Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

vendredi 15 août 2014 à 08h20min

C’est un secret de polichinelle d’affirmer que le Burkina est confronté, voilà bien longtemps maintenant, à des conflits entre éleveurs et agriculteurs. Chaque saison d’hivernage est une traite à ces conflits et ces dernières années, le problème est plus récurrent avec des affrontements fréquents avec son lot de dégâts humain, moral et matériel. Malgré les initiatives publiques et privées, le problème persiste. Pourtant, il faut, coûte que coûte, mettre un terme à cette situation déplorable qui met à mal la vie de milliers de Burkinabè.

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Le  Plateau du week-end… : La récurrence des conflits  entre éleveurs et agriculteurs

Où pourrait alors se situer le problème et que faire pour mettre fin à cette situation qui porte atteinte à la cohésion sociale ?

Rodolphe Somé : « le calme n’arrange pas les politiciens parce qu’ils pêchent en eaux troubles »

Il y a une volonté réelle qui doit s’afficher. D’abord, le problème n’est pas résolu parce que ça fait l’affaire des politiciens. Ils passent par ces deux catégories d’activités pour toujours atteindre leur fin. Lorsqu’éclate un conflit, ce sont les personnes politiques qui partent tenter de proposer des solutions. Mais des solutions que, eux-mêmes, savent éphémères. C’est donc un canal par lequel ils passent pour s’afficher régulièrement. Sinon, ce problème peut être résolu par étapes. D’abord, il faut commencer par résoudre le problème foncier, c’est-à-dire la délimitation mécanique de l’espace utilisable, aussi bien pour les agriculteurs que pour les éleveurs. En claire, il faut une définition correcte des zones ; de la même façon qu’on définit les réserves. C’est de cette même façon qu’on doit procéder ici. Ensuite, il faut déterminer la loi sur le foncier en impliquant réellement ces acteurs à la base, c’est-à-dire les écouter et leur indiquer leurs droits mais également leurs devoirs. La loi doit faire l’objet d’un consensus et à partir de ce moment, nul n’est au-dessus de la loi et elle doit être appliquée dans toute sa rigueur. Mais si jusque-là c’est la résolution des conflits à l’amiable, c’est parce que la loi n’est pas adaptée et qu’on ne peut, par conséquence, l’appliquer. La loi ne doit pas être définie sans ces acteurs principaux. Mais ça, ça n’arrange pas les politiciens parce que, eux, ils pêchent en eaux troubles et il faut qu’ils profitent de ce genre de situations pour se faire une côte politique et engranger des retombées politiques.

M. Yaméogo : « C’est qu’il y a problèmes au sein même des deux ministères… »

A partir du moment où nous avons un ministère en charge de l’agriculture et un autre en charge de l’élevage, il ne devrait même pas se poser des problèmes de ce genre. Si malgré tout il y a conflits, c’est qu’il y a problème au sein même de ces départements en charge de ces deux secteurs d’activités dont, je pense, que les missions doivent couvrir ce genre de questions. Sans agriculture et élevage, ces ministères n’existeraient pas. S’ils existent, c’est pour résoudre ce genre de situations parce que sans quiétude dans chaque domaine d’activités, on ne peut tirer profit pour l’économie nationale.

Dramane L. : « Réunir tout le monde pour trouver une solution au problème »

On attend souvent certains dire que le problème réside entre Peulh et les autres ethnies ; c’est archi-faux. Parce que parmi les éleveurs, il y a toutes les ethnies et parmi les agriculteurs, vous avez toutes les ethnies. Aucun secteur d’activité n’est l’apanage d’une ethnie donnée. Il faut donc laisser tomber cette pensée (ethniciser la situation, ndlr) pour ne pas mettre en mal la cohésion sociale et avoir le courage de réunir tout le monde pour trouver une solution au problème. Je pense aussi que c’est une question de volonté. L’éleveur ne doit pas conduire son troupeau vers des champs et aller s’asseoir sous un arbre et faire semblant de ne pas savoir ce qui se passe lorsque les animaux sont dans un champ. Ce n’est pas bien.

