Démission du Larlé Naaba : « Une décision sage et courageuse », selon certains Ouagalais.

mercredi 22 janvier 2014 à 22h38min

Les Burkinabè constate depuis le début de cette année 2014 des démissions - et non des moindres - au sein du parti au pouvoir. La dernière en date est celle du Larlé Naaba, député à l’assemblée nationale dans le groupe CDP. Cette démission, officialisée depuis le 16 janvier, suscite des débats passionnants au sein de l’opinion publique. Quelques Ouagalais se prononcent sur le sujet.

Démission du Larlé Naaba : « Une décision sage et courageuse », selon certains Ouagalais.

Rasmané Kaboré, Coiffeur : « Nous saluons sa décision »

Comme le Larlé Naaba l’a affirmé : il n’a aucune rancune envers Blaise Compaoré. Sa démission est due au fait qu’il s’oppose à toute tentative de modification de l’article 37 et à la mise en place du Sénat. Il dit être également du côté du peuple et, connaissant la volonté des citoyens, il ne peut que s’inscrire dans cette logique. En tant qu’observateur de la scène politique, nous prions Dieu afin qu’il épargne le pays du spectre de la violence. Au regard des démissions au sein du CDP, suivies des multiples marches, je ne souhaite pas que Blaise Compaoré se représente en 2015. S’il insiste, il y’aura forcément une crise ; nous voyons ce qui se passe ailleurs où les longs règnes finissent par plonger le pays dans le chaos. Nous exhortons le Chef de l’Etat à ne pas se représenter car le peuple a soif d’alternance. Il doit être conscient de la marée humaine qui a pris d’assaut les artères de la ville samedi dernier à Ouagadougou pour dire non à son pouvoir à vie. C’est la première fois que nous voyons cela. De grâce, qu’il permette à d’autres burkinabè de le remplacer à la tête du pays au terme de son mandat. Nous saluons la décision sage du Larlé Naaba.

Alimata Tapsoba, Décoratrice : « C’est une bonne chose »

La démission du Larlé Naaba est une bonne chose. D’ailleurs, s’il y’a d’autres députés qui veulent démissionner au sein de l’assemblée, on les y encourage. Je crois qu’au vu de la situation du pays, c’est tout à fait normal que tous ceux qui sont conscients et veulent la paix agissent. Sur les démissionnaires du CDP, je crois qu’ils ont fait preuve de courage. Je suis contente. S’ils sont vraiment sincères avec leurs propos et sur ce qui les a poussés à démissionner, à savoir la question du Sénat et de l’article 37, nous les soutenons. Nous voulons le changement et nous pensons que ce qu’ils ont fait est bien. S’ils sont avec le peuple, nous sommes aussi avec eux.

Nabasnoogo Ouédraogo, boulanger : « C’est un chef qui joue son rôle »

De mon point de vue, le Larlé Naaba est d’abord une autorité. Deuxièmement, c’est une personne qui incarne le respect. Je crois donc que, quel que soit le cadre dans lequel il se retrouve, il faut qu’il y’ait le respect. Mais s’il se retrouve dans un cadre où il manque le respect, il doit se retirer. Chacun dans son individualité, peu importe son rang social et son sexe, sort pour marcher. En 2013 il y’a eu deux grandes marches. À la dernière marche du 18 janvier, le Larlé Naaba était présent avec le peuple. C’est une situation qui démontre que c’est un chef qui joue son rôle. Il se soucie du peuple et c’est aussi quelqu’un qui prend à cœur les interrogations de ses concitoyens. Si on écoute les interventions du Larlé Naaba , il se plie à la volonté du peuple en ce qui concerne la révision de l’article 37 et la mise en place du Sénat. Modifier la constitution de sorte qu’il n’y ait qu’un seul chef d’État qui règne, c’est ce que le peuple refuse. Parce que beaucoup d’entre nous sommes nés sous le régime du président actuel. Pourtant quand on regarde le Ghana, en comparaison, c’est un pays mieux avancé, parce qu’il y’a eu des alternances. Si on va au Sénégal il y’a changement. Même la France de qui nous avons hérité le régime démocratique a eu de nouveaux présidents. Alors pourquoi ici au Burkina c’est un même chef d’Etat depuis des lustres, comme s’il pouvait à lui seul faire agrandir le jardin du Burkina ?… D’autres cadres du pays peuvent assumer les charges du Président du Faso. Là, on saura que le Burkina Faso est un pays démocratique, sinon il faut plutôt parler de monarchie. C’est la raison pour laquelle nous saluons la décision du Larlé Naaba. Nous souhaitons que ceux qui sont soucieux de l’avenir du pays et qui sont toujours partisans du CDP puissent avoir le courage de rejoindre le camp du peuple. Qu’ils réfléchissent à leurs responsabilités face à l’histoire.

Boukaré Sankara, Commerçant : « Le peuple doit le soutenir »

Si le Larlé Naaba a décidé de prendre une telle décision, c’est parce qu’il y’a eu concertation avec ses sujets d’une certaine façon. Il était la représentation des chefs coutumiers mossi à l’assemblée nationale. Par conséquent, il est tout à fait normal que le peuple soutienne sa décision, selon moi.

Aris Mandé, inspecteur du travail : « C’est normal mais il doit éviter des paroles incendiaires »

Je pense que la démission du Larlé Naaba est normale, parce que, quand à un certain moment on ne se s’entend pas, c’est logique qu’on se sépare. En politique, ce sont des idéologies .Une fois que ces dernières ne s’accordent plus, on est libre de démissionner. J’ai écouté sa conférence de presse où il a donné ses raisons. Il a évoqué le manque de démocratie. Nous ne connaissons pas les problèmes sérieux au sein du CDP, mais nous pensons que s’il y’a effectivement un problème de démocratie et que les gens n’arrivent pas à s’exprimer au sein du parti, chacun est libre. Et je pense que c’est démocratique. Personne ne doit prendre sa position en mal. Mais comme c’est un chef coutumier, il doit veiller à ne pas prononcer des paroles incendiaires. C’est l’esprit de rassemblement qu’il doit faire prévaloir bien qu’il soit démissionnaire.

Madame Noelie Ky, cadre d’entreprise : « il est libre de démissionner »

Je pense qu’en tant que citoyen, il est libre de démissionner, étant donné que le fait d’adhérer à un parti est d’abord une démarche individuelle. Du moment qu’il ne trouve plus son compte, il peut démissionner.

Propos recueillis par Arba Monique Nadembega et Eric Ouédraogo (Stagiaires)

Lefaso.net

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés