Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

vendredi 14 novembre 2014 à 02h21min

Des rues vides après 00h jusqu’à 5h du matin. C’est l’intervalle du couvre-feu instauré depuis le 31 octobre. Chaque nuit, le commandement opérationnel composé de gendarmes, militaires et policiers patrouille dans la ville de Ouagadougou pour faire respecter la mesure sécuritaire. La presse était avec les 8 équipes cobras dans la nuit du 12 au 13 novembre. Le couvre-feu est toujours en vigueur et respecté globalement. Il ne faut pas espérer sa levée avant la mise en place d’un gouvernement de transition.

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Couvre-feu	 : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

Des artères de la ville vides. Quelques chiens errants sont les seuls usagers de la route par endroits. Dans des pick-up ou des binômes sur des motos, les gendarmes, policiers et militaires veuillent au grain.

Le couvre-feu est globalement respecté par les citoyens de la ville de Ouagadougou. Nous l’avons constaté. Avec les hommes du lieutenant Landry N’Do, chef des opérations de la nuit du 12 au 13. Avant chaque sortie, il y a le briefing. Le chef des opérations rappelle les raisons du couvre-feu, ses objectifs, et la conduite à tenir face aux contrevenants. A 23h 30 les 8 groupes cobras regroupéEs à la gendarmerie de Paspanga se mettent en branle et se postent dans différents endroits de la ville. Nous sommes à la sortie ouest de Ouagadougou. Devant la mairie des arrondissements 6 et 8. Les derniers usagers de la route appuient sur l’accélérateur.

A 00h la patrouille commence. Sur place plusieurs personnes sont arrêtées. Elles sont sensibilisées. Mais il faudra prouver les raisons pour lesquelles elles sont dehors à cette heure et fournir des papiers. « Quand on prend quelqu’un sur le terrain, on l’approche et on lui demande les raisons pour lesquelles il est dehors. S’il faut qu’on lui apporte de l’aide, on lui apporte aide et assistance. S’il se trouve qu’il a enfreint la mesure de couvre-feu sans raison valable, on le dépose dans la sous unité, la brigade ou le commissariat le plus proche ». C’est la situation de ce jeune qui dit être gardien, mais n’a aucune pièce sur lui. Il ne passera pas. Mory Dembélé conducteur de camion vient d’un pays voisin et ne savait pas qu’il y avait couvre-feu. En partance pour le port sec de Bobo Dioulasso, il est finalement conduit à la gendarmerie. A 5 heures, il pourra reprendre la route. C’est l’heure de la descente pour deux jeunes sur une moto. Ils n’ont pas malheureusement de pièces de leur monture. Double infraction.
Avant 00h 30 minutes, certaines personnes arrêtées et qui présentent les papiers après avoir fourni des raisons valables peuvent passer. C’est le cas, de cette jeune dame qui revient de voyage.

Abandonnée par son homme dans la rue

L’équipe de la police interpelle une jeune fille au bas-côté de la route à la ZAD. Elle dit avoir été abandonnée par son copain. Pourquoi ? Difficile de savoir. Elle cache son visage face au micro et aux flashs des appareils photos et finit par sangloter. « Nous sommes dans l’obligation de l’amener. Ça y va de sa propre sécurité. Seule sur la route, elle est exposée à toute sorte de risques », explique un policier. Dans le pick-up de la police, la jeune fille est assise avec un homme. Lui a été appréhendé avec une machette. Il serait vigile mais n’a aucun papier et n’a pas été à mesure de dire aux policiers où il travaille.

Sur les grandes artères, dans les quartiers, les équipes cobras patrouillent. La ville est calme. Seuls les aboiements des chiens se font entendre à Wayalghin en réponse aux bruits des bottes des hommes armées qui marchent au milieu des concessions aux environs de l’échangeur de l’Est.
A 2h53, gendarmes et policiers passent devant l’aéroport et débouchent sur l’avenue Nkwamé Nrkrumah. Il n’y a rien à signaler.

A 3h du matin, à Dapoya, les coins chauds généralement bien animés à cette heure sont déserts. Il en est ainsi jusqu’à Koulwéoghin à la hauteur du château d’eau, non loin des rails, au-delà desquels, les non lotis de Toudoubwéogo. Quelques silhouettes sont perceptibles. Ce sont les éléments de la brigade verte. « Les femmes de marin » sont déjà sur pieds pour nettoyer les rues de la cité endormie. Quand nous quittions la gendarmerie, à 4 heures du matin, des équipes cobras sillonnaient toujours la ville pour la sécuriser.

