Troisième législature : la législature de la maturité démocratique

mercredi 16 mars 2005

Pour cette troisième législature de la IV République en place depuis mai 2002, on a au sein de l’hémicycle 13 formations politiques.

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Aux côtés du CDP, parti présidentiel majoritaire, 12 autres formations, dont certaines soutiennent par ailleurs le programme présidentiel, se côtoient, allant des libéraux de l’ADF/RDA aux sankaristes de la CPS et de l’UNIR/MS en passant par les socialistes du PDP/PS du Pr. Joseph Ki-Zerbo ou encore les « tercéristes » de Laurent Bado.

Dans quelques mois, ce parlement aux couleurs arc-en-ciel aura franchi la moitié de son parcours. On peut d’ores et déjà établir quelques constats de cette législature qui marque sans conteste un tournant dans le processus démocratique au Burkina Faso.

Premier constat, l’ancrage de l’Etat de droit dans notre pays. Déjà en 1997, en menant à terme une législature et en enchaînant une autre, sans interruption par un régime d’exception, la IV République réussissait une première dans l’histoire politique du pays depuis l’indépendance en 1960. Cette troisième législature consécutive est bel et bien alors le signe réel de l’ancrage des valeurs républicaines comme mode de gestion et de dévolution du pouvoir.

En effet, la vie politique et parlementaire de notre pays qui est liée au fait colonial est riche de processus démocratiques inachevés ou prématurément interrompus même si l’on ne s’en tient qu’à la période des indépendances. Ainsi, la Ière République instituée par la Constitution de novembre 1960 sera balayée par un mouvement populaire qui mettra fin au régime de Maurice Yaméogo le 3 janvier 1966. Et sa chute sera suivie d’une période de régime militaire de transition de quatre ans.

Il faut attendre juin 1974 pour amorcer le retour à l’Etat de droit avec l’adoption d’une nouvelle constitution. En décembre de la même année, les élections législatives remettaient en place l’Assemblée nationale. L’UDV-RDA était consacrée parti dominant avec 37 sièges. Les trois autres partis représentés à l’hémicycle sont : le PRA (12 sièges), le Mouvement de libération nationale (MLN, 6 sièges) et l’Union nationale des Indépendants (UNI, 2 sièges).

Mais, très vite, des rivalités entre les deux principaux leaders du parti majoritaire, le RDA, entraîneront le pays dans des soubresauts : Gérard Kango Ouédraogo, Premier ministre et Joseph Ouédraogo, président de l’Assemblée nationale, étaient dans une lutte de positionnement comme candidat du parti dans la perspective de la future élection présidentielle. Un coup d’Etat de palais opéré par le Gal Lamizana mettra fin à ce duel fratricide et installera un régime militaire de 1974 à 1978.

C’est en novembre 1977, avec le vote d’une nouvelle constitution, après quatre ans de régime militaire baptisé "Renouveau national" que s’amorce le retour à la vie parlementaire. Les législatives organisées en avril 1978 rouvrent les portes de l’hémicycle à 57 députés. Ils représentent en tout cinq partis : l’Union démocratique Voltaïque/Rassemblement démocratique africain (UDV/RDA, 28 sièges), l’Union nationale pour la défense de la démocratie (UNDD, 13 sièges), l’Union progressiste voltaïque (UPV, 9 sièges), le PRA (6 sièges), l’UNI (1 siège).

Les scissions, absorptions et recompositions en vue de se constituer une majorité improbable entraînent rapidement la nouvelle assemblée dans une zone de turbulences qui aura raison de la IIIè République. En novembre 1980, le Conseil militaire pour le redressement national (CMRPN) met fin à la IIIè République. Il s’en suivra une série de régimes d’exceptions (CSP1 et CSP2, CNR, Front populaire) avant le retour à l’Etat de droit avec la constitution de juin 1991.

Deuxième constat ensuite, la réussite de la transition entre la deuxième et la troisième législature souligne le retour définitif de la paix sociale après les graves turbulences sociopolitiques que le pays a vécues entre 1999 et 2001. Le consensus autour de l’organisation et des résultats des consultations du 5 mai auxquelles ont pris part 30 formations politiques de toutes obédiences illustre éloquemment la paix sociale retrouvée.

Troisième caractéristique de cette législature amorcée en 2002, la recomposition du paysage politique, plus prometteur en débats contradictoires au sein de l’hémicycle, où, contrairement à la législature précédente, le parti au pouvoir, le CDP, n’aura plus de majorité écrasante mais devra composer avec douze autres partis de l’opposition pour les décisions législatives d’envergure.

En garantissant un scrutin transparent et équitable, les réformes institutionnelles et politiques opérées au cours de ces trois dernières années ont prouvé l’engagement des autorités burkinabè à construire un Etat de droit véritable.

Lefaso.net


Les 15 partis présents au sein de l’hémicycle

Au début de la législature, dix-huit (18) partis politiques étaient représentés au parlement. Suite à des mutations au sein de certaines formations politiques, L’Assemblée nationale compte aujourd’hui quinze (15) partis.

Ce sont :

- Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP):57 députés ;

- L’Alliance pour la Démocratie et la Fédération/Rassemblement Démocratique Africain (ADF/RDA) : 10 députés ;

- Le Parti pour la Démocratie et le Progrès/Parti Socialiste (PDP/PS) : 10 députés ;

- L’Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD) : 07 députés ;

- Le Parti Africain de l’Indépendance (PAI) : 05 députés ;

- Le Parti de la Renaissance Nationale (PAREN) : 04 députés ;

- L’Union pour la Renaissance/Mouvement Sankariste : 03 députés ;

- La Convention Panafricaine Sankariste (CPS) : 02 députés ;

- Le Parti pour la Démocratie et le Socialisme (PDS) : 02 députés ;

- La Convention Nationale des Démocrates Progressistes (CNDP) : 01 député ;

- La Convergence pour la Démocratie Sociale (CDS) : 01 député ;

- La Convention pour la Démocratie et la Fédération(CDF) : 01 député ;

- L’Union des Patriotes pour le Déve]oppement(UPD) : 01 député ;

- Le Rassemb]ement des Eco]ogistes du Burkina (RDEB) : 1 député ;

- L’Union pour la République (UPR) : 06 députés ;

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