Zephirin Diabré, Chef de file de l’opposition politique : « Depuis la révolution de 1983, c’est la même élite prétendument de gauche qui gouverne… »

samedi 12 avril 2014 à 03h36min

Zéphirin Diabré, président de l’Union pour le progrès et le
changement (UPC) et chef de file de l’opposition politique
(CFOP), en tant qu’acteur politique de premier plan, a été
beaucoup sollicité depuis qu’il a pris les rênes de
l’opposition. A travers cette interview qu’il a accordée à
Mutations, il revient sur le « conflit idéologique » qui
l’oppose à certains responsables de syndicats dits « rouges »
et donne sa part de vérité concernant les options politiques
du pays. Il a passé également la situation nationale dans
ses fourches caudines. « Zéphirin sans tabou », pourrait-on
dire. Lisez plutôt !

Zephirin Diabré, Chef de file de l’opposition politique : « Depuis la révolution de 1983, c’est la même élite prétendument de gauche qui gouverne… »

Cela fait un an que vous occupez le poste de chef de file de l’opposition burkinabè. Quel bilan peut-on en faire ?

L’année qui vient de s’écouler a été à la fois riche et éprouvante pour l’opposition, qui a mené et continue de mener le combat contre la mise en place du Sénat et la révision de l’article 37. Le bilan à ce jour me parait satisfaisant, même si je me garde de crier victoire.
A côté de cet aspect visible, il faut noter que l’opposition a engagé des réflexions sur les chantiers de sa rénovation et sur son organisation propre.

En un an, tout le monde reconnait que votre arrivée à la tête de cette institution a donné une certaine couleur à l’opposition burkinabè. Elle a une communication mieux structurée et une bonne capacité de mobilisation. A votre avis, qu’est-ce qui a été déterminant pour atteindre ces résultats ?

Je suis mal placé pour vous répondre. Moi, je me suis efforcé de faire du mieux que je pouvais. Mais je n’oublie pas que le travail de l’opposition est d’abord collectif. De ce fait, si mérite il y a, il revient à l’ensemble des partis politiques de l’opposition.

Deux mois après votre prise de fonction, vous avez engagé la bataille contre la mise en place du sénat et la révision de l’article 37. La première marche du 29 juin a été une réussite et toutes les autres furent plus éclatantes. C’est une grande satisfaction pour vous ?

Comme je l’ai dit plus haut, la bataille n’est pas encore définitivement gagnée, même si l’adversaire a été affaibli. Si les différentes actions de protestation ont été un succès, on le doit surtout à la mobilisation des citoyens et à leur détermination. De ce point de vue, les organisations de la société civile ont énormément contribué à ces différentes actions, et je tiens à les remercier. L’opposition n’a fait qu’offrir le cadre légal dans lequel le peuple pouvait exprimer sa colère.

N’est-ce pas aussi une grande aubaine pour vous en tant que futur candidat à la présidentielle ?

Je n’ai jamais envisagé ma responsabilité de Chef de file de l’opposition comme un tremplin pour une quelconque ambition personnelle.

Pendant ces premiers moments de mobilisation, une polémique a surgi sur le contenu de l’alternance que vous proposez. Tollé Sagnon, alors SG de la CGTB et président de la CCVC a fustigé votre orientation néo-libérale et appelle les Burkinabè à la vigilance. Comprenez-vous cette critique ?

D’abord je tiens à souligner que je n’ai pas de problème personnel avec Tollé Sagnon ni avec qui que ce soit d’ailleurs. J’ajoute que je considère qu’il a beaucoup apporté au syndicalisme burkinabè et que la qualité de son engagement pour la défense des intérêts des travailleurs mérite d’être reconnue. Je ne suis pas de la même option idéologique que lui, mais cela ne m’empêche pas de respecter ses opinions.

Dans ses propos, il ne m’a pas cité. Il a simplement parlé des politiques, néo libérales et c’est la presse qui a pensé qu’il parlait de moi. Et je n’ai pas à me sentir concerné puisque je ne suis pas néo libéral.

