Lycée provincial de la Léraba : Quand la non organisation d’un pot de fin d’année bloque la tenue du conseil des classes

lundi 4 août 2014 à 23h25min

Au Burkina Faso, c’est les vacances depuis un mois pour les établissements d’enseignement secondaire. Et les élèves des différents établissements sont censés maintenant savoir comment leur travail de l’année scolaire a été. Mais, au lycée provincial de la Léraba à Sindou, la situation est tout autre car, les professeurs ont refusé de tenir le Conseil des classes face au refus, selon eux, du proviseur d’organiser un pot à leur intention. Résultats, les élèves sont partis en vacances sans leurs bulletins.

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Lycée provincial de la Léraba : Quand la non organisation d’un pot de fin d’année bloque la tenue du  conseil des classes

Pour Monsieur SOME Donald, Proviseur du Lycée Provincial de la Léraba, les professeurs exigent, avant de tenir le conseil des classes pour valider l’année scolaire 2013-2014, que soit organisé un pot de fin d’année afin qu’ils mangent et boivent avant de tenir cette activité pédagogique qui doit valider l’année scolaire. Cette beuverie n’étant pas prévue dans une ligne budgétaire du lycée, c’est évidemment sur l’Association des Parents d’Elèves (A.P.E) qu’il faut compter pour la financer. Mais là-bas aussi, il ya problème, pas que l’A.P.E aurait refusé, mais tout simplement qu’elle a engagé des frais pour de nouvelles constructions au profit de l’établissement.

En effet, grâce à un partenaire, le lycée provincial de la Léraba a entrepris la construction de nouvelles classes afin de décongestionner un peu les effectifs. Seulement, selon les principes de ce partenaire, la population doit assurer la fourniture des agrégats et la main d’œuvre non qualifiée ; chose qui a été assumée par l’A.P.E. C’est elle qui a financé les agrégats et paiera les manœuvres non qualifiés. En plus, l’A.P.E a payé les vacations des professeurs et se retrouve avec plus d’un million de francs d’impayés. Pour le Proviseur, « il faut qu’on libère les parents d’élèves en leur remettant les bulletins de leurs enfants afin que chacun sache à quoi s’en tenir. Je suis moi-même bloqué parce que je ne peux pas déposer mon rapport de fin d’année ».

Nous avons pu toucher un professeur du lycée de Sindou, monsieur BOROAboubakari, il est le responsable de la section F.SYNTER du Lycée Provincial de la Léraba qui nous a donné la version des professeurs : « Je vous remercie pour l’occasion que vous m’offrez de parler de cette situation du lycée de Sindou. Comme vous l’avez dit, c’est bon d’écouter tous les acteurs de la crise. Vous avez écouté la version des parents d’élèves, celle du proviseur et moi en tant que professeur, je me fais le devoir de donner la version des enseignants relative à la non tenue du conseil des classes de cette année scolaire 2013-2014. En fait, c’est depuis l’année dernière qu’on a constaté que le proviseur refuse l’organisation des pots de fin d’année. Il faut dire que le pot en tant que tel a été budgétisé dans la rubrique « réceptions et pots ». Lorsque les Inspecteurs viennent, l’établissement leur offre un pot. L’année dernière donc, grande a été notre surprise de constater le refus du proviseur lorsque nous lui avons parlé du pot. Toutefois, nous avons tenu le conseil des classes sans le pot de fin d’année, parce que c’était tout de même une première. Cette année, avant même qu’on n’arrête les notes, les délégués du personnel sont allés voir le proviseur pour lui exiger l’organisation du pot de fin d’année avant que le conseil puisse se tenir. De tractations à tractations, nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait pas de solution et le jour du conseil des classes, les professeurs titulaires ont décidé du boycott de l’activité sans le pot de fin d’année. Voilà la seule raison de la crise. Je sais que les gens ne comprendront pas qu’à cause de la nourriture, les professeurs refusent de travailler. Non, c’est plutôt la manière dont les choses se sont passées qui offusque les professeurs. Quand quelque chose est ficelé et budgétisé, il n’y a pas de raison qu’on dise autre chose après, car c’est des foutaises. Quand vous prenez les missions qui se chiffrent à des millions dans le budget, jamais on ne vous dira qu’il n’ya pas d’argent pour organiser une mission. Le pot ce n’est pas seulement pour les professeurs. C’est pour tout le monde jusqu’au personnel de soutien. C’est une convivialité ; après l’effort fourni, on se retrouve pour décompresser. Nous sommes déterminés à ne pas tenir le conseil des classes tant qu’il n’y aura pas de pot de fin d’année ».

Ce n’est pas seulement à Sindou que le conseil des classes n’a pu se tenir. Le lycée départemental de Douna aussi est dans le même problème.

Golleau Isidore TRAORE

Lefaso.net

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