Adama L. Maïga : « Il faut que chacun soit de bonne foi »

Le problème ne date pas d’aujourd’hui et c’est un problème de terres qui se pose en réalité. L’agriculteur qui a sa portion de terre et l’éleveur qui a aussi l’obligation de nourrir ses bêtes ; ça crée toujours des conflits. Je crois que le problème est lié au milieu physique dans lequel nous vivons. On sait que le climat au Burkina est rude. C’est autant difficile pour l’agriculteur de se faire de bonnes récoltes que pour l’éleveur d’avoir un bon pâturage. Il y a une pression sur l’espace. Mais je pense que c’est un problème de volonté et de bonne foi ; il faut que chacun soit de bonne foi. J’ai suivi l’actualité où il y a une zone qui a été décrétée zone pastorale et les agriculteurs ont voulu l’exploiter et cela a créé un problème. Je pense que si les autorités ont pris la décision de délimiter, c’est pour résoudre le problème. Chacun doit y mettre du sien et s’impliquer réellement. Nous sommes tous fils d’agriculteurs et d’éleveurs ; donc agriculteurs avec grand A.

Bado I. : « Essayer de réduire la transhumance pendant la saison d’hivernage »

Chaque année, c’est le même problème pendant la saison d’hivernage. Pour moi, c’est une mauvaise foi de la part de nos gouvernants. Sinon, un problème récurrent comme celui-là devrait amener les gens à s’asseoir pour trouver des solutions définitives. Si on se rend compte que le problème revient à chaque fois, il convient de s’asseoir pour trouver des solutions idoines. On sait que le problème est lié à la terre ; l’agriculteur grouille pour cultiver et si les animaux viennent brouter ses récoltes en un passage, il va de soi qu’il se plaigne. Il appartient aux autorités de délimiter l’espace pour que chacun sache à quoi s’en tenir. Si cela ne va pas, on essaie de réduire la transhumance pendant la saison d’hivernage. Là, après les récoltes, la transhumance peut reprendre encore. C’est possible si la volonté y est.

Mady R. : « C’est donc une question d’organisation… »

Il faut sensibiliser les éleveurs sur les périodes de transhumance. La saison d’hivernage doit être un moment où les éleveurs doivent mettre les bétails dans un enclos. Parce que, avec les saisons capricieuses, l’agriculteur se pose la question même de savoir si sa récolte pourra répondre à ses attentes. Si dans cela encore, des animaux doivent venir détruire son champ, vous imaginez ce que ça peut faire ! Du côté des autorités aussi, il y a une volonté à prendre. En ville, on voit des animaux en divagation et c’est fréquent. Pourtant c’est interdit. Il faut appliquer les textes. Aussi, les populations doivent comprendre et accepter d’être réalistes. On ne peut pas confier des centaines de têtes de bœufs à un seul enfant et éviter qu’ils aillent dans le champ de quelqu’un ; parce que l’enfant ne pourra pas les contrôler. Il faut sensibiliser nos parents éleveurs sur ce point. C’est donc une question d’organisation, il ne suffit pas d’avoir des centaines de têtes d’animaux mais il faut aussi savoir les gérer, les encadrer.

S. Paul Millogo : « L’autorité doit prendre la question au sérieux et la résoudre, une fois pour toute »

Il faut sensibiliser les populations. Si des champs doivent être détruits par des animaux alors que l’insécurité alimentaire est une réalité, ça pose problème. L’autorité doit prendre la question au sérieux et la résoudre, une bonne fois pour toute. On s’assoit, on discute, on trouve une solution. Maintenant, celui qui enfreint aux règles qui vont être établies doit écoper d’une sanction. Il faut vraiment être intransigeant sur un certain nombre de questions pour restaurer l’ordre. Il y a une période pour l’agriculture et elle est courte ; le gouvernement peut prendre des dispositions pour que la saison s’achève sans couac. Il faut aussi qu’on puisse trouver des systèmes de dédommagement pour les victimes de telles situations, de part et d’autre. Laisser aux éleveurs et aux agriculteurs, ils ne peuvent pas trouver un terrain d’entente. Il faut que le gouvernement tranche et fasse appliquer la loi.

