Formation du gouvernement de la transition : le torchon brûle entre « petits partis » et « grands partis » de l’opposition

dimanche 23 novembre 2014 à 22h52min

Alors que tous attendent le « gouvernement Zida » annoncé pour l’après-midi de cette journée dominicale, 23 novembre, des voix se sont fait entendre en milieu de matinée au sein des partis politiques de l’opposition pour « dénoncer » ce qu’elles ont qualifié de « forfaiture » dans la désignation des candidats au gouvernement de la transition.

Formation du gouvernement de la transition : le torchon brûle entre « petits partis » et « grands partis » de l’opposition

C’est par une conférence de presse convoquée dare-dare que dix-huit partis (18) partis politiques de l’opposition, selon les organisateurs, ont fustigé la méthode de désignation des représentants de l’opposition au sein du gouvernement de la transition. « Le but de cette conférence est de porter la voix de la presque vingtaine de partis qui, depuis le lundi dernier, ont créé une coalition en vue de faire entendre leur voix dans la gestion de la transition », a indiqué le porte-parole, Mamadou Kabré, président du PRIT-Lannaya. A ses côtés, Claude Ouédraogo, président du MPC ; Paul Yaméogo, président du MDD ; Salfo Lompo, président intérimaire du PDP/PS ; M. Sanfo de la CDS et M. Maïga du COPAC. ‘’Soulignant’’ leur part dans la lutte pour le « départ du pouvoir royal de Blaise Compaoré », M. Kabré et les autres signataires à la coalition disent refuser « la dictature » des « camarades » de l’opposition à leur sein. « Déjà que leur graine n’a pas germé, quand ça va pousser, ça va être des dictateurs en puissance. Autant mettre le hola à temps avant qu’il ne soit trop tard », a dit le porte-parole. Déplorant que les 18 partis politiques n’aient, jusque-là, aucune information sur la désignation des membres qui doivent aller au gouvernement.

Ce qu’ils appellent « mystère ». Les « choses » se passeraient dans les coulisses. Pourtant, s’adosse-t-il, la charte veut que la désignation soit inclusive. A en croire la coalition, s’il n’y a pas eu de concertations pour le moment, et que l’esprit de la charte est de faire des concertations par composantes pour désigner les représentants, il va sans dire qu’il y aura un retard dans la formation du gouvernement. Ce qui, de leur avis, est préjudiciable à la relance politique, économique et à l’animation de l’appareil de l’Etat. A en croire les membres de la coalition, leur lutte n’est pas celle de postes au sein du gouvernement de la transition mais plutôt d’un « principe de redevabilité » envers tous les partis de l’opposition. « Nous allons refuser la politique de la bougie qui est d’éclairer les gens, tout en se consumant. On n’est plus dans cette logique-là », a confié M. Kabré qui souhaite que tous les partis de l’opposition soient considérés comme ils l’ont été lorsqu’il s’est agi des réunions, des cotisations dans la lutte. « Nous attirons l’attention des uns et des autres pour dire que déjà, les chemins risquent de s’écarter, si on forme un gouvernement à l’insu de l’ensemble des partis qui doivent savoir combien de postes on affecte et quels sont ces postes et ceux qui doivent aller représenter l’opposition », a averti l’animateur principal de la conférence, M. Kabré.

Néanmoins, « Pour gérer la transition, il faut être à un poste »

Même s’ils disent défendre un principe, celui de « redevabilité », il n’en demeure pas moins pour ces leaders politiques que, « pour gérer la transition, il faut être à un poste. Et les partis sont nés pour la conquête et la gestion du pouvoir d’Etat. Pour gérer la transition, il faut bien être quelque part, dans un organe décisionnel ; sinon vous n’avez rien à gérer dans la transition. Cela est une évidence et on ne peut pas déroger à cette règle ». Selon ces responsables des partis, les « gens » ne doivent pas être dans le gouvernement intuitu personae (en considération de la personne), ni ‘’es qualité’’ en fonction de la taille de leur parti mais plutôt en tant qu’éléments d’une composante. « Pour savoir se retrouver, il faut savoir se quitter. Si le gouvernement est formé sans inclusion, c’est-à-dire sans concertations avec les autres partis, ceux qui y seront le seront à leur nom individuel et nous ne saurons cautionner de telles pratiques qui sont aux antipodes de ce qui est consigné dans la charte. Nous, partis membres de cette coalition, déclarons que l’esprit de la charte ne doit pas être foulé aux pieds, une semaine après sa signature », a averti Mamadou Kabré.

Un cas PDP/PS dans le CNT ?

Si pour les animateurs, la désignation des membres du CNT n’a pas posé trop de difficultés, il n’en demeure pas moins que la « démarche » a été quelque peu « dévoyée » avec une certaine complicité au sein même du CFOP. « Au niveau du PDP/PS, une complicité s’est engagée au sein du CFOP, permettant à un président qui est suspendu depuis le 27 septembre, de déposer son dossier. Or, selon les textes, lorsqu’on est suspendu, on ne peut pas représenter le parti. Mais les gens l’ont aidé à déposer son dossier. Et nous avons déposé le nôtre, parce que c’est le secrétariat exécutif national qui désigne. Il est venu déposer et il a été reçu par le directeur de cabinet (du CFOP-BF). Nous sommes venus et il a fallu avoir recours à un huissier pour pouvoir déposer nos dossiers. C’est pour dire que le problème du CNT n’est pas non plus totalement réglé au niveau de l’opposition », est revenu à la charge, Salfo Lompo, président intérimaire du PDP/PS, annonçant pour le 29 novembre prochain, un Congrès pour, certainement, plancher sur la « vie » et « actions » du parti.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

Encadré :

Les partis politiques de la coalition :
PRIT-Lannaya, MDD, CDS, MPC, PSU, COPAC, URDB, PNDP, PEDL, Convergence de l’espoir, CNR/MS, PDP/PS (Aile Salfo Lompo, dite légitime), UFR, PF, MDR.

Des partis qui, selon les conférenciers, ont donné leur accord dans cette démarche : le PDC, le MPB, le PEND.

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