du 30 octobre 2014 ne doit epargner aucun domaine de la vie de la nation, ou meme des communautes regionales ou meme aussi international. Cette mission doit continuer dans la sagesse de la maturite et de la discipline avec l’encadrement d’experts nationaux ou internationnaux dans les differents domaines en lien avec la societe civil. L’Etat doit contribuer a elever le niveau de l’expertise des Associations menant des actions citoyennes porteuses de lueures, d’espoire et de progress pour les communautes. Comme on l’a constate, l’Etat, les parties politiques, meme l’armee seule ne pouvait delivrer le Burkina de la dictature du regime de Compaore et des coAllisions de partis et associations. Les instances de la transition doit travailler a promouvoir cette gouvernance de facon affiner.
    L’Association JAUPI qui est d’envergure regionales doit mobilizer ses members venant du Benin, du Togo, du Burkina, et d’autres pays sur le site a Kualou avec le soutien de la CEDEAO et des autorites des deux pays (Benin et Burkina Faso), en vue de sensibiliser les populations qui sont dans cette zone a developper la solidarity, a refuser les affrontemments , a cultiver l’esprit Et les valeurs de l’integration sous regionale proner par la CEDEAO et l’UEMOA. L’Association doit faire la pression sur la Haye par des letter et des marches encadrer et sages dans les deux pays, pour qu’elle hative et departage les deux pays selon des Resultats consensuels et favorableS a la promotion de la cohabitation des populations locales et la paix definitive entre ces deux pays en rapport avec le cas de la zone de Kualou.

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  • Le 5 janvier 2015 à 21:03
    En réponse à : Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

    Mon Ami Fulbert, des associations sans bureau qui se réunissent dans des quartiers sur une table recouverte d’un pagne sale qui viennent parler de problèmes de frontières. Vraiment, le Burkina est devenu une vaste jungle où chacun s’arroge un droit régalien d’intervenir dans des domaines étatiques réservés. Pendant ce temps, ils auraient pu prendre des charettes pour ramasser des gravats et boucher les trous dans les six mètres. Vivement la fin de la transition afin qu’on passe à une situation politique démocratiquement normale. Le Citoyen.

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  • Le 5 janvier 2015 à 23:46, par pazougnam
    En réponse à : Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

    Diantre où est l’administration Burkinabé (préfet, haut commissaire) pour que les béninois viennent investir de la sorte dans ce village. Croient-ils que la Haye va retirer ces investissements pour nous, surtout qu’ils vont dire que c’est avec l’accord de la population du village. Donc la population est acquise pour le Benin. Si les autorités de la transition ne réagissent pas immédiatement auprès de la cour, ce village est perdu pour nous. Pauvre burkinabé qui se fait tjrs niquer par n’importe quel voisin.

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  • Le 6 janvier 2015 à 09:15, par boutie
    En réponse à : Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

    C’est quoi ce délire, vivement que l’on mette un peu d’ordre dans le milieu des organisations de la société civile .

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  • Le 7 janvier 2015 à 10:15, par D8D8
    En réponse à : Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

    Qu’est ce que les mangeurs de donkounou là veulent encore ???

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  • Le 28 janvier 2015 à 13:48, par Cosme Lucien Zounon
    En réponse à : Coexistence pacifique entre Béninois et Burkinabè : Préserver la paix à Koualou

    Bonjour à tous
    Je comprends que les frontières nées de la colonisation ont fait du tort au continent africain et continuent d’en faire depuis des décennies entre le Burkina Faso et le Bénin.
    Nous devrions trouver rapidement une solution pour une harmonie entre les deux peuples. Ce conflit vieux depuis des années qu’attends les Présidents des deux pays pour trouver une solution consensuelle . Je comprends aussi le comportement des Béninois par rapport à la situation de l’île de Lété au Niger où le feu Président Houphouet avait demandé au Béninois, Dahomey d’alors de laisser la hache de guerre pour que la paix soit de mise entre les deux nations. Mais aux grands dames des Béninois, la Cour de Justice Internationale n’a plus réglé le problème comme cela se devrait. Elle s’est résigne à faire le jugement sur la base de l’effectivité de l’occupation et non sur la base de titulaire de l’espace et de documents de propriété. Ce qui relance le débat des frontières héritées de la colonisation. Que devrions nous faire alors pour préserver la paix ? La réponse est dans les mains des dirigeants des deux pays pour préserver la paix.

    Cordiales

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