Décentralisation au Burkina : Réflexion autour de la formulation des nouveaux référentiels

mercredi 28 mai 2014 à 02h13min

Le ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation a procédé le 27 mai 2014 au lancement officiel du processus de formulation des nouveaux référentiels de la décentralisation. Les membres du comité de suivi du processus ont été installés par la même occasion et la feuille de route remis au président dudit comité par le ministre chargé des réformes politiques et des institutions, Bognessan Arsène Yé, représentant le chef du gouvernement.

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Décentralisation au Burkina : Réflexion autour de la formulation des nouveaux référentiels

Le processus de décentralisation au Burkina est consacré avec l’adoption de la constitution de 1991. Mais, c’est l’adoption du code général des collectivités territoriales qui a marqué le tournant décisif en consacrant la communalisation intégrale du territoire. A la suite des élections municipales de 2006, des organes délibérants ont été mis en place dans les 13 régions et les 351 communes conférant ainsi à chaque burkinabè une citoyenneté attachée à une collectivité territoriale. Depuis lors, le processus a connu des avancées, mais aussi s’est heurté à des contraintes objectives au cours de sa mise en œuvre tant au niveau étatique que des collectivités territoriales. Mais, ce choix politique de renforcement de la citoyenneté locale a été confirmé avec les élections couplées du 02 décembre 2012. Là, le rôle des collectivités territoriales s’est accrue dans la mise en œuvre des actions de développement et une plus grande implication des populations dans la gestion des affaires publiques locales.

En matière de transfert de compétences et de ressources, le processus est engagé. Quatre premiers blocs de compétences sur les 11 prévus par le code général des collectivités ont été transférés depuis 2009. « Ce qui a permis de responsabiliser davantage les communes dans réalisation et la réhabilitation d’infrastructures telles que les écoles, les CSPS, les forages et les latrines publiques. Il a également permis une gestion de proximité des actes administratifs et des services transférés », soutient le président de la cérémonie, le ministre Bognessan Yé. « En matière de renforcement des capacités, le gouvernement continue de consentir des efforts pour mettre à la disposition des collectivités territoriales des ressources humaines en quantité et en qualité », assure le représentant du Premier ministre.

Adapter la décentralisation aux besoins des populations

Le processus est entamé depuis 1995. Et de 1995 à 2014, beaucoup de choses ont évolué, ne serait-ce que les référentiels de développement de notre pays. Ainsi, on est passé du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), à la Stratégie de croissance accélérée pour le développement durable (SCADD). De ce fait, les référentiels de développement local adoptés alors tendent à être dépassés. Il est donc indiqué d’harmoniser les politiques au niveau local avec les politiques au niveau national. « Aujourd’hui, après tant d’années de mise en œuvre, il convient de faire l’état des lieux, voir ce qui a bien marché, ce qui n’a pas du tout marché pour réajuster et faire en sorte que la décentralisation s’adapte aux besoins des populations et non pas l’inverse », soutient le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, Toussaint Abel Coulibaly.

D’où la nécessité d’engager de larges concertations avec l’ensemble des acteurs du processus de décentralisation pour faire le bilan des actions menées durant les deux dernières décennies, identifier les nouveaux enjeux et déterminer les nouveaux axes prioritaires pour les actions à venir après l’échéance de 2015. Ainsi, le processus d’élaboration des nouveaux référentiels de la décentralisation débute cette année 2014 pour s’achever en 2015 avec la 5e session du CONAD qui va consacrer l’adoption formelle desdits documents stratégiques.

En tous les cas, les partenaires techniques et financiers devraient soutenir le processus qui vient d’être lancé. C’est du moins ce que laisse entendre Pascal Karorero, le coordonnateur du système des Nations Unies au Burkina, qui a salué l’initiative ainsi que l’approche participative adoptée. Il n’a pas manqué de souhaiter un heureux aboutissement du processus d’élaboration des nouveaux référentiels qui devraient favoriser l’approfondissement de la démocratie et du développement local.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 28 mai 2014 à 08:34, par Frédo
    En réponse à : Décentralisation au Burkina : Réflexion autour de la formulation des nouveaux référentiels

    Nous esperons que le Pr ILBOUDO de la fac d’economie sera au moins consulté

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  • Le 28 mai 2014 à 08:36, par Wendlaboum
    En réponse à : Décentralisation au Burkina : Réflexion autour de la formulation des nouveaux référentiels

    Merci pour cet article. J’ai cependant du mal à comprendre de quoi il s’agit ces référentiels. Nouveau code, Nouveaux textes réglementaires, nouvelle stratégie de mise en œuvre de la décentralisation, SCADD locale ?

    Répondre à ce message

  • Le 28 mai 2014 à 19:45, par Bala Wenceslas SANOU
    En réponse à : Décentralisation au Burkina : Réflexion autour de la formulation des nouveaux référentiels

    Cette initiative en elle-même est à saluer car elle traduit au-moins une prise de conscience (collective je l’espère) de redonner du soufflé à cette réforme indispensable pour rester dans un Etat de droit démocratique. La décentralisation commençait à sombrer dans une léthargie, une monotonie, une routine dangereuse. L’intention et le chantier de relance sont à réussir ; et c’est heureux que le PNUD (entre autre) était à la rencontre d’annonce de la relance ; le PNUD et d’autres institutions sont très portée sur ce qui doit devenir une réalité pour avoir des communes au service du développement local : la gouvernance, et la bonne gouvernance. La phase théâtrale est passée, il faut maintenant passer à la l’ancrage de pratiques de bonne gouvernance dans nos communes. A la tête, il faut des maires qui comprennent qu’ils sont/doivent être animateurs/animatrices de dialogues citoyens pour ensemble mobiliser les ressources et surtout les esprits pour aller vers le développement socio-économiques local. J’aimerais de façon citoyenne pouvoir apporter ma contribution à la relance. J’annonce une piste sérieuse (en plus de la bonne gouvernance qui reste l’axe 1) : repensons totalement la déconnection en l’exécutif municipal et le conseil municipal (organe de délibération). Actuellement nous sommes dans une pagaille en ayant un maire, président du conseil municipal et également premier responsable de l’exécutif communal. C’est une aberration à corriger, en prenant le bon exemple sur le schémas lusophone. J’arrête là en restant vigilent sur la suite de chantier indispensable.

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