Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

jeudi 3 juillet 2014 à 22h15min

Après la première partie de l’entretien avec Albert Ouédraogo, publiée le 2 juillet 2014, nous vous proposons la suite et fin. Il aborde dans cette partie, les axes phares de son ouvrage « Démocratie et cheffocratie » paru le 14 juin 2014, livre son regard sur la chefferie et se prononce également sur les Burkinbabè de l’extérieur notamment leur vote. Lisez plutôt !

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 Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

Lefaso.net : On imagine que vous vivez aujourd’hui avec peine, cette manipulation, cette dépravation qui est faite des chefs par les politiques !

A.O : C’est vraiment le cas de le dire ; je suis dans la souffrance quand je vois ça. Mais je me dis quelque part, on l’a mérité. On l’a mérité, parce que nous avons voulu fonctionner dans un système autiste, c’est-à-dire que nous avons voulu fonctionner de manière à ignorer la présence et la réalité des chefs. Résultat ? Les chefs, quelque part, ont eu marre de se voir laisser aux bas-côtés et ont décidé d’investir le milieu politique. Sans oublier qu’au départ, ce sont les politiques qui sont allés chercher les chefs, dans le sens de les instrumentaliser, en leur demandant de prendre la carte de leur parti, afin de pouvoir leur donner plus de voix. Mais les chefs, ce ne sont pas des gens qui sont nés de la dernière pluie ! Les ancêtres des chefs ont fait la politique avant que les ancêtres des hommes politiques aujourd’hui ne sachent ce que c’est. Et oui ! ça aussi, il ne faut pas l’oublier. Donc, les chefs ont fini par comprendre que, lorsqu’ils aident un homme politique à gravir les échelons, ce dernier les ignore. Voilà pourquoi ils ont commencé à se faire élire. C’est pourquoi on a eu des chefs maires, des chefs députés,…en attendant plus, si on continue dans ce sens. Si on continue dans ce sens, il n’y a pas de raison que ça n’aille pas plus loin. C’est pourquoi je demande d’être visionnaire, de se projeter dans l’avenir et de considérer que notre démocratie aura du mal à s’enraciner, si elle ne s’inculture pas dans nos valeurs traditionnelles. Et de voir dans quelles mesures, les représentants de chefferies cultuelles et culturelles peuvent, en étant dans nos institutions, avoir un certain nombre de prérogatives mais aussi de limites, pour leur permettre de jouer leur rôle. Je souhaiterais que les chefs demeurent des rassembleurs de leur communauté et que par conséquent, que vous soyez de gauche ou de droite, de la majorité ou de l’opposition, chrétien ou musulman, le chef n’a pas à prendre partie ; il est le rassembleur, le marécage qui reçoit les différents éléments que le fleuve fait converger. A partir de ce moment-là, il n’a pas à avoir la carte d’un parti politique ; il doit se situer au-dessus. Pourquoi dit-on que le chef de l’Etat est au-dessus des partis politiques ? Il en est de même avec les chefs qui doivent être au-dessus des partis afin de pouvoir jouer leur rôle. Mais, en retour, la république doit aménager, sur le plan institutionnel, financier, protocolaire, la place du chef dans la République. C’est à ce prix-là que nous pourrions avoir une démocratie apaisée.

Lefaso.net : Pouvez-vous scruter l’ouvrage dans ses grandes parties pour nos lecteurs ?

