Mamadou Beloum, maire de Séguénéga, à propos du barrage de Guitti : « Le volet indemnisations bloque encore la mise en eau de l’ouvrage »

mercredi 16 octobre 2013 à 00h09min

Profitant de la venue, dans notre rédaction la semaine dernière, du maire de Séguénéga, Mamadou Beloum, nous avons voulu savoir les tenants et les aboutissants du barrage de Guitti (du nom du village situé à 14 km de Séguénéga). Ce barrage dont les travaux ont été lancés en 2009 était prévu pour être réalisé dans un délai de 24 mois. Quatre ans après le lancement, l’ambitieux projet hydro agricole dans le nord du pays peine encore à voir le jour. De l’état d’avancement des travaux du projet aux enjeux en passant par les difficultés, le maire Beloum en parle. Entretien exclusif.

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Mamadou Beloum, maire de  Séguénéga, à propos du barrage de Guitti : « Le volet indemnisations bloque encore  la mise en eau de l’ouvrage »

Lefaso.net : Les travaux du barrage de Guitti ont été lancés en 2009. Quatre ans après, l’ouvrage n’est pas encore réalisé. Que se passe-t-il et quel est l’état d’avancement aujourd’hui des travaux ?

Mamadou Beloum : Les travaux physiques du barrage de Guitti sont largement avancés. Le taux de réalisation des travaux peut être estimé à plus de 90%. La mise en eau même de l’ouvrage avait été envisagée pour cet hivernage. Mais, le volet environnemental et social n’étant pas encore suffisamment traité, cet aspect a été retardé. Je pense que d’ici l’hivernage prochain, si les gens le veulent bien, on procédera à la mise en eau du barrage. Tous les problèmes tournent en ce moment autour du volet étude d’impact environnemental et social. A ce sujet, il y a une reprise des études. Les travaux ont été lancés en avril 2009 et devraient être bouclés en 24 mois maximum. A un moment où les services techniques étaient en possession d’un document sur l’étude d’impact environnemental et social. Cette étude semblait pratiquement terminée. Il fallait juste l’actualiser. Un consultant a été commis à cette tâche. Le dossier de ce consultant n’est pas encore bouclé, puisque je l’ai même interpellé il y a un mois pour lui dire qu’il y a cinq villages impactés directement par le projet qui n’ont pas encore été concernés par les enquêtes. Je lui ai demandé de revenir boucler son étude de façon à soumettre à qui de droit le dossier d’étude d’impact environnemental et social. Et comme cela n’a pas été fait, j’en déduis que les aspects indemnisations des populations pour qu’elles puissent déménager restent toujours en attente. Du reste, l’entreprise qui conduit les travaux conditionne la mise en eau du barrage au règlement de cette question.

Lefaso.net : Les autorités compétentes sont-elles informées de l’état d’avancement des travaux et des problèmes dont vous faites cas ?

Mamadou Beloum : Oui, les autorités sont tout à fait informées puisqu’elles organisent régulièrement des visites-terrains pour apprécier l’avancement des travaux, pour échanger régulièrement avec les populations sur le volet dédommagements dans la perspective des déménagements. Les échanges sont assez constants, assez réguliers. Les autorités sont donc tout à fait au courant. Seulement, les autorités aussi ont eu l’honnêteté de nous dire que ce projet est conduit exclusivement sur les fonds de l’Etat. Or, nous savons la modicité des moyens dont dispose notre Etat. C’est ce qui explique les lenteurs dans les aspects dédommagements.

Lefaso.net : A combien s’élève le coût du projet ?

Mamadou Beloum : Alors, ça ! Vraiment, je ne sais pas le coût du projet.

Lefaso.net : Concrètement, qu’est-ce que ce projet va apporter à la population locale et environnante ?

Mamadou Beloum : Ce projet va apporter quelque chose de fantastique. Parce qu’il y a deux grands volets. Il y a d’abord le volet hydraulique, aspect eau potable. Ce projet va permettre d’alimenter toute la ville de Ouahigouya en eau, ainsi que celle de Séguénéga. Tous les villages et toutes les communes situés sur l’axe Guitti – Ouahigouya vont avoir un approvisionnement en eau potable, de même que les villages sur l’axe Guitti-Séguénéga. Voilà ce qui est du volet hydraulique. La première vocation de ce projet est donc hydraulique. Mais, de façon annexe ou connexe, il est également prévu un volet agricole. Il y aura un aménagement d’espaces exploitables pour l’agriculture irriguée. La zone est assez reconnue pour ses activités de maraicher culture et de cultures irriguées.

Lefaso.net : Jusqu’à quand doit-on attendre pour la mise en eau du barrage ?

Mamadou Beloum : Je pense que si le volet dédommagement des populations est débloqué, on pourra d’ici l’hivernage prochain, procéder à la mise en eau du barrage.

Mais, avez-vous déjà une idée de ce que va coûter le volet indemnisation des populations ?

Non. Puisque jusqu’à présent je n’ai pas encore le dossier d’étude d’impact environnemental et social qui n’est pas actuellement disponible. C’est le dossier d’étude d’impact environnemental et social qui va commander les dispositions financières à prendre pour les indemnisations. Ce dossier n’étant pas bouclé, aucune décision n’est encore prise sur les financiers. De toutes les façons, dès que cela est fait, l’on communiquera certainement quelque chose à la commune. En ce moment, moi aussi j’aurai des informations sur ce dossier.

Entretien réalisé par Grégoire B. BAZIE et Cyriaque PARE

Lefaso.net

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