Si Tollé Sagnon et ses camarades n’aiment pas les politiques néo libérales, qu’ils s’en prennent à leurs amis de la gauche et de l’extrême gauche, tous ces groupuscules avec lesquels ils se sont bagarrés sur les campus et pendant la révolution sankariste. Ce sont eux qui, au moment du Front populaire qu’ils dirigeaient, ont organisé les assises nationales où on a décidé que le Burkina Faso devait aller au PAS(NDLR : Programme d’ajustement structurel). A l’époque, j’étais cadre supérieur à Brakina.

Je termine en disant que les marches de l’opposition ont pour objectif d’empêcher la mise en place du Sénat et la révision de l’article 37.Elles n’ont pas pour objectif d’imposer telle ou telle politique. Dans tous les cas, ce sont les burkinabè qui, par leur vote démocratique, décideront le moment venu, de la politique économique qui sera mise en œuvre par le gouvernement de l’alternance.

Vous dites que vous n’êtes pas « néolibéral ». Pourtant, vous aviez répondu à Tollé pour affirmer votre fierté d’appartenir au courant néo-libéral, est-ce que vous n’avez pas ouvert une brèche dans l’unité de l’opposition qui est tout de même plurielle au sein du CFOP ?

Vous me donnez là l’occasion de rétablir les choses, et de commencer un débat idéologique que j’appelais de tous mes vœux.

En répondant à Tollé Sagnon, j’ai dit que j’étais fier d’être libéral ; et je le proclame à nouveau ici. Oui je suis fier d’être libéral. Mais je n’ai jamais dit que j’étais fier d’être néo libéral, puisque je ne le suis pas.

A gauche comme à droite, il y a plusieurs chapelles idéologiques et plusieurs courants de pensée.
A gauche, pour simplifier, on a les communistes, les socialistes, et les socio-démocrates. A droite, on a les centristes, les libéraux, et les conservateurs. Chacun de ces groupes se sub-divise en sous-groupes qu’on ne peut pas confondre.

Par exemple, les Staliniens, les Troskistes et les Maoïstes se disent tous des communistes. Mais il y a beaucoup de différence entre eux, et si vous dites à un maoiste qu’il est trostkiste, il le prendra pour une injure. La différence est plus grande entre un social-démocrate et un communiste, même s’ils sont tous de gauche.

De la même manière, dans la famille libérale, il y a plusieurs courants de pensée. Ces courants de pensée ont des différences très fortes, même si toutes les obédiences croient en l’économie de marché.

Le courant néo libéral est principalement issu de l’école de Chicago, avec pour maitre à penser Milton Friedman, qui lui-même a pour maitre Friedrich Van Hayek. Leur crédo, c’est l’Etat minimal, et la suprématie du jeu de la libre entreprise .Ils s’apparentent en fait au courant conservateur. Leurs théories ont été d’ailleurs appliquées par Margareth Thatcher, qui était conservateur, et non libéral. Nuance !

Mais à côté d’eux, il y a d’autres écoles du libéralisme. Par exemple, moi j’appartiens à l’école libérale de Harvard qui a pour maitres à penser des gens comme John Stuart Mill, Johm Maynard Keynes, ou Amartya Sen, Prix Nobel d’économie encore actif de nos jours. Cette école de Harvard s’appelle l’école de social libéralisme. C’est Amartya Sen qui a suggéré au PNUD son fameux Indice de Développement Humain, utilisé chaque année pour classer tous les pays du monde, et basé sur l’accès à l’école, à la santé, etc.

Contrairement aux néo libéraux qui préconisent l’Etat le plus minimal possible, les socio libéraux sont pour l’intervention de l’Etat, pour assurer les services sociaux de base, la sécurité, le respect des règles de concurrence, etc…De ce point de vue, le social libéralisme a des ressemblances avec la social-démocratie, mais avec une nuance fondamentale : les socio libéraux partent du libéralisme, croient en la capacité de l’économie de marché à créer la prospérité, mieux que tout autre système économique, tout en reconnaissant qu’on ne peut pas tout laisser à la loi du marché, et qu’il faut veiller à ne pas laisser les inégalités devenir trop grandes, d’où le rôle de l’Etat.

