Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

jeudi 6 novembre 2014 à 02h00min

Trois Chefs d’Etat de la CEDEAO étaient à Ouagadougou, ce 5 novembre, dans le cadre d’une réunion de haut niveau pour examiner la situation qui prévaut au Burkina en vue de proposer une sortie de crise. Arrivés à 10h, Macky Sall, Goodluck Jonathan et John Dramani Mahama ont conduit les discussions avec les différents acteurs jusqu’après 21 heures. Aucun nom n’est sorti de ce marathon comme président de la transition, comme l’espéraient de nombreuses personnes, mais plutôt des propositions de sortie de crise. C’est ce qui ressort du communiqué final ci-dessous :

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Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

Communiqué final

Conformément à l’esprit et à la lettre du Protocole AFC1/2001 relatif à la démocratie et à la bonne gouvernance, Son Excellence John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana et Président en exercice de la CEDEAO ; leurs Excellences Goodluck Jonathan, Président de la République fédérale du Nigeria et Macky Sall, Président de la République du Sénégal, ont effectué le 5 novembre 2014, une visite de consultation à Ouagadougou en vue d’aider à la facilitation du dialogue politique suite aux récents évènements qu’a connu le Burkina Faso, à savoir la démission du Président Blaise Compaoré et la dissolution de gouvernement. Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont reçu le rapport de la mission conjointe d’évaluation des Nation-Unies, de l‘Union africaine et de la CEDEAO envoyée à Ouagadougou le 31 octobre au 5 novembre 2014. Ils se sont également concertés avec toutes les parties prenantes Burkinabè y compris les leaders de partis politiques, les leaders de la société civile, les chefs religieux et traditionnels ainsi que les Forces armées nationales. Ils ont également consulté le président et les membres du Conseil constitutionnel. A l’issue de ces consultations, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont pris note des opinions exprimées par toutes parties prenantes qui ont marqué leur accord sur la nécessité de :

1°-la levée immédiate de la suspension de la Constitution permettant au Conseil Constitutionnel de déclarer la vacance du pouvoir et annoncé le processus de la mise en place d‘un gouvernement de transition ;

2°-la nomination urgente par consensus d’une éminente personnalité civile pour présider la transition ;

3°-la formation d’un gouvernement de transition pour une période d’un (1) an ;

4°-l’organisation d’élections présidentielles et législatives d’ici novembre 2015 ;

5°-la garantie de la sécurité de tous les Burkinabè, y compris les leaders politiques, les membres du gouvernement et de l’Assemblée nationale sortant, ainsi que la protection des droits des personnes et des biens ;

6°-la conduite de consultations inclusives entre les leaders des partis politiques, les représentants de la société civile, les leaders religieux et traditionnels ainsi que les Forces armées nationales afin d’arrêter la structure et la composition de l’organe de transition.

Par ailleurs, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont rappelé l’important rôle que joue le Burkina Faso dans le cadre des efforts visant la paix et la sécurité globale ainsi que la stabilité politique au niveau régional, continental, en particulier, la participation active dans les missions de maintien de la paix et les processus de médiation.
Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont lancé un appel à toutes les parties prenantes pour engager un dialogue en vue de définir une transition cohérente et consensuelle. Ils ont exprimé leurs condoléances les plus attristées aux familles éplorées et leur sympathie aux victimes de l’insurrection du 30 octobre 2014. Ils ont également exprimé leur profonde gratitude au lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida et à toutes les forces armées du Burkina Faso pour leur professionnalisme dans le maintien de la sécurité, de la loi et de l’ordre ainsi que pour leur rôle positif dans la mise en place d’un processus de transition dirigé par une personnalité civile.
Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont convenu de rendre compte au sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO prévu à Accra les 6 et 7 novembre 2014.

Fait à Ouagadougou, le 5 novembre
Pour la délégation,
Le Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO.

