Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

vendredi 11 avril 2014 à 23h20min

C’est devenu comme un rituel. Difficile de passer une journée pleine à Ouagadougou sans avoir les oreilles titiller par des bruits assourdissants. Vous n’êtes pas en train d’assister au décollage d’un Boeing 747 à l’aéroport international de Ouagadougou. Vous êtes soit dans à votre lieu de travail, soit à quelques mètres de votre domicile. Toute cette cacophonie magistralement synchronisée, toute cette nuisance sonore est la résultante du délestage et de la mise en marche spontanée de groupes électrogènes de différents gabarits. Depuis quelques années, les Burkinabè s’adaptent aux trois saisons : la saison pluvieuse, la saison sèche et la saison des délestages.

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Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

Le délestage est une belle excuse pour occulter ce qui légalement apparait comme une infraction. Tapage nocturne ? Un non-sens en ce moment. Portez plainte où vous voulez et on se demandera si vous jouissez de toutes vos facultés. Avec un dédain à peine voilée, on vous traitera d’ennemi de la république opposé au développement et à l’épanouissement de ses concitoyens.

En fait, sans nous fier à une étude scientifique, de manière empirique donc, il est aisé de mesurer l’impact des coupures d’électricité sur l’économie nationale. L’activité dans tous les secteurs est au ralenti. Une image satellitaire vous démontrera certainement que la capitale du Burkina Faso s’est transformée en un vaste champ ou des guirlandes donnent à voir un spectacle de lumières hautement préjudiciable en terme de retombées pour les populations déjà relativement affligées par une conjoncture cyclique.

Et si vous avez envie de vous détendre, un bon verre hors de votre « gîte crématoire », dans un jardin sombre, lugubre ou un espace vide suspect, peut vous faire le plus grand bien à condition que vous soyez amateur de boisson chaude ! Oui c’est ça ! Bois et tais-toi en attendant que l’électricité soit rétablie dans ton quartier.

Les élèves et les étudiants le savent. Le délestage est propice aux migrations. Je quitte un point A pour un point B en attendant que l’électricité « revienne » dans le point A, selon un programme hypothétique de La SONABEL. Et si vous entendez un grand Waouuuu dans votre secteur, rassurez-vous il ne s’agit pas d’un match de football. Alain Traoré n’a pas marqué pour les Etalons face à leurs adversaires. Généralement cette exclamation est suivie de l’expression : « le courant est venu !!! ».

Même les religieux et leurs fidèles ne sont pas épargnés. Pendant le délestage l’appel du muezzin s’éteint dans le vrombissement des groupes électrogènes. Ceux qui le considéraient comme leur horloge humaine vont devoir déchanter, se réveiller par eux-mêmes et se conformer à la nouvelle donne !

Richard Boubié Tiéné
tienerichard@hotmail.com

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Vos commentaires

  • Le 11 avril 2014 à 07:39, par SMS
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    C’est simple, si la SONABEL ne peut pas assurer le service pour lequel le client a souscrit, ce dernier est en droit de demander des réparations de dommages. Il est en droit de ne pas payer. Mais hélas comme dans l’inconscient collectif, on préfère avoir des miettes que réclamer ses droits, ceci risque de perdurer. Il en est de même pour les réseaux de téléphonie mobile. Tant que le consommateur ne prendra pas sa révolte en main il n’ y aura point de changement, car quelle que soit la situation, quelle que soit la défaillance, le fournisseur lui engrangera toujours son profit.

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  • Le 11 avril 2014 à 07:52
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Article sans intérêt. Pourquoi la Sonabel a toujours 2 ou 3 ans de retard dans ces investissements pour satisfaire la demande en jus depuis des années ? est-ce si compliqué de planifier, gérer et prévoir (savoir anticiper) ? La centaine de milliard que l’on va gaspiller pour les mesures sociales aurait été bien utile pour investir dans des centrales pour l’électricité. C’est avec cette énergie disponible 24 heures sur 24 que l’on peut se développer et mener des activités économiques, génératrice de revenus et capable de lutter contre la misère et le chômage. On préfère dilapider nos maigres ressources et, demain, on aura nos yeux pour pleurer et continuer à ce plaindre de la Compaoré sinistrose qui ne fait pas avance ce pays vers l’émergence. Ce gouvernement prend nos citoyens pour de simples garibous au bord des voies en distribuant de temps en temps quelques billets de banque dans leur soitdisant mesures sociales.

