Lycée national Maurice Yaméogo de Koudougou : Il faut une décision politique pour le cas des enseignants

dimanche 20 octobre 2013 à 23h08min

Comme nous l’annoncions dans parution du vendredi 11 octobre 2013, l’association des parents d’élèves du lycée a convié ses membres à une AG extraordinaire le samedi 12 dernier. Cette rencontre fait suite aux difficultés d’ouverture du BAC professionnel dans ledit établissement. Il s’agissait donc pour eux (le bureau APE) de donner l’information juste et les démarches entreprises dans ce sens, mais aussi, de recueillir des suggestions.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez

« Nous vous avons convié à cette rencontre extraordinaire pour deux points à l’ordre du jour : informations et divers. Le premier concerne, la question du Baccalauréat professionnel, communément appelé (Bac pro) annoncé dans les filières d’électro-technologie et hôtellerie ; les constructions métalliques et autres ne sont pas concernées. Depuis l’ouverture du lycée, les enseignements sont dispensés par des professeurs titulaires du Certificat d’aptitude à l’enseignement technique (CAET), autorisés à enseigner le CAP et le BEP. Mais pour l’ouverture du Bac pro et selon le décret présidentiel, il faut nécessairement des enseignants titulaires du Certificat d’aptitude professionnel de l’enseignement technique (CAPET). Comme c’était un projet d’ouverture, nous en tant qu’association des parents d’élèves, avons entrepris des démarches auprès des autorités administratives en vue de trouver des enseignants qui remplissent les conditions. C’est ainsi que nous avons rencontré le maire de la comme, le haut-commissaire et le gouverneur. Aussi, nous avons eu à rencontrer les professeurs qui ont aussi fait cas du texte qui les empêchent de dispenser les cours dans les classes de Bac pro. Mais aussi, du report de l’organisation du concours professionnel qui devrait leurs permettre d’assurer l’encadrement des élèves. De même, du côté de l’administration, elle avait entrepris aussi des démarches auprès de sa hiérarchie et qui n’ont pas abouti ». C’est avec ces explications que le président de l’Association des parents d’élèves, Yacouba Ouédraogo a planté le décor des échanges. « Le budget de l’association non plus ne permet pas aussi de prendre des enseignants vacataires » a-t-il ajouté. A sa suite, le proviseur du lycée national Maurice Yaméogo, Francis Ouanlé Tamini, est revenu sur le fonctionnement des établissements techniques. Il a noté qu’ils se caractérisent surtout par des cycles terminaux (c’est-à-dire qu’il y a possibilité d’aller en milieu professionnel puis revenir) qui n’est pas comme l’enseignement général ou le cycle est sans interruption. Pour se faire mieux comprendre par ses interlocuteur, un schéma illustratif leurs a été présenté et des copies remises à la fin de la rencontre. Par ailleurs, il a estimé que les élèves n’ont pas clairement informé les parents de l’évolution des choses. Car dit-il, « en mai, nous avions fait afficher une note d’information pour dire que ça sera fort probable que nous ouvrions le Bac pro. C’était notre ambition, mais compte tenu du fait que nous n’avons pas pu trouver les professeurs, nous les avons invité à commencer à chercher des places ailleurs ou encore des stages en attendant ». Pour lui, le manque de professeurs dans les lycées est général, mais surtout au niveau de la technique, car avec le phénomène du boom minier, les enseignants préfèrent aller dans les mines où ils sont mieux payés au lieu d’enseigner.

