Affaire Norbert Zongo : vivement une priorité de la commission nationale de la réconciliation et des réformes !

samedi 13 décembre 2014 à 02h15min

Le 13 décembre 1998, succombait, dans les conditions les plus atroces, le célèbre journaliste d’investigation, Norbert ZONGO. Non content de le tuer, les mains assassines vont transformer ce corps en cendre, preuve de leur trop grande cruauté, animosité. Mais depuis lors, le feu n’a cessé de s’allumer, d’où la nécessité de murir une profonde réflexion sur ce crime odieux et situer les responsabilités individuelles et collectives afin que l’âme de Norbert repose en paix.

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Affaire Norbert Zongo : vivement une priorité de la commission nationale de la réconciliation et des réformes !

Grand défenseur de la cause de l’opprimé, vaillant combattant contre l’injustice, Norbert Zongo aura consacré toute son existence à critiquer et à dénoncer les inégalités sociales et les tares du régime COMPAORE. Son parcours scolaire, universitaire et même professionnel abonde d’exemples de ce combat inlassable.
Tentatives de corruption, intimidations, menaces, rien n’a pu stopper ce journaliste d’investigations dans son combat de tous les jours. Au prix de sa vie, il a tenu à faire la lumière sur des dossiers aussi brûlants que celui de David OUEDRAOGO qui serait d’ailleurs la cause de son assassinat. Loin de nous l’idée de revenir sur ce parcours exemplaire, il est tout simplement question, à travers cet écrit, de s’interroger sur la suite à donner au dossier Norbert ZONGO afin que le sacrifice consenti par ce grand homme servent de leçon.

Norbert ZONGO n’a accepté de consentir le sacrifice ultime que pour permettre l’émergence d’une démocratie et d’une justice véritables. Sans doute aucun, l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre serait en partie l’écho de ce combat mené il y a plus d’une décennie. Et l’histoire lui aura donné raison ; à en croire certains documents retrouvés lors des casses (même si l’authenticité reste à prouver par l’autorité compétente). Il suffit par ailleurs de parcourir ses nombreuses conférences et publications pour s’en convaincre.

Il est donc clair que ZONGO ne s’est pas battu pour des intérêts égoïstes et c’est d’ailleurs pour cette raison que tous, à l’instar du Collectif et en commençant par les autorités de la transition, devraient, à quelque niveau que ce soit, tout mettre en œuvre afin que la lumière jaillisse le plus tôt possible sur cette affaire. Ce combat ne devrait pas être l’œuvre de quelques individus ou groupes ; mais la préoccupation de tout Burkinabè à quelque niveau qu’il se situe. Avons-nous déjà songé à une journée sans la presse ? Que serait notre monde si aucun bout de doigt ne se levait pour dénoncer les injustices ? Avons-nous, une seule fois, fait nôtre la douleur et à la souffrance des proches de Norbert ZONGO ? Norbert est mort en défendant une cause qui aurait pu être celle de chacun de nous. Il est mort comme un soldat sur un champ de bataille, défendant sa patrie contre une agression extérieure. Par conséquent, il mérite mieux que quiconque les reconnaissances de la nation. Et le contexte actuel sied pour marquer une ferme volonté de faire aboutir ce dossier et de rendre enfin un vibrant hommage à ce justicier sans pareil.

Etant donné qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et que les autorités de la transition étaient animées d’une volonté de joindre Norbert ZONGO aux martyrs de l’insurrection pour la journée d’hommages, il serait de bon ton que celles-ci posent un acte mémorable ce 13 décembre, jour anniversaire de l’assassinat ignoble du journaliste. Que ce premier anniversaire après la chute du régime que Norbert a combattu toute sa vie en raison de la mal gouvernance, marque un tournant dans le sort jusque-là réservé à cette affaire. C’est l’occasion ou jamais pour ZIDA et son équipe de montrer leur bonne foi dans la gestion de ce dossier, dans la satisfaction de l’aspiration profonde du peuple burkinabè. Et cela pourrait contribuer à redorer leur blason après la polémique autour de la journée d’hommages. Le premier ministre de la transition, Yacouba Isaac ZIDA, pourrait par exemple, à l’occasion, sans démagogie aucune, inscrire le dossier Norbert ZONGO parmi les priorités de la commission de la réconciliation nationale et des réformes ; car ne l’oublions pas, ce sont les manifestations consécutives à l’assassinat de Norbert ZONGO qui ont abouti à la limitation des mandats présidentiels..

Ousmane B. PARE
Lefaso.net

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