Burkina-Espagne : Viviane YOUL, celle-là qui refuse la résignation de ses sœurs

mercredi 28 mai 2014 à 18h42min

Elle est la secrétaire générale de l’Association pour la Promotion Féminine de Gaoua (APFG). Depuis 2008, son entité tisse progressivement un partenariat avec des organisations de la ville de Valence (Espagne), pour l’amélioration des conditions de vie des personnes les plus vulnérables de cette localité du Burkina Faso. Présente en Espagne sur invitation de l’Université Polytechnique de Valence (UPV), madame Hien née YOUL était sollicitée de part et d’autres pour partager les expériences de sa structure avec le maximum d’interlocuteurs… Entre deux conférences, Viviane YOUL a rendu visite aux burkinabè de Valence (A.B.I.V.) qui célébraient le « JOUR DE L’AFRIQUE » de Nazaret, une banlieue du sud-est valencien. Rencontre.

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Burkina-Espagne : Viviane YOUL, celle-là qui refuse la résignation de ses sœurs

Dites-nous madame, quel est le motif de votre séjour ici à Valence ?

Viviane Youl (V.Y) : Je suis là sur l’invitation de l’Université Polytechnique de Valence. J’ai été invité pour donner une série de conférences, qui me permettraient de partager notre expérience avec ceux-là même qui nous soutiennent depuis 2008 dans notre combat pour l’amélioration du quotidien des femmes vulnérables de la région de Gaoua. Quant à moi, c’est ma première fois de venir mais la présidente de notre association est déjà venue deux fois, je crois.

Burkina-Espagne ce n’est pas la porte de…à côté ; alors comment êtes-vous entrée en contact avec ces différentes structures espagnoles depuis les collines du Bafoudji ?

V.Y : (rires) C’est depuis 2008. Cela a été possible grâce à une amie de madame Ini DAMIEN, notre présidente. Lors de son séjour à Gaoua, tout de suite elle a appréciée très positivement tout ce que notre association faisait pour les femmes de Gaoua. Etant sensibilisée et comme elle travaillait à l’Université Polytechnique de Valence, elle a plaidé en notre faveur au niveau de l’administration universitaire afin de nous appuyer dans nos activités associatives. C’est ainsi qu’au cours de la même année, nous avons eu la chance de recevoir une délégation de l’UPV dépêchée en mission de prospection pour toucher du doigt les réalités et aussi profiter renforcer les capacités d’un groupe de femmes qui y étaient présentes. A partir de là nous avons commencé une collaboration qui a été fructueuse dès le début.

C’est-à-dire ?

Tout de suite, ils nous ont octroyé un fonds pour l’alphabétisation des jeunes filles du Poni (province) avant de financer la construction d’un centre de formation de jeunes filles non scolarisées et déscolarisées…

On peut dire donc, que vous appréciez positivement cette collaboration avec l’Université Polytechnique de Valence ?

V.Y : bien sûr que nous sommes ravis de cette collaboration pour plusieurs raisons : depuis 2008, ils nous envoient constamment des étudiants stagiaires pour les pratiques dans plusieurs secteurs : l’éducation, l’agriculture, la santé… ils nous appui constamment dans notre projet de cantine scolaire et de jardin scolaire afin que nous puissions donner à manger à nos élèves qui restent pour la plupart à l’école compte tenu de la distance. Sans compter le parrainage des enfants que nous les proposons. Par ailleurs, ils sont tout aussi satisfaits de cette collaboration car avec nous, ils apprennent aussi énormément. D’ailleurs ils n’arrêtent pas de nous le faire savoir.

Justement à propos du parrainage cela fonctionne bien pour le bonheur des familles démunies de la région ?

V.Y : franchement, grâce au système de parrainage je peux dire que notre centre de d’éducation de jeunes filles fonctionne très bien. Avec 80 euros par an on peut parrainer la scolarité d’un enfant. Et j’avoue que nos partenaires nous accompagnent beaucoup dans ce sens. Il y’en a même qui parrainent deux à trois enfants à la fois. C’est le lieu de les remercier infiniment.

J’ai suivi une de vos conférences et me suis rendu compte que votre association suscite beaucoup d’intérêts. En plus de l’université Polytechnique, vous travaillez avec d’autres structures d’ici.

En effet, il y’a aussi l’Université de Valence qui nous soutient constamment surtout avec du matériel didactique et aussi CIM-BURKINA (Colaboración con la Infancia y la Muyer) depuis l’année dernière. En une année, cette association est devenue notre alliée de taille ; surtout dans la coordination des actions pour les différents parrainages d’enfants. En plus CIM-BURKINA nous soutient également dans le renforcement de capacités des femmes vulnérables qui pratiquent l’agriculture de subsistance.

Vous avez été invité pour partager votre expérience avec toutes ces femmes et hommes qui ont suivi avec intérêt vos différentes communications. Je suppose que vous profitez de votre présence pour aussi sensibiliser le maximum de personnes pour cette cause noble…

En effet, nous avons sollicité un appui à trois niveaux : d’abord le besoin de doter les femmes en matériel agricole. Vous savez ces femmes pour la plupart, ont de petits lopins de terre où elles pratiquent le jardinage. Ensuite, vous savez que même si la pluviométrie est élevée dans le sud-ouest, il n’en demeure pas moins que le besoin en eau est crucial, surtout dans le jardinage. Alors nous avons exposé ce problème et des techniciens en agriculture de l’UPV en ont pris note. Enfin nous avons souhaité plus de parrainage d’enfants et j’avoue que juste après la conférence, beaucoup m’ont exprimés leur souhait de prendre part à la prochaine campagne de parrainage.

Nous avons souhaité étendre nos activités dans toute la région du sud-ouest qui compte trois provinces. Vous savez nous sommes seulement au Poni et notre vision c’est d’améliorer les conditions des familles vulnérables de la région. Pour cela, nous ne devons pas nous limiter dans la seule province du Poni. Nos interlocuteurs nous ont écouté et nous ont compris. Je pense que tout ce qu’ils pourront faire, ils le feront pour nous appuyer dans ce sens.

Vous m’avez fait comprendre que c’est la première fois que vous visitez l’Europe. Étant donné que vous êtes sur le point de repartir au pays ; qu’elle est votre impression de la vie en Europe ? Que dites-vous à ceux qui pensent qu’en Europe tout est facile ; qu’il suffit d’y entrer ?

V.Y : (rires) Hum ! Vous savez, on est toujours bien chez soi… en deux semaines j’ai pu apprécier plus ou moins comment les gens vivent ici. J’avoue qu’en Europe, les gens travaillent trop dur ; matin, midi soir. Franchement il n’y a pas d’heure pour travailler. C’est ce que nous devons copier en Afrique : y rester et travailler dur pour améliorer nos conditions de vie et progressivement, atteindre le niveau de l’Europe. Vous –même vous n’ignorez pas ces petits sacrifices que nos partenaires font afin de parrainer individuellement des enfants. En réalité ce ne sont pas des gens riches ou qui n’ont pas d’autres obligations ; il y’en a qui se privent de petits déjeuner pendant une période donnée afin de respecter leur engagement. Vraiment en Afrique nous avons encore beaucoup à apprendre…

Entretien réalisé par Roland Zongo Sanou/Correspondant
Lefaso.net

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