Les sociaux démocrates eux, font partie du socialisme, mais ils se sont rendus compte que le modèle politique socialiste ( parti unique, dictature du prolétariat, etc .. ) n’est pas adapté et que son système économique (où l’Etat devient en fait opérateur économique majeur dans tous les domaines) n’est pas performant pour créer la prospérité économique, et se disent finalement qu’il faut injecter une dose de capitalisme dans l’économie.

C’est le courant social libéral qui a fait que la Banque Mondiale et le FMI sont passés du PAS à la Stratégie de lutte contre la pauvreté !

De nos jours tous les courants de la gauche même ceux qui se disent communistes radicaux, acceptent le principe de l’économie de marché ; ils dénoncent simplement les excès du système capitaliste. Aucun économiste marxiste ne propose encore un modèle économique socialiste alternatif comme c’était le cas avant l’implosion de l’empire soviétique ; tous sont devenus des critiques des excès du capitalisme, ce qui implique qu’ils acceptent le principe même du capitalisme. C’est une nette évolution par rapport au passé ! Il faut dire que quand on compte un à un les pays du monde, il est difficile d’en trouver plus de cinq qui n’appliquent pas une politique économique que l’on pourrait qualifier de libérale !

Mais si je suis fier d’être libéral, notamment d’être social libéral, c’est parce que, sur le plan politique, ce sont les idées libérales qui ont définitivement triomphé.
La vision libérale de la politique, c’est la démocratie dite libérale, c’est-à-dire une démocratie où règne la liberté de pensée, la liberté d’association, l’acceptation de ceux qui ne pensent pas comme vous, les compétitions électorales libres, équitables et transparentes, la liberté de voter pour qui on veut.

La gauche, après avoir longtemps défendu le modèle de démocratie dite populaire (parti unique d’avant-garde, absence de pluralité d’idées, répressions des idées dites bourgeoises, élections verrouillées par le parti, absence de compétions électorales pluralistes etc..) s’est reconverti à la démocratie libérale, qu’elle désigne d’ailleurs sous le vocable de démocratie bourgeoise. Eh bien partout à travers le monde, c’est la démocratie libérale que les gens réclament.

Donc là aussi, comme sur le plan économique, la gauche a rejoint les libéraux. C’est une capitulation en rase campagne !

Le social libéralisme est sans doute la voie qui convient à nos pays avec la promotion de l’initiative privée, mais intervention de l’Etat, dans un équilibre bien pensé ! Vous savez, les gens confondent le libéralisme, qui est d’abord une philosophie pour l’action, et le capitalisme, qui est un mode d’organisation économique. Or ce n’est pas la même chose. Les socio libéraux prônent le capitalisme parce qu’ils considèrent que c’est le meilleur mode d’organisation économique pour créer la richesse, faire l’innovation et apporter le progrès. Mais ils ne croient pas en la fameuse main invisible d’Adam Smith et de ce fait pensent que l’Etat a un rôle très important à jouer dans l’économie, mais sans tomber dans le socialisme.

Au fait, quand mes amis à Harvard ont appris que j’avais été traité de néo libéral, ils m’ont contacté pour s’assurer que je n’avais pas rejoint les gens de Chicago. Je les ai rassurés que j’étais stoïque sur mes convictions. Pian !

Expliquez-nous en détail ce qui différencie le social libéral que vous dites être, aux néo libéraux de l’école de Chicago

La différence se situe d’abord sur le plan philosophique. Comme vous le savez, le libéralisme est une doctrine de philosophie politique qui affirme la liberté comme principe politique suprême ainsi que son corollaire de responsabilité individuelle, et revendique la limitation du pouvoir de l’Etat.

Les néo libéraux font de la liberté individuelle le principal moteur de l’organisation politique et économique. Ils définissent la liberté comme étant l’absence de contrainte. D’où leur appel à un Etat strictement minimal, et à une économie de laisser faire total.