Retranscris par :
Oumar L. OUEDRAOGO et
Tiga Cheick SAWADOGO

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Vos commentaires

  • Le 6 novembre 2014 à 05:06, par Au nom du peuple
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    On s’en faut du Protocole AFC1/2001 relatif à la démocratie et à la bonne gouvernance. Ce qui compte pour nous, c’est le Burkina Faso en paix, le Burkina Faso développé, le Burkina Faso pour ses filles et fils. Les méthodes politiciennes de la CEDAO ne nous plaisent pas, déjà sur le terrain du développement économique elle est presque absente. La population de l’espace ne vit pas des théories, des programmes mal conçus et mal élaborés. Tous les programmes CEDEAO se succèdent et se ressemble en gabegie budgétaire.
    J’avais souhaité que les présidents désignés par la CEDEAO soient bien inspirés pour nous aider. C’est comme si je savais. Au moment où des jeunes épris de paix, fatigués d’un régime aux allures dictatoriales, cherchant les voies et moyens de leur salut, acceptent tomber sous les balles assassines d’une armée assujettie, la CEDAO vient nous provoquer. Qu’elle ait une considération pour les peuples assoiffés de paix ici ou ailleurs, elle n’est pas un syndicat de chefs d’état accrochés à leurs propres intérêts qu’aux intérêts de leur peuple ou de favorisés mais une institution sous-régionale devant réfléchir et concevoir des stratégies de développement adaptés aux besoins des populations. Si la CEDAO pense que Blaise et ses acolytes sont indispensables au Burkina Faso qu’elle nous foute la paix.

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  • Le 6 novembre 2014 à 05:08, par Au nom du peuple
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    La CEDEO, un syndicat pour la défense des intérêts des anciens et dictateurs présidents.

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  • Le 6 novembre 2014 à 05:49, par Ka
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    Je ne jamais eu confiance à La CEDEAO ni l’UA et ses responsables. La France et la communauté internationale avec leurs institutions fortes restent les meilleurs à pouvoir faire dégager les dictateurs et leurs apprentis comme ses militaires en mutation dans la dictature. Avons-nous besoins de ses personnes, hier ils soutenaient Blaise Compaoré a modifier l’article 37 et s’éterniser au pouvoir ? Non ! Le peuple Burkinabè est plus fort plus que ces voyageurs des hôtels de luxes. Les rues des villes du Burkina sont plus fortes que l’UA. Peuple Burkinabé, comptons sur nous-mêmes et la communauté internationale pour forcer Yacouba Zida et Diendiéré Gilbert à remettre notre victoire aux civils. Ces organismes n’ont rien fait en Côte d’Ivoire, ni au Liberia, ni au Mali, les responsablesde ces organismes sont forts pour les Hôtels de Luxes, les bons plats, et les belles voitures. Je remercie le Canada pour sa fermeté. Je demande la communauté Européenne d’emboité le pas dès demain. Yacouba Zida et Diendièré réfléchiront et se tourneront vers un peuple meurtri depuis 27 ans. Je remercie le Moro Naaba pour sa sagesse et sa franchise, la balle est dans les mains d’un enfant du pays qui doit respecter nos sages. Le Burkina n’a pas besoins de ces bourgeois des hôtels de luxes pour régler ses problèmes : nous avons déjà fait le gros, entre Zida Yacouba Zida et Diendieré et le peuple, c’est une affaire d’un peuple mûri et qui sait ce qu’il veut.

