Roch Marc Christian Kaboré, Président du MPP : « Nous disons au Président Compaoré, de respecter la Constitution »

lundi 20 octobre 2014 à 01h41min

Le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) a sonné la mobilisation dans le Centre-ouest à travers un meeting ce samedi, 18 octobre 2014 à Koudougou, chef-lieu de la région. Cette activité qui couronne la rentrée politique du parti entamée le 11 octobre, a mobilisé un « grand monde » venu non seulement des différentes provinces de la région mais également d’autres provinces du pays.

Roch Marc Christian Kaboré, Président du MPP : « Nous disons au Président Compaoré, de respecter la Constitution »

Pour une première rentrée politique, les responsables du MPP ont voulu « la couronner en beauté par un grand meeting » dans la région du Centre-ouest. A 14h 30, la place de la nation de Koudougou, lieu du meeting, était déjà pris d’assaut. 15h 25, c’est l’entrée des trois leaders, Roch March Christian Kaboré, Salif Diallo et Simon Compaoré sur l’aire du meeting et sous de fortes ovations accompagnées de slogans. Bain de foule des leaders, l’hymne du parti puis s’ouvre une série d’interventions entrecoupées d’animations musicales.

Successivement, Assétou Fofana, secrétaire générale du parti dans le Boulkiemdé, les représentants des jeunes, Bienvenu Bationo ; des femmes du Centre-ouest, Yolande Traoré ; des anciens, Marcelin Yaméogo. Tous ne sont pas aller du dos de la cuillère pour réitérer la position de leur parti sur les questions du moment à savoir l’idée du referendum, de la modification de l’article 37 et la mise en place du Sénat. Ils sont relayés sur la tribune par le coordonnateur général du comité d’organisation, Seydou Zagré qui, dans sa lancée, s’est d’abord réjoui de la mobilisation avant de lâcher : « ceux qui ont pris de fortes sommes d’argent pour barrer la route à ce meeting doivent se raviser prochainement à prendre encore plus car, ils ne pourront jamais faire échec à notre élan ». A en croire M. Zagré, plusieurs activités dans la région ont précédé la tenue du meeting. Il s’agit entre autres, de rencontre d’échanges, de la mise en place de structures locales et de proximité du parti, notamment au niveau de l’université et des grandes écoles. Pour le Larlé Naaba Tigré, « les gens du CDP seront les plus heureux, si on annonce qu’il n’y aura pas de referendum et de modification de l’article 37 ». Cette première partie fait place à celles « tant attendues » du « trio », c’est-à-dire les premiers responsables du parti.

« Vous étiez déjà au MPP avant sa création officielle … »

« Nous avons organisé notre rentrée politique pour réaffirmer nos positions sur la situation nationale et notre engagement constant de nous battre contre le pouvoir à vie dans notre pays, pour l’approfondissement de la démocratie et pour l’élargissement des libertés. C’est la première fois que nous tenons un meeting au niveau du Centre-ouest. Nous avons décidé de faire le tour de l’ensemble des régions et ce n’est qu’une première étape de nos activités », a introduit le premier responsable du parti, Roch Marc Christian Kaboré. Selon le président du parti, cette activité s’inscrit dans la dynamique de l’animation de la vie politique nationale, telle que stipulée par la constitution. « La constitution dit que les partis politiques doivent animer la vie politique nationale et à ce titre, le MPP se donne les moyens, comme il l’a déjà fait à Bobo, à Banfora, Ouahigouya, Ganzourgou etc., de poursuivre cette action sur l’ensemble du territoire national », a-t-il étayé. A en croire le président du parti, lorsqu’a été annoncé le rendez-vous de Koudougou, les détracteurs se marraient en disant que le parti ne trouvera personne à Koudougou. « Aujourd’hui, nous pouvons dire : honte à ceux qui ont pensé cela », a-t-il répondu avant d’insister sur la position du parti sur les questions qui « fâchent ».

« Voici 10 mois que nous avons créé le MPP. Mais, comme je le disais tantôt, vous étiez déjà au MPP avant sa création officielle parce que, vous vous inscriviez dans la dynamique du refus de l’injustice, du refus de la dictature », a soutenu le 1er vice-président, chargé de l’orientation politique, Salif Diallo pour qui, le Centre-ouest est considéré, à juste titre par tous les observateurs, comme un centre du combat pour la démocratie et la liberté au Burkina. « En adhérant au MPP, vous formalisez votre tradition de lutte pour la paix, le progrès et le bien-être du Burkina Faso. C’est pourquoi, le MPP, en 10 mois d’existence, occupe-t-il le terrain dans le Centre-ouest, du plus petit hameau à la capitale provinciale », a affirmé Salif Diallo.

