Hamidou Tiemtoré, conseiller juridique et fiscal : Quand la passion de l’entreprenariat permet de réaliser un rêve !

jeudi 16 mars 2017 à 00h15min

Tout commence en 2009. Alors qu’il était étudiant en année de licence en Droit des Affaires à l’Université de Ouagadougou, sa première consultation sur le redressement fiscal d’une ébénisterie va vite faire de lui, un acteur incontournable dans le monde du conseil juridique. Dans notre zoom de la semaine sur l’entreprenariat, nous vous proposons le parcours d’un jeune qui se donne les moyens de ses ambitions : Hamidou Tiemtoré

Hamidou Tiemtoré, conseiller juridique et fiscal : Quand la passion de l’entreprenariat permet de réaliser un rêve !

Il est l’exemple parfait courage, de la volonté et de la détermination. A 31 ans, Hamidou Tiemtoré (jurismondeconseil@yahoo.fr) a su se tailler une place au soleil dans l’univers du conseil juridique. Spécialiste en droit des affaires depuis 2010, le directeur général de Juris-Monde Conseil accompagne les entreprises ; de leur création au développement de leurs activités. Pourtant, ce conseiller juridique et fiscal, gestionnaire immobilier et coach en développement d’entreprise, était prédisposé à devenir un bon médecin. En effet, une fois son baccalauréat série D en poche, le désormais pensionnaire de l’université de Ouagadougou hésitait entre la Médecine et le Droit. De ces deux domaines, celui qui a toujours été fasciné par l’art oratoire de l’homme en « robe noire » finit par ‘’succomber’’ à sa passion. Il voulait réaliser son plus beau rêve, être à l’image des grands avocats dont il admirait le personnage à travers les films. Une fois à l’université, les clichés sur le métier ont failli éteindre la flamme de la profession et le jeune étudiant se résigna à suivre une formation en diplomatie. Mais ne réunissant pas les conditions pour intégrer l’Institut diplomatique et des relations internationales (IDRI), il se résout à s’orienter en droit.

Le goût pour entrepreneuriat

Hamidou Tiemtoré n’est pas né avec une cuillère en or dans la bouche et déjà sur les bancs, il comprit qu’il devait voler de ses propres ailes. Entre son statut d’étudiant à l’université et celui d’enseignant pour les cours qu’il dispensait à domicile, il suivait déjà des formations sur l’entrepreneuriat au niveau du ministère de la jeunesse. Et quand il voyait les aînés s’essayer aux concours de la fonction publique, Il comprit également qu’un statut d’agent au ministère des affaires étrangères le conduirait probablement dans le public. C’est alors que : « j’ai basculé pour faire le droit des affaires, car j’ai estimé que je pourrais mieux réussir dans le privé ». Ce fut pour lui, le début d’une belle aventure entrepreneuriale.

Sa première consultation

Lors d’un échange avec un aîné du quartier, celui-ci lui confie avoir besoin d’aide pour son entreprise d’ébénisterie après un contrôle des agents des impôts. Très vite, l’étudiant en licence en droit des affaires va vite décanter cette situation, en se fondant sur un module dispensé en classe. « Je suivais un module en fiscalité et je me suis rendu compte que le cas s’apparentait entièrement au module dispensé en classe par maître Salifou Dembélé » se rappelle-t-il. Son premier client apprécie positivement sa façon d’aborder son dossier, l’engage comme conseiller juridique et se charge de faire sa ‘’promotion’’. De bouche à oreille, le jeune Tiemtoré qui se promène désormais avec son ‘’bureau ‘’ et ses cours, devient un homme très sollicité. Son réseau s’étend aussi vite que ses connaissances en droit des affaires mais en toute modestie, reconnaît-il : « il fallait être stratégique ; je suis nouveau, je manque d’expériences et je n’avais que des informations théoriques et quand il s’agissait des dossiers pratiques, il fallait se référer aux aînés ». Saluant au passage, l’ouverture d’esprit de maître Salifou Dembélé, son enseignant en fiscalité, ministre de la jeunesse sous la transition.

Une fois la notoriété acquise, celui qui se promenait dans les cafétérias pour rencontrer ses clients, se rendait dans les cybers pour traiter ses dossiers, devait maintenant trouver un local pour asseoir son cabinet. « C’était difficile au départ », se rappelle-t-il, car les marchés n’étant pas courants à l’époque. Partagé entre ce besoin d’être dans un local suffisamment présentable qui lui offre la garantie réelle d’un bureau, mais aussi la possibilité de pouvoir honorer ses engagements liés au bail et la réalité de sa capacité financière, il réussit d’abord à s’installer à domicile en se procurant un ordinateur et des chaises de seconde main. La chambre annexe du domicile familial qui lui servait de bureau ne réunissant pas toutes les commodités, il parvient à se procurer un local adapté par l’intermédiaire d’un ami. Au fil des années, le cabinet a fait son chemin et est fort à ce jour de neuf agents, dont deux points focaux en Côte d’ivoire.