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  • Le 6 novembre 2014 à 05:50, par Ka
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    Pour mon peuple et pour la jeunesse je suis en colère : Peuple burkinabé, comment ça se fait que Alain Yoda celui qui décide avant le peuple, puisse montrer son nez dans une réunion pour une transition apaisé ? Comment ceux qui voulaient tripatouiller l’article 37 puisse encore êtres sur la même table avec ceux qui ont soutenu son maintien pour discuter une transition pour l’avenir du Burkina ? Pourquoi le peuple a chasser un président qui était détenu en otage par des égoïstes, et ses mêmes égoïstes puissent s’approcher du pouvoir qu’ils ont confisquer pendant 27 ans et piller la caisse de l’etat ? Peuple Burkinabé, laissons la CDEDEAO au trou et retournons dans les rues pour chasser tous ceux qui ont voulu détruire notre pays a commencer par le français Alain Yoda

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  • Le 6 novembre 2014 à 10:33
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    Parmi les 6 points cités comme "nécessités de...", il y a un point qui n’est pas évoquer et qui, pourtant, reviendra nécessairement dans la période de transition, puisqu’il est déjà à l’origine de quelques graves difficultés dans les consultations. C’est le sort à réserver aux personnalités qui, dans l’ancien régime, ont été les véritables instigateurs de ces troubles et de cette crise qui pouvaient être facilement évités.
    - On a déjà vu devant les chefs d’états venus au nom de la CEDEAO, que la société civile et l’Opposition politique ont refusé catégoriquement de s’assoir à la même table que les bourreaux de notre nation. On ne peut pas taire simplement cette question et dire qu’il faut protéger tous les leaders, y compris ceux de l’ancien régime (n°5), puis consulter les leaders et organiser la transition (2°, 3°, et 6°), pour ensuite passer aux élections en novembre 2015 (4°). On ne pourra pas procéder ainsi par omission et croire que les populations accepteraient que ces criminels puissent encore une fois jouir d’une nouvelle forme d’impunité sous prétexte d’inclusivité ou autre raison.
    - Après l’insurrection populaire du 3 janvier 1966, Maurice Yaméogo a été déchu de ses droits civiques, et pourtant sa responsabilité politique comportait cet aspect extrême que nous avons connue avec le régime de Blaise dans les pertes en vies humaines, avant et pendant l’insurrection populaire. La sanction ne saurait être moindre cette fois-ci. Le peuple Burkinabè a de la suite dans les idées : la question du sort des bourreaux (structures associatives, partis politiques ou individus) est peut-être de nature à mettre en sourdine pour permettre de régler d’abord les plus grandes urgences et priorités sans réveiller tout de suite les hostilités, mais elle ne pourra pas ensuite, dans le contexte actuel du Burkina, bénéficier de ces fameux "non lieux" injustes (tacites ou déclarés), sans réveiller de graves affrontements au sein de la population qui demandera justice.
    L’IMPUNITÉ EST UNE DES RAISONS POUR LESQUELLES BLAISE ET SES AFFIDÉS S’ACCROCHAIENT AU POUVOIR POUR ÉVITER D’AVOIR A RÉPONDRE DE LEURS ACTES DEVANT LA JUSTICE. ELLE EST DONC AUSSI UNE DES RAISONS DE L’EXASPÉRATION POPULAIRE QUI A EMPORTÉ L’ANCIEN RÉGIME. IL Y A DOC UNE ATTENTE SOUVENT SILENCIEUSE MAIS DÉSORMAIS TRÈS EXIGEANTE DE LUTTE CONTRE L’INJUSTICE ET LA CORRUPTION.

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  • Le 6 novembre 2014 à 12:06, par kabore henri
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    Le président Sénégalais ne devrait pas parti de cette rencontre car il voulait que Blaise Compaoré modifie la constitution. il est venu pour tout faire échouer mais le peuple est très par la grâce de Dieu.que Dieu protège le Burkina de ces rapaces sans vergoigne