A.O : L’ouvrage aborde un certain nombre de questions effectivement. La première partie est consacrée à l’historique du chef, dans le temps colonial avec les premiers moments de l’indépendance, avec les différentes républiques qui se sont succédé, à travers les différents coups d’Etat, les chefs pendant la révolution, les chefs sous la quatrième république. C’est une sorte de balayage historique pour essayer de voir quel a été le statut des chefs, de la conquête coloniale à nos jours. Ensuite, nous abordons le regard, quelle est l’appréhension que les Burkinabè ont des chefs. Nous avons donc fait des enquêtes auprès des intellectuels, du monde rural, des citadins, des commerçants, des chefs eux-mêmes, pour savoir à peu près quel est leur regard, comment perçoivent-ils les chefs. Nous avons aussi essayé de faire une analyse des chefferies, vis-à-vis des institutions modernes : la chefferie et la démocratie, la chefferie et l’Etat de droit, la chefferie et la violation des droits humains, la chefferie et les nouveaux droits, la chefferie et les droits des minorités. Et, enfin, nous avons posé la question de la place de la chefferie dans nos institutions républicaines, telles qu’on les conçoit aujourd’hui et telles qu’on aurait pu les concevoir, si on veut avoir une démocratie inclusive et mieux inculturée. Et nous avons fait des propositions dans le sens de permettre aux décideurs de ne plus toujours continuer à être les continuateurs de la vision coloniale des chefs. Aujourd’hui, le regard que nous avons sur les chefs est un regard colonial, consistant à regarder les chefs comme étant des analphabètes, ces gens incapables de changements, ces gens qui ne peuvent pas comprendre la modernité. Oubliant qu’aujourd’hui, les chefs ne sont pas ce qu’ils étaient, il y a quarante, cinquante ans ; les chefs ont les mêmes diplômes que tout le monde (vous trouverez des ingénieurs chefs, des docteurs chefs, des professeurs d’université chefs, des techniciens etc.). Donc, on ne peut plus avoir ce regard condescendant vis-à-vis de la chefferie. Il est grand temps que nous faisons tourner notre connaissance de la chefferie et qu’elle ne reste pas figer sur un passé lointain. C’est à ce prix-là que nous pourrions aider notre démocratie à se construire, en ne mettant pas de côté un certain nombre de leaders qui ont leur mot à dire dans la marche de la cité. J’ai même fais des propositions en disant que dans la mesure où la candidature indépendante est autorisée pour la Présidence du Faso, pourquoi ne serait-elle pas autorisée au niveau des législatives et des municipale ? Secundo, j’estime aussi qu’il n’est pas bon qu’on oblige les chefs à s’intégrer à un parti politique pour pouvoir se faire élire. Ils ont déjà une certaine représentation au niveau de leur communauté, donc l’on peut penser, réfléchir à se dire que dans nos différents conseils municipaux, on peut décider d’un quota de représentativité des chefs, culturels et cultuels, même s’ils n’ont pas le droit de vote mais au moins ils auront le droit de siéger. En ce moment-là, ils peuvent éclairer les décisions qui vont être prises, à partir de la tradition. Le chef de terre peut par exemple dire, voilà ce que mon arrière-grand-père m’a dit par rapport à ça. Celui des masques va dire voici ce qu’on peut réajuster pour que la pilule passe, parce que la décision va être appliquée au niveau de la population. Mais si on n’a pas ce regard, comment peut-on arriver à cela ? On peut remonter plus au niveau de l’Assemblée nationale ; au lieu que les députés votent, parce qu’ils ont tous été à l’école et appartiennent tous à des partis politiques, au moment de prendre certaines lois, à l’intérieur de l’Assemblée, si on a des chefs culturels, chefs de terre, un prêtre des masques par exemple, ils peuvent aider, lors des travaux en commissions, à donner leur regard, leur point de vue. En plus, ce sont eux qui vont être sur le terrain et pouvoir aider les gens (populations) à comprendre pourquoi une telle décision et comment cela rime avec nos traditions. Je pense qu’on gagnerait énormément.

Lefaso.net : …. Peut-être cette réalité qui explique le balbutiement de la loi sur le foncier rural… !

A.O : Mais, absolument ! Absolument ! Elle ne peut que piétiner ! En mooré, on dit qu’on ne confectionne pas le bonnet du phacochère à son absence. Vous voyez très bien comment la tête du phacochère est mal fabriquée ? Si vous voulez lui faire son bonnet, il faut qu’il soit-là. Mais nous, on veut prendre un certain nombre de décisions alors que les principaux concernés ne sont pas-là, ça ne peut pas marcher.

Lefaso.net : Cet ouvrage est certainement le résultat d’un travail de recherche fastidieux, parce que vous remontez loin dans le temps et même dans l’espace… !

A.O : Eh oui ! J’ai sillonné le Burkina par rapport à cela. Les enquêtes que nous avons eues à faire, j’ai emmené des étudiants sur le terrain, nous avons été à Tenkodogo, à Dori, Djibo, à Fada N’Gourma et dans les régions où la chefferie culturelle n’existe pas. Tout cela, pour pouvoir avoir un regard le plus large possible sur les questions de chefs. Nous sommes même allés prendre des leçons sur ‘’l’exportation’’ des chefferies burkinabè dans les localités hors du Burkina. Vous allez au Ghana, à Koumassi, il y a deux chefs mossi qui ne se parlent pas.

Lefaso.net : Ah bon !... parce que la culture leur impose de ne pas se parler ?

A.O : Non ! Tout simplement parce qu’ils sont deux chefs où chacun estime qu’il est le chef de la communauté. Et cela a amené même les partisans des deux communautés à se rentrer dedans. Et après, à refuser qu’un membre de la communauté ne marie la fille de l’autre communauté. Regardez là où on est arrivé. C’est dire que la question de la chefferie est ancrée dans nos valeurs traditionnelles et même dans notre mentalité, et la refuser, pour moi, c’est faire une sorte de politique de l’Autruche. On ne peut pas construire la démocratie burkinabè comme on construirait la démocratie française ; il ne s’agit pas de faire du couper-coller. Ce n’est pas parce que les Français, pour construire leur démocratie, pendant la Révolution, ont eu besoin de décapiter leur roi que nous devrions essayer de le faire en plein 21ème siècle. Certaines démocraties occidentales ne l’ont pas fait, à l’image de la Grande-Bretagne mais ça ne l’empêche pas d’être un Etat démocratique.

Lefaso.net : A qui faites-vous, spécialement, un clin d’œil dans cet ouvrage ?

A.O : Je dirais que mon ouvrage s’adresse à tous ceux qui sont préoccupés par le présent et l’avenir du Burkina. Et, à ce titre-là, il s’adresse à tout le monde. Mais, il s’adresse davantage aux décideurs, pour leur dire que les décisions que l’on doit prendre, doit se faire de la façon la plus consensuelle possible et que toutes les violences, toutes les rebellions et toutes les guerres civiles naissent d’une accumulation d’injustice faite à une partie de notre société. Malheureusement, ceux qui commettent l’injustice, ne sont pas toujours conscients du tort enduré par les victimes. Si on prend la question des chefs, force est de reconnaître que depuis le temps colonial, ils vivent une certaine injustice. Cela va durer combien de temps ? On aurait pu penser que l’accumulation de ces injustices ferait disparaître la chefferie. Mais elle n’a pas disparu. Nous allons continuer cela pendant combien d’années encore ? C’est pourquoi j’estime que la démocratie, c’est aussi l’ouverture de nouveaux droits. Les droits d’aujourd’hui préparent de nouveaux droits demain. Ceux qui n’avaient pas de droits hier, doivent les avoir aujourd’hui. Ainsi de suite pour qu’à la fin, si fin il y a, chacun ait l’impression de vivre dans une société ouverte où les différentes possibilités sont permises et que chacun soit pris en compte dans sa spécificité.