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    • Le 13 avril 2014 à 01:56, par Le Marteau noir
      En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

      Article bien rédigé et satirique ! Merci Monsieur Tiéné de nous faire vivre le Faso réel ! Le précédent forumiste dit que c’est sans intérêt mais à lire la longueur de sa réaction, il semble lui même plus qu’intéresse. Triste paradoxe d’un Burkina aigre !!!

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  • Le 11 avril 2014 à 09:25
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Belle article

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  • Le 11 avril 2014 à 10:12, par Dumper
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Merci beaucoup à vous pour cet article !
    En tout cas je me suis bien marrée.
    Bon debut de week end à tous !

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  • Le 11 avril 2014 à 10:27, par Eldy
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Eéééhhh oui !!! C’est ce à quoi nous sommes réduits en ce moment. S’exclamer pour un retour d’électricité...C’est vraiment malheureux. Quelqu’un peut me rappeler c’est quoi encore la SCAD ??? et à quoi ça devrait servir ????

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  • Le 11 avril 2014 à 11:49, par Uncitoyen
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Le problème est que la saison du délestage est continue. DU 1er janvier du 31 décembre on assiste au délestage. Depuis que le pays est devenu émergent le délestage fait parti de notre quotidien.

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  • Le 11 avril 2014 à 12:27, par mathaus
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Et quand je penses qu’on nous dit que dans la sous région c’est ainsi. on ne vise plus l’excellence mais la médiocrité

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  • Le 11 avril 2014 à 14:11, par Leuk le lièvre
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Trop drôle, monsieur Tiené.

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  • Le 11 avril 2014 à 14:23, par Bitua
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    En fait il n y a même pas un programme de délestage bien appliqué, c est au petit bonheur, la chance ! Chez nous
    à Pissy, c est matin, après midi ou le soir tous les jours de la semaine. Et ce qui m épaté le plus, c est qu on nous parle d électrification tout azimut dans le pays. Propagande quand tu nous tiens !!!

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    • Le 11 avril 2014 à 16:02, par WendGuudi
      En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

      Trop de tapage pour rien, Mrs de l’énergie. Tantôt c’est Komsilga, tantôt c’est la connexion avec la côte d’Ivoire, Tantôt c’est la connexion avec la Ghana. Quand quelqu’un dure trop longtemps dans son poste, il devient inefficace. Il passe son temps à défendre son poste qu’à travailler. Depuis combien de temps le Mr de l’énergie est dans ce poste. Et chaque année, ce sont les mêmes problèmes, les mêmes difficultés, les mêmes délestages.
      On a coutume de dire qu’on ne change pas une équipe qui gagne mais avec l’équipe de la SONABEL, moi je ne vois pas ce qu’on gagne et pourtant l’équipe est là, bien assise. il faut du neuf dans ce secteur. On est fatigué de ces délestages, de ces mensonges, où on en est avec la centrale de Komsilga ?

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    • Le 11 avril 2014 à 16:27, par Le kingtango
      En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

      Moi je propose tout simplement une désobéissance civile qu’on refuse aussi de continuer à payer nos facture car la sonabel ne remplit pas sa part de contrat en vers ses clients !leur slogan c’est y’a pas d’argent y’a pas d’argent.Sans même parler du soutient de l’État et des partenaires techniques et financiers qui la soutient,ou elle mets l’argent des facture avec les nombreuses taxes dessus ? en plus que l’électricité n’est pas subventionné au faso à ce que je sache !!pourquoi elle n’arrive pas à satisfaire ne serait ce que les grandes villes ??et on parle d’émergence !mon œil oui !émergence sans énergie si ce n’est au Faso de Blaise !

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    • Le 11 avril 2014 à 17:34, par Kapré
      En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

      Et où vont ces multiples alors que SONABEL ne respect pas son contrat .

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    • Le 11 avril 2014 à 19:01, par bakiba
      En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

      c’est dommage que l’on veuille servi du vin à tous les invités pendant que le stocke disponible est inexistant. Politique quand tu inhibe la volonté des techniciens . Alors où se trouve les fruits de notre croissances pendant que les milliards attendent la campagne électorale de 2015. Tonton papa Blaiso renforce encore le parc de production de la SONABEL avec les revenus de son ministère de tutelle. Tous les fils d’un même père doivent jouir du même menu le soir avant d’aller se au lit.