Mission accomplie selon le chef des opérations de la nuit du 12 au 13. Pour Landry N’Do, l’esprit du couvre-feu est bien compris et respecté par la population. Opération de communication réussie aussi par le commandement opérationnel dont les hommes sont souvent accusés à tort ou à raison de cravacher les contrevenants à la mesure de sécurité. Avec les hommes de média en tout cas, aucun coup de fouet n’a été donné. Pouvait-il en être autrement ? Dans tous les cas, le Capitaine Yé, responsable de la communication et des relations publiques de la gendarmerie a rappelé que si des citoyens ont été tabassés par des éléments, ils pouvaient porter plainte.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

Encadrés

1- « On est ensemble »
Elle ne manque pas de cran cette jeune fille. Un couple est interpellé à la sortie ouest de la ville avant 00h30 par l’équipe de patrouille. « Hôooo ! » s’écrie la demoiselle en réponse aux flashs des appareils photos et aux micros des journalistes. Après vérification des identités les deux noctambules sont autorisés à continuer leur chemin. C’est alors que la jeune fille après avoir fait un « bisou » à distance à un journaliste, lance on est ensemble. Elle enlace bien son homme et ils fondent dans la pénombre.

2- Le scénario de la patrouille comme dans un film
Avant chaque sortie de patrouille, le chef des opérations dresse la situation aux chefs des équipes. Voici ce qu’a dit Landry N’Do à ses hommes :
« (…)situation adversaire : Des individus isolés enfreignent les mesures du couvre-feu pour des raisons diverses. Des situations de maladies et d’autres raisons amèneront certains citoyens hors de leur résidence. D’autres éléments enfreindront illégalement la mesure de couvre-feu. Comme amis, nous avons la police nationale dans la zone sud de la ville. Les militaires, gendarmes, dans la zone nord, le RSP va patrouiller dans la zone de Ouaga 2000.

L’environnement : Il y a la présence des hommes de média, la météo est favorable, il fait un peu frais. Nous avons une réserve, un renfort qui sera au niveau du camp guillaume, prêt à nous soutenir et intervenir en cas de situation où nous serons débordés. La mission est de sécuriser la ville de Ouagadougou et ses environnants, veiller à l’application des mesure du couvre-feu et surtout de porter aide et assistance à ceux qui en ont besoin ».

TCS
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 14 novembre 2014 à 02:48, par Baldé
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    ILS SONT LA, PARTOUT POUR LONGTEMPS. AIE AIE AIE !!!

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  • Le 14 novembre 2014 à 07:20, par faden
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    Merci pour votre professionnalisme cobras et cie ! Mais levez le couvre-feu, cela montrera que vous maîtrisez mieux la situation.tampon aux FANS

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  • Le 14 novembre 2014 à 08:56, par Mminga
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    Demandez leurs s’il est dit de gaze des gens qui veille pour un marriage ? ce fut le cas à nonsin dans la nuit du 08 au 09. Gaz tire en plein cour.

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  • Le 14 novembre 2014 à 09:47, par sisco
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    les hommes de sécurité abattent un bon boulot mais les voleurs sont aussi bien informés car dans la nuit du 11 au 12 novembre, j’ai été victime de cambriolage et les voleurs m’on presque tout prit. moto (nano original), ordinateur, téléphones portable, télé écran placement , mon sac avec divers objet dans le quartier périphérique à benogo (sect 42). je les invite donc à faire le tour dans ces quartier aussi car c’est entre 00h et 4h du matin que ces voleurs ont entrepris leur opération. que plus jamais ça.

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  • Le 14 novembre 2014 à 10:10
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    C’est une bonne initiative que notre armée prend en impliquant les journalistes dans leurs différentes activités. espérons que cet esprit de communication va perduré longtemps et que cela va leur permettre de rompre avec l’étiquette "muette" que l’armée porte jusque là. courage à eux

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  • Le 14 novembre 2014 à 10:43, par BLC
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    C’est ça la réalité chaque soir ? Les témoignages de bien de personnes qui se sont faites prendre est différent !!! Bonne mission aux cobras

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  • Le 14 novembre 2014 à 11:28, par auattara
    En réponse à : Couvre-feu  :

    le couvre feu est fait pour éviter que des intruis mal intentionné viennent nous attaquer. donc de ce fait je vous remercie pour le boulot et sur courage pour la suite.

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  • Le 14 novembre 2014 à 11:45, par la paix
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    merci a nos forces de l’ordre qui ne ménage aucun effort enfin de préserver les citoyens et l’ensemble de tout les burkinabè.vous avez le vrai sens de l’intégrité et c’est sur que l’histoire retiendra pour toujours votre loyauté et surtout l’honneur que vous faites a notre cher pays.QUE DIEU BÉNISSE LE BURKINA FASO

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  • Le 14 novembre 2014 à 12:37, par le loss
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    Tout mes encouragements à l’armée burkinabé qui ne cesse de prouver qu’elle est républicaine.Il

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  • Le 14 novembre 2014 à 15:13, par Roland Desire
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    Felicitation et bon courage aux equipes cobras. Dieu vous benisse et vous garde. A mon avis, ces patrouilles doivent continuer meme hors couvre feu. Que ce gouvernement qui sera democratiquement elu fournisse le materiel necessaire aux forces de l’ordre pour continuer. Vous venez de faire aussi un grand bien a Mme Barry qui n’arrivais pas a maintenir mon pheul Boukary a la maison. Comme les pheuls sont timides, recevez son remerciement (un bwa).
    Bravo et courage a tous ces braves soldats.

