Manifestation contre la révision de la constitution : Une mobilisation sans précédent à Ouahigouya, Gourcy n’était pas en reste

mardi 28 octobre 2014 à 22h46min

Répondant à l’appel du chef de fil de l’opposition politique à manifester contre le projet de loi portant révision de la constitution soumis à l’Assemblée Nationale en vue de la convocation du référendum, des milliers de Ouahigouyalais ont manifesté dans les artères de la ville le mardi 28 octobre 2014 pour marquer leur désapprobation.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Manifestation contre la révision de la constitution : Une mobilisation sans précédent à Ouahigouya, Gourcy n’était pas en reste

Prévue pour 7h c’est finalement aux environs de 8h15mn à la place « Bandana » du secteur2 de Ouahigouya que la marche a démarré et les manifestants se sont ébranlés sur le circuit habituel des marches autorisées par la commune. Marchés, boutiques, stations d’essence, services publics, compagnies de transport, banques, tout était fermé en cette matinée du 28 octobre. C’est dans cette morosité dans la ville qu’élèves, travailleurs du public et du privé, militants de partis politiques, membres d’organisations de la société civile ont pris d’assaut les rues de la cité. Tout au long du parcours jusqu’à la place de la Nation de Ouahigouya où devait se tenir un meeting les manifestants n’ont pas arrêté de proférer des slogans hostiles au régime du président Blaise Compaoré. « Non au référendum », « CDP/ADF-RDA les partis de la honte », « Non au pouvoir à vie » « Blaise dégage » « Non aux présidents EBOLA » etc., sont entre autres des messages que l’on pouvait lire sur la multitude de pancartes que brandissaient les manifestations.

L’affrontement évité par la vigilance des organisateurs

C’est à 9 heures 15 minutes finalement que la marée humaine s’est retrouvée à la place de la nation de la ville pour le meeting. Après la mise en place du dispositif de sécurité, plusieurs intervenants ont pris la parole pour remercier les manifestants pour la mobilisation exemplaire. Idrissa Younga dit « Monsinga » dans un témoignage a indiqué être allé au détour de la marche vers le siège du CDP pour empêcher des jeunes de commettre l’irréparable et c’est en ce moment que des individus sont venus l’attaquer violement. « Grâce à Dieu je ne suis pas blessé et j’invite mes frère à ne pas se venger, car la victoire est proche », a-t-il soutenu. Le représentant provincial du CFOP, Abdoulaye Ouédraogo, à l’adresse de la population n’a pas manqué d’exprimer la joie qui l’anime, au regard de la forte mobilisation sans précédent de la jeunesse. « Je vous invite à rester debout car la lutte ne fait que commencer. Nous nous donnons rendez-vous le 30 octobre pour dire non aux députés qui veulent charcuter la constitution », a-t-il conclu. S’exprimant sur le déroulement de la marche, Aboubacar Ouédraogo, ancien député et présentement 2ème vice-président de la Fédération Nord du MPP a dit être animé par deux sentiments, celui de la joie et de la désolation. « Lorsque je vois le peuple du Yatenga se mobiliser pour dire non au pouvoir à vie, cela me réconforte. Par contre je suis déçu de l’attitude de Blaise Compaoré, qui après 27 au pouvoir, tient à modifier de force la constitution pour un autre mandant, nous allons marcher jusqu’à ce qu’il parte. Soit, il tue le peuple et règne dans la clairière soit il part à temps. Nous avons deux ennemis en ce moment, le CDP et l’ADF/RDA qui veulent installer la forfaiture », a martelé M Ouédraogo.

Gourcy a aussi donné de la voix

De la place de la Nation de Gourcy, les anti-référendum se sont dirigés au Haut-Commissariat où ils ont été reçus par Zoungrana P Samuel premier responsable de la province du Zondoma. « Notre mobilisation de ce matin, traduit notre engagement à refuser la révision de l’article 37. Dites à Blaise qu’il n’est pas le seul fils de ce pays , il a duré au pouvoir, qu’il s’en aille afin que d’autres personnes prennent sa place . Celui qui lui succédera pourrait mieux faire que lui », a lancé El Hadj Sidiki Ouédraogo de l’UPC. « Nous continuerons à donner de la voix jusqu’au jour où le président renoncera à son projet de réviser l’article 37 pour régner à vie », a-t-il conclu. Abdoulaye Ouédraogo dit « Titanic », un des responsables de l’organisation de la manifestation a salué le sens de responsabilité dont ont fait preuve les marcheurs tout au long du parcours : « Nous ne souhaitons pas voir une seule brique cassée au Zondoma. Nous ne sommes contre personne dans cette ville. C’est Blaise Compaoré qui défie la majorité des Burkinabè pour régner à vie et nous allons lui barrer la route.

S’il croit qu’il peut nous faire taire par ses armes, c’est peine perdue ». Dominique Ouédraogo du MPP, Francine Sawadogo de l’UNIR/PS, Sidiki Ouédraogo de l’UPC ont tous invité les militants à s’armer de courage pour les luttes futures, celles qui assureront l’alternance à la tête du pouvoir en 2015. « Advienne que pourra, le mandat de Blaise prendra fin en 2015 », ont-ils entonné.

Yann NIKIEMA
Lefaso.net

Imprimer l'article

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés