Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

vendredi 13 juin 2014 à 00h34min

Le drame s’est déroulé dans la soirée du samedi 24 mai 2014. Non loin de l’agglomération de Saponé, à une trentaine de kilomètres au Sud du centre de la capitale du Burkina Faso. Sur la bretelle de la route départementale n° 39, qui conduit à Saponé, la brigade territoriale de gendarmerie a trouvé un corps au milieu de la chaussée, à une centaine de mètres d’un véhicule 4 x 4 garé là.

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Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

L’homme était mort à l’arrivée de la gendarmerie, informée du drame à 20 heures 19 minutes précise le communiqué du procureur général près la Cour d’appel, Wenceslas Ilboudo. Qui note d’emblée que « les premières constatations de l’enquête n’écartent pas le caractère suspect de la mort de Monsieur Salifou Nébié ». Car c’est de Salifou Nébié, magistrat, membre du Conseil constitutionnel, qu’il s’agit. Débute alors ce qui, incontestablement, va être une longue enquête sur le meurtre sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon.

L’assassinat d’un haut fonctionnaire, plus encore d’un magistrat et d’un membre du Conseil constitutionnel, ne saurait passer inaperçu dans aucune démocratie. Le meurtre de Salifou Nébié n’échappe pas à la médiatisation. Et, du même coup, aux interrogations et autres supputations. On se souvient que la mort du journaliste Norbert Zongo, retrouvé calciné dans son 4 x 4 le dimanche 13 décembre 1998, sur la route de Sissili, non loin de Sapouy, avait rapidement cessé d’être une affaire criminelle pour devenir une affaire d’Etat. L’assassinat de l’ancien ministre ivoirien, Balla Keïta, à Ouagadougou, le 1er août 2002, avait préfiguré la « régionalisation » de la « crise ivoiro-ivoirienne ».

Le meurtre de Clément Ouédraogo, dans une rue de la capitale, le 9 décembre 1991, n’a pas été, non plus élucidé. Il avait été nommé ministre délégué à la Coordination du Front populaire le 25 avril 1989 par le capitaine Blaise Compaoré, président du Front populaire. Le secrétaire général de l’Union des communistes burkinabè (UCB), professeur, ancien recteur de l’université, a été une personnalité politique : ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans le dernier « gouvernement révolutionnaire » de Thomas Sankara (4 septembre 1987), numéro trois du gouvernement du Front populaire puis numéro un lors du remaniement du 21 septembre 1989 consécutif à l’exécution des deux têtes d’affiche de la « Révolution » : le commandant Boukary Jean-Baptiste Lingani et le capitaine Henri Zongo (c’était le 18 septembre 1989). Clément Ouédraogo avait été de ces « marxistes-léninistes » qui s’étaient ralliés aux militaires, l’UCB rejoignant alors l’Organisation pour la démocratie populaire-Mouvement du travail (ODP-MT). Des assassinats sans assassins. Tant que l’Histoire du Burkina Faso ne sera pas écrite avec le recul nécessaire.

Salifou Nébié n’était pas une tête d’affiche politique. Il cultivait cette discrétion inhérente, souvent, aux magistrats. Et il avait été, longtemps, absent du pays du fait de ses fonctions d’ambassadeur à La Havane. Une expatriation qui, parfois, peut confiner à un exil pas toujours doré. Salifou Nébié était né le 12 janvier 1956 à Ouagadougou (mais il était originaire de Léo, à la frontière avec le Ghana). Il fera ses études primaires et secondaires dans la capitale ; elles seront sanctionnées par le CEPE, le BEPC, le baccalauréat. Il rejoindra alors Lomé, au Togo, pour intégrer l’Ecole supérieure d’administration et des carrières juridiques (ESACJ) dans le cadre de l’université du Bénin, pépinière d’un grand nombre de magistrats d’Afrique de l’Ouest. Il ira, ensuite, en France, pour suivre ses études à l’Ecole nationale de magistrature.