Moussa H. Combray : « Etablir un emploi de temps d’exploitation »

Le problème est cyclique, c’est-à-dure qu’il est vécu pendant la saison d’hivernage. L’agriculture ne dure que 3 à 4 mois alors que l’élevage se fait sur toute l’année. Donc, il se pose un problème de répartition de temps. Il faut que le gouvernement adopte des mesures qui vont arranger tout le monde. Car les deux secteurs, élevage et agriculture, sont deux facteurs-clés de notre économie. Il faut donc les organiser de sorte que l’un n’empiète pas sur l‘autre. On peut par exemple établir un emploi de temps d’exploitation, étant donné que les périodes d’activités agricoles sont connues. Mettre en place des mesures à la fois préventives et coercitives. L’Etat doit s’assumer.

Sayouba. M. : « C’est avant tout, une question de mentalité »

Il faut comprendre que c’est avant tout, une question de mentalité. Au village, posséder des centaines de têtes d’animaux est un prestige et les voir envahir un champ fait, en quelque sorte, ce prestige. Il y a donc un réel besoin de sensibilisation à faire. Les éleveurs doivent être sensibilisés sur la nécessité de respecter l’activité de l’autre. De l’autre côté également, il faut faire comprendre au paysan que le respect de l’activité de l’autre est nécessaire et que lorsqu’une zone est définie comme une zone pastorale, il faut la respecter. Après sensibilisation, on peut mettre en place des sanctions et passer à son application sur tous ceux qui vont violer les règles.

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Vos commentaires

  • Le 15 août 2014 à 11:52, par MAIGA
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    Avant l’intervention de la RAF, du politique et de la prétendu loi sur le foncier rurale ; avons nous demander comment nos parents géraient leur terroirs sans problème ? Je crois que non car au Burkina on aime toujours faire les choses sans tenir compte de la réalité ni des acteurs concernés. Les conflits fonciers prennent leur source du mensonge dans leur gestion. Il faut savoir que terroir a sa façon de gérer son patrimoine foncier avec ses droits et obligations et que chaque résident respecte sans couac. La charte foncière des 47 communes du MCA dont on se pavane à faire la publicité et vouloir prendre comme exemple est une farce politique et il serait souhaitable qu’on valorise la gestion coutumière de chaque terroir et non vouloir harmoniser car en matière du foncier ça n’existe pas. Remettre à plat les plan de gestion de terroirs en dégageant l’espace agricole, les pistes à bétail, les zones de pâture etc de façon consensuelle sans la politique.

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  • Le 15 août 2014 à 17:23, par lePEUPLE
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    pour reduire au maximum ces conflits, il faut une volonté politik réelle.il faut ds chaque commune, disposer de 2 à 4 zones pastorales (en fction d l’importance d l’activité pastorale) delimitées et acceptées par tous(eleveurs et agricultures) avec des pistes d’accès et une piste qi relie les communes voisines. ces aménagements doivent etre accompagnés d textes réalistes et aplicables a tous.

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  • Le 15 août 2014 à 17:31, par Aimé zerbo
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    Slt mes frères et soeurs buqkinabé ! Comprenez juste k dans c7 affaire k la mauvaise foi tient a l’absolu. Nos gouvernant sont des assasins d premier niveau. Comme l’on dit mes prédécesseurs les politiciens nous regardent dan nos difficulté sans meme se soucier. Ils attendent tjrs les moments de sang,où tt dvient irréparable avant d s’imisser( en ce moment il viennent et donnent d fausses resolutions et proposions) et après tout prient d tt coeur pour k les aides extérieurs viennent en quantités afin kil p8sent renouveler leur véhicules et enfin tomber dans les cus des prostitués. Ce problème,sil se pose il reste a comprendre k nos autorités n’agissent k losque leur intérêt est plus grande ! En d’autres termes « c’est très horible pr minitre chargé d l’agriculture d se dplacer gratuitement pour encourager un agriculteur du dernier village. Il passent leur temps derière les grands champs des grands agriculteurs tt en sachant kil est d leur dvoir d’aider les tt ptits a aller d l’avent. Ainsi,en va t-il d soit pr ts mininistères au Faso.