L’APE va reprendre son bâton de pèlerin

A l’issue des explications du bureau APE et de l’administration, la parole fut donnée aux parents pour poser toutes les questions, mais aussi, de faire des propositions pour trouver des solutions à la préoccupation commune. Des questions, il y en a eu et des réponses apportées. Les parents, eux aussi sans tergiversation ont essayé tant bien que mal de proposer des pistes de solution. Parmi lesquelles, ils exhortent le bureau APE à poursuivre les négociations avec les plus hautes autorités. Benjamin Bayala un des parents, propose que l’APE s’organise pour rencontrer le ministre himself (Moussa Ouattara) afin de poser clairement les problèmes. « A mon avis, il faut une décision politique » estime-t-il, car les problèmes, tels que posés, les personnels de l’administration à eux seuls ne peuvent pas les résoudre. En outre, le lycée souhaite tisser des partenariats avec l’Ecole normale supérieure de Koudougou et d’autres instituts en vue de pouvoir bénéficier d’enseignants. En tout cas, ces échanges se sont déroulés dans la sérénité et le président APE Yacouba Ouédraogo de saluer l’esprit d’écoute des parents. Par conséquent, il a invité les siens à davantage mettre l’accent dans le suivi de leurs enfants à l’école. « Nous avons pris bonnes notes de vos propositions et nous essayerons de les exploiter à bon escient » a-t-il conclu. Le lycée professionnel Maurice Yaméogo est un établissement public de l’Etat, construit et équipé d’appareils de haut standing pouvant former même au-delà du Bac pro. Malheureusement, par manque de personnel qualifié, le lycée n’offre pour l’instant que des formations en CAP et BEP. Et il faut saluer l’initiative de l’administration qui, malgré les multiples contraintes, a pu ouvrir l’année dernière le BAC pro, option génie civile. C’est dans cette même optique qu’elle avait nourri l’ambition d’ouvrir à la rentrée scolaire 2013-2014, l’électro-technologie et l’hôtellerie.

Zanga Souleymane DAO
zangson87@gmail.com

L’Express du Faso

Imprimer l'article

Vos commentaires

  • Le 21 octobre 2013 à 14:42, par Un ancien prof du technique en mine
    En réponse à : Lycée national Maurice Yaméogo de Koudougou : Il faut une décision politique pour le cas des enseignants

    Toujours pareil, la charrue avant les boeuf. Tous les établissements techniques sont en manque d’enseignants au lieu de trouver une solution, on en crée d’avantage de problèmes en construisant des nouveaux lycées sans penser à recruter les enseignants. Ce problème est général. Le lycée professionnel Maurice Yaméogo n’est pas seul a vivre ces difficultés de personnel. C’est pareil pour l’ex LTO , l’ex CET, l’ex Centre Austro... où des filières sont ménacées de fermeture à cause du manque d’enseignants du technique. Les decideurs le savent mais au lieu de trouver des solutions définitive à cela, on organise des panels, seminaires... où le seul objectif est d’empocher des perdiems.
    Ailleurs les enseignants sont recrutés depuis les entreprises. Chez nous, les enseignants quittent les lycées pour les entreprises. La motivation s’est envolée chez les collègues. Au lieu d’encourager ces enseignants du technique par l’octroi d’indemnités spécifiques, des plans de carrière clair, certains enseignants n’ont pas la possibilité d’evoluer professionnelement ( c’à d passer du CAET au CAPET par un concours professionnel). Le matériel pédagogique est parfois inexistant ou en piteux etat, alors comment former dans ces conditions ? La formation professionnelle est l’un des moyens les plus efficace d’atteindre le developpement alors mes chers politiques, reveillez vous.

    Répondre à ce message

  • Le 22 octobre 2013 à 13:54
    En réponse à : Lycée national Maurice Yaméogo de Koudougou : Il faut une décision politique pour le cas des enseignants

    Rectificatif : le lycée professionnel national Maurice Yaméogo forme en BEP seulement, pas de CAP. En outre, ce problème de CAET à CAPET est ancien de plusieurs années. depuis 1996 pour être plus précis. c’est l’inconvénient quand on élabore des textes sans tenir compte de la réalité. Je suis enseignant dans cet établissement, je rejoins le journaliste pour dire que seul le MESS et la fonction publique peut décanter cette situation. Sinon comment voulez vous appliquer des textes qui ne facilitent pas les enseignants de passer de CAET à CAPET (7 ans expériences et au moins une licence) et vous voulez outrepasser ces mêmes textes (pour enseigner au Bac Pro, il faut être titulaire du CAPET) pour demander aux enseignants titulaire du CAET d’enseigner en Bac Pro ? Les techniciens sont sollicités dans plusieurs domaines. si vous ne voulez pas les voir dans les mines, revoyer leur rémunération. Beaucoup de déchets dans le système éducatif. Voilà qu’on transfère le post primaire au MENA. Et les CET (collège d’enseignement technique) qui forme au CAP, ne fait-il pas parti du post primaire ? pendant qu’on prône l’enseignement technique et professionnel comme moyen efficace de développement et de lutte contre le chômage ! Vraiment dommage !

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés