Les oiseaux migrateurs : quelle législation pour mieux les conserver ?

lundi 16 décembre 2013 à 00h15min

« Contribuer à une gestion durable de la faune aviaire au Burkina Faso ». C’est l’Objectif d’un atelier d’information et d’échanges sur les législations relatives à la protection des oiseaux migrateurs qui s’est tenu à Ouagadougou ce vendredi 13 décembre 2013. Initié par la fondation NATURAMA en partenariat avec Birdlife International, ce séminaire a, à travers quatre communications, passé aux cribles les législations relatives à la conservation des oiseaux migrateurs. Les hommes de média, les ONG, les représentants des projets et programmes de l’Etat, les groupements et associations intervenant dans le domaine de l’environnement ont constitué l’auditoire de cet atelier.

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Les oiseaux migrateurs : quelle législation pour mieux les  conserver ?

Parler d’oiseaux migrateurs notamment des vautours et des colibris à la plupart des citadins pourrait s’apparenter à une utopie puisqu’ ils ne sont pas nombreux à les connaître. Cela s’explique par le fait que l’on assiste impuissamment à la disparition de certaines espèces. C’est donc dire que l’atelier vient à point nommé dans la mesure où les participants ont été informés et sensibilisés sur les oiseaux migrateurs, leurs habitats et les législations environnementales relatives à leur conservation. D’ailleurs, le Ministre de l’Environnement et du développement durable, Salifou Ouédraogo qui présidait la cérémonie d’ouverture s’est réjouit de constater de la place importante que l’atelier accorde aux médias et aux techniciens. Selon lui, les médias vont informer le public et proposer des pistes de solutions pouvant contribuer à améliorer les politiques et les stratégies de protection des oiseaux migrateurs.

Le point d’orgue de cette rencontre d’échanges a été les communications livrées par des spécialistes des questions environnementales. Pour ce faire, les notions de migration et de voies de migration des oiseaux ainsi que les contraintes de gestion des oiseux migrateurs ont été développées par Thandiwe Chikomo, représentante du Secrétariat africain Birdlife International. Elle a éclairé les participants sur les concepts de migration des oiseaux, l’importance de ces espèces pour la préservation de l’environnement, les voies et les sites d’accueil des oiseaux migrateurs au Burkina Faso. Selon Thandiwe Chikomo, certains oiseaux migrants circulent sur près de 30 000 Km par an. Cela pose le problème de la conservation et de la protection de ces espèces avec à la clé, la destruction des habitats due aux pressions anthropiques croissantes. Elle a, en outre, déploré le retard de l’Afrique en matière de formation et de recherche scientifique dans le domaine de l’ornithologie lié à l’insuffisance de ressources financières, d’où la nécessité d’un partenariat large en l’occurrence Birdlife International afin de relever les défis majeurs et d’optimiser l’émergence de solutions inclusives intersectorielles y compris le parlement et les médias. Cela va contribuer de son point de vue à l’identification des sites des oiseaux et à la prévention de leur extinction.

La question des législations sur la protection des oiseaux migrateurs

En l’absence du communicateur de cette partie, Joseph Youma de la direction de la faune et des chasses, c’est Adama Nana de la fondation NATURAMA qui a livré cet exposé. Le présentateur a fait le point des engagements internationaux et la législation nationale en matière de conservation des oiseaux et de leurs habitats. On note l’inéquation entre les législations internationale et nationale et l’absence d’un cadre d’échange sur la conservation des oiseaux. Selon M. Nana, le Burkina Faso a souscrit aux différents accords internationaux relatifs à la préservation des oiseaux et a pris des mesures de conservation des ressources naturelles. Mais, la législation nationale n’étant pas totalement en phase avec celle internationale, il y’a un besoin d’actualisation, une nécessité d’examiner les possibilités de relecture des textes relatifs aux statuts de conservation des oiseaux migrateurs.

La liste rouge de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN)

La représentante de cette institution, Bora Masumbuko a exposé sur la liste rouge et son incidence sur les politiques et les législations en matière de production et de conservation de la biodiversité dans le pays. La liste rouge renvoie à une source mondiale d’information la plus complète sur le risque d’extinction des espèces animales et végétales sur des bases scientifiques rigoureusement appliquées par les experts. Son objectif est de fournir des informations et des analyses sur l’Etat, les tendances et les menaces des espèces dans le but d’informer et de catalyser l’action pour la conservation de la biodiversité et de mobiliser des experts. Les listes sont catégorisées en fonction des priorités de conservation. C’est ainsi que la communicatrice distingue trois groupes d’espèce d’oiseaux. Il y’a la liste des oiseaux en risques d’extinction, les oiseaux en danger et la liste des espèces vulnérables tels que le marabout d’Afrique (Leptoptilo, crumeniferus) et grue couronnée (Balcaria pavonina). Bora Masumbuko souligne, toutefois, que les listes rouges ne sont pas exhaustives. Leurs actualisations dépendent de la disponibilité de nouvelles informations sur les espèces dans chaque pays.

L’expérience de NATURAMA dans le suivi des oiseaux migrateurs

La situation des oiseaux migrateurs sur trois sites d’intervention et les initiatives entreprises en matière de conservation a été présentée par Prudence Tankoano de NATURAMA. Il ressort de son allocution que le plan d’action de la fondation est axé sur le suivi des oiseaux migrateurs, l’amélioration de leurs habitats et les conditions de vie des populations sur les trois sites d’intervention que sont la mare d’Oursi, le lac Higa et la vallée du Sourou. Pour ce faire, 362 producteurs sont formés et encadrés dans la politique de la RNA, 150 producteurs et 100 éleveurs formés pour la conservation du fourrage naturel. A cela s’ajoute des séances de sensibilisation sur la nécessité pour les populations locales de protéger les oiseaux migrateurs qui gravitent autour des lacs.

Par la chasse illégale, l’homme est aussi prédateur des oiseaux migrateurs et contribue de ce fait à la destruction du patrimoine mondial, d’après Sambo Antoine Komi, président du conseil de gestion de NATURAMA. C’est la raison pour laquelle, son institution a pour souci majeur d’œuvrer à la propagation et à la réalisation d’objectifs de conservation des oiseaux migrateurs, partant des ressources naturelles pour un développement humain durable.

Eric Ouédraogo
Stagiaire

Lefaso.net

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