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Professeur Augustin Loada : « Si manifester contre la révision de l’article 37, c’est conduire le peuple à l’abattoir, alors l’on doit arrêter le boucher »

Accueil > Actualités > Politique • • mercredi 25 décembre 2013 à 02h46min
Professeur Augustin Loada : « Si manifester contre la révision de l’article 37, c’est conduire le peuple à l’abattoir, alors l’on doit arrêter le boucher »

Ils n’étaient pas très nombreux à assister, ce samedi 21 décembre 2013 à Bobo-Dioulasso, à l’atelier de restitution des travaux de la troisième édition du Forum des citoyens de l’alternance (FOCAL) tenue du 30 novembre au 1er décembre 2013 à Ouagadougou. Pas un grand monde mais un monde passionné de débat et accroc de l’actualité politique burkinabè.

Initialement prévue à la RAN Hôtel, la restitution des travaux du troisième Forum des citoyens de l’alternance (FOCAL) a finalement eu lieu à l’Ecole nationale des enseignants du primaire de Bobo-Dioulasso (ENEP). Déprogrammation ou pas, la salle n’était pas pleine. Juste une soixantaine de personnes au début de la conférence. Autre remarque, les autorités élues ou administratives n’étaient pas de la partie, contrairement à l’année passée.

En lieu et place, il y avait, comme toujours quand le professeur Loada est de passage à Bobo-Dioulasso, des étudiants majoritairement des Sciences juridiques et politiques. Mais aussi des têtes de proue de l’Opposition politique dans la ville. A 15 h, le professeur entre dans la salle et situe le contexte de la journée : «  Nous avons juste trois heures d’échanges. Trois heures au cours desquelles on restituera les travaux de la troisième édition du Forum des citoyens de l’alternance qui s’est tenue à Ouagadougou du 30 novembre au 1er décembre 2013. Cela sera éventuellement suivi de débat  ».

Dès lors, l’on a assisté à un véritable talkshow entre le professeur, des membres de l’ANEB Bobo, des adeptes de la révolution populaire et bien sûr des personnes qui ont tenu à comprendre les enjeux juridiques relatives aux questions du sénat et de l’article 37. Au terme d’une soirée particulièrement animée et en réponse à une question d’un journaliste de savoir si demander au peuple de descendre dans la rue pour manifester son opposition et contraindre le gouvernement à renoncer au projet de révision de l’article 37 signifiait conduire ce peuple à l’abattoir » ; le professeur a eu cette réponse : « C’est qui le boucher ? Je pense que c’est le boucher qu’on doit arrêter ».

Loada à la fin de la rencontre

A la fin de l’atelier, Augustin Loada est revenu sur l’objet du présent atelier de restitution : « …Le but de la conférence était de restituer les travaux de la troisième édition du Forum des citoyens de l’alternance qui s’est déroulée à Ouagadougou du 30 novembre au 1er décembre 2013. En substance, ce qui a été dit à Ouaga et qui a été répété à Bobo est le suivant : Dans le contexte actuel, réviser l’article 37 de la Constitution du Burkina Faso est politiquement et juridiquement inacceptable.

Politiquement, parce que cela participe de la manipulation des règles du jeu démocratique. Et nous disons qu’il faut qu’on arrête de manipuler les règles du jeu démocratique. Deuxièmement, nous avons dit que c’est une atteinte aux principes de l’alternance démocratique que condamne l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie des élections et de la gouvernance que notre pays a ratifié.

Donc, nous disons que pour renforcer la démocratie au Burkina Faso, il faut qu’on arrête de manipuler les règles du jeu démocratique. Et nous avons dit que juridiquement c’est contestable parce que Blaise Compaoré ne peut pas sur le fondement de l’article 49 de la constitution soumettre une question comme celle de l’article 37 de la constitution au referendum sans passer par le parlement, parce que ce serait un détournement de procédure.

Et d’autant plus que nous nous posons la question de savoir est-ce que c’est une question d’intérêt national. Parce que finalement, poser la question de l’article 37 de la constitution c’est poser la question de savoir est-ce qu’on est pour ou contre Blaise Compaoré alors que nous avons déjà la réponse à cette question... »

Ousséni BANCE

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