Insurrection populaire : les enseignants du primaire saluent la détermination du peuple burkinabè

jeudi 18 décembre 2014 à 22h08min

La révolution populaire et historique réalisée par les dignes filles et fils de notre très chère patrie, à travers l’insurrection populaire les 30 et 31 octobre 2014, et la transition très sagement opérée qui s’en est suivie sont la preuve que notre peuple très mature n’est plus prêt à se laisser bâillonner par des hiboux quel que soit leur plumage.

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Insurrection populaire : les enseignants du primaire saluent la détermination du peuple burkinabè

L’association nationale pour le bien-être des enseignants du primaire du Burkina Faso, en abrégé ANEP, en tant que mouvement d’enseignants, c’est –à dire de femmes et d’hommes dont la charge est de former les générations futures en leur inculquant les valeurs authentiques humaines et patriotiques, les vertus individuelles et collectives, etc. ne peut que saluer à la hauteur de sa sagesse et de son courage le peuple burkinabé. Chaque Burkinabé honnête a su réinvestir en ces journées du 30 et 31 octobre surtout, les enseignements qu’il a reçus de ses maitres d’école, et nous, instituteurs du Burkina, nous en réjouissons. C’est également le lieu de saluer les forces de défenses et de sécurité qui ayant enfin compris que le Burkina Faso était un bien commun, et non une propriété privée de la famille Compaoré, ont refusé d’utiliser leurs armes contre leurs frères et sœurs, en s’engageant avec la manière au côté du peuple souverain. Au lieutenant-colonel Zida qui a conduit honnêtement en homme intègre les reines de l’Etat depuis la fuite de l’ex-président jusqu’à la passation de témoin à un président civil de la transition, nous adressons nos vives félicitations ; les enseignants en retraite comme en activité sont fiers de l’avoir enseigné et il mérite leurs bénédictions.

Les enseignants du primaire du Burkina Faso, s’inclinent devant la mémoire de toutes les personnes qui ont perdu la vie au cours de cette lutte, présentent leurs sincères condoléances aux familles éplorées et souhaitent un prompt rétablissement aux nombreux blessés.

Toutefois nous exigeons tout de suite et maintenant que les commanditaires et les auteurs de ces crimes soient recherchés et qu’ils répondent de leurs actes.
Ce sursaut populaire marque un tournant important et décisif dans l’Histoire politique de notre pays. Il est surtout intervenu après un cumul de frustrations dû à des politiques et à un système de gouvernance définis sur la base des intérêts individuels et ceux de la mafiafrique au grand dam des préoccupations centrales du peuple, notamment les jeunes.

C’est dans cette logique, par exemple, que l’éducation qui devrait être placée au cœur des préoccupations, en tant qu’elle est le ciment de tout développement humain durable, a tout simplement été banalisée par des projets éducatifs sans objet, dont d’ailleurs beaucoup ont été conduits par de simples arrivistes passionnés d’éducation, pourvu que la veste soit griffée CDP, donc visiblement limités dans leurs actions à répondre aux attentes de notre peuple en matière d’éducation, d’alphabétisation et de formation. La conséquence, nous assistons à un système éducatif toujours finissant dans les rues, promotrice du chômage des jeunes à grande échelle, de la médiocrité, un système éducatif sans lendemain. Le secteur de l’éducation dans notre pays a beaucoup souffert surtout dans ces toutes dernières années d’une gestion très approximative au sommet, caractérisée par des discours, des actions et des politiques très inadéquates et inadaptées aux réalités contextuelles et dont le seul objectif était d’empêcher que des élites émergent parmi les enfants de la masse populaire. Le continuum éducatif dans sa conception et sa forme actuelles en est un exemple illustratif. Les gestionnaires du système éducatif du régime qui vient de s’évaporer sous la pression populaire, atteints de gestionite, n’avaient que foutre des remarques et critiques à eux formulées par des professionnels de l’éducation. Or, aucune politique éducative ne peut être efficace et viable si les personnes responsables de son application sont mises à l’écart et ne sont pas écoutées. Le régime précédent a donné l’impression de démocratiser l’école en améliorant l’accès par les constructions d’infrastructures éducatives, mais en réalité il cultivait plutôt les inégalités de réussite scolaire, car visiblement tout était fait pour que les enfants des pauvres ne puisent acquérir des compétences critiques, dans un monde globalisant fait de compétitivité et de concurrence où seule l’expertise et l’excellence permettent de répartir les positions sociales. En clair, réduire les chances de succès de haut niveau à l’école aux enfants de la masse pour assurer l’inégalité de chances d’accès aux diverses positions sociales, celles dédiées à l’élite, une sorte de reproduction sociale, tel est l’objectif affiché de tous les projets éducatifs qui ont été conçus dont certains sont en cours et d’autres, sur le point d’être mis en œuvre. Il faut rectifier urgemment car laisser les choses en l’état, comme le continuum éducatif dans sa présentation actuelle, c’est avaliser une vision éducative antisociale. Autrement tous les porte-paroles de cette mauvaise éducation des enfants du peuple, vont tôt ou tard répondre.

