Paludisme : Toujours aussi alarmant !

mardi 26 août 2014 à 01h11min

La période hivernale est l’époque où sévit le plus le paludisme. Par ailleurs il s’avère évident que le paludisme est l’une des principales causes de mortalité en Afrique et au Burkina Faso. Qu’est ce qui explique le nombre de cas toujours aussi élevé ?

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Paludisme : Toujours aussi alarmant !

Selon le rapport 2013 de l’OMS sur la situation du paludisme, environ 627 000 décès en 2012 étaient imputables au paludisme dans le monde dont près de 90 % ont lieu en Afrique subsaharienne avec 77 % chez les enfants de moins de cinq ans. Certes ce rapport indique aussi une baisse depuis 2000 mais la situation reste quand même délicate. Au Burkina Faso, près de sept millions de cas ont été enregistrés en 2013, dont plus de 7000 décès. Le paludisme a constitué durant ces cinq dernières années le premier motif de consultation et d’hospitalisation, dont environ 63% sont des enfants de moins de cinq ans. 60% de ces consultations sont enregistrées en quatre mois, c’est-à-dire entre les mois d’août, de septembre, d’octobre et de novembre. C’est donc avec logique que se constate actuellement l’affluence dans les centres de santé.

Comment expliquer ce nombre assez conséquent malgré les sensibilisations

Pour Dr Patrice A. Combary, Coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme, la problématique peut être posée autrement. Ce qu’indiquent les chiffres ne signifierait pas que le nombre de malades augmente ou est constant mais ce serait plutôt la fréquentation des centres de santé qui est en hausse. Ce qui permet de relever plus de cas. Autrement dit, il n’y aurait pas plus de personnes atteintes de paludisme, mais des malades qui n’étaient pas connus ou enregistrés parce qu’ils ne se présentaient pas dans les formations sanitaires, mais qui le sont maintenant. Une hausse de la fréquentation qui se justifie principalement par l’extension des formations sanitaires et les subventions qui ont ramené les prix des consultations à 300 FCFA pour les adultes, 200 F pour les enfants de 5 à 13 ans et 100 F pour les enfants de moins de cinq ans. Ainsi, la fréquentation est passée des 1/3 de la population en 2003 à 80% en 2013. Quoi qu’il en soit, le paludisme constitue encore une importante cause de mortalité et les personnes les plus vulnérables et les plus touchées sont les femmes enceintes et les enfants. Cela s’explique par le fait que le système immunitaire est en baisse chez la femme enceinte et est encore immature chez l’enfant.

De plus, le Burkina Faso est une zone endémique, ce qui signifie qu’il y a toujours un risque, chez toute personne, d’être atteint de paludisme et ce durant toute la période de l’année, soutient Dr Combary.

Chercher à prévenir

Les mesures préventives peuvent être diverses ; la plus simple est certainement la protection contre les piqures de moustiques à travers l’utilisation de moustiquaires. La plus simple et sans doute aussi la plus accessible au vu des campagnes massives de distributions, près de treize millions de moustiquaires distribuées au Burkina entre 2011 et 2013. Malgré cet effort et même si les chiffres indiquent une baisse du taux de décès de 1,8% en 2012 à 1,4% en 2013, il conviendrait aussi de reconnaître qu’il reste encore beaucoup à faire. En outre, chaque femme enceinte a droit à une moustiquaire. Concernant toujours cette couche vulnérable, la prise de médicaments antipaludéens, notamment le sulfa-doxine-pyriméthamine est nécessaire durant la grossesse, atteste Dr Combary. D’autres mesures existent comme l’assainissement du cadre de vie, la fréquentation des centres de santé, le dépistage, entre autres.

Des mesures idoines, surtout pour la femme enceinte, d’autant que la transmission du paludisme peut se faire de la mère à l’enfant. Et chaque enfant souffre de paludisme, certains même deux fois, durant la première année de sa vie. Toujours dans le contexte de prévention, une nouvelle mesure dénommée « chimio prévention du paludisme saisonnier » est en cours de mise en œuvre. Elle consiste en la distribution de médicament à des enfants de moins de cinq ans. Elle a débuté au cours de ce mois à Boussé.

Le message de Dr Combary à l’adresse de tous est le respect des mesures préventives, car le constat est que bien qu’elles soient connues, ces mesures ne sont pas toujours appliquées.

Martiale ZONGO (stagiaire)

Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 26 août 2014 à 07:38
    En réponse à : Paludisme : Toujours aussi alarmant !

    Il ne faudrait pas oublier le developpement de la resistance des parasites aux medicaments et des moustiques aux seuls insecticides utlises pour impregner les moustiquaires.
    Il est alors important pour nous autres de chercher a developper d autres moyens de lutte contre le paludisme en commencant par mieux connaitre le comportement de l ennemi commun qui est le moustique.
    Les medicaments a eux seuls ne pourraient pas venir a bout du palu.
    Penser aussi au vaccin ? Et a partager les fruits de la nation car palu rime aussi avec pauvrete.Toutes css forces cumulees pourraient aider a sauver plus de vies.

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  • Le 26 août 2014 à 10:19, par constant
    En réponse à : Paludisme : Toujours aussi alarmant !

    Il faudra aussi contrôler la qualité des moustiquaires imprégnées. j’ai personnellement acheté une moustiquaire imprégnée en pharmacie,il est bien écrit la dessus qu’elle est imprégnée selon les règles de l’OMS ;cependant je suis surpris de voir que les moustiques s’amusent la dessus.La moustiquaire n ’a aucun effet répulsif.

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  • Le 26 août 2014 à 11:01, par KABORE
    En réponse à : Paludisme : Toujours aussi alarmant !

    la lutte contre le palu devrait mettre un accent important sur l’hygiène. Quand on observe les moustiques se développent plus dans les toilettes et les fausses septiques et nous dans les eaux qui coulent. C’est pourquoi il y a toujours des moustiques à Ouaga. Il attaque le mal à la racine plustot que de passer le temps à mettre l’insecticide dans nos maisons. Nous devons commercer par fermer nos toilettes quand elles ne sont pas utilisées. Cela va éviter que les moustiques sortent et deuxièmement ils ne peuvent pas se développer sans lumières.
    Par ailleurs, combattre le palu devra être une volonté politique au lieu de laisser la santé se battre toute seule.
    Il faut noter que c’est simplement dans les villes que nous avons les produits de traitement de palu efficace, dans les villages c’est Dieu qui les sauvent.

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  • Le 26 août 2014 à 11:23, par Silinsika
    En réponse à : Paludisme : Toujours aussi alarmant !

    Il faut penser à la promotion des sprays et autres pommades répulsifs, car dans la plupart des cas, on se fait piquer par les moustiques avant de rentrer dormir sous la moustiquaire.
    je crois que ce sont les traitements en sont à 300 ; 200 et 100f et non les consultations.

    Répondre à ce message

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