Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

mercredi 19 novembre 2014 à 16h36min

Après 27 ans de règne sans partage, Blaise Compaoré ex président du Burkina Faso a rendu le pouvoir sous la pression de son peuple dont la maturité politique est à saluer.

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Cette belle victoire est d’abord celle du peuple dans sa globalité qui a su montrer son audace, sa rage du changement mais aussi sa capacité à se ressembler autour des grandes causes.

De cette victoire j’en tire deux enseignements fondamentaux à savoir : le principe de transmission du pouvoir n’est pas encore acquis ; la renaissance de l’espérance Africaine.

Le principe de transmission du pouvoir n’est pas encore acquis

Sur le continent Africain, rares sont les présidents qui peuvent se targuer d’avoir transmis le pouvoir sans encombre. De nos indépendances à ce jour, aucun dirigeant n’a eu cette élégance d’esprit de rendre le pouvoir sans pression, sans effusion de sang. Cela est inacceptable !

Les plus optimistes me citeront quelques cas tels que : le Sénégal où le président Senghor transmettra le pouvoir à son premier ministre d’alors Abdoul Diouf en respectant les règles constitutionnelles mais aussi du Mali où le président Alpha Oumar Konaré quittera son fauteuil à la fin de son second mandat constitutionnel et enfin le Cap vert qui depuis 1991 fait figure de pays démocratique au travers l’instauration d’une culture d’alternance politique.

Sur 54 Etats Africains, il est inadmissible de constater cet état de fait. Seulement trois transmissions volontaires. Il est du devoir de la jeunesse Africaine de s’organiser en association citoyenne, de s’unifier afin de demander le respect des règles constitutionnelles tout en associant les forces vives de la nation.

En effet, la quasi-totalité des dirigeants Africains ne préparent pas leur succession. A croire qu’une fois élus la notion du départ du pouvoir est inexistante. Pour preuve, les présidents Félix Houphouët-Boigny de la Côte d’Ivoire, Gnassingbé Eyadema du Togo, Lansana Conté de la Guinée, Hosni Moubarak de l’Egypte, Ben Ali de la Tunisie, Blaise Compaoré du Burkina Faso ;

Après plus de deux décennies au pouvoir, aucun de ses dirigeants n’a su préparer son pays à une alternance politique. Pire, ils l’ont préparé négativement avec ce slogan « moi ou le chaos ». Certains sont morts au pouvoir et d’autres l’ont transmis par la pression de la rue.

L’Afrique est jeune et pleine d’avenir car sa jeunesse à foi en ce continent. Notre réussite ne sera possible que lorsque nous serons capables de nous regarder ensemble dans le même miroir c’est-à-dire accepter notre passé commun et regarder l’avenir ensemble.

La renaissance de l’espérance Africaine

La politique c’est d’abord cette notion d’espérance. Un leader politique est celui qui est capable de donner de l’espoir à son peuple, d’unifier sa nation autour d’un pacte républicain dont le but ultime demeure l’amélioration des conditions de vie des uns et des autres.

A parcourir l’ensemble des Etats Africains, on remarque cette perte d’espérance au niveau de toutes les couches sociales des différentes nations.
En effet, le départ de Blaise Compaoré du pouvoir est le signe de l’existence d’une jeunesse en quête de mutation perpétuelle mais aussi d’une jeunesse en phase avec son époque.

La jeunesse Africaine est plus que jamais instruite. A ce jour 40% des Africains ont suivi des études secondaires ou supérieures et plus de 65% de la population Africaine ont moins de 35 ans. En 2020, cette proportion va nettement augmenter quasiment de la moitié.

D’après l’UNICEF (fonds des nations unies pour l’enfance), en 2050, 40% des enfants de moins de cinq ans seront Africains.

Quel bel espoir pour le continent Africain ! C’est dire que l’avenir du monde se trouve en terre Africaine.

La prospérité Africaine sera réalité demain à condition que les dirigeants actuels acceptent dès maintenant de miser sur cette jeunesse innovatrice, compétente et surtout ambitieuse.

Si hier la jeunesse Africaine se battait pour les indépendances, aujourd’hui cette même jeunesse se bat pour une culture démocratique, une culture citoyenne d’une part et une Afrique unifiée autour des concepts d’intégration d’autre part.

A travers le continent, on constate une nouvelle forme d’organisation sociale qui devient le porte-parole du peuple dans le but de défendre ses aspirations. Cela a été vrai avec le mouvement « Y’en a marre » au Sénégal, le « Balai citoyen » au Burkina Faso, les sociétés civiles en Guinée, au Ghana, etc...

La place qu’occupe ce conglomérat de personnalités non politiques prouve à suffisance la perte de confiance du peuple en ses dirigeants. En outre, cette nouvelle forme d’organisation bouscule nos dirigeants et les contraint à une mutation tant comportementale que politique.

Le président Alpha Condé a prévenu ses pairs Africains sur la situation de la jeunesse Africaine : « Lorsque je dis aux Chefs de l’Etat que nous sommes assis sur une bombe, on me demande qu’est-ce que tu racontes. Je réponds toujours qu’on a une population où plus 65% à moins de 35 ans. La jeunesse, si on ne résoud pas ses problèmes, on va sauter ».

