Démissionnaires du CDP : « On n’a rien contre Blaise ni Assimi à titre individuel »

mardi 7 janvier 2014 à 22h58min

La première concertation officielle des militants démissionnaires du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a eu lieu ce 07 janvier 2014, en fin de matinée à Ouagadougou. Après une heure de huis-clos, la porte préalablement fermée à double tour à la presse s’ouvre. Et les uns et les autres se prêtent aux nombreux journalistes qui ont fait le pied de grue plus de deux heures durant.

Démissionnaires du CDP : « On n’a rien contre Blaise ni Assimi à titre individuel »

C’est d’abord l’ex-président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré qui prit la parole en premier. Situant l’objet de la rencontre, il précise qu’il s’agit de défendre l’intérêt du Burkina Faso, la paix sociale, la stabilité. « Il s’agit également de la consolidation des acquis aussi bien démocratiques, économiques que sociaux que nous avons engrangés depuis ces années ».

Auparavant, il avait précisé qu’il ne s’agit pas d’une conférence de presse. Mais, ça n’empêchera pas les uns et les autres de poser des questions tous azimuts : les raisons de sa démission du parti présidentiel, le rôle qu’il entend jouer sur l’échiquier politique national, à quand la naissance du nouveau parti…

Concernant la création du nouveau parti, « ce sont des informations que vous aurez en temps réel. Pour l’instant, nous n’en sommes pas à ce stade », lance-t-il.

Le mea-culpa de Roch

Parmi les raisons évoquées pour claquer la porte du CDP, il y a des velléités de modification de l’article 37 de la Constitution et la mise en place du sénat aux forceps. Des positions que les démissionnaires avaient défendues, il y a peu. Roch Marc Christian Kaboré avait même qualifié d’anti-démocratique le fait de ne pas modifier l’article 37. Aujourd’hui, il demande pardon. « L’erreur est humaine, je fais mon mea-culpa pour cette affirmation ». « Aujourd’hui, nous considérons qu’il faut faire l’économie des réformes concernant l’article 37 et aussi faire l’économie sur la mise en place du sénat ».

Salif Diallo, lui, fait partie des tous premiers à évoquer la mise en place d’un sénat. Mais, sous un régime parlementaire comme un contre-pouvoir. « Je n’ai jamais dit de construire un sénat dans le régime présidentialiste qui n’apportera pas plus de démocratie. Le sénat, ça dépend dans quel contexte et pour quoi faire. Si c’est pour ranger les anciens combattants pour qu’ils participent à la soupe, ce n’est vraiment pas la peine », assure-t-il.

« La plateforme politique initiale du CDP a été trahie »

Revenant sur sa démission, il se veut clair là également. « Que ce soit Blaise Compaoré ou les autres camarades qui sont restés, on était sur une plateforme politique, idéologique. Je ne suis plus en accord avec ce qui se passe parce que j’estime qu’il ne respecte plus la plateforme politique sur laquelle, on a créé le CDP. Le CDP a été créé sur des bases démocratiques minimales. Cette plateforme n’est plus respectée, vous voulez qu’on fasse quoi » ?

Et de poursuivre : « La plateforme initiale sur laquelle nous avons bâti le CDP a été trahie. Et nous sommes en devoir de rappeler les gens à l’ordre. A plusieurs reprises, nous avons attiré leur attention sur la manière et la pratique qui ne concordent plus avec nos engagements initiaux. On est en droit d’attirer l’attention et de faire des critiques internes. Mais si ça persiste, il ne nous reste plus qu’à partir (…). Vous savez que je n’ai pas ma langue dans la poche. Quand il s’agit de défendre des idéaux, mes convictions politiques, je donne mes points de vue ».

« Nous ne sommes pas des destructeurs »

Simon Compaoré et les autres évoquent également le non-respect de la plateforme initiale ayant conduit à la création du CDP. Et surtout, ils fustigent le mode de gestion du parti. « Nous sommes des constructeurs et non des destructeurs », déclare-t-il en langue nationale Mooré.

Mais, la plupart des démissionnaires disent ne pas avoir de problème à titre individuel ni avec Blaise Compaoré, ni avec Assimi Kouanda, le secrétaire exécutif du CDP. « Nous avons un problème politique avec le CDP et la pratique actuelle du parti (…) Assimi, c’est mon oncle, je l’aime bien mais il ne respecte pas la plateforme politique sur laquelle nous avons fondé le CDP », soutient Salif Diallo.

Au moins, une chose est sûre, le parti des démissionnaires du CDP verra le jour très prochainement. Mais, sera-t-il de la mouvance présidentielle ou de l’opposition. « Attendez qu’on crée notre parti et on va vous donner les grandes lignes de notre action », lance Salif Diallo.

A en croire Roch Marc Christian Kaboré, ils devraient rencontrer les autres partis dans les prochains jours. Y compris le CDP pour discuter « de parti à parti ». Tout porte à croire qu’avec la naissance de ce parti, la carte politique du Burkina connaitra un grand chamboulement.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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