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  • Le 11 avril 2014 à 14:50, par Vision-2015
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Mr Richard,
    Qu’est ce que vous ne comprenez pas ? Nous sommes en plein dans le Burkina emergent de son Excellence Blaise Compaoré.

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  • Le 11 avril 2014 à 15:42, par Element
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Le budget du senat suffira a ameliorer les conditions de l’electricite. Mais on ose pas, tout simplement parce que le courant sait qu’il ne se coupera pas a Kossyam. hahah

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  • Le 11 avril 2014 à 15:46, par Gaël
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    En fait ce qui est marrant de ce pays quand tu fais cas d’une situation, on te retoque que même dans les pays voisins c’est la même situation(coupure électricité, d’eau, coût du carburant...)Dés que tu parles du changement des dirigeants c’est en moment qu’on vous sort une théorie de fou.Que c’est pitoyable

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  • Le 11 avril 2014 à 16:18, par Dikielté
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Mais où est passé le moteur de TITANIC que l’on avait transporté depuis Abidjan à Ouaga tout en renforçant les ponts Burkinabé ?(pour rire). Mr Kaboré Salif disait qu’avec l’arrivée de ce moteur on ne parlera plus de délestage ! Maintenant le premier ministre dit le contraire ! Je voudrais savoir si ce moteur géant produit l’électricité où pas ? sinon on est fatigué de ces multiples coupures d’électricité.

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  • Le 11 avril 2014 à 17:54, par Chef Bankolé
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    que l’Etat détaxe réellement le dispositif solaire (plaques, batteries, et autres) s’il ne peut plus nous servir correctement le courant. Déjà que la sonabel était la plus chère de la sous-région !

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  • Le 11 avril 2014 à 18:12, par Fretback
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Vaut mieux en rire qu’en pleurer, en effet...
    Très drôle... Rien ne change, tout s’aggrave !
    (nota : les oreilles titillées...)

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  • Le 11 avril 2014 à 19:18, par SAM
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    hihihaha...Faut supporter seulment. Quand M. Tiao prend plus de 40 milliards pour les distribuer à des individus dans un fameux projet HIMO au lieu de subventionner l’électricité et les hydrocarbures avec , eh bien ne vous étonnez pas que la sonabel soit à court de sous pour construire de nouvelles centrales électriques à même d’alimenter le Burkina 24h/24 en courant. Dans tous les cas tout est une question de priorité. Si le gouvernement juge que l’électricité n’est pas une priorité , bah supportons les delestages et buvons notre bière temperature casio.

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  • Le 11 avril 2014 à 20:12, par BK
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Vraiment notre sonabel nous fait honte et nous brise cette fierte d’etre Burkinabe. La meme chanson chaque annee ; centrale en construction, interconnection en cours, panne technique et piece commandee de France ou de Russie. Le peuple veut du concret. On ne peut meme pas compter sur la sonabel pour investir.

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  • Le 11 avril 2014 à 21:09, par alternance
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    tout va finir en 2015

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  • Le 15 avril 2014 à 08:10, par UBR
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    C’est normale que la sonabel n’arrive pas a gérer, l’ancien DG Salif a été placé par François compaoré frère du présid, ensuite avec l’avènement des mines pour protéger ses arrières il l’appel au ministère pour couvrir l’or aux besoins de la famille présid. on ne sent même pas le rôle du DG de la Sonabel dans tout sa, tout les chantier sont visiter et revisiter par le ministre et téner bien il est toujours étonné de voir que les travaux sont en retard comme si il y avait pas des réunion de chantier et des techniciens voir des ingénieurs de la sonabel y participer.
    Mois je suis pour la privatisation de la sonabel car je ne vois pas a quoi sert les milliards que cette boîte ce tape chaque année.fesons appel au chinois il nous fera le KWH a 25f.lol

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  • Le 30 septembre 2014 à 10:47, par Bienvenu NEBA
    En réponse à : Humeur : Entre délestage, tapage et pagaille.

    Oui toujours des délestages à Ouagadougou alors que la centrale Ouaga I est à l’arrêt pour, je ne sais quelle cause. En matière d’énergie électrique, j’ai toujours dit qu’il faut éviter de dépendre d’un pays voisin.S’ il faut choisir entre un courant électrique plus cher, mais sans délestage et un courant électrique moins cher avec des délestages intempestifs qui nous font perdre énormément, j’opte pour la seconde solution.

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