De retour en Haute-Volta, il va débuter sa carrière au sein de la magistrature (1983-1987). La « Révolution » va faire de lui le président des Tribunaux populaires révolutionnaires (TPR) qui n’ont pas laissé le meilleur souvenir dans le pays. Mais quand il était interrogé sur cette période « d’exception », il disait* simplement : « Seule l’histoire nous édifiera ». La « Rectification » le propulsera à la présidence du Faso comme chargé de mission. En 1995, il sera nommé ambassadeur à La Havane.

Cuba avait été, au lendemain d’une révolution qui y avait trouvé, parfois, un modèle, le seul partenaire significatif du Burkina Faso en Amérique latine. La coopération entre les deux pays est cependant restreinte et se limite à l’assistance médicale. Au fil des années, Salifou Nébié va élargir ses attributions diplomatiques du côté des pays d’Amérique centrale en commençant par le Nicaragua. La liste va devenir très longue : Jamaïque, Honduras, Guatemala, Haïti, Bélize, République dominicaine, San Salvador, Costa Rica, Panama.

Loin de Ouaga, Nébié sera présenté par le Journal du Jeudi comme « l’oublié de La Havane ». Il est vrai qu’il y restera en poste plus de douze ans et si sa mission a pris fin, officiellement, en mars 2007, il est resté encore de longs mois dans la capitale cubaine, y devenant l’incontournable interlocuteur des responsables de la politique africaine en fonction dans l’île. Samori Ngandé, qui l’a rencontré au cours de l’été 2007 à La Havane, l’avait interrogé sur cet « éloignement » que certains disaient « voulu ». « Qu’attendez-vous comme réponse ? avait répliqué Salifou Nébié. Je crois que ma longévité est le fait du président du Faso. Constitutionnellement, c’est lui qui nomme aux hautes fonctions et, en général, quand ça marche, on vous garde à votre poste, et quand ça ne marche pas, on rappelle ! ».

Ngandé notera que Nébié avait « le souci de ne pas se découvrir » affirmant : « Je m’écarte d’un certain nombre de défauts comme les intrigues en politique et surtout la cupidité ». Quand Ngandé lui demandera de qui il est « l’homme », Nébié répliquera : « Je ne suis l’homme de personne ! Pourquoi voulez-vous que je sois l’homme de quelqu’un ? J’ai connu tous les cadres du parti au pouvoir. Moi, je me considère simplement comme un fidèle du président Compaoré ». Il ajoutera : « Partout où on m’enverra, je serai prêt à servir. Je me considère comme un haut commis de l’Etat ».

Son retour au Burkina Faso, début 2008, se fera dans la discrétion. A tel point qu’un magazine burkinabè posera la question : « Où est passé Salif Nébié ? ». « Cet ancien conseiller du président Compaoré, qui semble cultiver le mystère, raréfie ses apparitions publiques et n’a (encore) accordé aucune interview à la presse. On rapporte cependant dans certains milieux bien renseignés de la capitale, que ce quinquagénaire secret et travailleur qui conserve « toute l’estime du grand chef », devrait se voir confier une mission importante par le président Blaise Compaoré ». Ce sera le Conseil constitutionnel. Il y sera nommé le 8 novembre 2008, sur le quota du président du Faso, et prêtera serment le 23 décembre 2008. Ce jour-là prêtaient serment également les magistrats Jean-Baptiste Gnissinoaga (nommé par le président du Faso) et Maria Goretti Sawadogo (nommée par le président de l’Assemblée nationale qui était alors Roch Marc Christian Kaboré).

Salifou Nébié avait épousé Lalla Noumpoua Ouédraogo, la petite sœur de l’ancien président de la Cour de cassation, Cheick Ouédraogo, et du professeur Ali Ouédraogo, époux de l’ancien médiateur du Faso, Amina Mousso Ouédraogo, également magistrate. Il était le père de deux filles (Nadjatte Nassira et Djelika Maty Assiatou) et d’un garçon (Sélim Oslem). C’est le frère du défunt, le professeur Ousmane Nebié, qui est le porte-parole de la famille dont les intérêts sont défendus par maîtres Hervé Kam et Séraphin Somé, du cabinet Kam & Somé. Ils appelleront « à la patience et à la compréhension de tous pour un bon déroulement de la procédure ».

