Le partage, condition indispensable pour l’instauration d’une société équilibrée et viable selon Naaba Saaga 1er

mercredi 9 avril 2014 à 11h40min

La traditionnelle fête du chef de Issouka (premier village et aujourd’hui quartier de Koudougou) a eu lieu le 8 mars dernier. Cette année, le « naabasga » a été l’occasion de rendre hommage au fondateur de la ville de Koudougou, l’ancêtre Bassanga. Il a aussi été célébré autour d’un thème capital, celui du partage dont nos sociétés tourmentées ont tant besoin aujourd’hui. C’est pourquoi nous vous proposons ce message qui reste d’actualité.

Le partage, condition indispensable pour l’instauration d’une société équilibrée et viable selon Naaba Saaga 1er


Dieu et les ancêtres ont bien voulu encore nous accorder ce jour si important de communion avec eux. Nous leurs rendons grâce. Nous sommes ici et maintenant sur les bords du Bulkiemdé, place chargée d’histoire portée depuis des siècles par notre Ancêtre BASSANGA. Il faut s’en souvenir, c’est ici qu’il est venu s’installer au bord de la fraîcheur et de la douceur, véritable lieu de recueillement et de méditation. Il a bien voulu partager ces modes de vie avec ses filles et ses fils que nous sommes.

Aujourd’hui nous sommes venus dans cette place hautement symbolique pour lui témoigner de manière indéfectible notre gratitude. Merci à vous toutes et tous qui avez accepté ce déplacement. Toute la population d’Issouka, en union avec celle de Koudougou, vous salue avec une grande reconnaissance.

Le partage ! C’est le thème de cette année de notre Nabaasga, de votre Nabaasga. En effet, nous pouvons affirmer que c’est ensemble, en communion, que nous célébrons ce jour de reconnaissance à nos ancêtres. Je voudrais vous présenter mes vives félicitations pour votre présence, gage de votre engagement à nous soutenir.

Nous avons choisi de parler de partage pour nous, pour vous et pour toutes et tous proches et lointains. Vivant ici et ailleurs. Le partage est à la base du vivre ensemble, de la vie en société en somme. Votre Chef a voulu avec vous parler de cette valeur qui demeure fondamentale pour l’harmonie dans nos familles, dans nos communautés, nos quartiers, nos villes, nos régions et notre pays.

Le partage est un concept large et profond. Il s’agit pour nous tous de cultiver inlassablement l’esprit de solidarité, de compassion et d’entraide.

Partageons notre avoir, notre savoir et notre pouvoir. C’est une preuve de grandeur et de fierté ! Ce que nous avons, ce que nous savons et ce que nous pouvons sont des éléments que Dieu, nos ancêtres et nos parents ont généreusement partagés avec nous.

Notre avoir fondamental qui est la santé dont nous jouissons mérite d’être partagé avec les plus faibles, les malades, les plus fragiles qui sont à nos côtés. Ayons une pensée particulière pour les plus petits, les plus âgés, les rejetés, les marginalisés, les oubliés de nos sociétés du profit. Avec eux, nous devons partager nos forces physiques, morales et matérielles. C’est la condition pour permettre l’instauration d’une société équilibrée et viable. En un mot il s’agit d’un des fondements importants d’une société de paix durable et profonde.

Nous devons être conscients que nous avons reçu des autres, de nos parents, de nos enseignants, de nos collègues et de nos supérieurs. Nous les saluons ici avec respect et grande reconnaissance.

Par conséquent notre vie doit être guidée par l’esprit de partage.

Je lance un appel solennel aux détenteurs du savoir de l’avoir et du pouvoir et en particulier aux personnes âgées qui sont des bibliothèques, aux ainés, de cultiver l’esprit de partage pour donner l’exemple à la jeune génération.

Notre pouvoir doit être bâti sur le partage, facteur de sagesse, de renforcement et de solidarité. Savoir partager est une habileté qu’il est important d’acquérir pour pouvoir s’entendre avec les autres. En partageant, on s’élève, on grandit.

Puisse Dieu et nos ancêtres nous enseigner chaque jour le Partage. Qu’Ils accompagnent le Moogho Naaba et le Laalé Naaba nos supérieurs. Qu’ils vous bénissent toutes et Tous et notre pays le Burkina Faso. Bonne fête de Naabasga et bonne fête aux femmes.

Issouka, 8 mars 2014

Naaba Saaga1er

Messages

  • Très belle leçon de sagesse.

    Merci chef

  • Cela est très touchant comme enseignements MERCI A NOTRE NABA

  • Partage, clin d’oeil au Larlé Naaba... mon petit doigt me dit que.... Merci Naaba

    • Ce NABA est très particulier et très humaniste, si tous les chefs de quelque niveau que ce soit était comme lui,la vie serait heureuse ! n’est-ce chez lui que des étudiants de Koudougou sont allés faire des réfections de bâtiment ? Courage chef, que Dieu et les mânes des ancêtres vous accompagnent.

  • Si chaque chef devait célébrer sa fête autour d’un thème, cela allait conscientiser, éduquer et grandir un peu nos populations. Il faut sortir du folklore que l’on voit souvent en de pareil rassemblement et toucher un peu la conscience des ses administrés. Merci au chef de Issouka pour avoir indiqué aux autres ce qui est bien, surtout pour la jeune génération qui, parfois fait certaines choses par méconnaissance. Si chaque personne a l’enseignement qu’il faut la prospérité peut être à portée de main. Notre sous développement est plus intellectuel que matériel.

  • Je ne suis pas mossi mais en voilà un NAABA. Merci et merci. Si au cours des nabasga les naaba nous tenaient ce langage nos enfants y gagneraient. Quelle sagesse !!!!!!!!!!!!!!!

  • C’est un discours plein de sagesse , seulement cette phrase "Que Dieu benisse nos superieurs le Moogho Naaba et le Larlé Naaba" me toumente un peu l’esprit.Pourquoi le Larlé Naaba et non pas le Ouidi Naaba l’incontournable sagesse et le plus respecté parmis les ministre du moogho naaba.

    • Relisez bien le message, il s’agit du Laalé Naaba et non le Larlé Naaba. Celui dont il question ici est le supérieur hiéarchique direct du chef d’Issouka. Son territoire s’étend de Pabré Jusqu’au delà de Koudougou et c’est naturellement le Laalé Naaba qui intronise le chef d’Issouka mais pas le Larlé Naaba qui est un ministre du Mogho.

    • Quelle riche leçon de morale !!! Mon cher ami LE VÉRIDIQUE,maîtrisez vous la hiérarchie de ces chefs coutumiers ? Seul DIEU est VÉRIDIQUE mon cher !C’est une leçon générale de la Morale mais vous semblez y voir derrière,les idées lugubres politiques.

  • Bien dit ! Félicitations chef !Voilà un chef digne et atypique. Il nous a déjà émerveillés en se démarquant de la politique politicienne. Si tous les chefs pouvaient lui emboîter le pas la société Burkinabe s’en porterait mieux. Ici au Faso "c’est presque tout pour moi, ma famille, mon clan,mes fidèles et les miettes pour les autres Burkinabes. " Chez les aborigènes d’Australie le prestige ne vient pas des biens qu’on a accumulé mais de l’aptitude à partager. A méditer

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