Affrontement agriculteurs-éleveurs : Un mort et quatre blessés à Tendangou

dimanche 26 janvier 2014 à 05h00min

Un affrontement entre éleveurs et agriculteurs s’est produit à Tendangou, dans la région de l’Est, le mercredi 22 janvier 2014, ayant occasionné un mort, quatre blessés et de nombreux dégâts matériels. Pour tenter de restaurer la quiétude et soutenir les victimes de l’incident, le gouvernement burkinabè a dépêché sur les lieux, le vendredi 24 janvier dernier, la ministre des Droits humains et de la Promotion civique, Prudence Julie Nigna.

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Affrontement agriculteurs-éleveurs : Un mort et quatre blessés à Tendangou

Tendangou, village de la province de la Kompienga dans la région de l’Est, à 17 kilomètres de Pama, a été le théâtre d’affrontements entre des éleveurs peulhs et des agriculteurs mossé, le 22 janvier 2014. Le bilan fait état d’un agriculteur tué, 84 cases et 24 greniers brûlés, 4 blessés dont un grave et 430 personnes déplacées (201 enfants, 146 femmes, 83 hommes dont 6 élèves).

Selon les faits rapportés par Seydou Kaboré, oncle du défunt, l’affaire remonte à la nuit du 3 au 4 janvier dernier. Un éleveur, d’une soixantaine d’années, serait allé faire paître ses bœufs aux abords du champ de Souleymane Kaboré. Ce dernier l’aurait enjoint de quitter les lieux pour éviter la destruction de son champ par les animaux. Le berger ayant opposé un refus, une bagarre s’est alors déclenchée et c’est ainsi que Souleymane Kaboré a reçu un coup de coupe-coupe au bras droit. Transporté à Pama pour des soins, il a été référé à Fada, puis à Ouagadougou. Mais, les parents de la victime ont préférer l’amener à Tanguéta (au Bénin), compte tenu, selon eux, de la proximité de cette ville de leur village. Après quatre jours de soins, sa santé allait mieux, mais suite à une rechute, le jeune Souleymane Kaboré, âgé seulement de 33 ans, décède le 22 janvier, à 5 heures du matin. Ce qui aurait provoqué le courroux de la communauté mossi qui est allée saccager le camp peulh, situé à environ 5 kilomètres du village de Tendangou. A ce que l’on dit, le pire a été évité, grâce à la prompte intervention des forces de l’ordre et de sécurité de Pama.

Le pardon et le dialogue pour restaurer la paix

Les déplacés (peulhs) sont accueillis dans un site aménagé à Pama, à cet effet. Ils ont à leurs côtés les agents du district sanitaire de Pama, de la Croix- Rouge, Action contre la faim (ACF), de la mairie, de l’action sociale et de bien d’autres bonnes volontés.

Accompagnés des autorités locales, avec à leur tête le secrétaire général de la région, Anatole Yabré, la ministre des Droits humains et de la promotion civique, Prudence Julie Nigna, s’est dans un premier temps, entretenue avec l’ensemble des villageois. De là, elle s’est rendue successivement, dans la cour du chef du village, dans celle du défunt, au camp peulh et au site d’accueil des déplacés. A tous les niveaux, elle a prôné le pardon et le dialogue. La première rencontre a enregistré plusieurs interventions. Le secrétaire général de la province de la Kompienga, Moussa Zabré, a d’abord fait un rappel historique des évènements, ensuite, la ministre Prudence Julie Nigna a donné l’objet de sa visite et enfin, les représentants du chef du village et de la famille du défunt se sont exprimés. « C’est suite à l’évènement tragique que vous avez connu que le chef du gouvernement et le Président du Faso m’a envoyée vous voir et vous dire que nous sommes à vos côtés, on vous soutiendra, mais on vous demande de cultiver l’esprit de pardon et de tolérance entre vous, pour que la situation se normalise », a-t-elle confié, entre autres. C’est en substance, le même message qui a été livré à toutes les escales. Les deux camps ont dit avoir pardonné, même si l’idée de vengeance ne semble pas totalement effacée, du côté des agriculteurs, car par moments, les esprits se chauffaient.

Pour atténuer la souffrance des victimes, le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) leur a apporté des vivres et du matériel. Les vivres sont composés de 3 tonnes de maïs, 2 tonnes de riz, 15 cartons de sardine et 8 cartons d’huile. Pour le matériel, il y a 200 nattes, 200 couvertures, 100 moustiquaires, 15 cartons de savon, 75 gobelets et 75 bidons vides de 5 litres.

Daniel ZONGO

Sidwaya

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