* Entretien avec Samori Ngandé, dans Fasozine n° 11 – septembre-octobre 2007.

Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique

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Vos commentaires

  • Le 12 juin 2014 à 18:48, par frere de retour au pays
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    paix à son âme

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  • Le 12 juin 2014 à 19:06, par Toto
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Merci pour le rappel de tous ces meurtres a mobile fortement politique, non encore élucidés et qui font que les Burkinabés n’ont plus confiance en leur justice. Mais ce assassinat est l’assassinat de trop !!!!

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    • Le 18 juin 2014 à 16:31, par Sidzabda
      En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

      Toto tu n’as rien dit ; ce peuple est trop poltron pour dire hinf à ce cannibale qui depuis des décennies consume ses fils . La justice a toujours su classé ce genre de dossiers le dossier NEBIE ne saurait faire dérogation au principe.A qui le prochain tour ? A nos marques !payons nos dettes et trouvons des seconds bureaux (sapeurs pompiers pour nos épouses). Qui a mangé avec le cannibale vomira avant lui.

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  • Le 13 juin 2014 à 00:14, par Raso
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Sans mobile ? Tous le monde connais le mobile de ce crime crapuleux..

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  • Le 13 juin 2014 à 02:38
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Ce regime n’ a aucun respect pour la vie humaine. Je ne sais pas de quoi certains ont souffert dans leur vie ou comment ils ont ete eleves pour etre habites par tant de cruaute et d’ inhuamnite.Tout ca, ca vous amene a quoi quand un jour vous allez vous refroidir aussi comme tout le monde et que vous n’ emporterez rien, ni gloire ni argent ni belles femmes dans l’au dela.

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  • Le 13 juin 2014 à 02:40
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Cette tuerie est un test et en meme temps un catalyseur de la peur. Ils veulent nous dire qu’ ils n’ ont pas changer et qu’ ils peuvent toujours mordre fort. Le temps s’ y prete a voir les gens reprendre de la voie et dire leur haine pour un pouvoir qui devore ses fils.

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  • Le 13 juin 2014 à 04:10, par Lobservateur
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Blaise est le seule responsible de tous ces morts que vous avez cité Cher bejot. Donc je ne comprend pas l’amnesie de l’ opposition a demander la lumiere de quelle lumière parle t Elle. Vous voulez que le procuireur vous dise que le clan campaoré qui l’a tué ou vous voulez qu on vous presente des pauvres orpailleurs comme les criminels pourtant tout le monde sait a qui profite le crime de Salif nebie. L’ opposition ne doit pas attendre qu on augmente le nombre d’orphelin de ce pays avant de demander la demission de blaise compaoré

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  • Le 13 juin 2014 à 07:19, par tinguenbiiga
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    ne chercher pas des pou sur un crane rase .assassinat sans assassins veut dire quoi. c’est votre président et son derrière qui vont vous tuer tous.

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  • Le 13 juin 2014 à 07:42, par la loupe
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Bonjour. Merci Bejot. tôt ou tard la vérité va accoucher au FASO ici. Savez vous que de part ma petite expérience j’ai réellement constaté que tout se paye sur terre d’abord ? C’est comme on aime le dire quel qu’en soit la durée de la nuit le jour fini par apparaitre. Ce n’est pas une invention ça toujours été comme ça depuis la création du monde. Seulement comme Goama, je dis bonne chance nous tous !

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  • Le 13 juin 2014 à 07:55, par le kayalais
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Message au ministre de la justice. Croire en quelle justice ?! il ne sert pas a grand chose de retrouver le portable de Nebié. Telmob, Airtel et Telecel vous donnent l’historique (appels entrants et sortants, sms entrants et sortants) en precisant le numero du correspondant, la duree de l appel ainsi que la date et l’ heure de l’appel ou du sms. Tout ca sur simple dmd du procureur ou d un OPJ et en qq minutes. Par contre si les assassins jettent le portable sur la route, evidemment quelqu’un va le ramasser et c’est sur ce pauvre innocent que vous tombez a bras raccourcis. Qu’en est il des 2 cameras panoramiques installées au peage route de Sapone depuis courant mars 2014 ? les avez-vous analysées ? Pourqoui aucun membre du gouvernement ni du CDP n’était a l’enterrement ? Se reprochent-ils qq chose. Houn !!! Attention a la justice pour les riches et les puissants. Chacun a son tour chez les tueurs. Croyez moi.