Lefaso.net : Avez-vous encore un message particulier, sur l’ouvrage, qui vous tient à cœur ?

A.O : Je voudrais vraiment me satisfaire de la réception qui est faite de l’ouvrage, parce que je l’ai fait éditer par les Presses universitaires de Ouagadougou, je ne suis pas passé par une maison d’édition à caractère international. Mais quand vous regardez l’ouvrage, sa facture est bonne, sa présentation est bonne et les gens n’arrêtent pas de me demander où est-ce qu’ils peuvent l’avoir. Il est donc disponible (à 10 000 francs CFA, ndlr) à la libraire universitaire de Ouagadougou et à la presse Jeunesse d’Afrique (côté nord de la Cathédrale de Ouagadougou). Je pense, dans les mois à venir, voir comment présenter l’ouvrage dans d’autres pays, parce que je pense qu’il intéresse aussi les communautés burkinabè de l’extérieur et même africaines parce que la question que je traite n’est pas spécifique au Burkina ; les chefferies, vous les retrouverez dans presque tous les pays africains et cela peut aussi servir de référence à des chercheurs, à des politiques, à des acteurs, animateurs des organisations de la société et des combattants des droits humains.

Lefaso.net : Le vote des Burkinabè de l’étranger est en train de prendre forme, une victoire pour le Tocsin ?

A.O : Dans une certaine mesure, c’est vrai que nous avons fait de cet objectif-là, notre cheval de bataille. Nous avons travaillé à ce que les Burkinabè de l’extérieur puissent avoir le droit de vote. Nous ne sommes pas les seuls à s’être inscrits dans ce combat, même si nous avons quand même été l’icône. C’est vrai qu’au départ, nous étions incompris, même pris comme des rêveurs. Je me souviens encore que certains représentants de la majorité disaient qu’on n’a même pas encore fini de résoudre les problèmes des Burkinabè de l’intérieur à plus forte raison ceux qui sont à l’extérieur. Nous avons été amenés à cette conviction pour la simple raison que lors de la crise ivoirienne, beaucoup de nos compatriotes ont perdu leurs biens et leur vie. Nous avons été choqués de voir l’apathie des hommes politiques par rapport à nos compatriotes de la Côte d’Ivoire. Nous n’avons pas vu un ministre effectué le déplacement pour s’inquiéter du sort de nos compatriotes. Nous n’avons pas vu un député, un maire, effectué le déplacement pour s’inquiéter. Nous nous sommes posé la question, mais pourquoi les hommes politiques du Burkina ne s’intéressent pas au sort de nos compatriotes ? Après analyses, on s’est rendu compte que la réponse était simple : c’est parce que, justement, ils ne doivent pas leur mandat aux Burkinabè de l’extérieur, donc il n’y a pas de raison qu’ils se sentent concernés par ce qui arrive. C’est pourquoi nous avons décidé de faire des Burkinabè de la diaspora, un enjeu politique. Comme cela, demain si quelque chose leur arrivait, ceux qu’ils auraient contribué à élire seront les premiers à s’intéresser à eux. C’est le sens de notre combat. C’est-à-dire que nous sommes partis des questions des droits humains pour arriver à la question des droits civiques. Nous sommes donc relativement heureux mais restons encore dubitatifs, parce qu’on nous a déjà fait le coup en 2010 (référence à l’élection président de novembre 2010, ndlr) où il était convenu que les Burkinabè de la diaspora allaient participer au choix du Président du Faso. A la dernière minute, on nous a sorti des arguments qui nous paraissent tout à fait irrecevables, sous prétexte qu’il n’y avait pas suffisamment d’argent. Jusqu’à aujourd’hui, je suis convaincu que ce n’était pas une question de finances mais plutôt une absence de volonté politique affichée à l’époque. Nous attendons encore de voir, si cette année on ne va pas encore nous faire un bébé dans le dos ; un chat échaudé craint l’eau froide.

Lefaso.net : L’un des arguments de vos détracteurs en son temps était qu’un Président du Faso pouvait être élu uniquement par les Burkinabè de l’extérieur, au regard du nombre important de ces compatriotes, de la faible participation aux votes des Burkinabè de l’intérieur et des manipulations de pays où habitent ces diasporas...

A.O : C’est-là où se trouve la grande erreur. Quand on est le Président du Faso, on n’est pas le Président des Burkinabè de l’intérieur. Quand vous êtes élus Président du Faso, vous êtes élus Président de tous les Burkinabè, de France et de Navarre. Résultat : même si c’est 80% des électeurs qui se trouvent hors du Burkina, moi, ça ne me fait ni chaud ni froid. L’essentiel est que ceux qui vont élire soient des Burkinabè. C’est une question de nationalité pas une question de place géographique. Pour moi, cet argument n’est pas pertinent. Surtout quand vous voyez que beaucoup de Burkinabè de l’intérieur font la fine bouche par rapport à l’enrôlement, par rapport à la participation… ; ils font comme des enfants gâtés à qui vous donnez des bonbons et ils ne veulent pas. Alors que l’autre là-bas, ils meurent de faim. On a l’impression que beaucoup de Burkinabè de l’intérieur sont blasés des élections. Mais nos compatriotes de l’extérieur ont soif et ont faim des élections, donnons-leur à boire, donnons-leur à manger, sur le plan de leur expression civique.

Lefaso.net : La question des Burkinabè de la diaspora ivoirienne, victimes de la crise ivoirienne, constitue également votre point de bataille. Où en êtes-vous avec votre demande de dédommagement ?

A.O : On est toujours sur le dossier. Pas plus tard que la semaine dernière (l’entretien a eu lieu le lundi 30 juin, ndlr), nous avons adressé un courrier à l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire, pour lui signifier que nous avons eu vent du fait que les victimes de la crise ivoirienne sont en train d’être recensées en Côte d’Ivoire et nous voudrons rappeler que les victimes de la crise sont de toutes nationalités et que les Burkinabè ont énormément compté parmi les victimes et beaucoup sont rentrés au Burkina et qu’il ne fallait pas les oublier. Que nous souhaitons que les autorités ivoiriennes soient interpellées pour qu’un effort soit fait dans le sens du recensement des victimes au Burkina. Il y a donc un courrier qui a été envoyé dans ce sens et nous attendons un retour.

Lefaso.net : Des milliers de Burkinabè sont également en voie d’être expulsés du mont Péko (une forêt classée à l’Ouest de la Côte d’Ivoire), avez-vous été saisis de la question ?

A.O : Nous avons été saisis de la question et avons même eu une rencontre, pas plus tard qu’il y a deux jours, avec une délégation venue de la Côte d’Ivoire pour nous rencontrer et savoir un peu où on en était par rapport à cette question. Vous vous souvenez qu’en son temps, nous avions adressé un courrier et fait une déclaration officielle pour nous émouvoir de l’arrestation de Amadé Ouérémi, parce qu’en dépit de tout ce qu’on lui reproche, il a été celui qui a sauvé pas mal de Burkinabè des escadrons de la mort. Et grâce à son intervention, des milliers de Burkinabè et d’Ivoiriens (au niveau de cette réserve il n’y a pas que des Burkinabè qui y vivent, il y a aussi des milliers d’Ivoiriens qui y ont fait leur plantation) et nous pensons qu’il faut avoir un traitement humain le concernant. Nous souhaitons, sur cette question du mont Péko, q’au-delà de l’approche administrative, l’on ait une approche humaine de la question pour réfléchir pour voir comment offrir un délai raisonnable, permettant à tous ceux qui sont installés de pouvoir se reconvertir et ne pas perdre du jour au lendemain les efforts de toute une vie. C’est un peu dans ce sens que nous voulons inscrire notre intervention concernant la question, tout en reconnaissant aux autorités ivoiriennes leur droit de préserver leur environnement ; nous sommes tout à fait conscients de cela. La Côte d’Ivoire vient de sortir d’une situation exceptionnelle et par conséquent, il faut des mesures exceptionnelles. La preuve est que la voie de la réconciliation passe également par la mise en liberté conditionnée de beaucoup de personnes qui ont pourtant des crimes sous les mains. Mais au nom de la réconciliation, on a besoin quand même de voir une sorte de justice transitionnelle. Et c’est de cette façon-là aussi, je pense, qu’il faut aborder la question du mont Péko.

Lefaso.net : Pour conclusion, qu’est-ce qui vous tient à cœur en ce moment comme message ?

A. O : L’avenir de nos Etats passe par une coopération réfléchie et volontariste entre les différents Etats. Je me réjouis aujourd’hui de voir que les relations entre les Burkinabè et les Ivoiriens, qui n’ont jamais été mauvaises (simplement, à un moment donné, les politiques se sont fourvoyés et ont mis en place une politique d’exclusion) sont au beau fixe. Cette politique a non seulement créé la guerre à l’intérieur de la Côte d’Ivoire mais aussi généré une mauvaise relation avec les pays limitrophes. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire renoue avec le passé, tel que tracé par le Président Félix Houphouët-Boigny qui était le chantre d’un certain nombre de valeurs de solidarité et de partages. Quoi qu’on dise, la Côte d’Ivoire n’a pas, depuis lors, eu un Président à la hauteur de Félix Houphouët-Boigny et nous pensons qu’actuellement, le Président Alassane Dramane Ouattara s’inscrit dans cette dynamique-là et je pense que c’est la seule façon de voir émerger une Afrique qui gagne. Nous pourrions construire les Etats-Unis d’Afrique en commençant par l’Afrique de l’Ouest, si nous avons l’intelligence de ne pas fétichiser les frontières héritées de la colonisation, parce que je trouve une aberration que des pays dits voisins tels que ce qui se passe en ce moment en Afrique centrale, on ait encore besoin de demander aux uns et aux autres, d’avoir des visas. Quand je vois l’expulsion massive des populations de la RDC de la part de la République du Congo, je suis vraiment ulcéré, déçu parce que je m’attendais à une approche un peu plus sage et plus intégratrice de la part du Président Denis Sassou NGuesso. Cela m’a vraiment déçu, parce que quand je connais le passé militant, anticolonialiste, le passé révolutionnaire de Denis Sassou NGuesso, je trouve que c’est vraiment triste qu’on en arrive à bafouer les éléments fondateurs du panafricanisme. Qu’entre le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa, il n’y a que le fleuve qui les sépare et nous nous permettons de commettre ce type de violations qui font honte. Je souhaite qu’au niveau de tous les pays d’Afrique, nous sachions ouvrir nos frontières, sans pour autant dire qu’il faut accueillir tous les bandits, tous les hors-la-loi. Mais entre un hors-la-loi et chasser la communauté de ce hors-la-loi, je pense qu’il y a un pas qu’il ne faut pas franchir et les responsables politiques devraient se garder de s’inscrire dans les politiques populistes, xénophobes, ethnicistes parce que ce n’est pas bon pour l’Afrique, pour sa construction.

