Prise de bec au siège du CDP : Le Larlé Naaba Tigré « ne veut pas rentrer dans la boue ».

mardi 21 janvier 2014 à 23h44min

Les derniers développements de l’actualité politique nationale ont été au centre de la conférence de presse animée par le Larlé Naaba Tigré ce mardi 21 janvier 2014, dans son palais à Ouagadougou. En plus de la question des démissions en cascades de militants et ténors du CDP, la question spécifique de prise de bec entre le Larlé Naaba et le frère du président du Faso, François Compaoré, ont particulièrement dominé les débats.

Prise de bec au siège du CDP : Le Larlé Naaba  Tigré « ne veut pas rentrer dans la boue ».

La conférence était prévue pour démarrer à 10 h. Mais dès 9 h, on se croirait à un meeting de campagne électorale. Chefs coutumiers, jeunes, femmes, ont envahi le palais. La salle n’a pu contenir tout ce monde. Heureusement que les organisateurs ont veillé à la disponibilité des places réservées aux journalistes.

Mais enfin… A 10h 09mn, le Larlé Naaba fit son entrée dans la salle sous un tonnerre d’applaudissements, accompagné de ses protocoles et de son griot. Aussitôt assis, place à la déclaration liminaire.

L’on en retiendra que l’idée de la tenue de la conférence du jour est née suite aux multiples sollicitations des journalistes à l’effet de voir le Larlé Naaba s’exprimer sur sa démission du CDP, parti au pouvoir. Eh bien ! Le cadre du jour en offre l’occasion. Belle occasion où les questions ont porté, au-delà des démissions, sur entre autres, les bruits de quiproquos entre François et lui, le Larlé Naaba, Victor Tiendrébéogo à l’état civil.

Se prononçant sur ces quiproquos, le Larlé Naaba qui au départ, a voulu nier cette situation ténébreuse, a fini par annoncer qu’il s’agit de « propos tenus devant au minimum 70 personnes ». Et de préciser, « c’est devant des personnes que je respecte  ». Tout en relevant ne pas vouloir rentrer dans les détails, il a martelé, « Je ne vais pas descendre dans la boue ». Et d’ajouter, « ça n’arrange personne », comme pour dire que la page est tournée.

Les démissions en cascade au CDP doivent se poursuivre

En tout cas, les jours qui ont suivi ces prises de bec, il a quitté le cadre qui les réunissait, François Compaoré et lui. Et en claquant la porte du CDP et de la FDAP/BC – pour de bon, à l’en croire – le Larlé Naaba veut mettre en œuvre sa volonté de rejoindre le peuple qui dans sa grande majorité, est contre et la modification de l’article 37 et la mise en place du Sénat. « J’ai choisi d’être avec le peuple  », a-t-il précisé. Et pour lui, les démissions en cascades au CDP doivent se poursuivre. Tous les chefs coutumiers vont-ils le suivre ? On n’en sait rien pour l’instant. Mais leur présence massive à la conférence de presse du jour en dit long.

En attendant, lui, le Larlé Naaba, est dans l’activisme avec les opposants du pouvoir en place. On l’a vu, « en tant que citoyen qui épouse les mêmes convictions que le peuple » – sans bonnet esquissant des pas de danse – sur le champ des manifestations entrant dans le cadre de la journée nationale de protestation tenue à Ouagadougou le 18 janvier dernier.

Et l’aventure politique continue pour le Larlé Naaba qui a tenu à préciser qu’avant même la pénétration coloniale, les chefs coutumiers faisaient de la politique. Mais dans quel cadre ? On ne le saura pas à la conférence de presse du jour. Car, selon lui, « on ne se met pas sur la pointe des pieds pour voir ce qui va arriver demain  ». « Attendez de voir », a-t-il fini par lancer.

Toutefois, la tenue – le 25 janvier 2014 - d’une assemblée générale initiée par l’ensemble des démissionnaires du CDP, est rappelée. Elle aura lieu à la Maison du peuple et non au Palais de la culture Jean Pierre Guingagné qui, selon le Larlé Naaba, « ne pourra pas contenir le monde ».

Revenant sur ses relations avec le président Blaise Compaoré, le Larlé Naaba dira que « c’est un ami » pour qui, il dit avoir « avoir beaucoup de respect  ». Et de poursuivre, « Quand on a un ami, il ne faut pas lui mentir ; il faut lui dire la vérité ». Dans ce sens, Victor Tiendrébéogo, le fervent croyant chrétien, conseille des enseignements de la Bible. En effet, après avoir rappelé qu’il est dit dans la Bible, Nouveaux proverbes, proverbe 25, verset 2 que « la gloire de Dieu c’est de cacher les choses, la gloire des Rois, c’est de scruter les choses », Victor Tiendrébéogo a confié penser que « le président saura scruter les choses et savoir ce qui est le meilleur pour les Burkinabè et pour le Burkina Faso  ».

Fulbert Paré

Lefaso.net

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