Coton génétiquement modifié : Des togolais émerveillés par l’expérience burkinabè

lundi 13 octobre 2014 à 21h00min

Sur initiative de la firme américaine Monsanto, plus d’une soixantaine de producteurs et de cadres togolais intervenant dans le secteur cotonnier ont séjourné au Burkina Faso. Venus pour un voyage d’étude axé sur le coton génétiquement modifié, ces acteurs de la culture cotonnière du Togo ont pu s’imprégner de l’expérience burkinabè à travers différentes activités.A Bobo-Dioulasso, le séjour des togolais a été rythmé par des échanges et des visites de champs de coton et de laboratoires.

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Coton génétiquement modifié : Des togolais émerveillés par l’expérience burkinabè

Sur la route du Coton génétiquement modifié (CGM) au Burkina Faso, la délégation togolaise a eu comme base Bobo-Dioulasso. Dans cette ville, producteurs et techniciens togolais ont pudécouvrirl’expérience burkinabè autour d’une table le mardi 07 octobre 2014. En tant que président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB), Karim Traoré a exposé sur l’expérience burkinabè. Et contrairement à l’imaginaire populaire, il a laissé entendre que le CGM au Burkina est loin d’être un diktat du gouvernement ou encore de la firme américaine Monsanto :« On avait un problème et c’est ce qui nous a conduits dans la culture du coton Bacillus thuringiensis (Coton BT). Avant l’adoption du CGM, il y avait une grave crise de confiance entre les producteurs et la Société burkinabè des fibres textiles (Sofitex). Chacun se rejetait la balle des mauvaises saisons cotonnières. Pire, un producteur pouvait faire jusqu’à dix traitements en une seule saison cotonnière. Avec le CGM, on ne fait plus que deux traitements ». Après l’UNPCB, c’estl’Institut de l’environnement et de recherches agricoles(INERA) à travers le Dr Omer Hema qui a exposé son expérience de la culture du coton génétiquement modifié au Burkina. Partenaire privilégié de Monsanto, cet institut est un acteur majeur de l’expérience burkinabè dans la bio-culture. Tout comme l’INERA, la Société burkinabè des fibres textiles (Sofitex) via Casimir Kihoun a eu l’occasion de présenter son expérience dans le domaine du CGM. Venus en voyage d’étude, les togolais ont été prolixes en question après les exposés.

Les preuves se trouvaient à 125 Km de Bobo
Après une première journée particulièrement chargée et rythmée par des débats, la délégation togolaise a mis le cap sur Ouarkoye. Dans cette localité de la région de la Boucle du Mouhoun, la culture du coton génétiquement modifié est une réalité depuis quelques années. Et c’est dans un des champs de coton du président de l’UNPCB que les visiteurs vont être émerveillés par les prouesses du CGM. D’une superficie de dix hectares, le champ visité est une réussite totale selon les experts en coton. Le maitre des lieux, Karim Traoré a pris son temps pour partager le secret de sa réussiteavec ses hôtes. De la technique de la rotation des cultures en passant par l’usage de la fumure organique et surtout au strict respect des normes requises dans la culture du CGM, l’homme a tout révélé. Et comme les producteurs de coton au Burkina sont les meilleurs ou parmi les meilleurs producteurs de semences, les visiteurs ont pu admirer le champ de maïs de Karim Traoré. Des échanges directs entre les paysans togolais et des travailleurs du champ de Karim Traoré ont permis aux premiers de cerner d’avantage les techniques agricoles burkinabè.
Visite de champs et de laboratoire pour terminer le séjour à Bobo
Après Ouarkoye, la série des visites de champ de coton a conduit les Togolais àBaré dans la journée du jeudi 9 octobre 2014. Dans cette localité située à 25 km de Bobo, les hôtes ont visité deux champs de coton BT. Et pour faciliter la comparaison et permettre à tout un chacun de tirer des conclusions, l’on a visité aussi un champ de coton conventionnel. Encore dans la culture de la variété conventionnelle, les producteurs togolais n’ont pas eu du mal à comparer les deux variétés. Et pour la majorité d’entre eux,le BT est une nécessité si l’on veut continuer la culture du coton au Togo.