La doctrine sociale libérale quant à elle met au centre de sa pensée le développement tant intérieur que matériel des êtres humains pensés dans leur interaction sociale. C’est pourquoi cette doctrine a été un des promoteurs de la notion de justice sociale. En effet, pour les socio- libéraux, la liberté ne signifie pas seulement l’absence de contrainte, mais aussi la capacité d’agir. Si vous donnez à quelqu’un une liberté dont il n’a pas les moyens de jouir, il y a problème. Par exemple, si vous dites que quelqu’un est libre de voter, et que vous ne lui apprenez pas à lire et écrire afin qu’il puisse comprendre la différence entre un programme social libéral et un programme communiste, il y a problème ! Est-elle vraiment libre ?

Sur le plan économique et social, le social libéralisme fait la promotion des institutions cherchant à concilier liberté et égalité à travers notamment la mise en place de régulations ayant pour but d’établir une concurrence équilibrée et de politiques de redistribution visant à accroitre les « capabilités » ( le mot a été inventé par Amartya sen) des individus.

Est-ce que c’est ce débat qui a freiné l’élan du comité chargé de faire des propositions allant dans le sens de la désignation d’un candidat unique de l’opposition à la présidentielle de 2015 ?

Non il n’y a jamais eu au sein du CFOP de comité chargé de réfléchir sur une candidature unique. Il y avait cinq chantiers de réflexion, et l’un de ces chantiers concernait la plateforme minimale de l’opposition. Il s’agissait de s’entendre sur une plateforme que tous les opposants s’engageraient à mettre en œuvre s’ils arrivaient au pouvoir. Mais cela n’impliquait pas une candidature unique.

Après la démission des anciens barons du CDP et la création de leur parti politique, le MPP, on peut dire que le rêve d’une candidature unique de l’opposition vient de s’envoler quand on sait que Roch est d’office candidat si l’on en croit les propos de Salif Diallo. Comment allez-vous vous positionner ?

Sur le principe, il n’a jamais été question d’une candidature unique dans l’opposition, même avant la naissance du MPP. Donc ce n’est pas la création du MPP qui a fait que l’opposition n’aura pas de candidature unique. Je vous signale que certains opposants avaient déjà annoncé leur candidature à la présidentielle de 2015 avant que le MPP se créé.

L’opposition est plurielle et c’est une bonne chose. Chacun des partis qui la composent a été créé pour conquérir le pouvoir d’Etat. Maintenant, tactiquement, on peut avoir ici et là des alliances, mais cela ne passe pas forcément par une candidature unique.

Serais-je candidat en 2015 ? C’est le parti qui va décider. Chez nous à l’UPC, ce n’est pas un individu qui décide qui sera candidat ou pas ; c’est un congrès. Cela dit, si je suis candidat, pourquoi voulez-vous que je me positionne vis-à-vis des autres ? Mon positionnement est simple :je suis social libéral, je suis un opposant qui n’a pas eu de responsabilité avec ce régime depuis 17 ans même si j’ai travaillé avec lui pendant 5 ans (1992-1997). Enfin je milite pour une alternance globale, une alternance alternative. Au-delà du changement d’hommes et de gouvernement, je suis pour un changement total de politique et de manière de gouverner. J’ajoute que quelque part, je suis pour une relève générationnelle, et l’UPC, mon parti, fonctionne d’ailleurs dans cette perspective.

Depuis la révolution de 1983, c’est la même élite prétendument de gauche qui gouverne, par-delà ses querelles et ses retrouvailles. Elle était sankariste entre 1983 et 1987. Elle s’est rebaptisée social-démocrate en 1987. Mais ses animateurs sont issus des mêmes cercles. Est-elle indiquée pour conduire demain le changement attendu par les générations montantes ? Son maintien au pouvoir après 2015 peut-elle signifier l’alternance ? C’est une question importante à méditer.