Les enseignants du primaire du Burkina souscrivent donc à la soif de changement du peuple, lequel changement doit prendre nécessairement et obligatoirement en compte la façon dont il veut qu’on éduque ses enfants en intégrant bien entendu la gouvernance éducative et le problème de la condition du personnel enseignant. Et comme toute organisation responsable, l’ANEP, attend des nouvelles autorités de la transition et de celles à venir, qu’elles incorporent ces aspirations de changement dans leurs actes quotidiens dans la perspective de la reconstruction d’un Burkina Nouveau. C’est pourquoi, nous appelons les autorités de la transition à revoir au plus pressé la politique éducative pour l’adapter aux besoins et aux réalités de notre société en vue de lui assurer un développent harmonieux sur les plans social, économique et culturel ainsi que les conditions de précarité de vie et de travail des enseignants de tous ordres. Car le type d’éducation qui produit des effets de développement humain durable passe nécessairement par l’amélioration des contions de vie et de travail des enseignants.

L’association nationale pour le bien-être des enseignants du primaire du Burkina Faso, ANEP, s’engage à accompagner à sa manière tous les organes de la transition dans le cadre d’une renaissance véritable tout en restant attachée aux espoirs du peuple nés de la révolution populaire.

Vive le Burkina Faso, Vive les Burkinabé,
Ensemble pour une éducation de qualité des enfants du peuple
Pour l’ANEP
Le bureau exécutif national

A signé
Jérôme KABORE
Président national
Contacts : enseignants.burkinafaso@gmail.com
www.anep.fr.gd

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Vos commentaires

  • Le 19 décembre 2014 à 06:43, par yeriyoublo
    En réponse à : Insurrection populaire : les enseignants du primaire saluent la détermination du peuple burkinabè

    Bien vu et bien dit mais je pense que les organes de la transition prendront acte et laisser le gouvernement qui sera en place en 2015, s’attaquer à ce problème crucial de notre éducation . Comme vous l’avez si bien dit , les enfants des pauvres n’auront pas la même qualité d’éducation que ceux des riches. Déjà on voit la différence entre l’enseignement donné dans les établissements privés et publics. Et pour nous tromper on donne le certificat d’études primaires à tous les candidats à ce diplôme . Mais celui qui a eu une formation de base solide , sera toujours meilleur même a diplôme égale. A partir de la 6eme, les choses commencent à être difficiles pour ces enfants de pauvres et voilà l’échec qui pointe . Les lycées professionnels aussi sont insuffisants et manquent d’enseignants. Tout est fait pour que le fils du pauvre n’émerge pas.

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  • Le 19 décembre 2014 à 08:19, par podrbem
    En réponse à : Insurrection populaire : les enseignants du primaire saluent la détermination du peuple burkinabè

    vivement il faut suspendre le continuum.sinon dans bientot le primaire connaitra les même maux que le superieur.

    Répondre à ce message

  • Le 19 décembre 2014 à 17:04, par SAMBIGA
    En réponse à : Insurrection populaire : les enseignants du primaire saluent la détermination du peuple burkinabè

    Bonjour parlant des condition de vie des enseignants j’accompagne l’ANEP en disant tout simplement que le gouvernement de Kafamdo doitd’abord retablir la justice en harmonisant les salaires des agents de l’ETAT exersant une la meme fonction en supprimant la difference de remuneration qui depasse les 30000 sans compter la diference d’avancement qui vaut 7000. C’est frutant quand on voit des petits frere qui des.realisations que leur aines n’ont zncore fait. Socialement ca s’explique pas sauf que les aines sont nules.

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