Préserver la paix sociale à tout prix : l’Etat burkinabé se dote d’un nouvel observatoire

dimanche 28 décembre 2014 à 20h02min

La ville de Tenkodogo a été témoin de la naissance au Burkina Faso, d’un nouvel observatoire. Du 22 au 23 décembre 2014 en effet, ont eu lieu l’adoption des textes régissant l’observatoire national des faits religieux, ONAFAR, l’installation de ses tout premiers membres et la tenue de la première session du dit observatoire. L’atelier s’est déroulé dans la salle de conférence du somptueux hôtel Laafi de Tenkodogo dans le centre-Est.

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Préserver  la paix sociale  à tout prix : l’Etat burkinabé se dote d’un nouvel observatoire

Les autorités régionales à travers le gouverneur de la région du Centre-Est, ont salué le projet encore en gestation, avant de souhaiter que l’atelier qui allait consacrer bien plus que la naissance de cet organe, se déroule avec succès. Bien évidement, l’importance et la nécessité qu’accorde l’Etat burkinabè à l’ONAFAR se sont exprimées par la participation des délégués venus du Ministère de l’Administration Territoriale de la Défense et de la Sécurité (MATDS), du Conseil supérieur de la Communication (CSC), qui ont mené les activités en tandem avec les nouveaux membres de l’ONAFAR.

Dans le souci de promouvoir le dialogue inter religieux au Burkina Faso, le MATDS a en novembre 2013, initié un atelier dont l’objectif était d’encourager les citoyens burkinabè en général, et les leaders religieux en particulier, à s’engager pour sauvegarder en l’améliorant, le climat de coexistence pacifique entre confessions religieuses que connait le Burkina Faso. Au nombre des recommandations formulées lors de cet atelier tenu dans la commune rurale de Kombissiri, l’idée d’une mise en place d’un tel observatoire au Burkina Faso, avait rencontré l’assentiment des participants. Une suggestion applaudie par l’Etat Burkinabè qui y a accédé en formant sans tarder, une commission ad hoc de onze membres. Celle-ci à son tour, s’est prestement mise à la tâche, pour l’élaboration des textes constitutifs de l’ONAFAR, cette structure qui aura désormais, la délicate fonction de veiller. Puis, naquit l’ONAFAR.

En créant cet organe, l’Etat Burkinabè prend acte que la régulation de l’enseignement religieux, véhiculé par les media confessionnel et public, sera plus idoinement assurée par des personnes averties en matière de religion. C’est du moins l’avis de l’Imam Ismaël TIENDREBEOGO, membre de l’AEMB et du CERFI. « Cet observatoire dit-il, représente ce que nous avons souhaité lors de l’atelier que nous avons tenu à Kombissiri. Nous avions pensé poursuit-il, que le Conseil supérieur de la Communication n’a pas forcément les compétences théologiques suffisantes qui l’aident à vérifier le contenu de certains discours religieux sur les media, et que pour cela conclut-il, il fallait associer les acteurs des différentes confessions religieuses à l’appréciation de ce contenu, afin que les choses se passent beaucoup plus facilement et que l’on évite les frustrations à un certain niveau ». Un avis auquel ont renchéri le pasteur André MANO et le Père Jean-Baptiste SANON. Cette logique donc acceptée, l’évolution de la terminologie adoptée pour porter le concept s’expliquera bien aisément. Parti en effet, pour être appelé un observatoire dit théologique, c’est plutôt un observatoire des faits religieux observables, qui sera retenu, pour réguler les dérives potentiels à travers les médias et les discours publics.
Cet organe qui faut-il le rappeler, n’est pas une structure exécutive mais de veille, comprend dix membres dont quatre issus de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB), deux de la Fédération des Églises et des Missions Évangéliques (FEME), deux de la Conférence Episcopale du Burkina et de deux représentants venant du Conseil supérieur de la communication et du Ministère de l’administration Territoriale de la Décentralisation et de la Sécurité.

Le rôle de l’observatoire des faits religieux au Burkina consiste à assurer la surveillance des contenus médiatiques à caractère religieux, afin d’aider le Conseil supérieur de la communication, responsabilisé par l’Etat pour la régulation, à prévenir tout discours susceptible de porter un coup à la coexistence pacifique entre les pratiquants des différentes religions au Burkina Faso. Il n’a donc pas charge de sanctionner, mais d’étudier les dossiers qui lui sont soumis au sujet des faits et messages religieux. Bien évidemment, ce rôle d’accompagnement qu’entend assumer l’ONAFAR, l’obligera au suivi de l’application de la règlementation sur les pratiques cultuelles au Burkina Faso. L’ONAFAR reste convaincu, que le respect et l’observation surtout des règles établies en la matière, sont le premier gage pour éviter tout écart, et pour rendre effective cette promotion de la tolérance et du dialogue inter religieux, dont tous nous savons l’importance dans un pays pluri confessionnel comme le nôtre. Il en appelle donc au renforcement des capacités des leaders religieux, aux opérateurs d’antenne et animateurs des media confessionnels et laïcs.

La nouvelle équipe de présidence qui a été élue par consensus, compte accomplir sa mission dans la collégialité, ainsi que s’est exprimé son Président le Père Jean-Baptiste SANON : « Nous avons été élus pour former un observatoire qui pour moi, est un laboratoire du dialogue inter religieux, car c’est un défi en interne qu’il faut lever ». « Dans la diversité de nos religions et de nos cultures explique-t-il, si nous arrivons à dialoguer pour arriver au consensus, comme c’est le cas dans le mode d’élection du Président, cela augure déjà du travail que nous pourrons faire au bénéfice des communautés que nous représentons ». Les défis sont immenses et tous les membres de l’ONAFAR en ont pleine conscience. Les différentes rencontres inter religieuses qui se sont tenues depuis le forum sur la laïcité, jusqu’à cette dernière dans la cité de Naaba ZOUNGRANA, ont permis à tous selon le nouveau Président, d’apprécier l’ampleur du travail qui est le leur.

Pour la conduite des activités de l’ONAFAR, le Président sera secondé par l’Imam Ismaël TIENDREBEOGO, avec pour rapporteurs le Pasteur MANO André et Mme OUATTARA/née OUEDRAOGO Habibou. Consciente que les leaders religieux des différentes confessions, sont souvent plus facilement en relation de dialogue entre eux plus que ne le sont leurs ouailles à la base, un des défis de l’ONAFAR sera de créer un esprit, qu’il s’attachera à transmettre jusqu’à cette base. Pour cela, il sait compter sur les autorités de tutelle pour l’accompagner dans ses missions. Il ne reste plus qu’à lui souhaiter bon vent.

Abbé Joseph KINDA
www.egliseduburkina.org

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