Mamoudou Mara
Président de la Génération Républicaine
mamoudoumara@hotmail.com

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Vos commentaires

  • Le 19 novembre 2014 à 18:07, par Fatao
    En réponse à : Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

    Si Blaise ne partait de cette façon, il allait finir à la CPI. Face à un tel monde, on pouvait bien tuer, mais cela bien compliquer la tache du président. Il a jouer à tout et rien à marcher. Ce qui pouvait le sauver étant libre, c"était la fuite.

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  • Le 19 novembre 2014 à 18:12, par Fatao
    En réponse à : Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

    Si Blaise ne partait de cette façon, il allait finir à la CPI. Face à un tel monde, on pouvait bien tuer, mais cela bien compliquer la tache du président. Il a jouer à tout et rien à marcher. Ce qui pouvait le sauver étant libre, c"était la fuite.C’est bien à cause de cela que Beaucoup de chefs d’états étaient bien contre la CPI.

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  • Le 19 novembre 2014 à 18:13, par michel
    En réponse à : Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

    Monsieur, avant d’écrire sur Fasonet, il faut se documenter pour ne pas raconter du n’importe quoi ; où avez-vous mis le Ghana, le Mozambique, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Bénin ; faut arrêter de répéter les analyses sommaires

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  • Le 19 novembre 2014 à 18:36, par Frederic
    En réponse à : Excellence mr le premier ministre

    Excellence mr le premier ministre tous mes respects les sincaire mr le ministre sil vous plait c etai pour vous faire par de nos doleance au barrage de samendeni bobo dioulasso sa va vraiment pa di tou on soufre de basse salaire les primes bafoue on nous pays avec un barem de 1960 sil vous songe a rencontre les ouvriers je souhaite bon vent a votre nouveau poste merci

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  • Le 19 novembre 2014 à 20:22
    En réponse à : Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

    "De nos indépendances à ce jour, aucun dirigeant n’a eu cette élégance d’esprit de rendre le pouvoir sans pression, sans effusion de sang. Cela est inacceptable !"
    Quand on veut faire l’histoire, la moindre des choses c’est de vérifier ce que l’on raconte. Vous n’avez pas l’audace de parler du GHANA, notre voisin immédiat qui montre l’exemple ! ni même le cas du Bénin pour ne parler que de ces 2 cas....
    "D’après l’UNICEF (fonds des nations unies pour l’enfance), en 2050, 40% des enfants de moins de cinq ans seront Africains. Quel bel espoir pour le continent Africain ! C’est dire que l’avenir du monde se trouve en terre Africaine." Ce genre d’ineptie est grave. Je prends juste le cas du Burkina qui n’arrive pas à nourrir sa population de 17 millions d’habitants et qui atteindra 46 millions en 2050. Vous ferez comment si notre environnement est dégradé avec la désertification, et le changement climatique. Votre espoir risque de se transformer en enfer à moins que votre espoir se résume à faire de notre jeunesse des candidats pour être djihadistes ou migrants pour nourrir les requins dans les océans ?
    Pour terminer, le balai citoyen n’attendra pas 10 ans, ni même 3 mois pour dégager nos dirigeants de la transition s’ils ne répondent pas à leurs attentes pour un véritable changement et, ce de manière efficace et rapidement. Je leur donne jusqu’au 3 janvier de manière symbolique pour un changement qualitatif.... sinon....

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  • Le 19 novembre 2014 à 22:21, par bila balbone
    En réponse à : Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

    Alors ou classez vous le Ghana qui est un bel exemple de democratie et de transmission d un pouvoir militaire a un pouvoir civil (surtout de l Opposition) ? John Jerry Rolings a John Kuffor

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  • Le 20 novembre 2014 à 06:26
    En réponse à : Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

    C’est une vérité de la palissade votre belle contribution.

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  • Le 20 novembre 2014 à 11:18, par africain
    En réponse à : Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

    Belle contribution, mais vous ne pouvez pas dire seulement 3 transmissions volontaires en oubliant l’Afrique du Sud, le Ghana, le Nigéria, le Malawi par exemple. Peut être en Afrique francophone.

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  • Le 29 décembre 2014 à 14:09, par yama
    En réponse à : le panafricanisme est notre seule porte de sortie

    il faudrait donc qu a partir de maintenant tous les presidents qui ne sont pas panafricains soient chasses du continent blaise est parti il reste les autres ils se connaissent bien

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  • Le 24 février 2015 à 16:07, par Yamkaye
    En réponse à : Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

    Ne nous en prenons pas à nos dirigeants lorsqu’ils refusent l’alternance et la démocratie vraie. Cs sont ceux qui nous sont imposés par la France qui agissent ainsi, les valet locaux de l’Elysée ceux qui n’ont pas l’esprit d’analyse pour distinguer l’intérêt de la France et celle du peuple qui les a engendré, qui acceptent brader les ressources de leur sol et sous-sol avec des complices extérieurs qui les encourage à s’éterniser au pouvoir pour qu’ensemble ils tire le maximum du profit.

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  • Le 26 mars 2015 à 09:12, par sana ibrahim
    En réponse à : Blaise Compaoré ou la trahison des leaders Africains

    nous devrons plus parler de la trahison comme si son mandat n’était pas arrivé.je suis très fière.on ne souhait pas que les nouveau dirigeant soit comme lui.Ils doivent écoute le peuple et les respecté

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