Tout comme les producteurs dans les champs, les techniciens togolais ont eu l’occasion d’échangeravec leurs compatriotes burkinabè dans des laboratoires. Dans le laboratoire de contrôle qualité de la Sofitex, c’est la responsable des lieux, Esther Kargougou qui a eu le mérite d’expliquer de long en large le processus de sélection des graines dans la chaîne de production burkinabè. Entre techniciens, les échanges ont été pour le moins fournis.
Ousséni BANCE
Lefaso.net

Réaction de quelques acteurs

Dr Doulaye Traoré, responsable Monsanto-Afrique de l’OuestBollgard II (Le Coton génétiquement modifié cultivé auFaso) a fait du Burkina un pays modèle dans la culture du CGM en Afrique. Aujourd’hui, ce pays est un cas d’école et il peut servir d’exemple à des pays qui hésitent encore. C’est dans ce cadre que nous avons convié une délégation togolaise pour venir s’imprégner de l’expérience burkinabè. Nous couvrons le monde entier et nous travaillons toujours à permettre aux gens de choisir ce qui est mieux pour eux. Je pense que les acteurs du secteur cotonnier togolais sont situés maintenant.

BozirohTchidah : Conseiller du D.G de la NSCT (Togo) en matière industrielle
Nous sommes venus avec une soixantaine de personnes pour s’imprégner de l’expérience burkinabè. Notre délégation est composée en grande partie par des paysans et des directeurs des régions cotonnières de notre pays. Il y a des chefs de services d’exploitation industrielle aussi parmi nous. Nous sommes venus voir ce qui se passait exactement dans le domaine du CGM au Burkina Faso. Suite aux communications du premier jour on était toujours sceptique. Personnellement, j’avais encore des réserves suite à ces communications. Mais la visite du terrain 24 heures plus tard nous a séduits. Avec les décisions politiques qui devront suivre, je dirai qu’on essaiera d’aller faire le CGM. Il était important pour nous de venir constater ce qui se passait exactement dans le domaine du coton BT au Burkina. Maintenant, on sait que la culture de ce coton est bénéfique pour le producteur et c’est ce que nous voulons pour le producteur togolais

YossoHodabalo, président de la FNGPC (Fédération nationale des groupements de producteurs du Coton/Togo)

Nous sommes émus par tout ce que nous avons vu. Les échanges ont été francs entre nous, les Togolais et les différents partenaires burkinabè que sont l’INERA, la SOFITEX, l’UNPCB et Monsanto. Le plus essentiel a été la visite de terrain. Ce que nous avons vu dans les champs a traduit ce que les présentateurs avaient dit dans les salles. La sainteté des capsules du coton BT est simplement magnifique. On était simplement émerveillé. Chez nous, on continue de faire plus de dix traitements pour avoir des rendements inférieurs à celui du coton BT cultivé au Burkina. Pour nous producteurs, le coton BT est une aubaine car on dépense moins et on est sûr de bien récolter. On rendra compte à qui de droit une fois de retour au pays. On espère que le gouvernement togolais aussi entendra nos doléances. Nos autorités sont toujours en train d’examiner la possibilité de la culture BT chez nous. Ce qui est une bonne chose car on ne peut pas prendre une grande décision sans cerner tous les contours de cette technologie.

La NSCT en quelques mots
La Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT) est une société mixte créée le 29 mars 2009 en remplacement de la Société togolaise du Coton (Sotoco) qui était une société d’Etat. Le capital social de cette entreprise est de 2.000.000.000 de francs CFA dont 60% pour l’Etat togolais et 40% pour la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton du Togo (FNGPC). Le siège de cette société est basé à Atakpamé, à environ 60 Km de Lomé. Tout comme la Sofitex au Burkina Faso, la NSCT a pour mission d’assurer le développement et la valorisation de la culture cotonnière dans le territoire togolais. Cette société soutient la production cotonnière, l’évacuation du coton-graine, la gestion des usines d’égrenage, la commercialisation des produits finis... La fibre togolaise est jugée très compétitive sur le marché de la filature. (Source : Dépliant NSCT)

Propos recueillis par OusséniBancé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 14 octobre 2014 à 14:58, par un agroécologiste
    En réponse à : Coton génétiquement modifié : Des togolais émerveillés par l’expérience burkinabè

