Député Amadou Sanon : « La question d’électricité doit transcender toutes les tendances politiques »

samedi 21 juin 2014 à 02h43min

Le président de la Commission du développement économique et de l’environnement (CODE), Dr Amadou Sanon, a conduit le 18 juin 2014, une mission d’information parlementaire sur les sites SONABEL de Kodéni et de Bobo II. A l’occasion, il a indiqué voir en la question de l’électricité, une question qui doit transcender toutes les tendances politiques au sein de la Représentation nationale généralement marquée par des contradictions sur fond de divergences partisanes.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Député Amadou Sanon : « La question d’électricité doit transcender toutes les tendances politiques »

Comme d’habitude, le président de la CODE et son équipe ont rendu une visite de courtoisie au gouverneur de la région des Hauts-Bassins, avant l’entame de la visite des centrales électriques. Une visite qui aura duré moins de 15 minutes et au cours de laquelle le gouverneur Nébilma Joseph Bakouan a indiqué qu’une mission d’information parlementaire constitue un cadre d’aide à la prise de décision. Selon lui en effet, elle permet de mettre à nu les points qui méritent d’être améliorés. Dans ce sens, « Vous allez certainement constater des choses qu’il faut améliorer », a-t-il lancé à l’endroit des députés.

Et c’est ce à quoi les visiteurs du jour se sont évertués aussitôt après avoir pris congé du gouverneur. La première halte a été observée sur le site du poste 225/33/34 de Kodéni. Un site mis en service depuis le 21 avril 2001 et qui collectionne l’électricité produite par les centrales thermiques de Bobo et celle provenant de l’interconnexion avec la Côte-d’Ivoire, pour ensuite desservir les villes de Bobo-Dioulasso, de Banfora, de Orodara. Et c’est également à partir de là que le transport d’électricité d’au moins 50 MW via la station de Pâ, se fait au profit de Ouagadougou. C’est donc un véritable centre de partage du « jus » électrique que les députés ont visité en commençant par les installations dans la cours du site. Les salles de commande visitées ensuite, cap est mis sur la centrale de Bobo II.

L’on est maintenant dans un cadre à bruit abasourdissant. Là également, c’est une visite guidée ponctuée de questions-réponses, qui a conduit les députés du poste opérationnel à celui en construction dans le cadre du projet « Bobo II ». Un projet dont le niveau global de mise au point est évalué à 64,24% à la date du 13 juin 2014.

Des inquiétudes, mais aussi des suggestions…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette visite aura été l’occasion pour les représentants du peuple d’émettre des soucis d’ordre sécuritaire et environnemental sur ces sites. Mieux, à l’issue des visites, ils ont échangé à bâton rompu avec l’ensemble des responsables de la SONABEL présents à Bobo dans le cadre de cette mission d’information parlementaire. Et ils ont – en dépit de la reconnaissance d’importants efforts consentis quotidiennement pour satisfaire les besoins en électricité – dénoncé des lacunes dans le fonctionnement de la SONABEL, émis des inquiétudes quant à l’avenir du sous-secteur aux mains d’une société confrontée à d’énormes difficultés. Ils ont, par ailleurs, émis des suggestions allant dans le sens de la promotion des énergies solaire et éolienne.

Pour le personnel de la SONABEL, l’occasion était belle pour fustiger certaines accusations. A en croire le conseiller technique du DG de la SONABEL, Séni Désiré Compaoré, la nationale d’électricité n’interdit à personne de produire de l’électricité, contrairement à ce que nombre de personnes disent. Ce qui est interdit, précise-t-il, c’est la production suivie de la vente aux ménages par le particulier. L’on peut donc produire l’électricité pour sa propre consommation, ou pour la vendre à la SONABEL. De ces échanges, il est aussi ressorti que la SONABEL est déjà sur des projets d’énergie solaire.

D’énormes efforts pour résoudre le problème récurrent d’électricité

Ce cadre d’échanges, le personnel de la SONABEL l’a saisi pour également égrener à l’attention de la Représentation nationale, un chapelet de contraintes, mais aussi de projets futurs dans le cadre notamment d’un « contrat plan » qui devra couvrir la période 2014-2018. Des contraintes dont les majeures se rapportent à l’approvisionnement en pièces de rechange et en combustibles. Pour ce qui des combustibles, ce n’est pas toujours facile entre la SONABEL et la SONABHY, la nationale des hydrocarbures. C’est du moins, ce qu’a confié M. Séni Compaoré.

Il y a aussi, selon lui, la hausse continue du prix de cession de l’énergie importée, la faiblesse des tarifs de vente qui engendre un déséquilibre financier, la faible pluviométrie entrainant des déficits récurrents de remplissage des barrages hydroélectriques, les longs délais de réalisation des projets d’investissement. Autant de contraintes qui font le lit aux coupures et délestages récurrents. « Quand il y a une coupure la nuit, sous la pluie, le responsable de l’agence SONABEL concernée ne dort pas ; il doit être sur le chantier », a confié le conseiller technique Séni Compaoré qui a encore promis, « nous allons toujours essayer d’augmenter les efforts pour la satisfaction totale de la clientèle ».

Déjà, et pour le président de la CODE, Amadou Sanon, « Il y a d’énormes efforts qui sont faits par la SONABEL pour résoudre le problème récurrent d’électricité qu’on connaît au Burkina ». Mais, préconise-t-il, il ne faut pas baisser la garde. Dans ce sens, la Représentation nationale dans son ensemble doit, selon lui, soutenir unanimement toute initiative tendant à accroitre les capacités productives de la SONABEL. Pour M. Sanon en effet, « La question d’électricité est une question qui doit transcender toutes les tendances politiques ». Et c’est un président « satisfait » qui a prononcé le mot de fin de cette mission d’information parlementaire des 17 et 18 juin 2014 dans les centrales électriques de la SONABEL.

Mais les visites de l’équipe de M. Sanon se poursuivront jusqu’au 26 juin prochain pour, non seulement appréhender les obstacles à l’éradication de la mouche tsé-tsé dans le cadre de la campagne PATTEC (Pan-African Tsetse and Trypanosomosis Eradication Campaign) lancée à Bobo il y a plus de dix ans, mais aussi apprécier la mise en œuvre de la politique nationale de développement du tourisme au vu des sites touristiques dans les régions des Hauts-Bassins et des Cascades.

Fulbert Paré

Lefaso.net

Imprimer l'article

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés