Bataille politique pour l’après 2015 : Diabré et les autres entendent l’emporter, avec ou sans statut

lundi 4 novembre 2013 à 02h49min

Après ce que l’on a qualifié de reprise en main, par le pouvoir burkinabè, du débat politique avec l’adoption de mesures sociales contre la vie chère ; les leaders du Chef de file de l’opposition politique (CFOP) ne s’avouent pas vaincus et veulent répliquer . Mieux, Zéphirin Diabré, Bénéwendé Sankara, Arba Diallo, Ablassé Ouédraogo et les autres semblent, plus que jamais, croire en leurs chances de pouvoir s’imposer dans la bataille déjà engagée pour l’après 2015.

Bataille politique pour l’après 2015 : Diabré et les autres entendent l’emporter, avec ou sans statut

Cet engagement à passer à l’action, les responsables du CFOP l’avaient signifié dans une récente déclaration. Ils viennent de le réaffirmer ce samedi 2 novembre 2013 au cours leur rentrée politique.

Dans leur farouche volonté de renouer avec le terrain politique, après un temps d’inactivité diversement apprécié, les barons du CFOP ne semblent plus faire de la récente décision du gouvernement de modifier le statut de l’opposition un obstacle infranchissable dans leur combat pour l’alternance en 2015, année de l’achèvement du second et dernier mandat du président du Faso Blaise Compaoré, si l’on s’en tient aux dispositions constitutionnelles actuelles. En clair, le chef de file de l’opposition burkinabè n’entend plus s’appuyer sur sa légitimité légale pour régner ; mais sur sa force de mobilisation des Burkinabè autour de son programme de société.

Revirement stratégique

La décision de la tête du CFOP de ne plus faire du statut de l’opposition l’une de ses forces dénote clairement d’un changement de stratégie. C’est un changement de cap notable, surtout chez Zéphirin, qui avait toujours fait du respect de la légalité un de ses traits caractéristiques. On le voit : les responsables du CFOP ont opté pour ce revirement stratégique dans l’optique de contrer le projet de modification du statut de l’opposition initié par gouvernement et qui viserait à favoriser, au détriment du CFOP, l’opposition non affiliée, jugée favorable au pouvoir. Si Diabré et les autres réussissent leur contre-attaque, ils pourraient ainsi déjouer le plan des initiateurs du projet de modification du statut de l’opposition.

Changement de position des 2 oppositions

Face à ce qui se trame aussi bien du côté du pouvoir que du CFOP, l’on s’achemine vers une situation où les deux oppositions (CFOP et opposition non affiliée) vont s’échanger les rôles sur le terrain politique, notamment en ce qui concerne le respect de la légalité. A l’allure où vont les choses, les opposants réformistes ne devraient pas avoir du mal à se conformer au futur statut de l’opposition s’il venait à être adopté tel que conçu actuellement puisque le projet intègre leurs préoccupations. Et contrairement à hier et à aujourd’hui, Soumane Touré et les autres opposants réformateurs ne feront rien contre les futures dispositions. En revanche, ce cadre juridique en préparation inquiète les membres du CFOP qui ne se sentent pas concernés par le futur statut. En clair, le CFOP n’appellera plus au respect de la loi et à contrario, les leaders réformistes en feront leur cheval de bataille. En politique, quand la donne change, il faut savoir s’adapter en fonction de sa vision ou de ses intérêts ; même si pour cela l’on doit faire un revirement à 180°.

Illogique mais pas injustifiable

Cette propension des politiques à changer de cap est difficilement compréhensible au niveau du citoyen lambda qui a souvent tendance à prendre pour argent comptant ce qu’on lui dit. Mais, à y regarder de près, cela se justifie quelque part. Le discours ou programme politique se construit à partir de réalités sociales ou politiques qui sont loin d’être statiques. Quand ces réalités évoluent dans le temps, les politiques sont bien souvent obligés de les intégrer, surtout s’ils ne veulent pas paraître dépassés. Parce que leur mission aussi, c’est de répondre à des préoccupations du moment, et pas toujours à des promesses ou engagements du passé.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

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