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  • Le 16 août 2014 à 09:37, par Toubakou
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    Au Burkina Faso, la situation foncière en milieu rural se caractérise par de nombreux conflits dont les plus fréquents sont ceux qui opposent les éleveurs aux agriculteurs et les migrants aux autochtones. Au delà de l’extension et du développement concurrentiel de l’élevage et de l’agriculture d’une part et de la raréfaction des terres d’autre part, ces conflits traduisent surtout l’absence d’instances légales et légitimes de régulation du jeu foncier alors que les instances traditionnelles sont elles mêmes confrontées à des crises de légitimité. Dans ce contexte, les procédures de résolution des conflits adoptées par l’administration s’inscrivent dans une logique de pragmatisme qui permet de résoudre provisoirement les litiges tout en instaurant cependant une absence de continuité dans le temps et dans l’espace.

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  • Le 16 août 2014 à 14:57, par Dramane
    En réponse à : Voyons la realite en faceLe Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    Je crois q’il faut voir la realite en face et prendre conscience pendant q’il es temp. Au Burkina, tout le monde est agriculteur et eleveur a la fois. Mais a chaque fois q’il ya un probleme entre un agriculteur (individu) et un eleveur (individu), on s’attaque a un communaute. Ca veut dire ce que ca veut dire et soyez en sur, c’est pa bon signe. Les perdants ne seront pa d’un seul cote. Bonne chànce à nous tous

