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Administration publique : Y a-t-il des fonctionnaires ‘’ad vitam aeternam’’ au Faso ?

Accueil > Actualités > Politique • • samedi 19 avril 2014 à 00h04min
Administration publique : Y a-t-il des fonctionnaires ‘’ad vitam aeternam’’ au Faso ?

Des fonctionnaires réquisitionnés à leur admission à la retraite, il y en a. Sans doute aussi que certains d’entre eux réintègrent l’administration publique pour une durée longue, sinon très longue. En tout cas, un constat s’y rapportant a fait l’objet de question à l’attention du Chef du gouvernement Luc Adolphe Tiao. C’était le 3 avril 2014 à l’occasion de son discours sur la situation de la Nation (DSN) devant la Représentation nationale.

Dans le cadre du débat qui a suivi la livraison du DSN, certains groupes parlementaires ont eu du mal à gérer leur temps de parole, tant l’occasion pour eux était belle pour charger le PM avec le maximum de questions. C’est dans cette course effrénée contre la montre pour susciter davantage le débat, que la présidente du groupe parlementaire UPC (Union pour le progrès et le changement), Rose Marie Compaoré a, entre autres, demandé au chef suprême de l’administration publique d’éclairer l’opinion sur le maintien interminable en activité de certains fonctionnaires.

En effet, précisant avoir fait le constat que certains agents publics longtemps admis à la retraite, sont encore en service, Mme Compaoré demande éloquemment « Qu’est-ce qui justifie leur maintien ? Sont-ils si indispensables au point que l’administration ne puisse pas les remplacer ? Comment sont-ils rémunérés alors qu’ils sont bénéficiaires de pension de retraite ? Quelle manifestation d’intérêt les a sélectionnés pour leur compétence ? »

Une question à multiple branches qui a été parmi les chanceuses dans l’offre de réponses du PM. En effet, rappelle Luc Adolphe Tiao, «  le maintien de fonctionnaires atteints par la limite d’âge dans l’administration est réglementé par un décret, celui du 15 juin 2005 portant conditions de réquisition des agents de la Fonction publique ». Mieux, précise-t-il, ce décret dispose en son article 8 que : «  La réquisition ne peut être demandée que pour des emplois de haute qualification pour lesquels l’administration n’a pas pu disposer des moyens nécessaires pour assurer la relève  ». Et d’ajouter, «  même dans ce cas précis, cette réquisition ne peut excéder deux ans ».

Et ce décret est bien consulté toutes les fois qu’il y a des demandes de réquisition, rassure le Chef du gouvernement. Mais cette réponse, a-t-elle emporté la satisfaction de la députée Rose Marie Compaoré ? Difficile d’en être sûr.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auteur de la question semble avoir connaissance de cas d’agents retraités mais maintenus en fonction depuis plus de deux ans. En sus, la réponse n’a véritablement pas épuisé la question posée qui, nous semble-t-il, est d’une importance particulière. En effet, le problème posé est celui de fonctionnaires irrégulièrement maintenus en poste. Ce qui induit injustement à tout le moins, des charges au compte du contribuable à un moment où le discours est celui de la rationalisation de la dépense publique.

Et quand on sait que l’âge de départ à la retraite est fixé en tenant compte des capacités productives de l’Homme normal, l’on peut bien douter que le maintien du retraité le soit du seul fait de sa compétence ; sauf à vouloir des fonctionnaires à vie.

Et la tendance – en termes d’incidence – d’un tel maintien, est celle de l’installation de la faible productivité, du clientélisme, de la politisation à outrance. En tout cas, le maintien interminable de fonctionnaire réquisitionné frappe frontalement l’obligation juridique qui pèse et sur tout fonctionnaire admis à la retraite de se retirer de l’administration publique, et sur l’administration de le remercier.

Fulbert Paré

Lefaso.net

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