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Gouvernement de la transition : Des élections, oui ; mais le quotidien des Burkinabè d’abord !

Accueil > Actualités > Politique • • mardi 30 décembre 2014 à 01h17min
Gouvernement de la transition : Des élections, oui ; mais le quotidien des Burkinabè d’abord !

Il est établi que l’objectif principal des autorités de la transition de douze mois se rapporte à l’organisation réussie d’élections en 2015. Elles sont aussi attendues, entre autres, sur le terrain de la traque à la corruption, sur le terrain de l’offre de justice. Mais avant tout, il leur incombe de faire en sorte que les Burkinabè vivent, à défaut de mieux vivre par rapport à l’ère pré-insurrectionnelle. Et pour qu’il en soit ainsi, il faut que le gouvernement apporte des satisfactions conséquentes à leurs besoins quotidiens. De ces besoins, fait partie le gaz butane. Mais depuis plus d’un mois, pour avoir au quotidien cette source d’énergie si capitale, c’est la croix et la bannière.

Le gaz butane constitue plus de 8% de l’énergie consommée au Burkina. Son utilisation a été vivement encouragée, au détriment du bois de chauffe et du charbon de bois. Toute chose qui a facilité son utilisation quotidienne aussi bien en ville qu’en campagne. Les ménages y sont habitués au point que les périodes de pénurie que connaît sa disponibilité créent des désagréments non négligeables.
Mais avec l’augmentation du prix d’acquisition de la recharge des bouteilles – une augmentation officialisée le 3 mai 2013 – l’on croyait pouvoir tourner la page de ces périodes de pénurie. A cette date en effet, il a été porté à la connaissance de l’opinion publique que les prix de recharge passent de 1 560 FCFA à 2 000CFA pour la bouteille de six kilos. Et de 4 000 FCFA à 5 000 FCFA pour les bouteilles de douze kilos et demi. Ces augmentations appliquées, les pénuries continuent ; malheureusement, de plus belle.

Message quotidiennement servi aux détenteurs de bouteilles vides, « pas de gaz »

Et l’on avait également pensé que le limogeage de l’ex-directeur général de la SONABHY, Boukary Jean-Baptiste de la Salle Béréhoundougou par le Lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, visait, au-delà d’autres considérations évoquées ici et là, à prévenir les pénuries de gaz, devenues particulièrement récurrentes aux lendemains de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Bien au contraire. Il y a maintenant plus d’un mois que l’on voit des gens tourner à longueur de journée, à la recherche de cette source d’énergie vitale.
Or, le 3 décembre dernier, dans un communiqué laconique, la Direction générale de la nationale des gaz annonçait la fin du calvaire dans une semaine à compter de cette date. Et voilà que plus de trois semaines après, le manque de gaz va de mal en pis. Dans tous les points de vente, le message lancé est le même, « pas de gaz » ; surtout les bouteilles estampillées SODIGAZ. Pourtant, au rang des distributeurs agréés auprès de la SONABHY, c’est cette entre entreprise, STD SODIGAZ qui détient environ 66% du marché ; tandis que Total s’en tire avec 20%, ORYX environ 10% et PETROFA environ 2%.

Des boutiques disposant de monopole de fait

Néanmoins, des points de vente dans des coins retranchés, semblent disposer d’un monopole de fait dans la redistribution des bouteilles SODIGAZ. De ceux-ci, on en trouve dans les environs du Ciné Nerwaya au niveau de la Cité An III. On en trouve également dans le quartier Somgandé, jouxtant le siège du MBDHP. Si le premier semble être habituellement ravitaillé les nuits pour commencer la livraison aux longues files d’usagers vers sept heures du matin, le second est desservi en milieu de journée.
Au niveau de l’un comme de l’autre de ces points, c’est le calvaire : de longues heures d’attentes peu rassurantes sur fond d’arrogance des agents commis à la distribution. Soit dit en passant, il est impératif que les autorités de la transition travaillent à faire en sorte que les usagers des services publics ne fassent plus les frais de l’arrogance de la part de ceux qui doivent leur rendre lesdits services. Il ne faudrait plus que l’usager du service public soit regardé et traité comme un mendiant. Que ceux qui sont commis à rendre un tel service ne se conduisent plus en quidam intouchables. Rien que le dimanche 28 décembre 2014, un d’eux lançait d’un ton sec accompagné de gestes manuels de refoulement, à ces nombreuses personnes ayant longtemps fait le pied de grue devant le point de vente à la cité An III, « allez-y, y a plus gaz, c’est fini ! »

Bouteilles de six kilos à 3 000 FCFA
Mais la réalité, c’est que dans le camion d’où les usagers chanceux ont été servis, des bouteilles de gaz se trouvaient encore. Et ce restant, c’est pour le super business dans le business. En effet, pendant que des ménages négocient vainement une seule bouteille rechargée, des motos tricycles viennent à des heures indues, ou se positionnent à des endroits lugubres quand il y a encore du monde, pour repartir bien pleines de bouteilles chargées. Ce sont des bouteilles qui sont livrées, celles de six kilos par exemple, à 3 000 FCFA au lieu de 2 000 FCFA.

Le gouvernement de la transition doit savoir que cela n’est pas acceptable, et réagir conséquemment. Il gagnerait à démanteler tous ces réseaux de monopoles tordus, jusqu’aux minables mais démesurément véreux revendeurs. Mieux, il lui appartient non seulement de considérer la question du gaz au même d’égalité que l’électricité, l’eau, les vivres, mais surtout de les rendre accessibles quotidiennement. Car, c’est dans un climat de satisfaction du quotidien des Burkinabè que les élections tant attendues, peuvent être sereinement préparées. A bon entendeur, …

Fulbert Paré
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 30 décembre 2014 à 08:56, par Fatao En réponse à : Gouvernement de la transition : Des élections, oui ; mais le quotidien des Burkinabè d’abord !

    Les prix du pétrole à leur plus bas niveau
    On le sentir obligatoirement et cela doit entrainer la diminution du prix de transport taxis, bus cars pour voyage et les denrées alimentaires car c’est l’augmentation du carburant qui avait fait grimper tout ça.

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  • Le 30 décembre 2014 à 10:58, par Rachidsidpayété En réponse à : Gouvernement de la transition : Des élections, oui ; mais le quotidien des Burkinabè d’abord !

    Merci pour ces avertissements aux TRANSITAIRES en perte de réseau ! comment focaliser votre mission à l’organisation des élections ? COMBIEN D’ELECTIONS AVONS NOUS CONNUES SOUS LA 4ème RÉPUBLIQUE sans que la vie chère ne soit atténuée ? Le quotidien du burkinabè est bien plus prioritaire qu’une élection qui ne servira qu’à perpétuer le système COMPAORE !!!

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  • Le 30 décembre 2014 à 11:23, par Billy 47 En réponse à : Gouvernement de la transition : Des élections, oui ; mais le quotidien des Burkinabè d’abord !

    voilà ce qui s’appelle "changer un cheval borgne par un cheval aveugle" ! Lol !

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  • Le 30 décembre 2014 à 12:21, par Pierre En réponse à : Gouvernement de la transition : Des élections, oui ; mais le quotidien des Burkinabè d’abord !

    Franchement c’est insupportable je vous dis. Avec ton argent on te traite comme si tu ne sait pas mendier. Je vous fais part de mon épreuve pénible avec une bouteille TOTAL. J’ai l’habitude de charger ma bouteille Total dans une station de vers chez moi. Depuis près de six mois que je venais d’aménager laba, j’ai toujours charger ma bouteille dans cette station. Le 23/12/2014 vers 8h du matin, je suis allé comme d’habitude pour recharger ma bouteille, le pompiste m’informe qu’il y a rupture et la livraison devrait arriver ce soir mais il ne saurait me donner l’heure. j’ai demandé si je pouvais réserver, et il a catégoriquement refusé en disant : " beaucoup ont déjà réservé je ne peux plus, il faut venir attendre...". Je n’ai pas insisté. Aux environ de 14h du soir je suis venu avec ma bouteille m’aligner comme les autres dans mon cas qui attendais le camion. 20h 15mn le camion très chargé s’avance péniblement et je bourdonnais "enfin on aura du gaz, c’est bon ça...". la station avait commandé cinquante (50) bouteilles. Après avoir déchargé les bouteilles, le nouveau gérant de la station demande aux clients d’avancer un à un. Nous étions près d’une vingtaine. A mon tour, après le cinquième client s’avance avec ma bouteille verte, et le gérant " on ne prend pas ce type de bouteille ici, c’est pas une bouteille Totale". Je replique " Et pourtant c’est une bouteille j’ai pris dans cette station, c’est dans cette station que change ma bouteille je ne suis jamais allé ailleurs". Le gérant me dit " a non on ne prends pas ce type de bouteille ici, monsieur mette toi de coté on va servir les autres clients et on verra après ton cas". alors je me suis mis de coté regardant les autres partir avec leur bouteille tous joyeux. je suis resté la jusqu’à la fin de la fille d’attente sans gain de cause. le gérant a refusé de changer ma bouteille. Pourtant je vous assure cher lecteur que j’ai pris la bouteille dans cette même station. Ma bouteille était verte, sur le robinet c’était inscrit "TOTAL GAZ" et sur la bouteille c’est inscrit " elf france". je suis allé dans une deuxième station Total c’était pareil et la troisième, le pompiste a changé ma bouteille sans bronché. J’avais fait près d’une vingtaine de kilomètre après la première station. Alors svp c’est quoi cette affaire de pénurie et toutes les bouteilles que vous aviez donné vous refusez de les changer. franchement c’est quoi ce ping-pong. TOTAL est une société que je respecte beaucoup du fait de son professionnalisme. mais j’avoue que cette épreuve pénible que j’ai vécu ce jour du 23/12/2014 m’a profondément déchu. J’espère que TOTAL tirera au clair cette affaire de bouteille non acceptée dans ces points de vente le plus tôt possible.

