Commune rurale de Bittou : Cinq morts dans une affaire de mœurs

dimanche 20 octobre 2013 à 14h21min

Deux individus ont été tués, jeudi 17 octobre 2013 à Bittou, dans la province du Boulgou, suite à une affaire de mœurs qui avait déjà fait mardi 15 octobre, trois victimes.

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Commune rurale de Bittou : Cinq morts dans une affaire de mœurs

La ville de Bittou dans la région du Centre-Est à 250 km de la capitale burkinabè, a connu l’une de ses journées les plus tragiques, le mardi 15 octobre 2013. En effet, un individu connu comme « délinquant » a tenté de violer une jeune fille du nom de K.K. âgée d’environ 17 ans. « J’étais allée chez ma sœur pour la fête de Tabaski. C’est quand je rentrais à la maison vers 22h00 que le délinquant, à moto, m’a accostée. Il a voulu me violer, m’accusant d’avoir reçu une somme de 15 000 FCFA de sa part. J’ai refusé d’obtempérer. Il m’a copieusement battue avec un caillou, me blessant à la tête et à l’œil. J’ai pu m’échapper et arriver à la maison », a témoigné K.K. Conduite à l’hôpital par son cousin Massahoudou Zampaligré, ce dernier a signifié au bourreau de régler les frais d’ordonnance, a-t-elle indiqué. Et d’ajouter : « Sous prétexte de remettre l’argent pour l’ordonnance, le délinquant, accompagné de quatre complices, a dit à mon cousin de sortir. C’est dans l’obscurité, devant l’hôpital, que mon cousin a été poignardé à mort, vers 00 h30 dans la nuit de mardi à mercredi 16 octobre dernier ». Après le récit des faits, les jeunes de la localité ont décidé d’aller à la recherche des malfrats dont un retrouvé vers 02h00 du matin sera lynché. Le mercredi 16 octobre dernier, comme une traînée de poudre, le décès de M. Zampaligré se répand dans toute la ville. Des milliers de jeunes armés de couteaux, de machettes, de gourdins, de pioches… se sont mis alors à la poursuite des quatre autres délinquants. A 6 heures à la gare de Bittou, le deuxième délinquant, âgé d’environ 15 ans (le petit frère du premier délinquant qui l’avait sollicité de venir le chercher à moto afin de fuir) est lynché, malgré l’intervention des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité(CRS) et des gendarmes venus en renfort. Après ce forfait , la population s’est dirigée vers les villages environnants, à la recherche des autres présumés assassins. Le lendemain, jeudi 17 octobre, les populations ont appris que les fugitifs ont été repérés dans la ville de Bwaku au Ghana. Alors qu’un est parvenu à fuir dans une autre ville du Ghana, les deux autres ont été appréhendés et remis à la population qui est revenue les lyncher à quelques kilomètres de Bittou. Des concessions, des boutiques de pièces détachées, des salons de coiffure ont été saccagés. Des familles soupçonnées de connivence avec les présumés meurtriers ont été chassées de Bittou et se sont réfugiées dans un pays voisin. Au total, quatre délinquants ont été tués, de même que Massahoudou Zampaligré, 28 ans, qui venait de rentrer de France. Avec l’appui des forces de l’ordre, le calme est revenu dans la localité.

SIDGOMDE


Le maire de Bittou, Issoufou Zampaligré : « La fête de tabaski s’est bien passée, malheureusement, ces évènements sont venus tout gâcher. Ces délinquants ont violé notre cousine et assassiné notre fils. Avec l’appui de la CRS et de la gendarmerie, nous avons pu ramener le calme. Ces délinquants sont des jeunes qui ont toujours fait la prison à Tenkodogo, mais ils sont toujours relâchés. Nous sommes dans une zone frontalière et nous demandons à l’Etat d’accélérer sa politique de renforcement des effectifs des forces de sécurité »


Tahirou Zampaligré, conseiller municipal : « Nous ne sommes pas en sécurité, nos biens non plus. C’est la première fois que je suis témoin d’une telle situation. En tant que conseiller municipal, je propose d’instaurer le couvre-feu à chaque jour de fête et de procéder à des rafles tous les trimestres. On doit amener la fille blessée à Tenkodogo pour des examens approfondis ».

Propos recueillis par SIDGOMDE

Sidwaya

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