Personnel enseignant à l’Université Ouaga II : Deux de moins , quatre de plus

vendredi 10 janvier 2014 à 23h37min

L’Université Ouaga II a rendu hommage à deux de ses enseignants admis à la retraite. A l’occasion, quatre enseignants admis à des promotions du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) ont officiellement été félicités. C’était le 9 janvier 2014 à Ouagadougou, au cours d’une cérémonie qui a enregistré la présence du ministre Vincent Zakané.

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Personnel enseignant à l’Université Ouaga II : Deux de moins ,  quatre de plus

Admis à la retraite il y a déjà deux ans, ce sont, précise Edouard Ouédraogo, doyen de l’Unité de formation et de recherche en sciences juridique et politique (UFR/SJP) « des professeurs exemplaires et inoubliables », qui ont reçu « un hommage mérité » de leurs jeunes collègues. Ces professeurs exemplaires – Laurent K. Bado et Jean Yado Toé – se sont en effet, après une carrière administrative bien conduite, consacré un quart de siècle durant, à la formation de cadres en droit. En effet, Laurent Bado a enseigné plusieurs matières relevant du droit public dont le droit administratif, et en particulier le droit de la fonction publique. Quant à Jean Yado, il a transmis du savoir en matière de droit commercial général, de droit du commerce international, de droit des transports, de droit fiscal.

Ce dernier, on le décrit comme étant un homme « courtois, mais ferme ». Et dans la conduite de ses relations amicales, il est « sincère et profond ». C’est du moins, ce qu’a dit de lui, le professeur Pierre Meyer. Et de Laurent Bado, l’on retiendra avec le professeur Salif Yonaba, qu’il réunit en lui les qualités de « grand serviteur de l’Etat », « d’acteur politique », et « d’éducateur » qui s’affiche en « grand pédagogue », « soucieux d’éduquer véritablement son public ».

A eux, Laurent Bado et Jean Yado Toé, le président de l’Université Ouaga II, Stanislas Ouaro a souhaité une « paisible retraite », après avoir magnifié le travail qu’ils ont abattu dans le cadre de la formation de juristes dans notre pays. Et le jeune Pr Séni Ouédraogo dira voir en eux, « d’excellents formateurs ».

Une cérémonie de sincère reconnaissance

En cette cérémonie d’hommage, Laurent Bado dira y voir une « grâce » qui a failli, à son niveau, être confrontée au réflexe de rejet. Pour lui en effet, « toute grâce se reçoit avec un sentiment de recule, mais ne se refuse jamais » ; surtout quand on réalise la sincérité et l’honnêteté, de celui qui est en face, l’on se doit de « ne pas décevoir ». Ce sont ces considérations qui ont, à l’en croire, milité en faveur de l’acceptation de l’hommage du jour.

Et c’est un Laurent Bado non seulement « content » de la félicitation de ses « amis sincères », mais aussi « fier » de ses anciens étudiants, qui a déploré le niveau actuel des étudiants en précisant que cela n’est pas de leur faute. « Le système éducatif est nul, nul, nul ! », a-t-il martelé. Et de s’interroger, « est-ce qu’on ne peut pas prendre le temps nous assoir pour que chacun dise pourquoi c’est nul et reformer une fois pour toutes ? »

La cérémonie du jour, Jean Yado Toé dira y voir la preuve qu’ils – son collègue Bado et lui – sont partis de l’université par « la grande porte » ; ce qui, précise-t-il, est honorable. Il a tenu à réitérer sa « reconnaissance » et sa « gratitude envers l’université en tant qu’institution, envers la faculté de droit en tant qu’institution, envers les collègues et envers les étudiants ». A ces derniers, M. Toé a lancé, « soyez turbulents » avec la précision, « mais préservez les infrastructures mises à votre disposition ! » Et à ses collègues encore en activité, il a souhaité une sortie honorable de l’université, dans un état de santé parfait.

Ce sont donc là, deux retraités honorés et à qui sont consacrés deux numéros de la Revue burkinabè de droit, le N° 47 à Jean Yado Toé et le N°48 à Laurent K. Bado. Et séance tenante, ils ont chacun, reçu un cadeau : Jean Yado Toé des mains du président de l’UO II, et Laurent Bado des mains du ministre de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale, Dr Vincent Zakané présent à la cérémonie en qualité, précise le président Stanislas Ouaro, d’enseignant-chercheur.