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  • Le 13 juin 2014 à 08:23, par Vérité pour vérité
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Merci pour toutes ces précisions M. Ngandé.

    Toutefois, si la lumière ne se fait pas vite, la colère du peuple éclatera et les tueurs inhumains verront de quel bois nous nous chauffons !

    Requiescas in Pace, Nébié !

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  • Le 13 juin 2014 à 10:26
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Le défunt Salif Nébié était nommé au conseil constitutionnel sous le quota du président de l’assemblée nationale à savoir monsieur Rock Marc Kabore,démissionnaire du CDP et actuel président du parti le MPP qui est contre la modification de l’article 37.Donc monsieur Bejot qui est par ailleurs le griot blanc de Blaise Compaoré,il ne faut pas commencer votre article en travestissant les faits car monsieur Nébié n’était pas nommé au conseil constitutionnel avec le quota de Blaise Compaoré.Maintenant après avoir égrené une liste non exhaustive de tous les assassinats crapuleux sous le règne de Blaise Compaoré,ayez au moins la décence d’écrire que le commanditaire cet énième crime odieux est Compaoré Blaise.

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    • Le 13 juin 2014 à 15:30, par Tapsoba®(de H)
      En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

      Au sujet de sa nomination au conseil constitutionnel,inutile de vous en prendre au journaliste Béjot même si cette information surprend plus d un .Car,c est dans "l évènement" que j ai lu cette info la première fois le 11 juin dernier en parcourant un article de Newton Barry mis en ligne le meme jour et intitulé "Salifou Nébié:un assassinat sans assassin ?".Je me suis dit quand même qu une telle info dans un journal d un des amis du defunt,Germain Nama en l occurrence ,lequel a été le dernier à le quitter quelques minutes avant sa mort,puisqu ayant assisté à un anniversaire ensemble au soir du 24 mai,ne peut être infondée.

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  • Le 13 juin 2014 à 10:48, par ya koi ?!!
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Ainsi est notre Faso, il y a des crimes sans assassin. Que Dieu touche les coeur !!

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    • Le 13 juin 2014 à 22:14, par LaLogique de Zenon
      En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

      Puisque c’est l’assassin qui commet les crimes et puisque au BF il y a des crimes (les assassinats sont des crimes si je ne me trompe pas) sans assassins, alors il n’ y a pas de crimes au Burkina Faso, donc il n’ y a pas d’assassins au Burkina Faso. Blaise nous a apporte la paix, le developpement emergentiste et l’ emergence developpementiste pour parler comme certains philsophes qui ne comprennent meme pas leur propre discours et qui se melent et s’ entremelent les pinceaux.

      Gbaa Zieh

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  • Le 13 juin 2014 à 10:56, par Justin
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Merci pour cet écris digne d’un véritable journaliste compétent. Quand je pense que les opposants ont voulu utiliser la mort d’un citoyen burkinabé de surcroit juge, pour faire de la récupération politicienne afin satisfaire leur intérêt personnel et égoïste, c’est honteux. Je commence à me demander si ces opposants ne sont impliqués dans cet infâme assassinat.

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  • Le 13 juin 2014 à 11:33, par Ka
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Affaire classé depuis le jour de son assassinat par le régime Blaise Compaoré, à revoir après décembre 2015.

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  • Le 13 juin 2014 à 12:25, par Ibrahim
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Paix à son âme. vous voyez que ces gens ne son pa près pour céder leur place,donc...