Entretien réalisé par
Oumar L. OUEDRAOGO

Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 3 juillet 2014 à 22:12, par Koubi
    En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

    Grand merci Pr.,pour nous avoir abreuvés de telles connaissances. Ce sont ce genre de reflexions qu’il nous faut en cette période où tout n’est que politique. Vraiment,on est fatigué des thèses sur l’article 37,le référendum, le sénat... Une fois de plus,merci Pr.!

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  • Le 3 juillet 2014 à 22:23
    En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

    Merci professeur,surtout pour avoir fustigé ce qui se passe entre les 2 Congos. C’est une honte pour l’Afrique. On dit "quand la pluie vous bat,ne vous battez pas entre vous". L’Afrique souffre déjà de nombreux maux dont le traitement inhumain qui lui est fait dans certains pays européens.

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  • Le 3 juillet 2014 à 23:00, par fâché
    En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

    Pr taisez vous, on vous a vu l’oeuvre. Un vrai vouvouzela. Vous êtes vrai spécialiste en exclusion, quand vous étiez ministre de l’enseignement supérieur vous avez exclu de votre système le président de l’université de ouaga, bobo , les proviseurs et j’en Passe ! Aujourd’hui vous vous érigé en donneur de leçons. Je pense que vous n’êtes pas encore à la retraite donner vos cours à l’université, faut plus nous embrouiller.

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  • Le 4 juillet 2014 à 09:01, par Madison
    En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

    Les analyses sont assez pertinentes. je n’ai pas encore eu le privilège de lire l’ouvrage, mais je voudrais savoir comment prendre en charge financièrement tous ces chefs traditionnels sans exception.

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  • Le 4 juillet 2014 à 09:13, par Mechtilde Guirma
    En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