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  • Le 30 décembre 2014 à 17:20, par lesage En réponse à : Gouvernement de la transition : Des élections, oui ; mais le quotidien des Burkinabè d’abord !

    le réveille risque d’être douloureux pour nous

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  • Le 30 décembre 2014 à 18:15 En réponse à : Gouvernement de la transition : Des élections, oui ; mais le quotidien des Burkinabè d’abord !

    Bel article dénonçant une triste réalité. Il va falloir mettre fin au monopole de fait de SODIGAZ et pour cause... Ma femme avait voulu ouvrir un point de revente de bouteille de gaz il y a quelques années. Elle a renoncé sur mes constats suivants : Le paiement d’une caution de 700 000 F CFA qui dépasse la valeur sur le marché du nombre de bouteilles vides (6 et 12 kg) qu’elle voulait commandait à chaque livraison en payant chaque fois cash, le prix de revente de chaque bouteille chargée. Le problème est qu’en cas de pénurie de gaz, SODIGAZ livre prioritaire ses gros clients stations services distributeurs (Shell, OTAM, etc. qui n’ont pas de bouteilles propres, et les petits distributeurs, plus proches de consommateurs, le sont bien plus tard quand le gaz redevient disponible en abondance. A présent, SODIGAZ a ouvert ses propres points de revente de gaz en ville en plus des station SODIGAZ APC et mieux, SODIGAZ est transporteur du gaz butane des ports au BF pour la SONABHY. Et ce sont ces points SODIGAZ qui sont prioritaires en cas de pénurie, en plus selon un revendeur, les revendeurs, "parents de SODIGAZ". Des points qui sont devenus rapidement des points de business pour SODIGAZ mais de misère pour les consommateurs obligés d’y aller. En effet, de delà que repartent nuitamment des bouteilles vers des petits détaillants véreux qui augmentent illégalement les prix et partagent les marques avec leurs mentors.
    En résumé, SODIGAZ a construit son monopole sur la base des petits détaillants qui lui ont apporté l’essentiel de son capital, à travers des "cautions déguisées" qui ne sont rien d’autres que prise de participation sans retour réel d’investissement. Petit calcul, un nombre de 10000 revendeurs de gaz sur le territoire national avec une caution individuelle de 700 000 F CFA versent à SODIGAZ pour une durée illimitée la somme de 7 000 000 000 F CFA.
    Pour mettre fin à ce monopole de SODIGAZ et freiner celui de ses concurrents qui fonctionne sur les principes, il faudra que le gouvernement détruit le monopole à la base en reformant le système distribution du gaz au bénéfices des consommateurs et de la protection de l’environnement.

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  • Le 30 décembre 2014 à 18:33, par Fatao En réponse à : Gouvernement de la transition : Des élections, oui ; mais le quotidien des Burkinabè d’abord !

    Les prix du pétrole à leur plus bas niveau
    On le sentir obligatoirement et cela doit entrainer la diminution du prix de transport taxis, bus cars pour voyage et les denrées alimentaires car c’est l’augmentation du carburant qui avait fait grimper tout ça.

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