En expliquant les raisons de leur départ du CDP, Salif Diallo a expliqué que le CDP se disait social-démocrate mais appliquait une politique néo libérale. Un commentaire ?

J’ai beaucoup de considération pour Salif Diallo et pour le courage qu’il a eu de rompre avec le CDP. Je ne vais pas défendre le néo libéralisme puisque ce n’est pas ma chapelle. Et je suis mal placé pour commenter les querelles au sein du CDP. C’est au CDP qu’il faut poser votre question !

On a longtemps dit que vous êtes « l’homme de Roch ». Quelle est la part de la vérité et du fantasme ?

J’ai de très bons rapports avec Roch comme avec beaucoup d’autres leaders politiques burkinabè. Mais permettez que je me définisse d’abord à partir de mes convictions propres et de ma personnalité propre !

Aujourd’hui, vous êtes ensemble dans l’opposition, unis pour une alternance démocratique sans la candidature de Blaise Compaoré. Que comptez-vous faire pour contrer un éventuel referendum prôné par le CDP et ses alliés du Front républicain ?

Vous pensez que je vais vous dévoiler notre stratégie au détour d’une interview ?

Jusqu’à présent, Blaise Compaoré n’a pas réagi à vos différentes interpellations lors de vos marches et après la remise de votre mémorandum. Comment interprétez-vous son attitude ?

Je n’ai pas à interpréter son attitude. J’ai simplement à demeurer vigilant !

En fin mars, Blaise Compaoré était à Paris pour un séjour privé. Au même moment, vous étiez aussi hors du pays ainsi que les trois premiers responsables du MPP. Avez-vous rencontré le président ?

J’étais certes hors du pays, mais je n’étais pas à Paris. On ne pouvait donc pas se rencontrer.

Quel rôle la France peut-elle jouer dans la situation de blocage actuel ?

Aucun ! Nous sommes un pays indépendant. C’est à nous de régler nos problèmes.

Vous avez créé un état-major au sein du CFOP. Il a produit quelques communiqués et depuis, silence radio. Que devient-il ?

L’activité de l’état-major ne se limite pas à la publication de communiqués. Un travail de fond est en train de se faire, c’est le plus important

Lors de la toute première marche du CFOP, vous aviez mis ensemble les questions sociales des populations avec les revendications politiques. Est-ce que la question des coupures d’électricité peut-elle faire l’objet d’une marche de protestation ou bien cela n’est pas dans les priorités du CFOP ?

Les causes sociales n’ont pas été oubliées, loin de là ! D’autres occasions se présenteront où elles seront prises en compte. Les coupures d’électricité sont un souci majeur pour les populations et les opérateurs économiques. Elles méritent de devenir un point de revendication.

Vous n’avez pas jusqu’ici réussi à créer un large front contre une probable candidature de Blaise. Les syndicats semblent réticents à vos appels et de plus en plus d’autres organisations de la société civile aussi s’organisent dans une coalition autonome ? Comment expliquez-vous cette difficulté à créer une large coalition nationale ?

L’histoire de la relation entre l’opposition et les syndicats ou la société civile est quelque peu complexe. Il y a eu des malentendus dans le passé. Il faut donc du temps pour résorber les méfiances.

Cela dit nous avons rencontré les syndicats à la bourse du travail. Les entretiens ont été très cordiaux et nous avons d’ailleurs convenu ce jour-là de travailler à la constitution d’une plateforme commune de lutte.

Avec la société civile, nous travaillons déjà ensemble autour des mots d’ordre de protestation. C’est l’occasion pour moi de les remercier à nouveau pour leur concours.

Dans un communiqué du Ministère de l’Administration territoriale et de la sécurité, on apprend que 71 partis politiques se revendiquent de l’opposition contre 26 de la majorité. Pourtant, sur la liste de l’opposition, y figure des partis comme l’UNDD qui siègent au gouvernement et qui sont membres du Front républicain. N’est-ce pas une situation incommode pour le CFOP que vous êtes ?