    « C’est vraiment le cas de le dire ; je suis aussi dans la souffrance quand je vois ça. Mais je me dis quelque part, on l’a mérité ».
    Vous n’êtes pas seul professeur à être dans la souffrance. Moi aussi je suis dans la souffrance. Tout d’abord je vous présente mes félicitations pour ce livre qui devrait servir de bréviaire à notre démocratie. En effet vous partez d’une expérience de funérailles, mais je suis partie d’une expérience de vie pratique pour aboutir au même résultat que vous. Bref tout ce que vous avez développé sur le Sénat, les chefs coutumier et religieux, je l’ai fait également, dans le travail d’investigation « Sur les coutumiers et les religieux » dans le cadre de la décentralisation, entre 1994 et 1996. Mais je n’ai pas osé appelé cela Sénat. J’ai parlé d’une structure qui pourrait regrouper les religieux, les coutumiers, les professions, l’armée même les chômeurs. Et j’ai ajouté que tout ce monde qui se retrouve ensemble, va dialoguer pour l’essentiel. Je me dis qu’on ne peux élaborer des projets quelconques sans les consultés. Par exemple : l’éducation ils ont tous des universités et des écoles. La santé ils ont tous des cliniques et des hôpitaux. L’agriculture, ils s’y mettent tous (voyez par exemple les moines bénédictins de Koubri). L’environnement, ils ménagent les forêts les cours d’eau. La paix, qui ne veut pas la paix. Ils initient des projets d’industrialisation : fruits, lait transformation etc. Dans cette structure ai-je ajouté quand bien même il y des prêtres des el adj, des religieuses, ils restent tous des laïcs car la question ne sera pas de savoir quelle est la religion qui est vraie ou celle qui est fausse, ils sortent tous d’un même moule culturel de fraternité avant d’être religieux. Donc un lieu parfait du dialogue inter religieux. À l’époque c’était Antoine Raogo Sawadogo qui était le président de la Commission Nationale de décentralisation. Notre équipe était composé de Pierre Joseph Laurent Basile Guissou et moi. Nous avons été recrutés par le bureau ARC de Madame Joséphine Ouédraogo/Guissou. Toutes les péripéties que j’ai eu pour être empêchée de déposer le travail, je le tais. De même la façon dont Joséphine a dû quitter Ouagadougou. Mais l’essentiel est que je l’ai déposé mon rapport. Bref je voudrais tout simplement dire qu’en ce qui me concernait bien avant la décentralisation, en 1989 après les exécutions des Lingani, Mgr Denis Tanpsoba rendant visite à ma mère me vit là. Nous avons causé de la vie politique, et il m’a dit « Tu as fais Science politique et Relations Internationales avec l’option en diplomatie. L’Église a la chance d’avoir pour la première fois une femme politologue, pourquoi ne t’investis-tu pas pour réunir les femmes catholiques et être leur chef afin qu’avec les autres femmes des autres confessions religieuses et coutumières vous vous organisiez afin de contrer les abus politiques ». En effet à cette époque c’était la chute du mur de Berlin et aussi la rencontre de la Baule. « Il faut venir chez moi, me dit-il, nous allons manger et en discuter ». Je n’ai pas voulu discuter et comme c’était une haute autorité de l’Église je n’osais pas lui parler de mes appréhensions connaissant la mentalité des gens à l’époque surtout les femmes. Il y avait une association de femmes catholiques déjà fonctionnelle. Mais Mgr. Denis Tanpsoba le savait il avait peut-être autrement son idée. Cependant réflexion faite j’ai mesuré toute la portée de l’affaire « Qui suis-je moi pour prétendre vouloir organiser les femmes autrement et me substituée à la présidente sous prétexte que je suis une intellectuelle ? Et à supposer même que je veuille tout simplement être conseillère, là aussi il y avait de meilleures que moi. Je leur donnerai même gratuitement mes idées, qu’elles voudront le transformer à leur manière pour en être auteur, mieux les initiatrices. Or c’est là le problème, le projet risque purement et simplement d’être dévoyé. L’histoire nous en apprend beaucoup. Karl Marx lui même n’a-t-il pas crié de façon exaspérée qu’il n’était pas marxiste ? ». Aussi je n’ai pas répondu à l’invitation de Mgr Denis Tanpsoba. D’ailleurs plus tard du forum de la réconciliation, je l’ai expérimenté avec des femmes que je croyais être mes amies déjà depuis 40 ans à l’époque. Puis le 29 janvier 1990, le Pape Jean Paul II visite le Burkina-Faso. A la grand-messe de Yagma après avoir décrit les maux de notre temps, qui dévoient la morale il fit un appel pathétique aux femmes burkinabés tout particulièrement. Ce fut 6 mois plus tard (au mois de juillet) lorsque qu’on projetait de convoquer l’Assemblée Constitutive, que repensant à la proposition de Mgr Tanpsoba, j’eu alors le courage, et je fis un schéma de ma proposition pour la démocratie et demandant rendez-vous au Cardinal Paul Zoungrana, je lui montrais mon schéma. Je vous assure qu’il en fut émerveillé et il ajouta qu’il était content de voir que ce fut une de ses diocésaines qui a pensé à la question et il me dit de remettre le schéma à son vicaire Mgr Wenceslas Compaoré (aujourd’hui évêque émérite de Manga) pour qu’il en fasse des photocopies et d’envoyer à toutes les paroisses de son diocèse afin qu’on commence à enseigner dans les homélies « la femme gardienne de la vie et éducatrice de paix ». Et je lui ai alors dis « Eminence, est-ce que je pourrai avec votre permission demander une audience au Camarade-Président Blaise Compaoré en tant que femme catholique pour lui soumettre ma proposition ? ». Il me dit d’aller avec sa bénédiction. J’attrapai alors madame Bondé Bayamou (René Flotte de Pouzol) ma voisine, et nous fîmes la demande d’audience auprès du président, et je remis la lettre à Laurent Zoungrana qui était à l’époque le chef de protocole. Le président me reçu le 18 janvier 1991 avec deux femmes dont la sœur d’Achille Tanpsoba de Kologh-Naba. Il me demanda un écrit explicatif plus détaillé. Ce que je fis et j’envoyais des ampliations à Son Éminence après bien entendu lui avoir fait le compte-rendu de notre visite. Je donnais également une copie au Moro-Naba Baongho, au Président de la communauté musulmane Triandé Toumani, au Pasteur Daniel Compaoré qui était mon cousin, pour la FEME Puis après j’envoyais des correspondances à toutes les missions diplomatiques expliquant pourquoi il nous fallait une dimocratie à la mesure de notre culture. L’observateur Paalga a reçu une copie, les Éditions Pays également et par la suite elles diffusaient mes articles de sensibilisation. J’ai interpellé l’Assemblée Nationale de l’époque. Ce fut à la vue de tous ces articles que Joséphine Ouédraogo, m’a engagée dans son ONG pour faire les investigations sur la décentralisation. Croyez moi, elle l’a payé cher cet engagement. De tous ces articles et lettres, Odette Sanogo de l’UNICEF les relia en un gros paquet de feuilles en trois exemplaires (dont un jusqu’à présent chez Laurent Bado). J’ai reçu également les félicitations de son excellence Yé Bongnessian alors président de l’Assemblée Nationale, du premier Ministre Youssouf Ouédraogo. Le professeur Filga Michel m’a-t-on dit m’a également félicité. Le professeur Ram Christophe Ouédraogo est venu me demander pour le photocopier pour la bibliothèque de l’institut de Sociologie. J’étais fière de les lui remettre, il m’en a été très reconnaissant. Je suis passée à la télévision avec Benjamine Douamba et deux autres femmes, la députée Adèle et la syndicaliste (Mominata je crois) qui est maintenant à Bruxelles, et j’ai expliqué exactement la même chose à la télévision. Ce que je veux vous dire ici professeur, c’est la mentalité de certains hommes politiques qui est mauvaise avec des femmes ambitieuses jalouses et méchantes.
    D’abord ce qui fait que j’éprouve aussi une souffrance, on m’a éliminée de façon arbitraire (après que j’aie promis l’essentiel, le plus intéressant) lorsque je faisais les investigations pour la décentralisation. Basile Guissou Pierre Laurent et moi on devant aller ensemble à Dori et à Ouahigouya. Basile me dit que lui il préfère s’arrêter qu’il a terminé son travail. Puis derrière moi ils s’en vont tous les deux ensembles à Dori. Bien sûr à Dori vous saviez qui était là-bas. Un phallocrate peulh évidemment. Ouahigouya était bien entendu le fief de Salif Diallo et d’Antoine. Je dus terminer mon travail à mes frais avec ma pauvre pension. Et n’eût été le médiateur Marc Garango et sa collaboratrice Myriam, je n’aurai même pas perçu mon reliquat et de misère en misère, lorsque je suis rentrée dans mon fond c’était pour rembourser des dettes. Ce que je veux savoir : quand une femme a une initiative pourquoi, elle n’a pas de poids, et quand l’homme reprend l’idée. Alors là c’est applaudi tout de suite ? Ça c’est un. De deux, comme j’ai parlé dans les journaux, en pâture, pour qu’au moins un parti s’en saisisse enfin et comprenne qu’il faut entreprendre des consultations avec les confessions religieuses et coutumières et proposer des réformes adéquates qui tiennent compte d’eux. Dieu merci, Maître Hermann a compris et il a élaboré un très bon projet de société avec le concept du Sénat, non pas à la manière d’Europe, mais en tenant compte des Confessions religieuses et coutumières. J’en étais tellement contente que je lui ai écrit et présenté mes félicitations et mes encouragements. Mais voilà que les maîtres de l’UPC en font une copie collée en allant à la rencontre des Confessions Religieuses et Coutumières pour revenir nous parler d’alternance et pas de Sénat quelque soit sa forme. Quand ils ont mis leur écrit en ligne, je l’ai téléchargé, et après l’avoir lu attentivement, je leur ai répondu en disant que l’histoire ne pouvait pas retenir ce plagiat. Qu’ils reprennent le projet de Maître Hermann et qu’ils enlèvent ce qu’ils veulent et rejeter l’essentiel, à savoir ce refus de Sénat même reformulé dans son état initial, tel que proposé au début et qui devrait permettre aux confessions religieuses de défendre leurs intérêts, c’était vraiment fort, car la laïcité de notre pays ne ne saurait être antireligieuse, ni anti-coutumière, parce qu’à ce moment nous n’aurions ni repère ni souveraineté, et refuser tout dialogue, toute rencontre toute reformulation de la Constitution avant les élections quitte à mettre le pays à feu et à sang, poussant l’outrecuidance jusqu’à mettre en garde l’Église ! c’est encore plus fort. Professeur, je vous félicite de ce travail, faites en quelques sorte que tout le monde soit sensibilisé et qu’on arrive de façon consensuelle à mettre en place des institutions fortes avant les votes. Bon courage professeur.

