Dialogue social au Sanguié : coutumiers et magistrats se parlent.

lundi 17 février 2014 à 15h33min

La Députée Rosalie Bassolé a initié un dialogue social entre les autorités judiciaires et les notabilités coutumières de la province du Sanguié. L’objectif est d’expliquer le droit aux dépositaires de la tradition dans toutes les dix communes de la localité.

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Dialogue social au Sanguié : coutumiers et magistrats se parlent.

Des coutumiers et assesseurs au nombre de 250 ont participé à ces rencontres d’échanges. Selon la députée Rosalie Bassolé, « traduire un chef coutumier en justice suite à des décisions du collège des notables n’honore pas la tradition. » c’est pourquoi, il faut leur expliquer le droit. D’où ces sorties d’échanges et de sensibilisation dans les communes. Me Méda Urbain, président du Tribunal de grande instance de Koudougou, Me Antoine Kaboré, procureur du Faso près ledit tribunal et la députée Rosalie Bassolé se sont rendus dans les communes de Réo, de Didyr, de Godyr et de Kordié pour ce dialogue direct. Les maires de ces localités ont mobilisé les notabilités coutumières des différents villages pour comprendre le droit. Les préoccupations ont été multiples. Il s’agit des questions de mariages forcés, les cas d’expulsions et violation de domicile, la gestion des enfants, leurs droits, l’emprise de la loi sur les us et coutumes, les objets ou animaux retrouvés et confiés à la mairie au lieu des chefs de terre.

La coutume n’est pas violente.

A toutes ces préoccupations, les autorités judiciaires sont allées sans détour. Ils ont rappelé les prérogatives de la loi, les actes condamnables, la conduite à tenir par les coutumiers. Selon le président du tribunal, la coutume n’est pas violente. « La justice Burkinabé ne juge pas les cas de sorcellerie. Ce que recherchent le droit coutumier et le droit moderne c’est le bien être des populations. Seules les dérives sont sanctionnées par la loi. Il y a des gens qui interprètent mal les coutumes à leurs faveurs. » a dit Maître MEDA.

Pour le procureur, il est essentiel d’échanger avec les coutumiers pour une entente sur les bases de la cohésion sociale » a laissé entendre Maître Antoine KABORE satisfait pour l’attention soutenue des interlocuteurs. A l’image de Bassambé Bassolé de Réo, les coutumiers ont salué cette initiative, première du genre au Sanguié. Ténado, Kyon, Zamo, Zawara et Pouni sont les prochaines étapes.

Simon Céphas BAMOUNI

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Vos commentaires

  • Le 17 février 2014 à 21:38, par Le Genie du Mont Sanguie
    En réponse à : Dialogue social au Sanguié : coutumiers et magistrats se parlent.

    C’est une bonne intitative. Mais j’ose esperer que ce n’est pas une strategie du CDP pour embobiner nos chefs traditionnels afin de pouvoir les manipuler pendant les elections a venir. Jusqu’a present chez nous les Lyela on a su separer la chefferie traditionnelle de la politique. Chez nous le chef de terre est garant des traditions. C’est tout. Il ne detient aucun pouvoir politique quelconque. Et par consequent ne peut donner de consignes de votes.

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  • Le 18 février 2014 à 11:58, par Manglé
    En réponse à : Dialogue social au Sanguié : coutumiers et magistrats se parlent.

    Bonjour. Bonne initiative de la part de la grande soeur mais ce n’est pas le moment. Comme le premier intervenant l’a dit, c’est de la pure stratégie de mobilisation des chefs coutumiers vers le CDP. Mais attention, vous risquez de diminuer leur "pouvoir" vis à vis des populations. Vous connaissez bien le gurusi, on a pas de roi, de chef en tant que tel. Si jamais vous embarquez ces gens sur votre terrain politique, vous rencontrerez le peuple devant vous.
    Personnellement ma préoccupation est beaucoup sur le découpage administratif en vue. Vous savez, les populations de la province du sanguié sont perdues. Pourquoi ? Parce que tous les villages veulent être chef lieu de département. Je suis de la province et je suis avec beaucoup d’intérêt ce sujet. Je suis persuadé que si n’esr fait, une crise naîtra entre des villages, des communes. Nous assistons actuellement à une forte demande des villages pour être chef lieu de départements. Et les demandes enregistrées aujourd’hui sont tellement énormes à telle enseigne que je me permets de dire que les hommes politiques de notre province sont entrain de faire comme les européens du 19ème siècle qui n’avaient que pour principal objectif, le morcellement de l’Afrique. Vous hommes et femmes politiques du sanguié, pourquoi voulez vous morceler notre chère province en une vingtaine de communes sur une petite superficie ? Pour vos intérêts politiques. J’attire votre attention que même dans la province, tenez compte de l’histoire des villages, des populations. OK ? Revoyez cela car nous risquons fort de vivre le scénario de Guénon dans le Nahouri.
    Pour terminer, j’interpelle les honorables Mme Bassolet et M.Bassonon de traiter cette question (découpage administratif) avec minutie et avec l’implication de toutes les couches sociales (politique, société civile, secteur privé) afin que la province soit calme et continue de vivre dans sa quiétude d’antan.
    Cordialement

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    • Le 18 février 2014 à 18:29, par Yignè
      En réponse à : Dialogue social au Sanguié : coutumiers et magistrats se parlent.

      S’il vous plaît, du calme mes frères. n’allez pas trop vite en besogne. Selon le Procureur je cite :"après le jugement de l’affaire des coutumiers des Perkoan et de Sandié au palais de Koudougou, en présence de l’honarable députée Rosalie, elle a suggéré qu’il y ait une tournée de sensibilisation auprès des coutumiers afin qu’un coutumier ne soit plus traîner en justice. le Président du tribunal et moi avions encouragé cette action." fin de citation. en Rappel ledit jugement s’est déroulé en 2013. bien avant les affaires politiques du moment.

      secondo, l’affaire de découpage est une affaire de tous. que chacun de son côté évite d’embobiner les populations de son village dans ces histoires. Si chacun de nous pensait au développement de son village, il n’y avait pas de problème. mais on est assis et Hop ! un beau matin on veut que son village soit une commune pour l’état nous aide. Qu’est ce que nous faisons pour nos villages et les populations ?
      fils du lyolo, restons loyaux à nous même. répondons à notre nom de lyéla (homme fiers de lui même, franc, honnête, digne...)personne ne développera nos localités pour nous si ce n’est nous. Que chacun fasse quelque chose.

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