Siaka Bayoulou, SG du SYNAGSP : « Rendre visite à un détenu contribue à faciliter sa réinsertion sociale »

mercredi 9 juillet 2014 à 21h21min

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture – intervenue le 8 juillet 2014 - de la 5e Conférence pénitentiaire internationale, nous avons eu une interview avec le Secrétaire général du Syndicat national des agents de la Garde de sécurité pénitentiaire (SYNAGSP), Siaka Bayoulou. Avec lui, il a été question des réalités du milieu carcéral, mais aussi des attentes de cette grand’messe qui devra refermer ses portes le jeudi 10 juillet 2014.

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Siaka Bayoulou, SG du SYNAGSP : « Rendre visite à un détenu contribue à faciliter sa réinsertion sociale »

Lefaso.net : Quelle est la situation actuelle des prisons au Burkina ?

Siaka Bayoulou : Il faut dire que la situation s’est beaucoup améliorée. Je veux parler de l’alimentation, du comportement du personnel pénitentiaire vis-à-vis des détenus. Il fut un moment où on parlait plus de brimades, de sévices corporels au niveau des prisons. Aujourd’hui, même si ces cas n’ont pas totalement disparu, on entend de moins en moins parler de cas de violences corporelles.

Il faut dire que c’est une dynamique qui ne doit pas s’arrêter. Nous devons toujours travailler à minimiser les cas de violences en milieu carcéral, et à promouvoir les droits de l’Homme dans les prisons. Il y va du professionnalisme des personnels pénitentiaires.

Malheureusement, il y a encore des gens qui prennent le GSP pour le bourreau. Or, nous nous souhaitons que les gens fréquentent les prisons, soit pour rendre visite à leurs proches qui y seraient, soit pour contribuer à l’instauration du professionnalisme des personnels pénitentiaires. L’œil extérieur peut être d’un apport non seulement pour le détenu, mais aussi pour le personnel pénitentiaire.

A vous écouter, on a l’impression que vous encouragez les visites de parents aux détenus. Mais le plus souvent, on voit des foules de personnes qui tentent désespérément d’accéder à l’intérieur de la MACO pour voir des détenus. On est tenté de dire que rien n’est fait pour faciliter ces visites…

Je n’ai pas la même compréhension de la situation. Parce que, quoi qu’on dise, la prison, c’est un lieu sécuritaire. Pour accéder à ce milieu, il y a un certain nombre de consignes à observer. On a besoin d’un certain nombre de vérifications avant d’autoriser l’accès.

Notre souhait est qu’il y ait plus de fluidité. Mais aujourd’hui, compte tenu du contexte sécuritaire général marqué par la situation du Nord Mali, nous sommes obligés de travailler à minimiser les risques en milieu carcéral.

Nous sommes conscients que des efforts doivent être faits pour plus de fluidité. Peut-être qu’il nous appartient aussi de communiquer beaucoup. Il nous revient que beaucoup de gens ne savent pas que pour venir voir un détenu c’est gratuit ; beaucoup de gens ne savent pas que rendre visite à un détenu contribue à faciliter sa réinsertion sociale. Le réconfort que les visites lui apportent finissent par le convaincre que lui aussi, il a des personnes sur qui il peut compter pour s’amender une fois sorti de prison.

Vous dites que les conditions de vie des détenus se sont beaucoup améliorées. Qu’en est-il des conditions de travail des personnels GSP ?

Si on compare les conditions actuelles des GSP à celles qui existaient il y a 10 ans en arrière, l’on réalise aisément que leurs conditions se sont beaucoup améliorées également.

Mais quoi qu’il en soit, c’est une dynamique. Il y a toujours des attentes, il y a toujours des défis à relever. C’est pourquoi, nous sommes en train de nous battre, en tant que syndicat, pour une amélioration des conditions de vie et de travail des personnels pénitentiaires. Nous osons croire que le nouveau statut qui vient d’être adopté, va connaître une application. Ce qui va induire une amélioration substantielle des conditions de vie et de travail des GSP.

Avez-vous des attentes particulières pour le Burkina dans le cadre de cette conférence internationale ?

Oui, évidemment. Nous nous attendons de pouvoir partager nos expériences avec les participants venus de nombreux pays. En même temps, nous allons échanger avec eux pour que nous puissions également bénéficier de leurs expériences pour un meilleur traitement des détenus.

Le Burkina Faso a-t-il une expérience particulière à partager comme vous semblez le dire ?

Il est établi que le Burkina fait partie des pays qui contribuent plus aux opérations de maintien de la paix. Nous avons ainsi, pu voir les réalités dans les prisons ailleurs. Aujourd’hui, l’expertise burkinabè est demandée. Cela voudrait dire que nous avons au Burkina, quelque chose à partager avec le reste du monde.

Interview réalisée par Fulbert Paré

Lefaso.net

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