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    • Le 4 juillet 2014 à 13:34, par Goodman
      En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

      Votre travail est conséquent, mais je pense que votre déception est justifiée. Les femmes sont le plus souvent minimisées par rapport aux hommes. Sous Sankara, vous auriez eu certainement une bonne carrière. je pense que votre erreur est d’avoir combattu dans le mauvais camp. Les politiques que vous avez fréquenté vous ont utilisé puis jeté à l’écart. Evitez de les défendre aujourd’hui. J’aimerais vous demander d’écrire un article sur ces faits, d’y donner un titre, quitte à le faire en plusieurs parties et de bien vouloir contribuer aujourd’hui à travers votre écrit à la construction d’un Burkina meilleur et digne. Dites nous ce que vous pensez de la gouvernance de pays et ce qui pourrait être fait. Je vous invite donc à sortir de la masse et à contribuer à l’éveil de tous. Sachez que la jeunesse d’aujourd’hui est plus vigoureuse et plus éveillée qu’en votre temps.

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    • Le 6 juillet 2014 à 10:07
      En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

      D’ abord, écrivez avec moins de fautes si vous vous voulez être crédible. Ensuite, si l’ UPC a enlevé certains éléments et ajouté d’ autres, c’est ça qui prouve qu’ ils ont plagié ? Votre « trouvaille » était- elle une marque déposée ? Nous ici, UPC ou pas, on ne veut pas de Sénat. L’ Assemblée Nationale nous suffit. Les femmes peuvent et sont représentées. Les religieux aussi. Il y a des musulmans, des chrétiens, des fétichistes, des francs- maçons, des rosicreciens et même des gens qui ne croient ni à Dieu ni à Diable. Laissez- nous en paix avec votre histoire de Sénat bidon.Ce n’ est pas parce qu’ il n’ y a pas de sénat qu’ on n’ entend pas les femmes. Si c’est les chefs coutumiers. Ils ns constituent une autorité morale et c’est par leur comportement qu’ on ira vers eux ou qu’ on va les fuir. Les mossi aiment trop la chefferie.