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  • Le 16 août 2014 à 15:11, par Yves SAMSON
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    D’abord, il faut commencer par résoudre le problème foncier
    Le premier point qui s’impose aux hommes politiques est de s’exprimer clairement, officiellement sur leur volonté ou non de considérer l’activité d’élevage comme une nécessité économique et sociale au même titre que l’activité de l’agriculture, ces deux domaines étant placés l’un à côté de l’autre et non face à face avec la même considération. Ce qui revient concrètement à fusionner les deux ministères agriculture et ressources animales en un seul ministère " du développement rural ". Cette réorganisation diminuera les rapports de force politiques entre ministres qui veulent se montrer plus prêt de " sa " population donc meilleur défenseur que l’autre.
    Ensuite, il s’agirait de définir clairement ce qui fait force d’autorité dans un pays démocratique. Sachant qu’il ne peut y avoir deux capitaines dans un même bateau, l’Etat doit résoudre cette situation où, au nom de la tradition des palabres, l’autorité coutumière a la première responsabilité du règlement des conflits avant que la loi républicaine ne soit prise en compte. Or chacun sait que l’autorité coutumière s’est globalement auto-détruite par son implication dans la politique et à ce titre a perdu ce qui justifiait autrefois son existence, à savoir l’AUTORITE. On ne peut se dire impartial quand on est marqué par une étiquette d’un camp politique. Au bout du compte, les " arrangements " post-conflits ne sont que de façade et se terminent par la vox populi qui s’exprime à coup de fusils, machettes et autres destructions de biens et de bétail. Contrairement aux propos de Monsieur Dramane, le problème réside entre les peuls et les autres ethnies. La tradition du nomadisme des peuls et par conséquent leur mode de vie à l’écart de la société sédentaire a placé cette population au plus bas de l’échelle sociale. A-t-on vu des conflits sanglants entre agriculteurs et propriétaires de troupeaux non-peuls et ce même si les gardiens des troupeaux sont des peuls ? Conflits avec destructions de maisons, de troupeaux, d’exclusion de villages ? C’est bien un problème ethnique que connait le Burkina comme ailleurs, au Benin et son opération Guépard, en Côte d’Ivoire et les déclarations incendiaires d’un certain ministre assimilant tout peul à coupeur de route, etc
    Pourtant il faut noter que dans la sous-région, le Burkina a sans doute l’arsenal législatif le plus complet en ce qui concerne le pastoralisme, l’accès à l’eau, le foncier. Hélas, ce qui semble un bien n’a pas de sens si ces textes ne sont pas républicains et globalement ni connus ni appliqués - quand ils ne sont pas détournés - par les parties concernées.
    Ces conditions de base étant réglées, alors il y aura lieu de se déporter sur le terrain. Car oui, c’est un problème de terre qui est posé dans un territoire aux limites définies, pour une population à nourrir de plus en plus importante et dont la consommation de produits carnés se fait de plus en plus forte.
    Problème de terre à plusieurs niveaux.
    L’accaparement de centaines d’hectares par des politiciens au titre d’opérations de spéculations avec pour conséquence le déguerpissement d’agriculteurs qui cultivaient tant bien que mal ces territoires pour assurer leur propre subsistance.
    Accaparement de terres par des agriculteurs profitant de sols bien amendés par le passage des troupeaux, installation abusive sur des zones pastorales déterminées sur le papier mais non identifiées clairement sur le terrain, blocage de couloirs de transhumance comme d’accès aux points d’eau.
    Et tracasseries administratives de responsables communaux dans l’attribution officiele de surfaces souhaitées par des éleveurs pour créer des aires fourragères pour leurs troupeaux et garder une partie de leurs bêtes en stabulation libre quand l’autre partie du troupeau continue la transhumance. Si les éleveurs ne peuvent avoir la garantie de pouvoir rester sur un territoire en toute sécurité pendant la saison d’hivernage, il ne faut pas s’étonner que des débordements sur les aires cultivées se produisent à plus forte raison si ces aires cultivées occupent des espaces définis pour les éleveurs. Le problème est cyclique et comme le dit Monsieur Combray : " L’agriculture ne dure que 3 à 4 mois alors que l’élevage se fait sur toute l’année " Quelle mesure peut être proposée par le gouvernement sinon aller au bout de ses démarches de définition et équipement des territoires réservés aux éleveurs, veiller à ce que la loi foncière permette à tous d’acquérir des terres pour exercer son activité soit en bien individuel soit en bien collectif afin de développer des aires fourragères permettant ainsi aux éleveurs de diminuer pour une meilleure rentabilité de leur métier les déplacements de l’ensemble des troupeaux en transhumance ce qui, il faut le répéter est une obligation dans nos pays sahéliens pour garantir la survie des troupeaux en cas de dérèglement climatique. L’année 2014 à ce titre est un fâcheux rappel des années de grande sécheresse qui ont décimé des milliers de tête de bétail .
    Commentaire au seul avantage des éleveurs pourront penser certains. Non, car les peuls ont effectivement leur part de responsabilité dans les épreuves qu’ils subissent.
    Effectivement ce n’est pas la place d’un enfant à la tête d’un troupeau de plusieurs dizaines de têtes. Cet enfant a sa place à l’école même si la responsabilité d’un troupeau est aussi l’école de la vie. Les parents doivent se professionnaliser dans leur métier d’éleveur et cette professionnalisation passe par la connaissance des textes qui régissent leur activité, textes concernant leur territoire d’attache comme lceux de leur pays d’accueil au cours des transhumances. Et cet apprentissage, si l’on veut qu’il soit efficace doit se faire dans leur langue, le fufulde, sur le terrain à l’occasion des rencontres hebdomadaires des marchés, doit être démultiplié par ceux qui ont reçu le savoir. Cette professionnalisation doit les amener à modifier leur état d’esprit afin qu’ils acceptent l’idée que la richesse n’est pas le nombre de têtes possédées mais la qualité des animaux qu’ils possèdent, qualité en terme de viande comme de production laitière.
    Et quand chacun saura quelle est sa place dans la société, quand les politiques cesseront de faire de l’electoralisme auprès d’une partie de la population au détriment d’une autre partie, quand les autorités policières et judiciaires travailleront avec l’éthique qui sied à leur métier, alors les conflits agriculteurs éleveurs ne seront plus que de lointains souvenirs.

    Yves SAMSON - Centre de recherche et de formation du pastoralisme - Tabital Pulaaku International.

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  • Le 16 août 2014 à 17:23, par Jeunedame seret
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    Fusionnez ces deux ministères qui se regardent comme des coépouses. La mentalité de chacun est de faire de l’autre un bouc émissaire de ses échecs. (vr discours d’accueil et visites des responsables).