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  • Le 6 novembre 2014 à 14:37, par MAXWELL
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    Que ceux qui défendent les militants de l’ex majorité et qui demandent de les laisser participer aux débats pour la mise en place de la transition comprennent une chose : Le Burkinabé est un homme de paix et de tolérance. La preuve il n’y avait pas d’émeutes avant le 30 octobre et après le 31 tout a commencé à rentrer dans l’ordre. C’est ce même peuple qui a nettoyé la ville. Donc que les Hommes forts d’hier arrêtent de s’ériger aujourd’hui en donneurs de leçons. Ce qu’on dit c’est que eux-mêmes s’ils étaient conscients du rôle qu’ils on joué dans cette crise, ils devaient laisser calmer les choses avant de se faire voir. Le CDP et acolytes sont des hommes comme tout le monde et ils pourront continuer à faire de la politique s’ils veulent. On n’exclut personne on dit seulement que si eux même ils réfléchissent est ce qu’on peut faire foi à leurs contributions actuellement ? Ils étaient des millions contre Blaise Compaoré lui seul et il n’y en a pas eu un seul qui ait eu le courage de le dissuader. Au contraire c’est leur comportement qui ragaillardissait le Président à chaque fois qu’il hésitait un peu. Il semblerait même que des ripailles avaient été apprêtées tellement ils étaient sûrs de leur victoire. On ne les rejette pas, on dit seulement qu’avec tout ce qui s’est passé on n’avait même pas à leur dire de laisser l’orage passer avant de chercher à renouer le contact, surtout qu’il y a eu des pertes en vies humaines par leur entêtement. Qu’ils respectent un peu la douleur de ceux qui pleurent leurs morts. Et puis leur message ne peut être crédible à ce stade. De façon imagée c’est comme si le peuple a été témoin de la manière dont ils ont entrainé leur ami au bord du précipice et l’on poussé dans le néant. Puis ils se retournent et disent au peuple ne vous inquiétez pas, vous pouvez nous faire confiance. HABAA !!! ZAMÊ YAMBÂ KAA.

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  • Le 6 novembre 2014 à 15:47, par Maurice Mahadi
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    Chers freres du Burkina,

    Je ne crois pas tellement en la politique d’exclusion ni au racisme. Si nous voulons trouver une solution consensuelle la règle de mise est de ramener toutes les parties sur la même table. Si la Société Civile et l’Opposition ont le dos large pour réunir toutes les familles du Burkina et espérer prendre en main les destinées du pays il faut accepter de discuter avec toutes les parties sans exclusion. Si l’on accorde trop importance à son adversaire il finira par devenir fort. La question c’est trouver une transition pacifique. Si l’on ne s’accorde pas sur la règle de "consensus inclusif" ceux qui vont gérer ce pays ne vont pas réussir. Vous conviendrez avec moi que même dans une petite famille tout le monde n’a pas la même façon de voir les choses mais l’on peut s’accorder sur un certain nombre de points pour avancer.

    Cordialement
    Guinée Conakry.

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  • Le 6 novembre 2014 à 19:17
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    il faut composer avec l’armée ;

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  • Le 6 novembre 2014 à 21:16, par Gandi
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    Toutes des réactions sur la CEDEAO, l’UA et les incitations à l’exclusion montrent à point le peuple à besoin d’être informé, d’être éduqué. Tant que nous ne donnerons pas à ces instruments communautaire le crédit dont ils ont besoin pour travailler ils seront vides. Le Burkna peut-il exister en dehors de la CEDEAO ? De l’UA, bref des organisation inter africaines ? Mes amis soyons pondérés dans nos propos et objectif dans nos analyses.
    Dieu bénisse le Burkina et l’Afrique

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  • Le 6 novembre 2014 à 22:50, par Patrick
    En réponse à : Réunion de haut niveau de la CEDEAO sur le Burkina Faso : le nom du Président de la transition se fait toujours attendre

    D’abord mes condoléances à toutes les familles attristées ! Que nos Héros où qu’ils soient, sachent que leur lutte a été couronné de succès !

    Nous pouvons considérer la CEDEAO comme étant un médécin après la mort (où étiez-vous quand les populations mouraient ?) !

    Est-ce-que la CEDEAO peut sanctionner un pays qui s’est démerdé tout seul pour sa propre destinée ? Il faudrait que cette communauté nous laisse le temps de résoudre notre crise, et non nous mettre la pression, ce qui risquerait de tout foutre en l’air !

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