Société : La CCR-FASO ou le mouvement citoyen pour la promotion et la défense des valeurs éthiques de la vie nationale

lundi 19 mai 2014 à 22h47min

Convergence Citoyenne pour la Renaissance du Faso (CCR-FASO), c’est le nouveau mouvement citoyen qui a été présenté à la presse ce samedi 17 mai à travers une conférence de presse. Ce mouvement que ses membres ont tenu à préciser n’est pas politique, s’est donné pour mission de faire revivre les valeurs morales et de défendre et promouvoir les valeurs républicaines, sociales et éthiques en perdition au Burkina selon eux.

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Société : La CCR-FASO ou le mouvement  citoyen pour la promotion et la défense des valeurs éthiques de la vie nationale

« Une société à l’état de santé peu enviable et décevant du point de vue des valeurs morales, humaines et éthiques », c’est la photographie actuelle que se fait la CCR-FASO du pays. Pour elle, le Faso dans lequel nous vivons aujourd’hui est celui où « la parole donnée a perdu son caractère sacré », un Faso où « le vice le dispute à la vertu, où le défaut semble être élevé en qualité, l’illégal passant pour le légal, l’anormal pour le normal, le mensonge flirtant avec la vérité ». Au plan politique cet état de fait se manifesterait par une absence lamentable dit-elle, d’éthique et de morale. Au plan social, c’est une déperdition et perversion inouïes de nos valeurs que le mouvement dit regretter.

« Avant nous, de nombreuses voix se sont insurgées contre cette perte, ce déni des valeurs » affirme les membres. Ils rappelèrent ainsi le rapport du Collège des Sages de 1999 qui relevait « la perte des valeurs morales telles que la rectitude, l’intégrité, l’honneur, la dignité et l’honnêteté…. le manque d’idéal et de civisme, la perte du sens du caractère sacré de la vie humaine et du respect dû aux morts, la dépravation des mœurs et le matérialisme débridé ». En 2010 rappelèrent-t-ils également, les Evêques du Burkina, dans leurs lettres pastorales de décembre 2010 et de juillet 2013, attiraient l’attention des Burkinabè sur les « 10 fléaux de la société burkinabè ». Fléaux parmi lesquels étaient relevés « l’intolérance et la perte des valeurs, la primauté des intérêts partisans sur le bien commun, l’efflorescence de la corruption et le développement d’une culture de l’impunité, le déni des valeurs morales et religieuses … ».

C’est à la suite d’une assemblée générale constitutive tenue le 27 avril 2014, que les statuts et règlement intérieur ont été adoptés et le bureau crée. Ce dernier est constitué de 18 membres avec pour coordonnateur national Minoungou Ben Youssouf, journaliste, et par ailleurs connu pour avoir été l’un des initiateurs de la pétition contre la modification de l’article 37 en 2010.

La promotion des valeurs comme crédo

« Réconcilier l’homme burkinabè avec son histoire, sa culture et son identité », tel est l’objectif que le mouvement dit s’être donné. Déjà, pour ses membres, le choix du 17 mai n’est pas fortuit. Ce jour rappelle la date d’emprisonnement de Thomas Sankara, qu’ils qualifient d’homme de valeurs, « de digne fils de la nation dont l’intégrité, la droiture, l’amour pour la patrie lui ont valu il y’a 31 ans, soit le 17 mai 1983, d’être arrêté et emprisonné par le pouvoir alors en place ». Au mouvement d’ajouter que l’homme est un héros national, patriote, humaniste et panafricaniste convaincu. La réconciliation avec les valeurs identitaires fondatrices passerait de ce fait donc, par la réconciliation avec notre histoire que disent-ils, « nous devons assumer avec responsabilité, sans complexe ni reniement en vue de rétablir l’Homme et la société burkinabè dans leur fierté, leur dignité, leur honneur et leur intégrité d’antan ».

Se voulant dit-elle unitariste, rassembleuse et plate-forme de convergence, la CCR-FASO dit se donner pour autre ambition, de concilier « le meilleur de la tradition avec les mouvements des peuples et des combats républicains ». Pour cela, elle envisage dépêcher dans les 13 régions du Burkina, des équipes qui prendront attache et feront allégeance aux chefs, autorités religieuses et coutumières pour bénéficier de leur appui et sagesse. Leur but disent-ils, étant d’aboutir à « Un Faso libre, digne et prospère réconcilié avec lui-même ».

Quant aux symboles de l’emblème du mouvement, l’étoile jaune renverrait à la richesse, à la lumière, le point serré lui à la notion de lutte victorieuse. Du côté gauche du poing serré c’est le signe adinkra de la solidarité, du côté droit le riz, symbole ici de production. Les couleurs jaune, vert et rouge seraient celles du Faso actuel avec le rouge présentant le principe de la vie, le vert l’environnement, le jaune l’or, métal inoxydable donc incorruptible. Enfin le noir des éléments poing, signe adinkra, épi et texte renverrait à l’Afrique dans sa dominante nègre et établit un recoupement avec les valeurs.

« Pas de lien organique » avec Jean Baptiste Natama

Des collaborations ou encore des liens de rapprochement entre le mouvement qui n’hésite pas de s’identifier à lui ou le citer en exemple et Jean Baptiste Natama avaient été évoqués. A cette question, « Pas de lien organique » affirmera le coordonnateur pour qui, l’ancien secrétaire permanent du MAEP au Burkina, aujourd’hui directeur de cabinet de la présidente de l’Union africaine est juste vu comme un exemple pour eux. Son œuvre, « Manifeste pour une jeunesse responsable », un essai sur l’éthique et la morale sociale, serait surtout, une source d’inspiration pour le mouvement.

Il ajouta qu’autant M. Natama de par son œuvre fait partie des personnalités qui les inspire, autant d’autres tels Maitre Titinga Paceré et toute personne produisant des œuvres et ayant des idéaux dans lesquels ils s’identifient et se reconnaissent le sont.

Si à la conférence le mouvement n’a pas donné sa position concernant la situation socio-politique actuelle, M. Minoungou affirme que ce sera bientôt chose faite. Ce, après concertation avec tous les membres.
Dans leur déclaration liminaire, les membres avaient néanmoins rappelé que « l’on ne peut prétendument espérer bâtir des sociétés de démocratie sans des démocrates, ni des sociétés républicaines sans des citoyens véritablement républicains qui s’engagent et œuvrent individuellement et collectivement à l’observation et à la préservation des fondamentaux, des règles qui unissent et fortifient la trame sociale ».

Amélie GUE

Lefaso.net

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