Du sang qualitativement nouveau

La cérémonie du jour aura également été l’occasion de féliciter officiellement des jeunes enseignants, promus du CAMES en 2011 et en 2013. Ils sont quatre, en l’occurrence le Pr Abdoulaye Soma, Agrégé des facultés de droit, admis à la 15è session du concours d’agrégation en 2011 à Abidjan, le Pr Séni Mahamadou Ouédraogo, Agrégé des facultés de droit, admis à la 16è session du concours d’agrégation en novembre 2013 à Brazzaville. Cette même session de 2013 a enregistré la montée au grade de Maître-assistant des docteurs Souleymane Toé et Dominique Kabré. Ce sont donc quatre promus, dont deux enseignants de rang magistral – habilités à encadrer des thèses -, qui ont comblé avec un surplus très qualitatif, le vide qu’aurait provoqué le départ à la retraite de Laurent Bado et de Jean Yado Toé.

Ils ont, par la voie de leur porte-parole, le Dr Souleymane Toé, rendu un vibrant hommage aux deux retraités, en indiquant que leur passion pour les sciences juridiques les « inspire ». Mieux, cette passion les « guidera », ont-il professé. Ils ont surtout saisi l’occasion pour exprimer toute leur gratitude à l’endroit de leurs encadreurs, en l’occurrence les Professeurs Filiga Michel Sawadogo et Augustin Loada qui sont, précise le nouvellement promu Agrégé Séni Ouédraogo, « incontestablement les deux personnes qui ont été les chevilles ouvrières de la promotion » des quatre vivement félicités ce jour.

Bientôt un centre de préparation aux concours du CAMES

S’adressant à ces promus en qui il clame avoir un réel motif de joie et de fierté, le président de l’UO II, le Pr Ouaro dira qu’ils « donnent de l’espoir et encouragent ceux qui viennent ». Dans la perspective de donner plus de chance à son institution d’enregistrer davantage de promus du CAMES, le président Ouaro a invité l’ensemble des enseignants à soutenir une idée, celle de « la mise en place d’un centre de préparation au concours d’agrégation en sciences juridique et politique et en sciences économique et de gestion ». Aussi les a-t-il exhortés « à soutenir l’institutionnalisation de différents programmes de formation » au sein de l’UO II.

Fulbert Paré

Lefaso.net

Le doyen des quatre nouvellement promus livre ses sentiments

Pr Abdoulaye Soma, Agrégé des Facultés de droit :

Nous venons de sortir d’une cérémonie de félicitation officielle qui concerne notre succès au concours d’agrégation du CAMES en 2011 ; succès qui nous a fait passer professeur agrégé des facultés de droit.

Cette cérémonie a pris un peu de temps pour l’organisation, mais elle est vraiment à saluer.

Il faut remercier l’Université Ouaga II et la faculté de droit ; parce que c’est très encourageant d’avoir la reconnaissance de ses pairs. Je suis très ému, je ne peux que me fondre en remerciements à l’égard de toutes les autorités universitaires du Burkina Faso, de tous nos encadreurs, tous les collègues et les étudiants qui nous ont soutenus. Sincèrement, merci à tout le monde.

J’ai un message d’encouragement et de disponibilité à l’endroit des enseignants qui voudraient emboiter le pas. Encouragement, simplement pour dire que la promotion par le CAMES est la seule voie d’assurer l’excellence et la relève universitaire. On sait également que la voie est extrêmement compliquée, il y a beaucoup de difficultés ; donc, il faut beaucoup d’encouragement pour pouvoir attaquer cette carrière et monter dans la promotion.

A l’endroit des étudiants, je dis merci. Quand j’allais au concours d’agrégation, j’ai informé mes étudiants qui ont fait des prières pour moi ; et je pense que dans ces types de choses, la spiritualité compte beaucoup. Donc, je pense que leurs prières ont aussi contribué au succès ; et je tiens à les remercier sincèrement, du fond du cœur. Et je leur dis de toujours viser l’excellence. L’excellence, c’est la combinaison de deux choses : la discipline et le travail.

Propos recueillis par Fulbert Paré

Lefaso.net

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