« 2015, le moment de l’alternance, selon le Conseil constitutionnel »

Revisitant les différents cadres de concertation, notamment celui du collège des sages, Roch Marc Christian Kaboré a indiqué qu’il a été proposé de ramener le mandat présidentiel de 7 à 5 ans et renouvelable une fois. « Cet engagement qui a été un consensus national, accepté par tous, y compris le Président Blaise Compaoré, a fait l’objet d’un vote à l’Assemblée nationale pour une adoption. Fort de cela, je dois rappeler encore que Hermann Yaméogo, à l’époque, avait dit que le Président Blaise Compaoré ne peut plus être candidat en 2005 car, ce sera le mandat de trop. C’est ainsi que cette discussion est allée au Conseil constitutionnel qui a pris une décision en disant que lorsque le constituant a préconisé le mandat de 5 ans renouvelable une fois, cela n’était pas rétroactif et que par conséquent, le Président Blaise Compaoré pouvait se présenter en 2005. Etant entendu que s’il arrivait à faire deux mandats, l’alternance aura lieu à partir de 2015. Nous avons tous accepté cette décision. Nous voilà à l’approche de 2015, et le Président Blaise Compaoré et son CDP disent qu’il faut encore lever le verrou de la limitation. Or, le collège des sages a dit : tout pouvoir qui dure conduit à une catastrophe pour le pays. C’est pourquoi, fort de l’ensemble de ces arguments, nous disons au Président Blaise Compaoré, de respecter la Constitution. Rien que la constitution », a expliqué le président « du parti du soleil levant et de la lumière », M. Kaboré.

Il s’insurge contre le co-président du Front républicain, Hermann Yaméogo : « Quand nous entendons Hermann Yaméogo demander au Président du Faso de décréter l’état d’urgence dans le Burkina Faso, nous disons que c’est une honte pour le pays. Mais en même temps, nous sommes conscients que la peur a changé de camp, grâce non seulement aux positions que nous défendons au niveau du MPP, mais également grâce à l’action globale de l’opposition politique ». Roch Marc Christian Kaboré souhaite que le Président Blaise Compaoré laisse le Burkina Faso vivre dans la paix et soit une personne-ressource en termes de conseils pour le futur président qui sera élu au Burkina Faso.
Le 2e vive-président, chargé des relations extérieures, Simon Compaoré, a tout simplement demandé de « laisser la roue tourner ». Pour lui, Dieu même est pour l’alternance en ce sens qu’il a limité la vie de l’être humain : « il y a un jour pour la naissance et un jour la mort. Personne ne peut s’opposer à cette dynamique », a-t-il dit.

« Le dialogue a accouché d’une petite souris »

« Il n’y a pas longtemps, le Président du Faso, prenant sa belle plume, a écrit à l’opposition politique pour demander une rencontre le 23 septembre. Nous nous sommes rendus à cette rencontre avec un esprit ouvert, en nous disant, enfin, le Président a compris, il veut le bien du pays, il veut la paix dans le pays. Nous sommes allés, et comme vous l’avez constaté, ce dialogue a accouché d’une petite souris. Il a accouché d’une petite souris parce que ce n’était pas un dialogue honnête », est revenu à la charge, le premier responsable du MPP, Roch Marc Christian Kaboré. Il a noté que ce dialogue n’était en réalité, qu’une façon d’utiliser l’opposition comme un faire-valoir pour aller au referendum. Mais, confie-t-il, l’opposition n’a pas accepté de tomber « dans ce piège ». Et pour le premier vice-président Salif Diallo, le Burkina Faso connaît « aujourd’hui » une situation de crise économique, politique et morale. Il tient pour responsables d’une éventuelle situation grave, « ceux qui veulent organiser le referendum ».

A l’en croire, les 45 provinces, y compris l’Oubritenga, les Burkinabè de l’extérieur, les partenaires du Burkina sont contre la modification de l’article 37. « Même au CDP, les gens sont, nuitamment, contre la modification de l’article 37 », a affirmé Salif Diallo.

Après le Centre-ouest, le parti envisage mettre le cap sur l’Est, a annoncé son président, Roch Marc Christian Kaboré.

Oumar L. OUEDRAOGO

Lefaso.net

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