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  • Le 14 novembre 2014 à 16:48, par Kouka !
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    « Les femmes de marin » sont déjà sur pieds pour nettoyer les rues de la cité endormie ! Nous connaissons les brigade verte ou les "femmes de Simon". Bravo à toutes ces dames !

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  • Le 14 novembre 2014 à 17:42, par l’homme intègre
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    J’aurai voulu être à votre place les braves gars. Quelle noble mission ! Merci à vous.

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  • Le 14 novembre 2014 à 17:54, par l’homme intègre
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    J’aurai voulu être à votre place les braves gars. Quelle noble mission ! Merci à vous.

    Répondre à ce message

  • Le 14 novembre 2014 à 18:38, par KAYABA
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    Il faudra qu’on veuille aussi à sécuriser les axes on parle de couvre feu et les braquages se font sur les axe de Koupela - Tenkodogo - Bittou - Cinkanse presque chaque jour autour de 19h à 22h.

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  • Le 14 novembre 2014 à 20:27, par R.Bangré
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    Voilà tout ce que savent faire nos militaires : avoir une arme en main et terroriser les pauvres populations !!! et à nos frais car nous les payons et équipons pour qu’il assassinent et violentent ! Nous sommes vraiment des mazochistes... ça déclare que ce n’est "pas intéressé par le pouvoir" mais ça réclame des postes !!! tchrrr....que des farfelus à l’exception de peut-être de 5% d’entre eux qui participent vraiment au développement de ce pays par leurs compétences...le reste ne sert qu’à boire et à faire la bagarre. Un ramassis de cas socios à gérer. Et ça se permet de mepriser les civils. Comment donner du crédit à des gens qui vont en opération de maintien de l’ordre armés de kalach chargées de balles réelles ??? et ça ne choque personne ! Je suis découragé...La bonne gouvernance commence par là : les militaires en alerte pour SECURISER LE TERRITOIRE, la police et la gendarmerie affectés au maintien de l’ordre avec l’équipement adéquate...

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  • Le 15 novembre 2014 à 13:00, par Kouda
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    Bonjour. C’est ce genre de journalisme qui me met hors de moi. Sincèrement. Comment des journalistes peuvent-ils se transformer aussi facilement en boite de resonance des forces de défense et de sécurité ?
    Les forces de défense et de sécurité auraient publié ce texte ou reportage sous forme de communiqué que cela ne changerait rien.
    Voilà des journalistes, vivant à Ouagadougou où est imposé un couvre-feu depuis plusieurs jours. (Le couvre-feu est en vigueur dans tout le Burkina). Si ces journalistes veulent savoir comment se déroule ce couvre-feu, il y a quand même une certaine approche à adopter. Cette approche comprend :
    - Approcher les forces de sécurité et de défense pour avoir l’opinion de celles-ci ;
    - Interroger/approcher la population pour avoir également son opinion ;
    - Surtout, essayer de retrouver les personnes qui se sont plaint d’avoir été frappées ou d’avoir subies d’autres brimages durant les heures de couvre-feu.
    Ce n’est que de cette façon que le journaliste sérieux pourra vraiment faire un travail d’information et de sensibilisation utile.
    Chers journalistes, vous attendiez-vous vraiment à ce que les forces de défense et de sécurité frappent des citoyens devant vous ? NON. Donc votre réportage sur ce plan (sévices corporels infligés aux personnes n’ayant pas respecté le couvre-feu) n’a aucune utilité, absolument aucune utilité.
    J’attends des journalistes du Burkina Faso un travail professionnel, méticuleux qui va à la source de l’information et ne se contente pas de raccourcis ou de communiqués des institutions de la république.
    Heureusement qu’il y a des journalistes qui s’efforcent permanemment de faire correctement et avec professionnalisme leur travail.
    Bon courage à vous.

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  • Le 20 novembre 2014 à 09:27, par citlam
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    vraiment félicitation a cette patrouille qui fait du bon travaille.cravacher si cela est nécessaire, nul n’est au dessus de la loi.le couvre-feu c’est le couvre-feu, sauf bien sur en cas de force majeur.prenez votre temps nouvel autorités soyez sur de maitriser certaines situations avant de laisser tomber.bravo a vous et bocoup de courage

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  • Le 20 novembre 2014 à 09:39, par citlam
    En réponse à : Couvre-feu  : Avec les « équipes cobras » du commandement opérationnel

    merci et encore merci.vous faite œuvre utile pour la nation.tenez bon ,le couvre feu c’est le feu , la loi c’est la loi et aucun citoyen n’ est au dessus de cette loi,sauf en cas de force majeur.bravo a vous les forces de sécurités et bocou de courage.

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