C’est plutôt une situation ubuesque pour le gouvernement, puisque nous sommes le seul pays au monde où on peut participer au gouvernement et être de l’opposition. Mais le problème n’est pas là ; l’essentiel est que les burkinabè sachent qui est opposant et qui ne l’est pas !

La médiation interne impute l’échec de son initiative aussi bien à la majorité qu’à l’opposition. Qu’en dites-vous ?

Je n’ai pas de commentaire à faire

Que suggérez-vous après cet échec de la médiation ?

Je n’ai pas de suggestion particulière à faire

La CENI vient de rendre public son agenda électoral. Cet agenda ne fait allusion qu’à la présidentielle de novembre 2015. Pourtant les rumeurs sur un éventuel referendum sur la modification de l’article 37 sont toujours persistantes !

Comment vous répondre ? Comme vous et tous les burkinabè, j’attends de voir ce que le pouvoir va décider. J’ai des hypothèses mais aucune certitude. Mais ne vous en faites pas, pour chaque cas de figure, la riposte la plus appropriée est prévue !

La présidentielle c’est dans 18 mois. Comment abordez-vous l’échéance au niveau de l’opposition ?

Tous les partis ne présenteront pas de candidat à la présidentielle. C’est évident. Le moment venu, les partis se déclareront et partant de là, on verra comment s’organiser au niveau de l’opposition.

L’UPC a perdu tous ses sièges à l’arrondissement 4. Quelles leçons tirez-vous de cet échec électoral dans un arrondissement de la capitale où les jeux étaient ouverts ?

Nous avons misé sur de mauvais chevaux. A Yamba dans le Gourma, nous avions les bons chevaux, ce qui nous a permis de prendre enfin la mairie qui nous avait échappé en 2012.


D’aucuns estiment que vous avez fait une erreur de casting dans la confection des listes !

C’est bien ce que je dis. Le problème c’est que les listes ont été confectionnées à la suite de primaires. Les candidats retenus étaient connus des militants, mais n’étaient pas connus de la population.
Peut être le parti aurait-il dû garder les anciens candidats, quitte à ne pas faire jouer la démocratie !

Vos conseillers municipaux de l’arrondissement 5 ont animé une conférence de presse le 27 mars dernier au cours de laquelle ils laissent planer des menaces sur la survie du conseil municipal. Faut-il s’attendre à une nouvelle dissolution dans les jours à venir ?

La situation à l’arrondissement 5 doit être clarifiée. Le conseiller municipal qui nous a trahi a été exclu de l’UPC. Il continue de siéger au conseil municipal et surtout d’agresser verbalement les conseillers UPC. C’est inacceptable. Si ses nouveaux amis ne le ramènent pas à l’ordre, l’UPC ne participera pas aux sessions budgétaires.

Le gouvernement à travers un conseil des ministres extraordinaires tenu le lundi 24 mars dernier a dévoilé une panoplie de mesures sociales. Quelles appréciations faites- vous de ces mesures ?

Les filets sociaux qui permettent d’amortir les souffrances des populations sont toujours bonnes à prendre. Le seul problème, c’est qu’il s’agit de mesures ponctuelles, alors que les problèmes eux sont structurels.

D’aucuns estiment que c’est pour créer des soucis au probable futur successeur du président Compaoré. En tant qu’économiste, de telles mesures sont-elles sincères et réalistes ?

Je ne lis pas dans les pensées du Président, donc je ne peux pas vous répondre. Pour le reste, je vous ai déjà répondu !

Depuis quelques temps vous êtes en tournée. Etes-vous-déjà en campagne ?

Plus ou moins ! Disons que c’est un tour de chauffe ! Mais je ne suis pas formellement candidat, puisqu’il appartient à un congrès d’en décider ! L’UPC est un parti démocratique. Ce n’est pas la propriété de son président !
Interview réalisée par Touwendinda Zongo

MUTATIONS N°50 du 1er avril 2014. Bimensuel burkinabé paraissant le 1er et le 15 du mois
(contact : mutations.bf@gmail.com, site web : www.mutationsbf.net)

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