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  • Le 17 août 2014 à 01:02, par T. Souleymane
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    je pense que le mal est plus profond que ce que nous pensons et tire sa source de la mal-gouvernance. présentement combien d’hectare de terre cultivable ont été arraché aux populations par nos chers gouvernants et soit disant responsables souvent à vil prix au profit des leurs enfants, petits enfants et arrières petits enfants ? Aussi chaque commune urbaine et même rurale veut faire des lotissements puisque ce sont les seuls moyens pour nos communes et nos maires de se faire des sous en rien de temps. Au même moment combien de cultivateurs sont obligés de défricher de nouveaux champs pour avoir la même ou moins de la quantité de récolte qu’ils avaient il ya quelques années ? cet espace qui est nouvellement emblavé ne fait que réduire les points de pâturage. qu’est ce qui fait pour accroître la productivité de nos cultures ? presque rien du tout ! Qu’est ce qui est fait pour doter les services déconcentrés et même centraux des ministères en charge de l’agriculture et de l’élevage dans l’accompagnement des producteurs ? presque rien du tout ! les quelques projets pour la fertilisation des sols dont on parlait rien que l’année passée ont été des projets mort- nés car mal ficelés et les producteurs non encadrés pour leur en mise en oeuvre.
    et parlant de piste de pâturage, qu’est ce qui est fait pour leur matérialisation ? rien du tout ! je ne pense pas qu’il revient aux paysans d’imaginer ce qui est piste à bétail ou zone de pâturage si rien n’est fait dans ce sens. Il faudra que les moyens soient mise à la disposition des différents ministères pour une délimitation des zones de pâturage et des pistes d’accès à ces zones mais aussi pour une sensibilisation des producteurs. Il faudrait également arrêter l’accaparement des grandes surfaces au profit des riches et leurs enfants pour permettre aux cultivateurs et aux éleveurs de mieux exercer leurs activités. de toute façon ,l’espace que chacun ne depasse pas comme on le dit les quatre mètres carrés pour son repos éternel !

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  • Le 17 août 2014 à 09:53, par le proff
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    Dans la province des BANWA aujourd’hui c’est la jungle. Pour les problèmes de terre, une communauté au vu de son nombre annexe les terres. Ils s’y rendent par centaine et récupère le champ avec la complicité des responsables daministratifs. Si rien n’est fait cette zone prendra feu d’ici la.

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  • Le 17 août 2014 à 15:40, par pleinelune flach
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    ll faut encore et encore des sensibilisations .....hoho.....Dieu . que la paix soit notre partage.

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  • Le 17 août 2014 à 19:46, par guerminga
    En réponse à : Le Plateau du week-end… : La récurrence des conflits entre éleveurs et agriculteurs

    les conflits entre agriculteurs et éleveurs est indéniablement un sujet qui doit être de grande préoccupation pour chacun des acteurs de développement. la cause première est le non respect des règles d’exploitation des espaces agrosylvopastorales. si pendant longtemps on a pointé du doigt les éleveurs, mais on se rend compte aujourd’hui que le développement de l’agriculture empiète fortement sur les réservées au pastoralisme souvent au su de ceux qui sont censés préservés la législation en la matière. Aussi, les modes de production sont en cause, le caractère extensif tant de l’agriculture que de l’élevage ne peuvent plus prospérer dans un contexte de forte réduction des terres fertiles par endroit. l’empiètement est donc à circonscrire par le respect des zones délimitées, la transformation des modes d’exploitation permettant aussi bien à l’agriculteur qu’à l’éleveur de rentrer dans l’histoire du progrès technologique des deux secteurs. l"autre aspect qui nourrirait le phénomène est la gestion même des conflits qui surviennent. La non liquidation franche des conflits suscitent la vengeance par la provocation souvent sur des bases fallacieuses d’autres. Une bonne gestion des conflits commande que la justice soit dite et que réparation financière, morale tenant compte des us et coutumes soit établies ainsi que la réhabilitation. On se rend compte que rarement les conflits antérieurs ont fait l’objet de procès ; des personnes sont froidement assassinées, des biens détruits, des liens séculaires entre groupes sont endommagés sans qu’un processus franc inclusif et global soit engagé. Les premiers moments de messages de compassion laissent place aux désarroi des victimes et à la rancœur qui nourrit la violence. Personnellement, je pense que le Burkina n’assure pas une gestion active de la question qui du reste, il ne faut le perdre de vue est dans une certaine mésures envenimé par des considérations politiciennes par moment (l’autre mal). Merci.

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