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  • Le 13 juin 2014 à 13:48, par Derrida Deux/Aujourd’ hui Rimailleur
    En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

    Lettre de sollicitation pour publication de mon unique poeme en deux volumes a Angele Bassole

    Chere editrice, c’est avec beaucoup de joie que j’ ai eu vote adresse grace a mon cousin Zoetenga qui m’ amene dans son bureau a dix heures. Comme a dix- heures trente , il est sorti pour boire sa soupe de tetes de moutons, je profite vous envoyer rapidement ce poeme avant qu’ il ne revienne a 12 pour me ramener a la maison. C’est comme ca que nous on travaille ici. Il parait que la- bas au Canada, ds gens deviennent fous a cause du travail. Ca vous regarde. S’ il vous plait, il faut publier mon poeme. C’est le premier que j’ ai ecrit ,mais je dois vous dire qu’ il est tres original car moi je ne lis pas les autres ecrivains et autres poetes qui racontent des connories. Ce poeme est un hommage a un journaliste valablement valable. Il s’ appelle Bejot et aime trop notre pays. Il doit avoir une bonne raison, pour etre si bien motive.

    Salutations poetiques

    Derrida deux, Rimailleur a ses Temps Perdus Tres Precieux

    Poeme a Bejot, l’ hote qui ne paie pas son ecot

    Bejot, comme becot, sauf qu’ il ne becquete pas avec un gosier sec
    Le fort en theme, si ce n’est de radotages qu’ il dissecte
    Pour la consommation de ses negres attardes grace a l’ explosion des NTICs
    Fierement,plastronne francaisement dans les palais d’ une afrique independante
    Depuis plus de cinquante ans il parait mais qui n’en est pas moins exsangue
    Car le blanc est parti mais a mis a sa place un noir blanc un blanc noir sangsue
    Qui se repait de la chair de ses freres et soeur, chair qui est son ambroisie
    Et aussi du sang de ses soeurs et de ses freres, son nectar favori
    Bejot donc, le missionne qui aime les piques- niques mais reste pique- assiette
    De qui de pauvres negres dont il profite honteusement des maigres impots
    Ne saurait payer apres ses repas plantureux arraches a des damnes son ecot
    Comme on le fait dans les pique niques civilisees
    Mais non. Il faut etre juste pour l’ homme journaliste avise
    Toute peine merite salaire et vous n’ imaginez rien de la souffrnce de l’ homme
    Oblige de se mentir a lui- meme et inventer un destin a des hommes gnomes
    Dont en fabuliste, il doit reinventer un statut digne de la Terre de Hommes
    Qu’ importe si le tableau est fantasmagorique
    Nous sommes tout de meme en politique
    Il suffit de faire du bruit surtout quand le tyran paie sans mesure
    Ca donne des bleus a l’ ame de violer sa propre conscience
    Mais ca fait vivre sur la Cote d’ azur
    Ne me baratinez pas avec vos histoires de deontologie
    Il faut bien prendre aux pauvres, ils sont deja dans leur masure
    Alors pourquoi me refuser un bon logis ici- bas a cause de leur pathologie ?

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    • Le 13 juin 2014 à 22:34, par Moutonde Tabass Ky
      En réponse à : Assassinat sans mobile apparent d’un citoyen au-dessus de tout soupçon (1/3)

      Petrole : Selon mes informations de derniere minute, le petrole que nous avons decouvert il y a trois semaines etait mouille. Voila le vrai petrole maintenant. En ces temps d’ examen, ca peut servir. Pardon, faut pas dire a quelqu’ un.
      Instruction : Chers eleves, apres avoir lu ce poeme de Derrida Deux-LeRimailleur, reecrivez- le en vers et soumettez- le demain a 6 heures du matin. Une idee. Sachez que chaque vers commence avec une lettre majuscule.Vous n’avez pas besoin de definir ce que c’est que la prose. C’est ce que L’ Opinion, L’ Hebdo, Nyamsi, Djibo, et Audriane Dabawe font chaque jour et c’est pourquoi leur prose n’a souvent ni rime ni sens.Il a plus rimaille que rimer mais c’est pour des effets de style. En rimaillant, il a cree le rythme.

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