Commémoration du 8 mars à l’Arrondissement 7 de Ouagadougou : Des festivités assorties de belles promesses

mercredi 7 mai 2014 à 22h00min

L’Arrondissement 7 de Ouagadougou aura sans doute donné un cachet particulier à la commémoration de la 157eJournée internationale de la femme. En effet, ce sont des festivités par secteur, précédées d’une cérémonie de tout l’Arrondissement, qui ont drainé de grandes foules, de femmes bien sûr. A l’occasion, les besoins des femmes ont été identifiés, des gratifications faites, et l’engagement a été pris de les aider à vaincre l’extrême pauvreté. C’est du moins, ce que nous a confié le maire BoureimaTapsoba dans le cadre d’une interview réalisée le 28 avril 2014 à Ouagadougou.

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Commémoration du 8 mars à l’Arrondissement 7 de Ouagadougou : Des festivités assorties de belles promesses

Lefaso.net : On a beaucoup entendu parler de votre Arrondissement dans le contexte de la commémoration du 8 mars 2014. Qu’avez-vous fait de si particulier ?

Boureima Tapsoba : Il faut dire qu’à l’issue de la commémoration nationale à Banfora, nous avons entrepris de faire quelque chose pour les femmes de notre Arrondissement. Nous avons commencé par la cérémonie de l’Arrondissement en tant que tel à Bonheurville au secteur 31sous la présidence de Mme Sala Compaoré. A l’occasion, nous avons pu offrir aux femmes 50 unités de métier à tisser, quatre unités de fabrication de savon, plus cinq tonnes de riz. Après, nous avons organisé une cérémonie dans chaque secteur de l’Arrondissement.

Ces occasions étaient juste pour interpeller les femmes à faire des actions à même de les aider à sortir de la pauvreté. Nous leur avons demandé de mener des activités théâtrales qui vont peut-être nous donner des pistes de solutions à la pauvreté. Chaque secteur a pu monter sa pièce théâtrale. Et nous en avons en tout cas, tiré beaucoup de leçons par rapport à ce qu’elles attendent de nous : ce sont surtout les micro-finances.

On s’est aussi aperçu qu’avec les métiers à tisser, les femmes peuvent s’en sortir. C’est pourquoi, nous avons pris l’engagement de mettre l’accent sur les métiers à tisser de sorte que l’Arrondissement 7 soit une référence en la matière. Dans ce sens, nous avons décidé de faire fabriquer beaucoup de métiers à tisser et de les mettre à leur disposition. Et comme le ministère de la Promotion de la femme a aussi décidé de ne plus importer les pagnes du 8 mars, nous allons convoquer les femmes et ensemble, nous allons décider des uniformes du 8 mars 2015. Et c’est elles qui vont les fabriquer. Il y a aussi le FAFPA (Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage, ndlr)qui nous a promis des formations en tissage et en savonnerie. Nous sommes en train de nous activer pour que ces formations aient lieu.

On sait qu’à l’occasion de telles cérémonies, des doléances spécifiques sont soumises aux autorités. Est-ce qu’il y en a eues de pareilles qui ont retenu particulièrement votre attention ?

Effectivement, les femmes de chaque secteur ont soumis des doléances spécifiques. Mais globalement, ce sont des problèmes de maternité, de voirie, d’eau, d’électricité, de formation, qui ont, le plus, été soulevés.

En ce qui concerne les problèmes de maternité, nous allons construire des CSPS. Lors des campagnes électorales passées, notre parti, le CDP, a promis un prix pour l’Arrondissement qui aura eu le meilleur score. Dieu merci, nous avons eu ce prix. Avec ça, nous envisageons construire un CSPS au secteur 32. En plus de cela, le ministère de la Promotion de la femme nous a promis un autre CSPS que nous allons implanter au niveau du secteur 31.

Mais nous savons que tout cela ne suffit pas. Nous avons un Arrondissement auquel beaucoup de villages sont rattachés. En matière de route, nous avons pu contacter le ministère des infrastructures qui nous a aussi promis le bitumage de quelques kilomètres de route. En tout cas, nous développons beaucoup d’initiatives, mais ça ne suffit pas pour le moment.

L’autre grande préoccupation pour nous, c’est la construction et l’équipement de centres de formation pour les femmes. Et nous sommes en train de nous atteler à leur trouver des centres de formation, d’apprentissage, de réunion.

Quelle appréciation faites-vous de la participation à ces différentes cérémonies ?

J’en suis très satisfait. Je vous assure que Mme Compaoré, à son arrivée, était surprise et elle m’a confié qu’elle n’avait jamais vu autant de mobilisation pour la commémoration du 8 mars à l’Arrondissement 7. De la commémoration de l’Arrondissement à celles que nous avons eues dans les différents secteurs, ce fut de grandes mobilisations. Et cela nous a vraiment permis de savoir que les femmes n’ont souvent besoin que d’être écoutées, même si on n’a pas la solution à leurs problèmes. Nous avons senti que les femmes manquent d’écoute. Nous avons aussi senti que le fait de les amener à s’exprimer en public, les soulage beaucoup.

En tout cas, nous avons pris l’engagement de ne pas nous arrêter là. Pour l’année prochaine, nous envisageons faire une sorte de foire. A l’occasion, toutes les femmes qui auront bénéficié de métier à tisser seront invitées à venir exposer les pagnes qu’elles auront tissés. Nous allons aussi inviter beaucoup de gens à cette foire. Et nous osons croire que ce sera une occasion d’établissement de relations de partenariat pour la commercialisation de leurs produits.

On sait que la célébration du 8 mars c’est aussi l’occasion d’activités en salles closes. Y’en a eues de pareilles chez vous ?

Nous avons eu à réunir les femmes, nous avons parlé de beaucoup de choses. Mais nous avons voulu qu’elles dégagent elles-mêmes leurs options d’occupation. C’est pour cela que nous leur avons demandé d’organiser des activités théâtrales à travers lesquelles elles peuvent exprimer ce qu’elles veulent. Et c’est justement à travers ces pièces théâtrales que nous avons su quels canaux utiliser pour les aider à trouver des solutions à leur pauvreté.

Si vous aviez un message fort à l’endroit de ces femmes de votre Arrondissement, que leur diriez-vous ?

J’appelle les gens à l’union, à la cohésion ; parce que sans cohésion sociale, il est vain de parler de développement. Nous, nous avons en tout cas pris l’engagement de tout faire pour changer la condition de la femme. Et pour cela, nous n’allons pas aller loin ; nous allons maximiser sur les métiers à tisser. Nous ferons de notre mieux pour que d’ici à deux ans, l’Arrondissement 7 se distingue en matière de métiers à tisser. Mais nous avons aussi conscience que cela n’est possible que s’il y a entente entre les femmes.

Qu’en est-il de la mise en œuvre au sein de votre Arrondissement, des mesures sociales prises par le gouvernement, quand on sait que ces mesures visent surtout à améliorer la condition de la femme burkinabè ?

Ces mesures ont vraiment apporté du soulagement. S’agissant par exemple du projet HIMO (Haute intensité de main d’œuvre, ndlr), nous avions besoin de 120 femmes, en recrutant 30 femmes par secteur. Mais on a enregistré plus de 700 demandes.

Pour les stocks de vivres, nous avons mis en place un point de vente au sein de la mairie. Et nous avons travaillé à ce que les gens en soient suffisamment informés.

Interview réalisée par Fulbert Paré

Lefaso.net

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