Fonction publique : Suspension des salaires des agents non enrôlés

dimanche 3 novembre 2013 à 01h40min

Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, Vincent Zakané, a échangé avec les journalistes, le jeudi 30 octobre 2013 à Ouagadougou, à l’occasion de l’hebdomadaire point de presse du gouvernement, sur des sujets d’actualité de son département.

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Fonction publique : Suspension des salaires des agents non enrôlés

Trois dossiers ont été au menu des échanges entre le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, Vincent Zakané et les journalistes, le jeudi 31 octobre 2013 lors du point de presse du gouvernement. Il s’est agi de la revalorisation de la rémunération des travailleurs dans le cadre des mesures sociales prises par le gouvernement au mois de septembre, du bilan et perspectives de l’enrôlement biométrique des agents de la Fonction publique et de l’état d’avancement du dialogue gouvernement-syndicats. Concernant la revalorisation de la rémunération des travailleurs, le ministre a indiqué qu’elle vise l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs au regard du faible pouvoir d’achat de ceux-ci face à la vie chère et la crise économique mondiale. A cet effet, lesdites mesures ont consisté, à l’entendre, en un relèvement au profit des agents de l’Etat et des établissements publics, des indemnités de logement et de sujétion pour compter du 1er septembre 2013. L’indemnité de logement a ainsi été relevée à hauteur de 5 000 F CFA/mois pour tous les agents, toutes catégories confondues. Quant à l’indemnité de sujétion, elle a été rehaussée à un taux variant entre 2 000 et 5 000 FCFA/mois en fonction des catégories. Le ministre a précisé que cette initiative ne remettait pas en cause les discussions sur la grille indemnitaire qui se poursuivent et doivent s’achever dans de meilleurs délais. L’autre mesure a porté sur l’augmentation des revenus des travailleurs par l’allègement de l’Impôt sur le traitement et salaires (IUTS). L’incidence globale de ces mesures, selon Vincent Zakané, se chiffre à plus de dix milliards de F CFA.

Pour ce qui est du recensement biométrique des agents de la Fonction publique et des autres agents émargeant au budget de l’Etat, il a affirmé que la décision a été prise dans le but de mieux maîtriser les effectifs, la masse salariale et de moderniser le système de gestion du personnel. L’opération, a-t-il signifié, a été réalisée entre mai 2012 et aout 2013. Elle a permis d’enrôler sur le terrain 125 319 agents sur un total de 139 670 agents ou matricules figurant sur le fichier du Système intégré de gestion administrative et salariale du personnel de l’Etat (SIGASPE) et de la solde. De l’analyse de ces données, il est ressorti que 123 708 agents enrôlés sont en situation régulière. 282 autres présentent une situation irrégulière. « A ces 282 agents ayant deux ou plusieurs matricules, il faut ajouter 40 autres qui sont des cas litigieux (maladie ou invalidité, abandon de poste, détention préventive) percevant la totalité de leur rémunération », a noté le ministre. Outre ces cas, s’est révélé un effectif de 14 303 agents non enrôlés dont 13 076 non justifiés. Face à cette situation, a expliqué le ministre, il sera procédé à la suspension des rémunérations des intéressés et leur accorder jusqu’au 30 décembre 2013 pour se présenter devant une commission de vérification d’identité. « A l’issue de cette période, les mécanismes de licenciement pourront être engagés à leur endroit », a prévenu Vincent Zakané. En termes de perspectives, il est envisagé, selon celui-ci, l’interconnexion du SIGASPE à la base biométrique. L’objectif étant de conditionner la prise des actes administratifs et la paie à l’enrôlement biométrique.

2000 postes, au titre des mesures nouvelles

S’agissant de l’état d’avancement du dialogue gouvernement-syndicats, le ministre en charge de la Fonction publique a déclaré que de manière générale, les résultats atteints sont satisfaisants de part et d’autre, surtout sur les deux dernières années. Pour preuve, il a soutenu qu’en 2011, le gouvernement a pris 23 engagements relatifs aux doléances des travailleurs. 15 d’entre eux ont été tenus et pour ce qui est des 12 autres, les concertations se sont poursuivies jusqu’à l’année suivante. En 2012, a-t-il poursuivi, 30 engagements ont été pris dont six dans le cadre de la poursuite de la mise en œuvre des engagements de l’année précédente. Un peu plus du tiers de ceux-ci sont tenus à bonne date, a-t-il insisté, et les autres en cours de réalisation. « Le cahier de doléances de 2013 a été transmis au gouvernement en septembre. Il est en cours d’examen et fera l’objet de la prochaine rencontre gouvernement-syndicats qui a lieu, généralement, au cours du dernier trimestre de l’année », a confié le ministre.

Les interrogations des journalistes ont concerné principalement le bilan des concours directs de la session de 2013, le mouvement d’humeur des agents de la direction régionale du Travail du Centre et l’application des mesures sociales dans le secteur privé. Sur le premier point, Vincent Zakané a relevé que l’ensemble des résultats ont été proclamés à la date du 18 octobre. Au sujet de 1737 postes qui n’ont pas été pourvus, au sortir de ces concours, il a annoncé que des recrutements au titre des mesures nouvelles sont prévus courant novembre-début décembre à l’effet de combler le manque. A cette occasion, a-t-il dit, plus de 2000 postes seront ouverts. Se prononçant sur « l’affaire » de l’agent de la direction régionale du Travail du Centre, le premier responsable du département de tutelle a réaffirmé son soutien à ses collaborateurs. « Il s’agit d’une situation inacceptable et nous avons décidé de déposer une plainte parce qu’il est intolérable que des agents dans l’accomplissement de leurs missions soient confrontés à de telles pratiques », s’est-il indigné. Et d’ajouter que des mesures sont en cours pour sécuriser davantage les inspections. Relativement à la portée des mesures sociales, il a insisté sur le fait que celles-ci avaient un caractère général et, partant, s’appliquent aussi au secteur privé. Il ne s’agit pas, a-t-il martelé, d’efforts demandés aux employeurs puisqu’il s’agit d’un sacrifice consenti par l’Etat à diminuer le taux des IUTS. « Les employeurs du privé ne peuvent pas se soustraire à cette mesure », a-t-il lancé.

A la suite de Vincent Zakané, le ministre de la Communication, Alain Edouard Traoré, s’est entretenu avec les hommes de médias sur des questions d’actualité au plan national et international. Les sujets évoqués ont eu trait au mouvement de protestation de citoyens contre le soutien aux groupes spécifiques concernés par le VIH notamment les homosexuels. Il a également été question de la libération des otages français dans la semaine au Niger. En réponse, M. Traoré a reconnu la liberté que chacun puisse construire et exprimer son opinion par rapport à toute question ou phénomène social pour peu que cette expression respecte la légalité. « Nous n’entrons pas, en tant que gouvernement, dans des débats d’opinion qui peuvent créer des clivages contre des groupes donnés », a-t-il répondu. Tout en saluant l’initiative portée par le gouvernement nigérien et ses collaborateurs ayant abouti à la libération des otages français, le porte-parole du gouvernement a dit ne pas disposer d’informations spécifiques quant à l’implication des services burkinabè dans cette opération.

Voro KORAHIRE

Sidwaya

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