    Pour les populations du monde rural, les OGM représentent une menace grave pour l’agriculture paysanne, pour l’environnement et pour la santé humaine et animale (tumeurs chez les animaux de laboratoire nourris avec les OGM), la libre circulation des OGM est encore plus grave.
    Les OGM ne sont pas des produits ordinaires bien connus par les populations, on ne doit envisager la possibilité de la libre circulation des OGM, produits nouveaux aux effets imprévisibles.
    Les OGM sont incompatibles avec l’agriculture paysanne basée sur les semences traditionnelles adaptées aux conditions locales, reproduites par les paysans, de génération en génération. Les semences OGM sont très chères, elles doivent être renouvelées chaque année et nécessitent l’utilisation des engrais et pesticides chimiques qui provoquent la dégradation accélérée des sols, entre autres.
    Toutes les semences OGM sont brevetées, ce qui signifie qu’elles présentent la propriété intellectuelle privée de MONSANTO ou d’une autre firme, par conséquent, les paysans qui achètent leurs semences sont totalement dépendants des firmes. Les semences OGM brevetées ont perturbé le fonctionnement de la justice qui, dans de nombreux pays, a condamné à de lourdes peines d’amandes les paysans dont les champs étaient contaminés par les OGM. Ce sont les paysans, victimes de la contamination par les OGM, qui sont criminalisés, voilà l’effet pervers des OGM !
    L’idée de brevet est totalement incompatible avec la mentalité africaine pour qui la vie est sacrée et la semence est la quintessence de la vie. La mentalité africaine reconnait uniquement le droit collectif sur les semences, puisque l’existence d’une communauté dépend étroitement des semences qu’elle possède, qu’elle a hérité de ses ancêtres et qu’elle va transmettre à ses enfants. Les semences font partie intégrante d’une communauté africaine, elles interviennent dans sa vie productive, culturelle, économique et spirituelle ; une communauté qui perd ses semences court un grand danger.
    Contrairement aux affirmations des firmes multinationales, promoteurs des OGM, de nombreux faits ont démontré que les OGM contaminent les autres cultures environnantes provoquant ainsi la perte de la biodiversité agricole et elles n’apportent aucune hausse des rendements. Comme conséquence ; il y aura la disparition des variétés traditionnelles qui constituent la base de l’autonomie semencière et de la souveraineté alimentaire.
    Les variétés traditionnelles présentent l’alimentation de base des populations d’Afrique ; leurs qualités nutritionnelles et technologiques sont adaptées aux besoins alimentaires et aux méthodes de transformation locales. Pourquoi nous amener les OGM qui n’ont rien à voir avec nos besoins ?
    La découverte en 2001 de la contamination génétique du centre d’origine mexicain du maïs par les OGM a provoqué un véritable scandale, d’autant plus qu’à l’époque le Mexique observait un moratoire sur le maïs transgénique. Pour les populations autochtones du Mexique, le maïs représente non seulement la plante à la base du système alimentaire national, mais le fondement même de la vie. La grande majorité des Mexicains n’hésite pas à dire « nous sommes les enfants du maïs ». Lorsqu’ils ont découvert que leur maïs était contaminé par les OGM, ils ont vu ça comme une attaque de leurs croyances les plus sacrées et les plus fondamentales, une attaque contre l’identité mexicaine et une agression contre les cultures qui ont créé l’agriculture.
    Les OGM présentent aussi une agression contre nos cultures africaines. Actuellement il existe des programmes de recherches bien avancés sur le sorgho et du niébé OGM destinés pour l’introduction en l’Afrique de l’Ouest. Ces programmes présentent un danger de contamination par les OGM du matériel phytogénétiques du centre d’origine africain. Nous voulons cultiver nos variétés traditionnelles qui ont permis la survie de nos communautés pendant des millénaires, nous voulons préserver notre capital semencier africain indemne de toute contamination génétique !
    Les variétés traditionnelles, présentent une qualité précieuse d’adaptabilité aux changements climatiques.
    Il ne faut pas profiter de cette situation pour imposer les semences OGM aux paysans africains en difficultés car c’est l’avenir des générations africaines présentes et futures qui se joue actuellement. C’est le risque de compromettre l’avenir des jeunes ruraux qui seront demain des paysans sans terre avec cette "industrialisation" à marche forcée de notre agriculture.
    Enfin, 2 contre-vérités à dénoncer : Le Burkina n’a pas été aux OGM parce qu’il avait des problèmes sur son coton mais par les aventures de notre président au Libéria et Sierra Léone fin des années 1990 pour éviter l’embargo des Nations Unis... Monsieur Karim Traoré, est formaté comme il se doit pour répéter le discours de Monsanto et autres valets locaux. Il existe une autre voie bien plus saine et durable à savoir l’agriculture biologique : pourquoi ne pas cultiver du coton biologique qui nous évite d’utiliser des engrais chimiques, les pesticides et les herbicides comme Roundup de Monsanto, tous fait à partir du pétrole non renouvelable et qui contribuent aux effets de serre et, donc, au réchauffement climatique. Il faut pratiquement 2 tonnes de pétrole pour faire une tonne d’engrais chimique. Donc, l’agriculture conventionnelle et OGM est une agriculture non durable qui détruit l’environnement et qui menace notre santé avec ces cocktails chimiques (la fertilité des hommes a déjà chuté de moitié en un demi-siècle ! à ce rythme, on sera infertile dans un siècle...).