Le développement d’entreprise

A son actif, plus de 100 entreprises créées et qui bénéficient de l’accompagnement de son cabinet. Tout est parti de l’appui en création d’entreprise. Puis, par la suite, la diligence et la discrétion avec lesquels le spécialiste en droit des affaires traitait les différents dossiers, ont séduit ses collaborateurs qui n’ont pas hésité à faire de lui, un partenaire permanent pour leurs différentes activités. « C’est ainsi que je me suis retrouvé dans le domaine, je me suis spécialisé dans le traitement des différentes formes d’entreprises en difficultés » a-t-il signifié, soulignant que le conseil et l’assistance sont les activités phares du cabinet.

Sa plus grande satisfaction

Le métier nourrit bien son homme, surtout quand on est compétent, soutient celui-là même qui a ouvert son cabinet, une année après l’obtention de sa maîtrise. Mais plus qu’un besoin d’argent, c’est le sentiment d’être utile, pas forcément défenseur de la veuve et de l’orphelin, mais de contribuer à soulager les uns et les autres, qui passionne Hamidou Tiemtoré. La satisfaction morale d’aider les gens, la chance d’être utile à sa nation et de pouvoir gagner sa vie, demeurent la motivation de l’homme de droit dont le prochain défi reste son admission au concours d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA).

Le chemin a certes été parsemé d’embuches, mais le jeune Tiemtoré dit être reconnaissant à ses aînés qui ont été d’un grand soutien. A son tour, celui qui est déjà un exemple veut accompagner ses jeunes frères. Et depuis 2015, il n’hésite pas accompagner à titre personnel les jeunes burkinabè dans le cadre de la formation en entreprenariat. Convaincu qu’il faut arriver soi-même à créer de la richesse, il encourage ses jeunes frères à voler de leurs propres ailes.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Messages

  • un bel exemple à vulgariser et surtout à suivre. pour ceux qui seraient encore hésitant, le salut réside dans l’auto emploi, pas dans les concours de la fonction publique.

  • Toutes mes félicitations pour ce exemple de courage. Il faut toujours foncer mais éviter surtout la compromission.

  • Moi, je commencerai d’abord par tirer mon chapeau à cette initiative de FASONET de mettre en lumière ceux qui se battent en que chefs d’entreprise. C’est toujours avec plaisir que je lis les articles sur l’entreprenariat à l’image de ce jeune éleveur que vous avez publié la semaine passée (Adama Alpha Gouem, promoteur avicole : L’entrepreneuriat, par engagement et non par manque d’emploi). En plus d’encourager les jeunes burkinabè, vous nous soustrayez de cette hantise des attaques qui inondent nos débats quotidiens. Vous faites vraiment oeuvre utile à plusieurs titres et vous méritez tous les égards. On ne peut que vous encourager à continuer dans ce sens. Bravo à FASONET

  • Comment contacter Hamidou TIEMTORE pour ceux qui voudraient le faire pour solliciter ses services ?

    • Tu n’as pas lu l’article ou quoi ? Son email est donné dans cet article ou bien pour toi contact c’est seulement un numéro de téléphone ?

  • Félicittion sieur Tiemtoré, c’est la preuve que la jeunesse, si elle accepte prendre son destin en main, loin des facilités politiques, sera elle même source de richesse comme vous le dites si bien : "il faut arriver soi-même à créer de la richesse". Bon courage pour le barreau.

  • très belle initiative maintenant que les affaires semblent aller pour lui après avoir travailler en "pirate", il faut qu’il se formalise. il y a des cadres organisés pour faire ce type de métier que l’on appelle les ordres. Tant qu’il sera pas inscrit dans un ordre, ces prestations pourront toujours être remises en cause et lui même poursuivi pour usurpation de titre ou de capacité.
    encore félicitations pour son courage et sa ténacité, mais il s’agit de domaines organisés et ces prestations et signature ont besoin d’une force probante.
    c’est juste quelques conseils !!

  • Yes congratulations, bon courage à toi, il es un bon exemple à suivre. Merci de continuer à rechercher des exemples pareils et de les partager avec la Jeunesse. C’est également formateur et instructeur.

  • Contact Hamidou Tiemtoré : jurismondeconseil@yahoo.fr

  • Très bel article.
    En lisant, j’ai moi-même envie d’entreprendre quelque chose rapidement. Il faut savoir mettre en exergue l’expérience de ce type de personnes et malgré la discrétion qu’elles peuvent solliciter, créer des cadres formels de partage et de sensibilisation pour l’auto-promotion. Je relève encore le contraste avec la publicité faite à ABDOUL-Services pour lequel, on n’a pas vu passé les événements aussi clairement que celui de Hamidou TIEMTORE.
    Ne nous leurrons pas, le développement passera obligatoirement par une croissance organique du secteur privé au Faso en se basant atouts du pays . Mais pas le secteur privé politique se nourrissant de corruption, mais le privé intrinsèquement générateur de croissance, d’emploi et de mise en valeur des compétences. Je sais de quoi je parle.

  • c’est du propre.Courage jeune frere.F E L I C I T A T I O N S A TOI TIEMTORE

    • Merci beaucoup a tous ceux qui m’ont adresse leurs encouragements. Cela me propulse et me permet de perseverer et aider les jeunes freres qui voudraient emprunter la voie de l’entreprenariat

  • Bon courage mon ami, l’avenir t’appartient. Ne baisse pas les bras. U

  • beaucoup du courage mon jeune maître ! Tu est un exemple à suivre...

  • Je te souhaite un plein suces dans tes projets, et que Dieu t’accompagne.

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