Procès sur la reconnaissance officielle de la tombe de Thomas Sankara : Le tribunal se juge incompétent pour statuer

jeudi 1er mai 2014 à 05h42min

C’est ce mardi matin que le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou devait donner son verdict sur l’assignation à reconnaissance officielle du lieu de sépulture du président Thomas Sankara. Après plusieurs renvois du dossier, le tribunal s’est finalement déclaré incompétent pour statuer sur l’affaire.

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Procès sur la reconnaissance officielle de la tombe de Thomas Sankara : Le tribunal se juge incompétent pour statuer

Pour expliquer cette décision, le tribunal a soulevé certaines dispositions légales. Il s’agit de l’article 21 de la loi qui porte organisation des juridictions au Burkina Faso et notamment de la compétence de la chambre civile. Il s’agit également des articles 192,193 et 194 du code de procédure civile qui sont des dispositions techniques.

Interrogé, Maître Bénéwendé Sankara, un des avocats de la famille, expliquera que n’ayant pas pour le moment les motivations du juge, il ne pouvait en l’état actuel tirer toutes les conséquences de la décision. « Nous avons pensé que cette chambre était bel et bien compétente parce qu’il s’agit purement et simplement d’une affaire civile où des citoyens burkinabè veulent savoir si c’est le corps du président Sankara qui se trouve dans une tombe ». Sur la suite à donner, l’avocat affirme qu’ils feront appel contre la décision.

Un public consterné

Après l’annonce de la décision, c’était les cris de protestation dans la salle. Un public qui n’hésitait pas à scander « justice corrompue », « justice sera rendue tôt ou tard ». Avant de quitter la salle, toutes ces personnes ont repris en chœur l’hymne national. Il faut noter que ces bruits dans la salle ont amené les juges du tribunal à se retirer pour une trentaine de minutes.

« Une mascarade minutieusement orchestrée », relève le rappeur et porte-parole du Balai Citoyen Smockey, qui se dit choqué de savoir que la justice est incapable de rendre le droit au citoyen. « Nous ne sommes pas dans un pays où la justice est libre malheureusement, les pouvoirs ne sont pas séparés ». Néanmoins dira-t-il « la lutte continue pour que justice soit rendue ».

Amélie GUE

Lefaso.net

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