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  • Le 14 octobre 2014 à 15:01
    En réponse à : Coton génétiquement modifié : Des togolais émerveillés par l’expérience burkinabè

    Pourquoi ces togolais ne vont pas visiter l’expérience aussi intéressante que l’UNPCB mène dans le coton biologique avec des partenaires comme Helvetas ? Il aurait fallu montrer les OGM, le coton conventionnel et le coton biologique au BF pour que la délégation se fasse une idée objective avec les points forts et points faibles de chaque type.

    Répondre à ce message

  • Le 14 octobre 2014 à 15:39, par l’informateur
    En réponse à : Coton génétiquement modifié : Des togolais émerveillés par l’expérience burkinabè

    Chers lecteurs, ne vous laissez pas avoir ! Savez-vous que Monsanto est l’inventeur de l’agent Orange qui a été utilisé par l’armé américaine pour détruire les forêts vietnamiennes pendant la guerre du Vietname ? L’agent Orange a eu des conséquence térribles au Vietname : les enfants naissent avec des malformations de tout ordre (manque de main, de pieds, de bouche, d’anus, etc), des cancers, etc. Et le pire est que Monsanto continue de nier sa responsabilité dans cette tragédie !
    Le PCB, ça ne vous dit rien ? C’est un composé chimique stable et très persistant dans l’environement. C’est une substance très peu biodégradables qui, après rejet dans l’environnement, s’accumulent dans la chaîne alimentaire. Les effets des PCB : des irritations de la peau (chloracné) ou à des troubles plus graves, qui sont pour certains, réversibles. Les effets chroniques entraînent des dommages du foie, des effets sur la reproduction et la croissance. Monsanto a été un acteur majeur dans la production des produits contenant les PCB. En plus Monsanto connaissait bien les dangers, mais n’a pas jugé bon d’en informer les utilisateurs ! Vous voyez à quel point cette entreprise est machiavélique ?
    Aujourd’hui, c’est la meme chose avec les OGM. Il n’ya aucune étude sérieuse et indépendante qui confirme que les OGM sont sans danger ! C’est une expérimentation à grande échelle. Et tout les chercheurs qui osent faire des études qui remettent en cause l’inocuité des OGM sont licensiés ! Monsanto est un cancer pour l’humanité et doit être combattu sans relache !
    Ils ont même essayé de breveter l’ADN humain ! Reveillons-nous pendant qu’il est encore temps chers amis

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  • Le 23 avril 2015 à 15:14, par Un patriote africain
    En réponse à : Coton génétiquement modifié : Des togolais émerveillés par l’expérience burkinabè

    Les fils d’Afrique, je ne cesserai de le dire et de le répéter qui ont été étudier aux frais du contribuable africain et qui sont revenus non pas pour servir l’Afrique, mais devenir des apatrides, ne vous désolez point sur leur compte qui sera bien réglé en temps opportun ! ! ! Foi d’africain.
    S’il y a des mystères autour des ogm que les chercheurs africains sont incapables de décoder et d"’expliquer à leurs propres frères africains parce qu’ils ne les maîtrisent pas eux-mêmes, qu’ils n’aient pas honte de le dire ; mais qu’ils accoquinent avec les ennemis des peuples africains pour se passer pour les éclaireurs alors qu’ils ne travaillent qu’à la ruine du continent en toute conscience, cela, nul ne saura le leur pardonner.
    En Afrique, l’on dit que celui qui ignore et qui le reconnait, peu apprendre ; mais celui qui ignore et qui ne reconnaît pas qu’il est ignorant (sans humilité), est un danger public.
    A ce titre il faut aussi le combattre comme tel, car ses dégâts sur la société sont énormes.
    Nous savons que les chercheurs de monsanto ne sont que de la veine des LUCIFER ; peut-on s’allier avec le DIABLE alors que l’on ne l’est pas au départ ; oui, l’option est certainement faite très tôt pour certains qui ont accepté de vendre leur mère pour leur seuls égoîstes intérêts ; ils sont banis à jamais ! !! !

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