Marche-meeting de l’opposition : A chacun son temps et podium de discours

lundi 25 août 2014 à 00h02min

Au meeting du 23 aout dernier, les leaders des partis politiques (les organisateurs) étaient certes les porteurs des messages de tous les manifestants mais il n’en demeure pas moins que chacun, pris de côté, avait son « speech » aussi à prononcer. A côté donc du podium officiel de « Zèph », ceux de …

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Marche-meeting de l’opposition : A chacun son temps et podium de discours

Djibril Baga : « Il y a un temps pour chaque chose »

Je suis sorti pour dire au Président que ce n’est pas parce qu’il n’est pas bon, ce n’est pas non plus parce qu’il n’a pas travaillé ; il a travaillé, il a bâti mais il y a un temps pour chaque chose. Je pense que c’est ainsi qu’on doit gérer un pays ; tu viens, tu apportes ta contribution et tu laisses la place à d’autres et ainsi de suite. Pourquoi faire donc un referendum pour sauter le verrou de l’article 37 ? Moi, en venant ici, personne ne m’a tendu ni 1000 encore moins 2000 francs, j’ai mis mon propre carburant avec mon argent parce que j’estime que la cause est noble. Blaise est un homme fort et si tel est le cas, il doit partir en 2015 pour consolider la démocratie.
Veut-il dire que dans tous ces Burkinabè, il n’a confiance, même pas à un seul ? Pourtant, nous lui avions fait confiance. Mais, pourquoi en retour lui, il ne veut pas nous faire confiance ?

Sylvain Tassembédo : « … il a pris l’engagement de respecter ce qui a été arrêté »

Je sors aujourd’hui pour dire au Président que nous ne sommes pas d’accord avec son projet de modification de l’article 37. En 1998, il y a eu consensus sur les mandats et il a pris l’engagement de respecter ce qui a été arrêté. L’année 2015 marque la fin de ses mandats. Je ne comprends pas pourquoi vouloir remettre en cause ce qui avait été arrêté. Nous ne lui demandons pas de partir avant la fin de son mandat. Nous lui demandons seulement de partir quand l’échéance va arriver pour passer aussi la main à quelqu’un d’autre. Nous sommes 16 millions de Burkinabè et je pense qu’on peut aussi avoir quelqu’un pour poursuivre ce qu’il a déjà bâti.

Aboubacar Ouédraogo : « C’est le peuple qui a fait partir le Président Maurice Yaméogo »

Nous voulons du bien de lui et du pays. Qu’il parte en paix et laisse également le pays dans la stabilité. Respecter la constitution sera non seulement une bonne chose pour le pays mais également pour lui-même. Moi, je suis né trouver le Président et je n’ai connu que lui seul. Il peut partir maintenant et laisser ses enfants et ses petits frères gérer aussi. Je crois que si nous restons mobilisés, on va obtenir gain de cause parce que le pouvoir appartient au peuple. L’histoire nous apprend qu’en 1966 (3 janvier, soulèvement populaire, ndlr), c’est le peuple qui a fait partir le Président Maurice Yaméogo. Je crois que la présidence n’est pas une histoire personnelle, familiale ; c’est une affaire de tous les Burkinabè et ça ne doit pas se gérer par clan.

Idrissa Congo : « Moi-même, je suis déçu »

Je ne suis d’aucun bord politique, mais je suis simplement sorti pour dénoncer la gestion actuelle du pouvoir qui ne me plaît pas. Le Président a trop duré au pouvoir. Moi, je suis né en 1981 mais depuis le départ du Président Thomas Sankara, je ne connais que lui comme Président. Je ne connais que lui seul. Moi-même, je suis déçu. Ce n’est pas que je suis du MPP, UPC, non, non. Nous, on n’avance pas. Moi qui vous parle, je suis un chauffeur, je travaillais avec quelqu’un qui m’a laissé comme ça. Je ne peux même pas réclamer mes droits, ni rien. Mais tout ça, c’est la gestion du pays. Normalement, je devais pouvoir le convoquer, ou bien ? Je suis ton employé, j’ai travaillé avec toi pendant 3 ans et tu me lâches comme ça, tu veux que je devienne quoi ? De devenir un voleur ? Ou qu’est-ce que je dois faire ? Non, moi je ne peux pas. J’en ai marre, on en a marre de la gestion. Je ne peux pas le convoquer, c’est un boss, il est plus grand que moi ! Moi j’ai quoi ? Présentement-là, c’est ça qui ne nous plaît pas.

Halidou Sourwèma : « Ceux-là qui veulent la paix, ce sont eux qui sont sortis »

Avec ce que nous avons vu, attendu et les intentions qui s’affichent, on est sensé se mobiliser pour la bonne cause. Et la bonne cause, c’est pour non seulement le changement, l’alternance mais aussi et surtout pour la paix. Ceux-là qui veulent la paix, ce sont eux qui sont sortis aujourd’hui. Parce que s’il n’y a pas modification, il y aura la paix mais s’il y a modification, il va avoir des troubles sociaux. Mais ceux qui ne comprennent pas pensent que c’est plutôt ceux qui ne veulent pas la paix qui vont sortis aujourd’hui alors que c’est tout à fait le contraire.

Clarisse Belembaogo : « C’est un devoir pour nous d’appeler au respect de la parole donnée »

Nous ne voulons pas le pouvoir de clan, la patrimonialisation du pouvoir. Pour cela, nous disons non au Sénat, non à la modification de l’article 37, non au referendum. C’est pour défendre notre intégrité que nous sommes sortis pour la marche-meeting. C’est un devoir pour nous d’appeler au respect de la parole donnée. Il y a des gens qui peuvent aussi gérer, peut-être mieux que lui. Il faut qu’il accepte de passer la main à quelqu’un d’autre. Parce que chacun vient avec ses méthodes et dans l’intention de faire mieux que son prédécesseur et c’est le pays qui en bénéficie.

Omar Sawadogo, secrétaire à l’organisation du « Mouvement ça suffit » : « Qu’il soit vraiment pacifique, humble et digne de confiance »

Nous luttons contre l’anarchie et la mauvaise gestion de ce régime en place. Nous voulons un changement pour une amélioration des choses. Raison pour laquelle nous menons cette lutte, de tout corps et âme. Nous, à notre niveau, nous nous sommes organisés pour une participation conséquente à ce meeting. Entre temps, des gens ont tenté de distiller des messages pour démobiliser. Ce qui a, à un moment donné, semé une petite confusion mais rapidement on a pu rattraper en mettant les bouchées doubles à travers des informations de bouche à l’oreille et même en effectuant des déplacements vers les membres et populations des zones lointaines. Nous leur avons dit que la marche aura bel et bien lieu aujourd’hui, samedi 23 août. C’est ainsi que nous nous sommes donné rendez-vous tôt ce matin ici.

La mobilisation n’a pas été facile parce que la note du maire et même certaines radios internationales avaient semé la confusion. Mais comme on le dit : quand on veut, on peut. Il suffit de vouloir. Nous croyons fermement à la lutte ; seule la lutte paie et cette lutte-là, nous allons la mener jusqu’au bout.

Notre message est que si le Président du Faso aime bien son pays et son peuple, qu’il descende en 2015 et passe la main à une autre personne. A force de durer, on finit par s’enraciner et c’est difficile de déraciner. Mais s’il quitte, celui qui va venir, s’il est mauvais, on le déracine facilement et encore une autre personne viendra. Qu’il soit vraiment pacifique, humble et digne de confiance.

Recueillis par :
Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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