      Drabo Cheick Oumar

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      • Le 6 juillet 2014 à 20:34, par Mechtilde Guirma
        En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

        tout d’abord, merci pour les futes. il eut fallu pour être gentille que vous me les corrigiez. Mais merci quand même. Vous parlez de francs-maçons athées et autres, le sénat ne vous les chasse pas, vous êtes dans les structures professionnelles, dans l’armée. Puisque chaque entité proposera ses représentants (même si l’Église veut les envoyés comme ses représentants c’est son problème).C’est là que vous devriez dialoguer avec les religieux pour l’essentiel. Vous occupez déjà la scène politique avec votre parti.Ne pensez vous pas que vous avez la part du lion comme l’indique votre logos ? Quant à la crédibilité, la plupart de vos dirigeants me connaissent parfaitement. Et Zéphirin Diabré votre nouvelle travaille ne m’intimide pas. Tenez allez dans les éditions le pays et cherchez les numéros 1599 et 1600 du jeudi et vendredi 13 mars 1998, et qui s’intitule : « Can 98, quelle leçon tirer » p. 12, un mois jour pour jour avant l’assassinat de Norbert Zongo. Zéphirin Diabré était ministre à l’époque. Dans ces numéros, j’ai suggéré ce qui suit : « Quel choix professionnel, et culturel, quelles conditions économiques consent-on aux enfants, quelle éducation leur propose-t-on pour leur permettre de se fixer de façon identitaire dans la localité ou le villgge et réduire la paupérisation et l’insécurité, sources de nombreux préjugés, de stéréotypes voire d’’exclusion ». Quelques jours après, Zéphirin Diabré a convoqué un forum pour étudier comment fixer les enfants dans leur terroir. Puis après plus rien. Ce n’est en effet que cette année (16 ans plus tard) seulement, que des actions en ce sens ont été débloquées par le pouvoir. Que s’est-il passé pour que lui il ne les réalise pas lorsqu’il était au pouvoir. Mieux ceux qui sont près de lui peuvent lui présenter des preuves de ce j’ai fait. Pour absoudre Zéphérin Diabré (et ça pendant qu’il est encore temps) je dirai qu’en s’embarquant avec des individus comme vous, il court la même aventure que Thomas Sankara et Blaise. Qu’il n’oublie pas que la misère causée par la révolution (les exécutions, les dégagements, les confiscations des maisons, les coupures intempestives pour un oui ou pour non des salaires, les différentes cotisations, les déguerpissements qui ont jeté des enfants es suicidés dans la rue, les maisons détruites par jalousie, tout cela a paupérisé de façon irréversible les populations. Et Blaise est pris dans ce piège car la souffrance est encore vive. Il ne sert donc à rien de monter leur enfants contre ceux que vous n’aimez pas. Vous ne vous en sortirez pas de cette façon-là. Que chacun organise ses vengeances et règlements de compte à coup de crimes et de crime en crime. Il n’y a que le dialogue pour désamorcer cette bombe qui se renforce chaque jour. Et croyez-moi que chacun règle ses comptes à qui mieux, c’est autre chose mais que votre CFOP soit partie prenante alors c’est pire et vous ne pourrez plus entrainer ni l’Église ni les religieux, ni les coutumiers ni l’armée encore moins les chômeurs avec vous..

        Webmaster ne me censurez pas. J’ai sauvé la vie de certains, il faut qu’ils accepte qu’on leur dise la vérité.

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    • Le 6 juillet 2014 à 10:08
      En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

      C’etait trop long pour un post. Ca vaklait mieux d’ ecrire un article lui- meme.

      Merci

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    • Le 9 juillet 2014 à 17:46
      En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

      Ce livre devrait servir de breviaire/ un livre qui fait l’ apologie de la Cheffocratie devrait servir de biere(cercueil en francais burkisep) a la democratie, pas de breviaire a quoi que ce soit, surtout pas a la democratie. Y a pas mille 200 manieres de decrire la democratie. Elle est une pour tous les hommes.

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  • Le 4 juillet 2014 à 12:12, par bakouan
    En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

    prof !
    Vous dites n’importe quoi, les chefs sont des citoyens comme les autres, trop de considérations et de débats pour rien ils n’ont qu’a disparaitre

    Répondre à ce message

  • Le 9 juillet 2014 à 03:44
    En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

    Apres s’ etre rendu compte que le pouvoir, c’est aussi l’ impuissance, ce professard verbeux et phraseur veut entrer dans les bonnes graces des chefs. Pour rebondir. Sinon, comment un intellectuel va venir defendre une idee loufoque de cheffocratie dans une democratie ? Il y a meme des nations, quand tu veux te naturaliser la- bas, tu renonces a tes titres de Sire, Duc, Prince, etc. On est tous egaux devant la loi ou bien ? Prof, on appelle ca, combat d’ arriere- garde.

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  • Le 17 juillet 2014 à 10:24, par ghann
    En réponse à : Pr. Albert Ouédraogo, enseignant à l’Université de Ouaga, ancien ministre : « J’ai toujours eu horreur de tout système qui exclut »

    MON FRERE PARDON, CAR LORSQUE TU ETAIS AUX AFFAIRES TU NE PARLAIS PAS COMME CA.
    ON VOUS PENSAIT L’HOMME DE LA SITUATION MAIS VOUS N’AVEZ PAS FAIT LEUR AFFAIRE QUE CROYEZ VOUS ?

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